CHAPITRE VI
LE RESPECT DE SOI-MÊME
PREMIÈRE LEÇON
l’hygiène et la gymnastique
— Le premier droit d'une personne, c’est d’être respectée. Vous êtes de petites personnes en train de devenir grandes : il faut donc que vous vous prépariez à mériter le respect.
Cest par la dignité qu'on mérite le respect.
La dignité se montre d’abord dans la tenue extérieure. Mais elle consiste surtout dans des senti-
LE RESPECT DE SOT-MÊME
ments honnêtes et droits, que nous devons porter au dedans de nous-memes.
La dignité extérieure consiste dans le soin de notre corps et dans de bonnes manières.
Votre dignité est intéressée à ce que votre corps soit bien soigné, c’est-à-dire à ce qu’il soit maintenu en état de santé et propreté.
Celui qui n’a pas de santé a de la peine à se suffire et à rendre service aux autres : il est à charge à la société ; et quand il y a de sa faute, quand il est avéré que son mauvais état de santé vient de son inconduite, alors chacun serait en droit de le lui reprocher.
Quant à celui qui se laisse gagner par la malpropreté, il est un objet de dégoût pour toutes les personnes bien élevées; et ce dégoût-là amène bien vite une espèce de mépris : les sauvages se distinguent par leur malpropreté; et le savant Bastiat^ a dit : « Voulez-vous connaître le degré de civilisation ou est parvenu un peuple? Informez-vous de la quantité de savon qu'il dépense, »
Il y a une science qui nous enseigne le moyen d’entretenir la santé dans notre corps, et de la raffermir quand elle faiblit. Cette science, c’est Thygiène.
Elle nous recommande surtout trois choses : l’air» l’eau et l’exercice.
L'air est si nécessaire à la santé, que les villes où les maisons sont trop resserrées sont le plus souvent malsaines et habitées par une population chétive. Au contraire, dans les villes où une administration sage a' su percer des rues larges, et ménager des jardins publics, la santé de tout le monde est devenue meilleure, et la vie de l’homme est plus longue.
Cela se comprend aisément : l'air qui sort de nos poumons apres avoir été respiré n'est plus ni pur ni sain; il
1. Bastiai (Frédéric), économiste français, né à Bayonne en 1801. mort en. 1850.
l'instruction morale a l’école
contient même un gaz qui est un poison. Un homme de force moyenne respire environ 2 mètres cubes d’air par heure; s’il reste enfermé dix heures de suite, la nuit, par exemple, dans une chambre contenant 20 mètres cubes d’air, au bout de ce temps, il aura respiré tout l’air pur; et si on le laisse enfermé davantage, il ne respirera plus que de l’air gâté et dangereux. La même chose arrivera encore si Ton enferme plusieurs personnes dans une chambre trop petite : elles auront tôt fait de corrompre Vair, et, sans s’en apercevoir beaucoup, elles respireront un poison lent.
Les gens de la campagne ne sont pas exposés à cet inconvénient, du moins dans les champs. Mais chez eux, trop souvent, ils s’entassent en grand nombre pour la nuit dans des chambres étroites, qui n’ont d’air que par une ou deux fenêtres toutes petites. On croirait, à voir comme ils se calfeutrent, que l’air est l’ennemi de l’homme.
Veau n^est pas moins indispensable à la santé. Si vous regardiez votre peau à la loupe, vous la verriez percée de mille petits trous, ou pores, par où sortent sans cesse la transpiration et aussi d’autres matières impures, qui ne pourraient pas sans inconvénient rester dans le corps. Si vous ne tenez pas votre peau nette et propre, la crasse couvrira ces trous et empêchera ces impuretés de sortir.
Quant à Texercice, sans lui le corps ne prospère pas. Si les gens qui vivent aux champs ont souvent plus de santé et plus de force que ceux de la ville, c’est qu’ils vont et viennent, qu’ils travaillent de tous leurs membres, au lieu de rester immobiles devant un métier ou un bureau .
Mais l’exercicen^est jamais plus salutaire que lorsqu’il est réglé: il s’appelle alors gymnastique.
La gymnastique ne consiste pas à faire des tours de force : elle a pour objet de développer tous les muscles du corps, ceux des jambes, comme ceux des bras et de
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la poitrine. Cela rend Thomme bien portant et agile pour tous les mouvements.
Un y a pas de bons soldats sons gymnastique : un soldat qui ne saurait ni marcher du matin au soir avec les
L’excrcice militaire à l’école (d’après le tableau de Ed. Frèrel.
épaules chargées, ni sauter un fossé, ni escalader lestement un mur, ni fournir une course rapide sans s’essouffler, serait un embarras et non pas un secours dans une armée. Vous tous, enfants, vous serez soldats à votre tour: préparez-vous en devenant lestes, forts et bons marcheurs. Plus tard, vous n’en auriez ni le temps ni le goût.
Je ne vous en dirai pas davantage là-dessus, vous êtes déjà de petits soldats, puisque vous avez vos fusils, et que vous faites l’exercice trois fois par semaine comme de vrais troupiers. Continuez seulement, et à la revue cantonale, vous saurez tenir votre rang avec honneur dans le bataillon des écoles, en attendant que plus tard vous le teniez aussi au régiment, sous les drapeaux de la France.
l’instruction morale a l’école
DEUXIÈME LEÇON