‹ L'instruction morale a l'école (devoir et patrie)Chapitre 4 sur 67 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Depuis quelques années, notre pays, éclairé par une expérience cruelle et peu à peu pénétré des idées républicaines, a commencé à comprendre l’importance du rôle de J’instituteur. Les pouvoirs publics se sont appliqués à relever la situation du professeur primaire, et à l’environner de la considération à laquelle il a tant de droits,

Mais entre toutes les innovations qui ont concouru à ce résultat, aucune n’est plus efficace que l'article de loi qui a reconnu à l’instituteur la mission de donner renseignement moral et civique, c’est-à-dire de préparer dans l’enfant Vhomme et le citoyen. Le jour où cette loi fut votée, pour la première fois, la fonction du maître d’école s’est révélée dans toute sa grandeur.

On l’a dit souvent, et c’est une vérité pleine de conséquences : Tant vaut l’instituteur, tant vaut la nation.

Ceux qui ont la tâche de nous former des citoyens tien-

dront bientôt dans leurs mains l’âme et les destinées de tout un grand peuple : l’avenir sera ce qu’ils le feront. Jamais corps ^ de l’État n’eut un pouvoir comparable à celui-là. Jamais responsabilité ne fut plus grande. Pour porter cette responsabilité, pour exercer ce pouvoir, ce ne sera pas trop de toutes les forces, de toutes les lumières que pourront fournir ^ en s’unissant ceux qui ont quelque habitude de l’enseignement des vérités morales et des principes civiques.

Chacun doit apporter sa contribution à la tâche commune : c’est la raison d’être, ou, si l’on veut, la justification de ce petit livre.

A. Burdeaü.

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