LE JUGEMENT DU CONSEIL PRTVÉ EST CLAIR ET DEFINITIF
Le jugement du Conseil Privé, est à mon avis, et j'espère à l'avis de tous les membres de cette Chambre, clair et définitif, qu'aucun parent ne peut être forcé d'envoyer ses enfants aux -écoles de cette Province, tel que la loi existe actuellement.
Toute loi d'éducation obligatoire sera inconstitutionnelle, tant
que l'on n'aura pas rendu à la minorité catholique ses écoles confessionelles.
Je crois donc, Monsieur l'Orateur, avoir prouvé clairement que l'on ne saurait aujourd'hui dans l'état de choses actuel passer une loi constitutionnelle d'éducation obligatoire.
Mais admettons maintenant, dans le seul but de discuter, que le gouvernement ait le droit constitutionnel «le passer une loi d'éducation obligatoire, je vous demanderai, Monsieur l'Orateur, si cette loi serait juste et équitable, avantageuse et dans l'intérêt du pays.
Je dis: non, et ici encore je crois pouvoir prouver ma thèse.
Etudions le principe même de l'éducation obligatoire, son cô té pratique, les droits de l'Etat et des parents et encore une fois les conditions particulières existant dans ce pays.
Nous ne devons pas oublier que les catholiques et un grand nombre de protestants n'ont pas les mêmes idées et les mêmes opi nions que la majorité de la population de cette Province sur l'éducation.
DROITS A l'opinion
C'est leur droit, comme c'est celui de leurs adversaires d'avoir une opinion contraire. 11 y a actuellement en force au Manitoba un système d'écoles publiques qui ne s'accorde pas avec les idées religieuses des Catholiques et j'oserais dire avec l'opinion d'un grand nombre de Protestants de ce pays.
Et pourquoi ?
Parceque suivant eux l'on |n'y enseigne pas sufhsamment la religion; parceque ces écoles ne s'accordent pas avec les dictées de leur conscience; parceque ces écoles sont reconnues comme des écoles neutres.
Quant à l'importance de l'instruction religieuse dans l'école et quant aux droits d'un chacun de réclamer cette instruction, je vous citerai des opinions d'hommes comme G-ladstone, Théodore Roosevelt, Lord Salisbury, John Stuart Mills, Sir A. S Galt.
Voix des Grands Hommei
Sir A. S. Gralt, l'un des auteurs de notre constitution, disait un jour :
Il ne saurait y avoir de plus grande injustice que de forcer une population à faire recevoir par ses enfants une éducation contraire à ses croyances religieuses."
M. G-ladstone a dit aussi "Dans mon opinion, un système de religion non-coDfessionel, inventé par l'Etat ou fonctionnant sous son autorité, est une monstruosité "
Lord Salisbury s'exprimait ainsi : "Un certain nombre d'individus ont imaginé ce que j'appellerai un modèle de religion élastique qu'on peut, avec une légère pression, faire entrer dans toutes les consciences, et ils persistent à dire que cette religion brevetée est la seule qui devait être enseignée dans les écoles de la nation Il n'y a qu'un principe sain en matière d'éducation religieuse auquel tout le monde devrait adhérer. C'est un principe que vous devriez courageusement faire prévaloir à rencontre de toutes les convenances et aes expériences des fonctionnaires. Ce principe, c'est que le père de famille a le droit inaliénable, à moins qu'il n'ait perdu ce droit par quel qu'acte criminel, de déterminer la nature de l'enseignement que doit recevoir son enfant sur la plus sainte et la plus importante des matières."
John Stuart Mills, un libéral avancé, s'exprime ainsi dans son ^^Essai sur la liberté^ Je suis de ceux qui vont le plus loin dans la répudiation de l'idée que l'éducation du peuple, en tout ou en grande partie, est une fonction de l'Etat. On ne devrait pas tolérer qu'un gouvernement conservât, en droit ou en fait, le contrôle absolu de l'éducation populaire."