DEVOIRS ENVERS LES SERVITEURS DE LA MAISON
— Mes enfants, vos parents n’ont pas tous des domestiques à leur service: la plupart se suffisent d’eux-mêmes, parce que le ménage n’est pas trop gros, que les champs à cultiver ne sont pas trop grands, ou l’atelier pas trop chargé d’ouvrage. Ou bien encore, chez d’autres, il y a assez de personnes dans la famille pour suffire à tous les travaux. C’est l’avantage des familles nombreuses : elles n’ont pas besoin de recourir à des étrangers ; et comme chacun se dit qu’il travaille sur son bien, tous y vont de bon cœur.
Mais enfin, toutes les familles n’ont pas ce bonheur, d’être riches d’enfants. Et puis il y a des propriétés trop grandes, qu’une famille seule ne parviendrait jamais à faire valoir. C’est ce qui arrive chez vous, Simon. Votre mère a été obligée de s’adjoindre une servante, et votre père a trois valets : l’un pour l’écurie, Pautre pour la ferme, le dernier pour la charrue. Aussi, c’est à vous que je vais iairc ma question.
Dites-moi, savez-vous quels sont vos devoirs envers les serviteurs de la maison, envers les servantes et les valets?
Simon hésita un peu, et dit :
— Non, monsieur, je ne sais pas... Mais, monsieur, est-ce que ce n’est pas eux, plutôt, qui ont des devoirs envers nous autres?
— L’un n’empêche pas l’autre, Simon. Mais laissai fj cela pour le moment. D’après vous, alors, votre père, n’a pas de devoirs envers ses valets?
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— Mais, monsieur, puisque c’est lui qui commande ce qu’il veut, eux n’ont qu’à obéir.
— Ch bien! Simon, c’est ce qui vous trompe. Chacun, maître et domestique, a ses devoirs à remplir : rappelez-vous le jour de la paye.
Ce jour-là, vous savez ce qui se passe : votre père va à l’armoire, il en tire un petit sac de toile, et descend dans la salle du bas. Les domestiques savent bien ce que cela veut dire : ils viennent l’un derrière l’autre, et chacun reçoit son gage. J’ai vu cela moi-même, l autre jour en passant devant la ferme; je voulais presser le pas pour ne pas gêner votre père, mais lui m’a arrêté, en me disant : — Faites-nous donc l’honneur d’entrer un instant, monsieur l’instituteur : qui paye ses dettes ne se cache pas.
DEUXIEME LEÇON