GUERROYEURS POLITIQUES
Si l'honorable député et ses amis ont préparé cette résolution. après une réflexion et une étude attentives ; s'ils la présentent à cette Chambre avec le désir sincère de la voir adopter, et non pas seulement comme des guerroyeurs politiques désireux d'embarrasser le gouvernement ; s'ils sont réellement convaincus que cette résolution est juste et équitable pour tous les habitants de cette province ; s'ils croient qu'elle est en harmonie avec la constitution du pays; s'ils pensent qu'elle est favorable aux meilleurs intérêts de la paix et des bonnes relations qui doivent exister entre toutes les classes de notre société ; s'ils jugent que c'est un acte d'hommes d'Etat supérieurs, je soumets qu'ils se trompent souverainement ; qu'ils ne connaissent pas nos lois constitutionnelles; et je me permettrai de douter de leur compétence et leur sincérité, par conséquent, aus!>i de leurs qualifications pour former l'opinion du peuple.
Ces messieurs ont^une bien triste idée du droit et de la jus» du Pair pi ay britannique ; et ils ont peu de respect pour la co titution sous laquelle nous vivons.
GRAVES RESPONSABILITES
Monsieur l'Orateur, un mot sur les graves responsabilités qui pèsent sur nos épaules comme représentants da peuple ; qu'on me permette de rappeler à mes confrères la dignité de nos fonctions.
Entre une population de près de quatre cent mille nous avons été choisis comme les quarante-un élus, chargés de préparer ou corriger les lois dont la mise en force assurera le bien être du peuple et la prospérité de la province.
C'est à nous surtout qu'incombe le devoir de donner l'exemple de la justice, du Fair play et du vrai respect des lois.
Le devoir de chaque homme dans cette Chambre est de travailler ardemment pour le bien du pays, et non pas seulement pour favoriser les intérêts d'un parti, que ce parti soit conservateur ou libéral.
Aucune loi ne devVait être passée qui soit de nature à léser les droits d'une partie de notre population.
Aucune résolution ne devrait être adoplée ; ici je dirai plus» aucune résolution ne devrait être soumise, si elle est de nature à léser les droits des autres et si elle doit allumer le fr^u de la discorde parmi des citoyens destinés à vivre et à travailler ensemble pour le bien commun de leur patrie commune.
La résolution qui est actuellement devant la Chambre est iniuste, fausse dans ses avancés, préjudiciable à la paix, à la prospérité et au développement de la province.
Elle n'a pas été, elle ne peut avoir été préparée et présentée dans le seul but de promouvoir les intérêts de la grande et noble cause de Féducation; c'est plutôt l'expression de la partisannerie politique, sans autre désir, autant que je puisse voir, que d'ennuyer le gouvernement et de soulever dans ce pays les passions de race et de religion. Comme si nous n'avions pas déjà trop souffert de ces dissensions cruelles !