AU LECTEUR
[LA question de l'instruction obligatoire, chez nous, est souvent mise et remise à l'affiche. D'aucuns même l'y tiennent en permanence.
Dussent ces pages simplement contribuer à faire comprendre à une foule de gens—qui ne s'en doutent pas—que l'instruction obligatoire est une question grosse de difficultés doctrinales et de conséquences pratiques; qu'il n'est pas donné au premier venu de trancher en cette matière, qu'elles feraient œuvre grandement utile. Mais elles aspirent à plus. Elles veulent, par la vulgarisation d'un enseignement, de soi austère, éclairer les hommes sincères qui ne savent trop à quoi s'en tenir, ou qui, s'en laissant imposer par le sentiment et des arguments de surface, se prononcent trop à la légère en une question aussi grave. C'est à eux seuls que je m'adresse.
Je tiens à avertir mes lecteurs que si, au cours de cette brochure, je discute et qualifie à leur mérite —ou mieux à leur démérite—certaines opinions et attitudes de catholiques bien méritants par ail leurs, je ne veux nullement mettre en doute leur sincérité et leur bonne foi.
Un tiers environ de ces pages m'ont fourni matière à une conférence, diversement appréciée.
D'aucuns l'ont mal comprise, d'autres l'ont travestie, au point de m'accuser de prôner l'ignorance. N'étaient toutes ces attaques injustifiées et le souci d'inspirer le plus de confiance possible, je croirais manquer gravement à la modestie en publiant le témoignage spontané qu'a rendu à mon travail le théologien le plus en vue du Canada, Mgr L.-A. Paquet, spécialiste en matière d'éducation. Voici ce que, le 26 janvier, il écrivait à un tiers:
«Merci cordial pour le compte rendu de la PRESSE que vous m'avez fait tenir, et où j'ai bu lire et admirer la très belle et très forte et irès complète étude du docte jésuite, le Père Hermas Lalande, sur la contrainte scolaire. C'est un travail de première valeur, digne du philosophe profond qui l'a fait et qui ne provoque dans mon entourage que des éloges.
«La thèse qui y est soutenue me paraît bien en conformité avec la lettre récente de notre vénéré Cardinal et avec l'enseignement philosophique donné dans nos séminaires et nos collèges.
«Je vous charge d'offrir au conférencier mes plus chaleureuses félicitations.»
Repoussant énergiquement les éloges qui s’adressent à mon humble personne, je prie le lecteur de n'y voir lui aussi que la confirmation éclatante de la doctrine exposée dans mon modeste livre.