‹ L'instruction obligatoire au ManitobaChapitre 3 sur 19 · LES LIBERAUX ALLUMENT LE FEU · texte numérisé non relu

LES LIBERAUX ALLUMENT LE FEU

**^^ Monsieur l'Orateur, il ne m'est pas nécessaire de relater ici rhistoire des vingt dernières années — Pour tout homme au courant des événements qui se sont succédés dans l'Ouest du Canada, depuis un quart de siècle, il est un fait clair et indiscutable, c'est

que chaque fois que les conservateurs ont été au pouvoir pendant un certain nombre d'années et qu'ils ont su administrer les affaires de l'Etat de telle sorte qu'aucune faute grave ne pouvait leur être reprochée qu'aucune accusation ne pouvait être portée contre eux dans l'exécution de leur programme; chaque fois que les conservateurs, di.«-je, ont pu gagner l'estime, la confiance et le respect de l'électorat, nos amis libéraux ont cru nécessaire d'allumer les feux de la guerre de race et de soulever les passions populaires, à un tel point que pendant un certain temps le préjugé a repris le dessus et a soulevé le flot du fanatisme, sur lequel nos adversaires comptent avant tout pour arriver au pouvoir.

Comme je l'ai dit tout à l'heure, je ne prendrai pas le temps de cette Chambre à relater l'histoire politique du Manitoba depua 1889 à 1890.

L'ancien gouvernement G-reenway était à la veille d'être balayé du pouvoir par la vague puissante de Tindignation populaire soulevée par de ruineuses transactions financières et une mauvaise administration des chemins de fer , quand soudain on détourna l'opinion publique par les passions religieuses et les haines de race.

Pendant dix ans nos adversaires ont réussi à tromper l'électorat, et avec le cri de guerre de la question scolaire lis ont pu conserver la forteresse du gouvernement.

Nous avons vu le jour cependant où les passions 'se sont cal* mées ; une brillante lumière a été projetée autour et par dessus les remparts ; la mauvaise administration libérale est apparue subitement dans toute sa réalité ; M. Greenway et ses amis ont été chassés de la forteresse, avec le fouet, déshonorés, écrasés par le mépris public.

nouvelle bombe des libéraux

Monsieur l'Orateur,

Nous allons voir aujourd'hui les libéraux suivre la même ligne d'action, et se servir des mêmes moyens trompeurs et des mêmes appels aux passions.

Cette résolution sur l'instruction obligatoire est la première bombe lancée au gouvernement par le camp libéral. Les plans ont été combinés depuis plusieurs années ; le père de cette résolution

a toujours été d'une activité particulière pour amener dans cette voie la commis>ion scolaire de Winnipeg.

Et quand, l'autre jour, j'ai entendu cet honorable monsieur^ commencer son discours en expliquant qu'il n'y avait dans ce mouvement aucune tentative d'agitation, il m'est aussitôt venu à la pensée que ses paroles n'étaient pas l'expression exacte de ses sentiments; et je ne puis m'empêcher de dire immédiatement qu'il aurait été plus loyal de la part de mon ami de prendre tout de suite une position franche et bien tranchée ; de parler ouverte, ment et bravement et de ne pas prétendre souffler un doux zéphir^ quand il allait plutôt déchaîner la tempête.

Sans douie, comme il Ta laissé entendre, il n'est pas un homme à convictions bien arrêtées; il n'est pas bien sûr, s'il est conservateur ou libéral, et il est fort possible qu'il ne sache pas même exactement s'il est pour ou contre l'instruction obligatoire.

C'est peut-être pour lui simplement question d'expédients ; tout dépend pour lui du parti qui est au pouvoir, et où il se trou* ve lui-même.

Le gouvernement Roblin ne peut être défait par l'emplo^ d'armes loyales ; sa politique ne peut être attaquée 'avec succès ; ce gouvernement remplit ses promesses ; son administration est progressive, il résout en maître toutes les grandes questions publiques, il a par conséquent la confiance de l'électorat.

Les libéraux ne voient aucun espoir d'arriver an pouvoir ; ils leur faut donc retourner à l'ancienne politique,dans l'espérance que l'histoire va se répéter, ils vont accuser le gouvernement du crime d'être l'ami des catholiques. Tout comme si cette amitié était synonyme de déshonneur !

Et avec ce cri de guerre, ils feront l'assaut du camp, convaincu d'avance d'une victoire assurée.

Mais ce qui a réussi une fois ne réussira peut-être pas une seconde fois.

L'expérience a prêché de grandes leçons ; et je veux que mes honorables amis sachent bien que cette fois ils auront à combattre sans masques et sous leur vraies couleurs.

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