‹ L'instruction morale a l'école (devoir et patrie)Chapitre 36 sur 67 · ON DOIT AUX DOMESTIQUES POLITESSE ET BONTÉ · texte numérisé non relu

ON DOIT AUX DOMESTIQUES POLITESSE ET BONTÉ

Mais que pensez-vous qu’il arriverait, si un fermier, tant gros qu’il soit, oubliait ou tardait de payer ses serviteurs? Ils réclameraient leur dû, respectueusement d’abord. Et si on avait l’air de ne pas les écouter, ils hausseraient la voix : il faudrait bien leur obéir, et payer. Sinon la justice serait là pour les soutenir.

Vous le voyez donc, Simon, on n’est maître que si l’on paye. Les domestiques donnent leurs services; le maître donne ses écus : quitte à quitte. Les bons comptes font les bons amis.

Ainsi mettez-vous bien ceci dans la tête. Si le domestique est sous les ordres du maître, c’est parce qu’il le veut bien. Il était libre de ne pas se laisser engager; seulement il trouve son compte à louer ses services pour un certain prix, et il les loue. Voilà pourquoi le maître n’a le droit de lui commander que pour ce qui a été convenu entre eux. Voilà aussi pourquoi en dehors du

LA MAISONNLL

travail , où il faut toujours un chef pour diriger, le maître et le serviteur sont égaux, ils se doivent le même respect. Seulement, ce respect s'appelle, de la part du maître, politesse, et de la part du domestique, défé~ ronce.

l\ir conséquent, si vos parents, qui sont au-dessus de vous, se croient obligés à avoir des égards pour les serviteurs de la maison, à plus forte raison, vous qui n’êtes que des enfants, vous devez être polis et respectueux avec CCS mêmes serviteurs. Vous n’avez pas le droit de les commander, car ils sont entrés dans la maison avec la condition d’obéir à vos parents, ou en tout cas à des personnes raisonnables, et non pas à vous. Et quant à leur manquer de respect, personne n’a ce droit : celui qui est impoli et grossier n’abaisse que luimême- Uinsulte n\itteint pas Vinsulté : elle retombe sur l’insulteur.

Ce n’est pas tout encore, mes enfants. Il ne suffit pas d'être juste et poli avec les domestiques. Il faut les traiter avec bonté. Je vous le disais tout à l’heure : les meilleurs serviteurs sont les gens de la famille. Eh bien! pour qu'un serviteur devienne le meilleu'r possible, il faut qu’il se regarde comme étant de la famille.

C’est ce qui arrive pour les domestiques que l’on sait garder, et qui s’attachent à la maison. Ceux-là, les enfants doivent les aimer un peu comme des parents. Demandez à Simon s’il n’aime pas presque comme une tante sa vieille Manon, qui l’a vu venir au monde et qui a aidé sa mère à l’élever?

— Oh! oui, monsieur. C’est elle qui me gâte le plus. Encore plus que grand’mère.

— Ce n’est pas ce qu’elle fait de mieux, et cela prouve que rien ne remplace la maman. Maisenfîn, ce n’est point une raison pour ne pas l’aimer aussi, et beaucoup.

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TROISIÈME LEÇON

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