TOUT IJOMME DOIT TRAVAILLER
Il existe quelques pays, comme Tîle de Géram, dans rOcéanie, où les habitants n ont besoin que très peu de travail pour vivre; ils ont un arbre, qu’on nomme Tarbre à pain: il mérite bien son nom, car il donne en abondance une espèce de farine. Avec les feuilles, on peut faire en un instant une hutte. Ainsi, une heure de travail suffît pour assurer à dix personnes pour tout un mois le vivre et le couvert. Voilà un pays bien agréable pour les paresseux. Vous dites quelque chose, Jacques?
— Les habitants de ce pays doivent être bien heureux, monsieur.
— Eh bien! non : les habitants de Géram ne sont pas plus heureux pour cela. Gomme ils n’ont jamais songé à rien faire que d’abattre un arbre de temps en temps, ils sont restés brutes ; ils n’ont ni vêtements; ni canots, ni armes : ils sont à la merci des bêtes et de leurs voisins. Bref, de tous les sauvages de ces parages, ce sont les plus sots et les plus misérables.
Sans le travail, il n\y aurait jamais eu de progrès; la terre ne serait peuplée que de sauvages, et nous ne connaîtrions pas le bien-être et la civilisation.
Il faut donc honorer le travail, puisqu’il est si profitable à l’humanité.
Gette vérité est claire comme le jour. Et pourtant elle a été méconnue bien souvent. Chez les anciens Grecs et Romains, un citoyen se serait cru avili s’il avait fait œuvre de ses dix doigts. On réduisait de malheureux prisonniers à l’état d’esclaves, pour les forcer à cultiver la terre, à exercer les métiers nécessaires à la vie. Parfois, on leur crevait les yeux pour leur faire tourner la meule, comme des chevaux aveugles. Geux dont on voulait faire des tailleurs, on leur coupait les nerfs des jambes pour les forcer de rester assis et les empêcher de fuir.
Bref, on faisait vivre et mourir dans les mauvais traitements et sous le fouet une partie de V humanité pour nourrir Vautre à rien faire»
l’instruction morale a l’école
Au moyen âge, les nobles tiraient également vanité de ne rien faire, et de laisser tout l’ouvrage aux serfs. Ils ne se doutaient guère qu’en agissant ainsi ils imitaient par leur plus mauvais côté les anciens païens, qu’ils méprisaient tant. Ils ressemblaient même aux sauvages les plus grossiers : car ceux-ci se font remarquer par leur mépris pour le travail; dans chaque tribu, les plus forts écrasent de coups les faibles, les femmes, les enfants, les vieillards, pour les contraindre à porteries fardeaux ou à chercher de la nourriture, tandis qu’eux-mêmes font les seigneurs.
Le travail est la seule noblesse véritable. Le respect du travail est le propice des peuples civilisés,
DEUXIÈME LEÇON