‹ L'instruction morale a l'école (devoir et patrie)Chapitre 62 sur 67 · IL FAUT AIMER TOUS LES HOMMES · texte numérisé non relu

IL FAUT AIMER TOUS LES HOMMES

Mais ce n’est pas tout encore. Il faut aimer tous les hommes, même ceux qui ne sont pas Français,

— Comment, monsieur! il faudrait donc aimer aussi les Prussiens, lés Bavarois, tous ces hommes d’Allemagne qui ont tant fait de pillages et de massacres en France, et qui font encore tant souffrir les Français d'Alsace-Lorraine ?

— Bien sûr, mes enfants, vous ne pouvez pas aimer ceux qui oppriment les Français. Et^ cependant, ce sont (les hommes.

— De vilains hommes en tout cas, monsieur.

— Écoutez-moi bien, mes enfants. Si quelqu’un vous attaquait, vous vous défendriez de toutes vos forces. Si un gredin tombait sur votre frère, vous vous jetteriez sur le misérable, et il serait à plaindre entre vos mains. Mais une fois que vous l’auriez mis à terre, de façon ([u’il fût hors d’état devons nuire, à vous et aux vôtres, alors vous réfléchiriez peut-être que ce criminel est un homme. Et si vous appreniez qu’il a été poussé au crime par la misère ou par de mauvais conseils, alors, au lieu de le haïr, vous le plaindriez. Vous souhaiteriez que la leçon lui servît, et qu’il revînt à l’honnêteté.

Eh bien! voilà justement comment il faut vous conduire envers les ennemis de la France. Ils vous ont volé vos frères d’Alsace-Lorraine, il faut tout préparer pour leur délivrance. Mais ensuite, quand vous aurez eu le bonheur d’accomplir cette grande œuvre, il ne faudra pas chercher à rendre aux ennemis le mal pour le mal. Non ! Il faudra tâcher de faire une bonne paix, qui efface les haines passées et dont toute l’humanité profitera.

Souvenez-vous de ceci, mes enfants: c’est que les

l’instruction morale a l’école

Françau ont toujours mis leur gloire à servir V humanité, l’humanité, cela comprend tous les peuples.

En effet, chaque peuple a. ses qualités à lui: touséontrihuent, à leur manière et selon leur capacité, au progrès de l’humanité. Il faut donc les respecter tous, à condition qu’ils respectent d’abord la France. Si Tiin d’eux est injuste envers elle, il faut se lever pour le punir, d’abord parce que, pour un Français, la France passe avant tout, mais aussi pour lui apprendre une vérité que je vais vous dire ; la voici :

« Toutes les nations sont égales; il nV en a pas d’inférieures ni de supérieures. 11 n’y en a pas qui soient faites pour souffleter les autres, et il n’y en a pas non plus qui soient faites pour recevoir des soufflets. Les peuples se doivent mutuellement respect et assistance comme les concitoj^ens d’un même pays : car si les citoyens sont les^membres de la nation, les nations sont les membres de Vhumanité! »

Cette vérité, mes amis, la France l’a toujours proclamée et défendue : au xviiF siècle, quand elle envoyail ses enfants combattre pour l’indépendance des États-Unis, comme en 1859, quand ses soldats mouraient pour rendre l’Italie libre. La France a toujours pensé à l’humanité; pour être bons. Français, ne séparez jamais ces deux mots, et criez avec moi :

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