Droit naturel, p
2. Voir la volumineuse brochure qu'il vient de publier, où il est dit que 95% de nos enfants de 7 à 14 ans fréquentent l'école.
Donc, la somme d'instruction que comporterait la loi d'obligation qu'on demande n'est bas nécessaire à la fin brincipale de notre société.
Mais on me dira qu'elle importe à sa fin secondaire? Et que de là Peut surgir pour l'État un titre à l'imposer ? Disons tout d'abord que la fin Secondaire doit toujours rester surbordonnée à Ja fin primaire, qui est, comme on le sait, de protéger et non de violer les droics des citoyens. Quelle est la fin secondaire ? C'est, encore une fois, de promouvoir la prospérité publique en encourageant et aidant les familles et les associations privées, en les mettant dans les conditions qui favorisent .es libres initiatives et ainsi, leur progrès physique intellectuel et moral.
Certains philosophes allemands, ainsi que Rousseau et consorts ont bouleversé cet ordre naturel manifesté par le bon sens et proclamé par la Philosophie traditionelle. Ils ont transposé la double fin de la société en subordonnant la première à la seconde, en faisant du bien public une fin en soi, qui légitime la violation de tous les droits. Et maints 8ouvernements modernes se sont chargés d'appliquer leurs théories, au moins en partie. L'Allemagne les a naguère illustrées avec éclat. C'est au nom du bien public allemand qu'elle a violé la Belgique et maints autres droits de l'humanité. Ses ennemis, dont plusieurs depuis longtemps s'inspiraient des mêmes théories et les mettaient chez eux en Pratique, s'en sont révoltés.
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Nous n'allons Pas recommencer la ré‘utation que nous en avons faite. Qu'il nous suffise d'ajouter que l'utilitarisme paur la société comme pour l'individu est une doctrine réprouvée, «et que, d'une manière générale, l'intérêt, même bien entendu, n'est pas plus la source du droit qu'il ne l'est du devoir. Comment, avec sa variabilité et sa contingence pourrait-il servir au devoir et au droit, dont l'essence est d'être absolueetimmuable ? Toutes les injustices et les tyrannies n'ont-elles pas cherché à s'abriter derrière cette maxime de l'utilité publique 2» 1
Donc, si notre parlement n'a pas, par ailleurs, de titre qui lui confère le droit d'instituer l'instruction obligatoire, il ne saurait alors, en désespoir de cause, se réclamer de l'utilité publique, des multiples avantages que procurerait à la province l'exécution d’une pareille loi, car l'utilité, le bien public, en soi, ne crée pas le droit. Pas plus que les individus, l'État ne peut dire: Cela est utile, donc c'est juste: donc, j'ai le droit de passer outre et d'envahir le domaine des autres, que ce soit le domaine sacré de la famille ou celui du Pays voisin. L'instruction pour tous les enfants, une instruction comportant huit, dix, douze années d'étude, contribuerait à la prospérité de la province; donc j'ai le droit de contraindre les parents d'envoyer leurs enfants à l'école pendant huit, dix, douze ans. Des écoles nationales, obligatoirement fréquentées par tous les enfants du Canada, où