LASSAY ET SAINT-FRAIMBAULT-DE-LASSAY
(2,368 hab.).
École des garçons. — Par testament du 19 septembre 1616, Marguerite Espinay, fonda une messe à diacre et sous-diacre en l'église Notre-Dame du Rocher, et un Stahat pour elle et Christophe Piette, son mari, sieur de Baladé ; elle assigne une somme de 18 livres « à un régent qui enseigne les enfans en la dite ville de Lassay, pourveu qu'il soit admis par la communauté des habitans; à la charge que le dit régent assistera à la célébration du Stabat et autres prières avec le vicaire, et fera sonner la cloche. »
Le 28 juin 1632, Renée Dupont, veuve de Jean Espinay, parente sans doute des premiers donateurs, « désireuse de l'instruction de la jeunesse de Lassay et ailleurs. » donnait une rente de 30 livres au régent du collège, et l'assignait sur la terre de la Rigaudière, au Horps (1).
La première de ces deux rentes est portée à 36 livres dans un acte de taxation des francs fiefs de la Généralité de Tours ; et la seconde à 31 livres sur le lieu de Lorière (2).
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Par testament du 8 avril 1630, devant Etienne Laigneau, Guillaume Delamotte, fondait à son tour une messe tous les samedis en la chapelle Saint-Sauveur ou dans celle de Notre-Dame du Rocher et laissait à perpétuité « six livres pour un mestre d'écolles, prêtre ou autre, qui respondroit la messe par chaque jour du dimanche et autres festes en l'église de Lassay, tel qu'il seroit choisi par le procureur fabricien et deux des principaux habitans » (3).
Après la fondation du collège de Lassay, l'œuvre spéciale des petites écoles ne fut pas négligée par le clergé. Le \îi mars 1761, Me Jean Bignon, curé et doyen-rural de Saint-Fraimbault de-Lassay, donne à cette tin une rente de 120 livres sur le clergé de France. La chapelle Saint-Sauveur devait servir de local. Le prêtre qui faisait la classe recevait 90 livres, 2o livres étaient assignées au curé qui fournissait les livres et les ornements, et 5 livres allaient aux réparations de la chapelle (4).
D'après Le Paige, il y avait à Lassay une seconde petite école pour les garçons (5).
La première école de Lassay avait simultanément deux régents. Voici ceux que nous connaissons :
Joachim Troseille et Jacques Lenfant.
Julien Garnier et Jacques Rousseau.
1688, 1733, François Lottin ; 1693, 1721, Julien Langevin.
École des filles. — Elle était tenue, avant l'arrivée à Lassay des sœurs de la Ghapelle-au-Uiboul, par mademoiselle Marie Velpeau. On connaît deux fondations qui lui étaient attribuées, l'une de 45 livres faite en 1712 par René Deslandes, Louise Ghoquel, sa femme, et par François Gacquia, sieur de Montbourg, par acte devant Nicolas Laigneau. notaire à Lassay; l'autre de 17 livres due par les héritiers Chauvin, Rousselet et Raguelin.
L'acte par lequel messire Léon de Madaillan de Lespare, marquis de Lassay, demeurant à Paris, fonda dérmitivement rétablissement de trois sœurs à Lassay, est daté du 29 juin 1 7'i7, et commence ainsi :
« Etant informé, y dit-il, que les pauvres de sa ville de Lassay
ont besoin d'être secourus et assistés, scavoir la jeunesse, pour lui apprendre à lire, écrire et calculer, les pauvres malades pour être assistés dans leurs maladies et convalescence, les autres pauvres pour avoir des secours dans leurs besoins et nécessités ;
« 11 s'est déterminé à faire les deux fondations suivantes : la première, d'établir trois sœurs de Charité dans la dite ville de Lassay, pour y apprendre à lire, écrire et calculer à la jeunesse, aider et secourir les pauvres malades, et pour cet effet demeurer toujours en la dite ville de Lassay, et y avoir une apoticairerie ;
« Et l'autre en faveur tant de tous les autres malades, que des autres pauvres et nécessiteux de la dite ville. Voulant le dit seigneur, marquis de Lassay, par le moyen des dites fondations, montrer aux habitans de sa dite ville de Lassay des marques de sa protection et bienveillance pour eux. »
Pour la première fondation, M. le marquis de Lassay donnait à la fabrique de Notre-Dame du Rocher pour les sœurs et pour les pauvres malades, une rente de 400 livres sur particuliers, au capital de 16,000 livres; et également une autre rente de 400 livres, à la même fabrique, sur les Aides et gabelles de France, pour la seconde fondation.
Les conditions auxquelles le contrat avait été accepté par les marquis de Lassay, les religieuses de la Ghapelle-au-Riboul, et les habitants de la paroisse, étaient :
1° Que les paroissiens fourniraient aux sœurs un logement convenable, le curé ayant déjà donné pour 600 livres de meubles.
2° et 3*^ Que les rentes dont jouissait Marie Velpeau reviendraient après son décès aux sœur maîtresses d'école, pour elles et pour les pauvres.
4° Que les sœurs rendront annuellement aux directeurs de la Charité de Lassay un compte dont le double sera envoyé à l'assemblée de la supérieure et sœurs de la Charité de Sillé-le-Guillaume.
5° Si, ce qui n'arrivera pas, il faut respérer,les sœurs manquaient à leurs obligations, le curé et les habitants de Lassay
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en avertiraient le seigneur marquis qui pourrait appeler d'autres sœurs à la même communauté ; et rentrerait dans la pleine propriété de la rente de iOO livres, si les conditions n'étaient plus observées.
La supérieure des sœurs de la Ghapelle-au-Riboul était alors la sœur Suzanne Fussot. Les sœurs Matlmrine Potier, Marie Broussin, Gabrielle Lecliat, Louise Hulbroc et Marguerite Chevalier signèrent avec elle la procuration nécessaire pour engager la communauté.
Avant même la conclusion de ces actes, trois sœurs de la communauté : Julienne Kivoire, Elisabeth Bourcier et Jeanne Leblanc étaient établies à Lassay. Elles y furent maintenues.
Mgr de Froullay avait, dès le mois de septembre 1.744, signé au château de la Bermondière un acte d'autorisation pour l'établissement projeté et peut-être déjà exécuté. Il renouvela son consentement le 10 juin 1746. Louis XV donna également ses lettres patentes le 8 juillet 1747 (6).
Cette fondation est une de celles qui nous montre le mieux l'accomplissement de toutes les formalités requises en pareil cas, et la part d'initiative apportée par chacune des parties intéressées dans ces actes où le dévouement, la bienfaisance, et une sage prévoyance pour les besoins des pauvres interviennent à la fois.
Les sœurs de Lassay, à l'époque de la Ilévolution, étaient (...) Robillard, supérieure, Marie Vaugeois et ( ..) Foulon, de Niort.
Le 9 janvier 1791, elles durent comparaître devant Garnior- Gannerie, maire, et Champion, procureur de la commune, (jui les sommèrent de prêter serment. Elles refusèrent, et furent, de ce chef, dénoncées au Directoire du Département. Malgré des tracasseries continuelles, elles purent continuer leurs fonctions auprès des enfants et des malades jusqu'à la fin de cette année.
Mais le l^r avril 1792, le sieur Champion les dénonça de nouveau, disant qu'elles » donnaient à quantité de jeunesse, mais surtout à leurs pensionnaires, une éducation religieuse et aristocratique. Une institutrice laïque fut nommée à leur place. Le
dernier jour du même mois, le procureur revint accompagné cette fois du triste Volcler pour leur demander reddition de comptes. On les sollicita encore de prêter serment, et sur leur refus les scellés furent apposés.
Le lendemain, la sœur Robillard déclara devant la municipalité que, revenant sur sa détermination de la veille, elle resterait volontiers au service des pauvres et à ses fonctions de maîtresses d'école. Cette nouvelle fut un triomphe pour les agents républicains, qui félicitèrent la sœur Robillard ; mais leur joie ne fut pas de longue durée, car trois jours plus tard, quand on proposa à cette sœur de lui donner une compagne, elle répondit en donnant sa démission définitive. Irrités, les municipaux l'accusèrent d'avoir voulu, en gagnant du temps, enlever le mobilier de la maison et ils firent des perquisitions (7j.
(1) Titres communiqués par M. l'abbè Glllard. — (2) Aroh. nation. Q^ 78. — (3) Arch. de la fabrique. — (4) Arcli. de la fabrique. — (.5) Diclionnaire, etc., I, p. 463. — (6) Arch. de la Mayenne, et copie notariée des originaux, communiquée par M. l'abbé Gillard. — (7) Arch. nation. F'^^' III. Mayenne o.
LAUNAY-VILLIERS (ol4 hab.).
Ecole des filles. — « Françoise Anjuère. sœur de charité à Launay w est citée aux registres paroissiaux, 21 janvier 4 738 (1).
(1) Note de M. l'abbé Pointeau.
LAVAL (30,627 liab.).
Anciennes paroisses de la Trinité et de Saint Tugal.
Ecole des garçons. — Le premier document qu'on puisse invoquer au sujet des écoles de Laval est la légende de saint Berthevin. Elle a été écrite sur le témoignage des vieillards u a senioribus nostre etatis », dit l'auteur, et par conséquent à une époque presque contemporaine du saint qui vivait à la fin du IX^ siècle.
Saint Berthevin, y est-il dit, venait tous les jours pour étudier les lettres à un château voisin, au lieu où devait être Laval. Mais avant d'aller en classe « Antequam ad studium incederet », il passait la Mayenne pour prier dans une église dédiée à Saint- Nicolas. Monsieur Guais des Touches, à qui nous devons la publication de la vie de Saint Berthevin d'après un manuscrit de la bil)liothèque d'Avranches, a compris que l'école où étudiait le saint était près de la Chapelle de Saint-Nicolas, sur la rive opposée au château. Je crois qu'il s'est trompé sur ce point.
Il est dit dans le texte qu'un bateau venait au devant du jeune lévite sans rames ni pontonnier, mais c'était pour le conduire au lieu où il devait prier, à Saint-Nicolas « dùm sanctus Berthivinus orationem peteret. » Ce qu'il ne fallait pas traduire, et c'est la cause de l'erreur, « pendant la prière du Saint. » Berthevin au contraire était conduit miraculeusement à la chapelle, au delà de la rivière, puis revenait étudier près du château. 11 faut donc, je crois, malgré les réflexions dont ce passage est accompagné pour prouver la convenance d'une école près de la chapelle du saint évèque de Myrc, patron des jeunes écoliers, reporter cette première école sur la rive apposée, où déjà se trouvaient un château et le rudiment de la ville future (1).
Inutile de rappeler ici, après tout ce qui a été publié sur le collège de Laval, que le maître des écoles est cité, en H 70, dans l'acte de fondation du chapitre de Saint-Tugal, et que cette collégiale eut, depuis cette époque, droit dénommer les directeurs des écoles de Laval.
Ce maître d'école était, au XV*' siècle, un personnage qui frayait avec les plus distingués. En 1158, René de Fcschal, seigneur de Thuré, le traite à l'hôtel de Allain Despins ; et un peu plus tard il semble le commensal de Illùtel-Dieu, dont laumùnier était lui-même des premiers de la ville.
J'ai dit, à l'article de Craon, que le chapitre de Saint-Nicolas
avait, à prix d'argent, attiré à lui, en 1460, M" Robert Perrouin en
lui faisant « délaisser les escolles de Laval où il estoit très fort
amé, » et le maître le plus « suffisant à mémoire d'homme. »
La fondation faite en 1520 pour une distribution de « trois-
ôent-vingt fouaces aux écoliers, si tel était leur nombre », n'est pas un fait isolé mais plutôt un usage dont il y a d'autres exemples (2).
Par son testament de 1478, Simon Berault, sieur des Essarts, donne « pueris et clericis de schola Lavallensi », à chacun un gâteau « placentam » de deux deniers, chaque vendredi pendant trois semaines.
Le chapitre de Saint-Tugal maintenait strictement ses droits. En 1480, nous dit M. Boullier, il fait un procès contre le prieur de Sainte-Catherine, qui prétendait avoir droit de tenir une école publique pour les enfants du fief de son prieuré. Il fut gardé dans son privilège, et l'on peut croire que les autres communautés ou seigneurs de fiefs respectèrent désormais le monopole des chanoines.
11 est de toute évidence qu'à défaut d'école élémentaire spéciale, le collège dut avoir de tout temps des classes pour les pauvres et pour ceux qui ne prétendaient pas à une instruction complète. 11 y est fait allusion plusieurs fois dans les pièces concernant le collège, et alors que les moindres localités veillaient à l'instruction du peuple, une ville comme Laval ne pouvait négliger ce soin. Si l'on exigeait une rétribution elle devait à toutes les époques être bien minime, sinon nulle.
La vie de Jean Roussard, vicaire de Saint-Vénérand, nous en offre un exemple. Sa famille, nous apprend-il, était tombée d'une situation très prospère dans une profonde misère. C'était vers 1642, ses parents « après Lavoir formé eux-mêmes, et luy avoir donné les premiers éléments de la piété, sitôt qu'il eut atteint l'âge de sept à huit ans, l'envoyèrent â l'école ; et comme le plus souvent, ces vrais pauvres de Jésus-Christ n'avoient pas de quoy payer ses maistres, qui luy apprenoient avec la lecture et l'écriture, le jet et le chant, qu'il apprit en perfection en très peu de temps, sa bonne mère l'envoyoit par les rues de la ville, les jambes et les pieds nuds, vêtu d'une chemise et d'un petit caleçon, avec un petit bonnet sur sa tête, ornée de sa belle chevelure frisée et dorée, vendre dans les cabarets i)Our deux liards de salade ou de petits fruits de son jardin, et quand elle avoit gagné
sept ou huit sous, elle payoit le maître de son fils ; ou bien elle faisoit dire de temsen tems quelques messes en l'honneur du Saint- Esprit ou de la Sainte- Vierge ou de l'Angélique docteur Saint- Thomas, afin qu'il plût à Dieu faire la grâce à son fils de bien apprendre.
« Ce pauvre enfant, dès lors très obéissant à ses parens, faisoit absolument et sans réplique tout ce qu'ils luy disoient avec la dernière exactitude, mais non pas sans beaucoup souffrir des rebuts, des humiliations, des reproches, des injures, surtout des autres enfans de la ville qui, pendant qu'il mangeoitun peu de soupe, qu'on luy donnoit à la porte de quelque charitable bourgeois, s'attrouppoient autour de luy pour luy dire mille infamies, qu'il enduroit déjà avec une patience merveilleuse. »
Je n'ai pas voulu priver mon récit de ce petit tableau des mœurs populaires du XVII"' siècle, mais l'on verra quand je pourrai publier, au moins en extrait, la compendieuse vie du « vénérable serviteur de Dieu messire Jean Roussard, prêtre » qu'elle est fortement empreinte ou entachée d'exagération. La peinture qu'elle nous donne semble poussée au noir ; il importe de ne pas la généraliser ni la prendre pour absolument exacte (3).
M. Hardy, qui fut curé de l'Huisseriede 1722àl733, appartenait à la famille de ce nom qui s'est distinguée à Laval dans les charges et par ses bienfaits. Il donna une somme de 1000 livres pour les écoles de Laval. A ce premier fonds, le zèle de M. François Fréart, curé de la Trinité, sut ajouter les ressources voulues pour l'érection et l'entretien de plusieurs écoles de charité.
Au mois d'octobre 1737, le clergé de la paroisse de la Trinité de Laval délibéra « pour l'entretien d'une école de charité pour les pauvres garçons de la dite paroisse » et rédigea un règlement en 18 articles « pour la direction de la dite école ». Puis, on présenta à ^Igr Charles-Louis de FrouUay, évèque du Mans, une première requête tendante à ce qu'il lui plaise « approuver et confirmer l'établissement de la dite écoUe et le dit règlement pour icelle ». Une seconde pétition demandait la « suppression dos titres des chapelles de la Buottière, à la nomination du curé de la dite paroisse de la Trinité, et de Saint-Jae<iues <le la P.ou-
verie, à la nomination des bâtonniers de la confrérie dite de Saint-Jacques ; les dites chapelles desservies dans l'église de la dite paroisse de la Trinité ; et l'union à perpétuité des fruits et revenus des dites chapelles à la dite écolle de charité ci-devant établie dans la dite paroisse de la Trinité, pour augmenter le nombre des maîtres et servir à leurs honoraires et subsistances ; à condition par la dite écolle d'en remplir les charges. »
Ce n'est que le 10 octobre 1740, que M. de la Vigne, officiai de i'évêché, vint à Laval diriger une enquête sur le fait de la réunion projetée à laquelle comparurent le clergé, les notables et les intéressés. Un immense placard contenant toute la procédure de l'officialité fut imprimé par M. Ambroise et affiché à cette occasion. ;
Il résulte de l'information « que rien n'est plus avantageux ni plus nécessaire qu'une écolle de charité dans la dite paroisse, dont les trois quarts des habitants, ouvriers et mercenaires, sont hors d'état de donner aucune instruction ny éducation à leurs enfants, d'où nait la dépravation des mœurs et l'ignorance de la religion dans laquelle ils vivroient, comme y ont vécu leurs parents ; que le revenu de la dite école ne peut être que de cent livres et celui des dites chapelles d'environ 350 livres, qui sera très modique pour l'honoraire des maîtres nécessaires pour l'instruction du nombre prodigieux d'enfans de la dite paroisse. »
L'union des revenus des chapelles à l'école reçut l'approbation épiscopale le 23 novembre 1740 (4).
Le registre des recettes et dépenses des écoles de charité va nous apprendre maintenant ce que furent les divers établissements depuis 1738 jusqu'à 1783. Les principaux bienfaiteurs sont à l'origine : M. Fréart qui versa 4o6 livres, 14 sols: un anonyme donna 200 livres, le clergé loO, le prieur de Saint- Martin 100. M. René Lebreton, curé de Saint-Tugal, se démit en faveur de l'œuvre de la prestimonie du Râteau, et donna 600 livres pour les réparations ; enfin M. Piau, prêtre, premier économe du bureau des écoles, fit remise de oOO livres sur les avances qu'il avait faites avant 1745.
Avant la réunion de ces divers bénéfices à l'œuvre des écoles.
il n'y avait qu'un seul établissement, installé dans la Cour du Griffon, au faubourg Saint-Martin. M. Fréart y avoit acheté une maison et les frais d'aménagement s'élevèrent à 400 livres. Le titulaire disait toutes les semaines dans lachapelle de Saint-Martin une messe à laquelle ses élèves assistaient; on lit à cette école des améliorations considérablesenl782.Le premier maitre qui dirigea l'école fut M. d'3 la Braudière; on trouve ensuite :MM. Jallier 1743-1 74o; — Jouet 1741-1770; — Bleulu 1771-1772 ; —Braudière, 1773, mort en fonction en 1781 ; — 1782. Lerat. Tous étaient prêtres.
La seconde école fut d"abord établie dans la grand'rue. M. Gallot et M. Ambroise semblent en avoir été les premiers maîtres, en 1744. On l'installa cette même année, dans larue des Chevaux en une maison que M. Leclerc de V'aumorin cédait à titre presque gratuit pour 12 livres par an. Les écoliers allaient tous les dimanches à la messe dans la chapelle du cimetière. Les maîtres connus sont: en 1743-1779, M. Pellier, qui mourut en fonction le 20 février ; MM. Caillou et Perrotin qui ne figurent que peu de temps en 1747 et 1748 ; — 1779. M. Péan.
Une troisième école fonctionna, au moins pendant une dizaine d'années, depuis 1733, dans une maison située près des Capucins que M. des Bigotières prêtait gratuitement d'abord, puis pour un loyer de 12 livres. Le seul titulaire connu, le sieur Lezé, était dans une situation très inférieure comparée à celle des autres maîtres. Le maigre traitement de 30 livres qu'on lui assignait ne lui permettait pas de figurer bien honnêtement dans le monde ; de temps à autre on liii fait quelques avances pour avoir un habit, des souliers, des fagots, quelques boisseaux de grain.
Le traitement des maîtres dans les deux principales écoles s'éleva graduellementde 130 livres, qu'ils recevaient à l'urigine, à 330 livres qui leur étaient attribuées en 1783.
La valeur des biens alTectés aux écoles de charité augmenta aussi dansune proportion correspondante. La Bouverie et la Girardière, enNuillé-sur-Vicoin, n'étaient affermées, en 1743, que 350 livres ; elles produisirent successivement : — 1713, 'lOO livres: —
1751, 120 livres ;— 1764, 550 livres ;— 1772, 708 livres: — 1781, 934 livres.
Le même progrès se remarque dans le prix de fermage de la Buottière, en Cossé-le Vivien. Nous le voyons de 300 livres en 1747 ; — 380 livres en 1751 ; — 473 livres en 1772 ; — 559 livres en 1781. Inutile de dire que ces immeubles vaudraient aujourd'hui quatre fois davantage. Pour les vingt dernières années, la moyenne des recettes était de 1822 livres, et les dépenses un peu inférieures. L'état de la caisse permet môme à différentes époques, dans les années de disette, de faire des avances assez considérables au bureau de charité.
Il n'y eut que trois économes de l'œuvre des écoles pendant les quarante-six années dont nous ayons les comptes: M. E.Piau, qui fut Fun des promoteurs et des soutiens de l'œuvre; il est improprement qualifié curé de Saint-Martin, dans une demande d'exemption de droits seigneuriaux qu'il adresse à la dame de Laval, en 1747; — M. l'abbé Courte, fils du seigneur du petit Beauvais, qui fut en fonctions à partir de 1753; — Enfin M. l'abbé Touchard, sieur de Sainte-Plaine. Ils rendaient leurs comptes devant deux députés du clergé et deux procureurs marguilliers.
Nous donnons plus loin, à l'article de Saint- Vénérand, le règlement des écoles de charité qui était le même au fond que celui de la Trinité, et ici cinq articles inscrits au registre du Bureau vers l'année 1767.
« 1° Les maîtres et maîtresses ne pourront s'absenter dans le temps des écoles sous quelque prétexte que ce soit.
2° Ils tiendront tous les jours ouvrables l'école pendant quatre heures; savoir depuis 9 h. 1/2 du matin jusqu'à 11 h. 1/2, et depuis 2 h. 1/2 après-midi jusqu'à 4 h. 1/2. Si toutefois quelque maître ou maîtresse préféroit de tenir l'école pendant quatre heures de suite pour être plus libre le reste du jour, il lui sera permis de le faire en commençant son école à 9 h. 1/2 du matin et en ne la finissant qu"à une heure après-midi.
3° Les maitres et maîtresses feront l'école du matin aux enfants qui sont en état de lire par bande et de suivre le cours de la lecture ; et celle du soir aux enfants qui ne savent pas encore l'ai-
phabet, et qui ne sont pas en état de suivre et de lire par bande. S'ils font les deux écoles du matin et du soir de suite, ils congédieront à 11 h. 1/2 les enfants qui ont lu par bandes et feront Técole aux commençans et petits enfans.
4"^ Ils ne feront lire les enfants que dans les livres fournis par le bureau et se conformeront au mode et règlement d'instruction et discipline qui leur seront tracés par le bureau.
5" Ils ne pourront prendre de congé que les jours de dimanche et de fêtes ordonnées par l'Eglise et le Gouvernement et ceux qui leur seront donnés par le bureau ».
En l7oo, on fit imprimer à Paris 200 exemplaires des règlements de l'école pour les faire observer plus exactement. On les remettait aux membres du bureau et aux régents.
Voici les livres dont se servaient les écoles, avec le prix de chacun.
Les Rèçjles Chrétiennes, 14 sols.
L'Hisloii-e de r Ancien et du Nouveau-Testament, 16 »
Les Civilités, 5 »
Le petit Catéchisme historique de M. Fleury, o »
L'Alphabet, 1 » 3 den.
Le Catéchisme du diocèse, 3 liv. la douzaine.
Les tableaux de Ba, Be, Bi, Bo, Bu.
Ces livres, qui étaient souvent fournis gratuitement aux écoliers,figurent à ditférentes fois, avec leurs prix, dans les comptes des dépenses. On y trouve également la nomenclature et le prix des ouvrages donnés en récompense à la fin des années. Enl7o6, on distribua ainsi trente-deux « livres à lire » qui coîitèrent 24 livres d'argent. Ce sont ordinairement. Les Epilres et les Evanf)ites. l' Imitation, lesSages entreliens, leCatéchisme,les Pensées chrétiennes, des livres d'Heures, les Devoirs d'un chrétien envers Z)/t'<<. On donnait également aux enfants des chapelets,des images, etc., M. Fréart recommandait beaucoup de répandre ainsi dans les familles des livres qui pouvaient y être ;une semence de la bonne doctrine. Les fournisseurs ordinaires des écolessont, de 1760 à 1770, M. et Mlle .Vmbroise. M. labbé Ambroise, prêtre, semble liquider le magasin paternel en 1771 et vend au rabais 27 douzaines
de catéchismes. A partir de cette époque, c'est M. Andouard qui tient la librairie et Mlle Andouard en 1782.
En dehors des écoles soutenues ainsi par le clergé pourles pauvres, et du collège, 11 y avait certainement à Laval des maîtres tenant classe ouverte aux élèves payants ; nous l'avons vu à Château-Gontier, et il endevait êtrede même à Laval, commeonpeut le constater d'après certains contratsd'apprentissages.où il est convenu que le maître fera donner des leçons dans sa maison par un maître d'école.
En 17o9, Nicolas Roland, époux de Catherine Fleury, estmaître d'école à Laval (5).
Le chapitre de Saint-Tugal avait une psallette ou école de chant et d'instruction élémentaire, pour les enfants de chœur qui servaient en son église. A lafinduXV*^ siècle, alors que Pierre Lebaud était à la fois doyende Saint-Tugal et aumônier de l'Hôtel-Dieu, le maître de « sallette » allait souvent avec ses élèves prêter son concours aux cérémonies qui se passaient à Saint-Julien. Michel Luzeau est maître de psallette en 1374, et François Arondeau, enl603.
De bonne heure l'église de la Trinité eut aussi son école d'enfants de chœur, comme nous l'apprennent les actes suivants (6).
lo22. — Christophe Le Mintier, prêtre, chantre de la Trinité, prend une maison appartenant à la fabrique près du petit cimetière à la charge « d'enseigner l'art du chant aux enfants qui voudroient estre et avoir les draps d'icelle église »
1626. — Les habitants consentent «que la maison sise proche l'escalier de la grande porte de l'église delà Trinité soit donnée à 30 livres de ferme par an, àM" Denis Febvis, prêtre, ayant de charge de la conduite et instruction des enfants de chœur, durant et si longtemps qu'il fera l'instruction des enfants de chœur ».
1710. — « Sous-sings privés par lesquels maîtres François Ayrault, curé de St-Michel. Thomas Pùgault.curé de St-]Michel-de-la- Pallud, Alexandre Guérin, chantre en dignité et chanoine de St- Martin. Pierre Syette, chantre et chanoine, tous de la ville d'Angers, ont, sur l'exposé d'un mémoire qui leur a été mis en mains, déclaré être d'avis que l'on ne peut pas oter la conduite et le gouvernement des enfans de chœur de la paroisse de la Trinité de
Laval à monsieur le chantre de la dite paroisse, attendu l'ancien usage; à moins que le dit sieur chantre ne fût de mauvaise conduite et incapacité pour Tinstruction des enfans ».
Il était dû une rente de 20 livres aux enfants de chœur de la Trinité sur une maison située rue du Val-de-Mayenne, vis-à-vis de la Poterne, (avant 1670).
Dès son début, la Révolution désorganisa les écoles de charité comme toutes les autres. Au mois de mars 4 790, les secrétaires de bureau disent « que les écoles de charité étaient désertes et que les pauvres n'y envoyaient point leurs enfants. » On arrête « que les commissaires y surveilleraient et qu'ils rayeraient de la charité ceux qui se refuseraient d'y envoyer leurs enfants, qu'ils remettraient au secrétariat le nom et l'âge des enfants qu'ils croiraient être dans le cas de s'instruire, et que l'âge lixé pour aller aux écoles publiques serait de cinq à sept ans. »
Le 12 frimaire an XI, on rétablit enfin avec de nouveaux règlements deux écoles de garçons et trois écoles de filles pour les pauvres de toute la ville. Les curés étaient priés de donner l'habitation aux prêtres qui s'en chargeraient et d'anciennes religieuses devaient surveiller les écoles de filles. Le 8 nivôse an XI, « Madame Marie Mailay, supérieure générale de la congrégation des sœurs hospitalières dites de la Ghapelle-au-Riboul, » accorda à l'administration trois sœurs pour chacune des deux Providences de Laval (7).
Je no donne ici que les indications des documents les plus importants consultés pour cet article. Entrer dans les moindres détails serait excessif.
(1) Etude haçiiograpliique sur Saint BerOievin,^nvy\. A. Guays des Touches. — (2) Le legs rapporté par .M. -Meiynun d'aj)rcs un document local est également et dans les n)énics termes enregistré au IV'Liucedes Fondations d'où je l'avais extrait. Il faut probablement y lire que le maître recevra « (juatre liards ou douze deniers » et non pas, quatre ou douze deniers à son choix » (jUoii]ue les deux copies donnent la même le(;on. — (3) Je posséile une copie (le il vie de J. Uoussard dont l'original esta la bibliolhéiiuc de l'.Arsenal. —(4) Insin. Ecclés. LIX. 200. La copie de cet acte m'a été communiquée par M. A. Martin, rédacteur au Nouvelliste de la Sartlie, — (5) Vie de M. Fréart, curé de In Trinité, et surluut Registre du bureau des petites écoles, au Bureau central à Laval. —(6) Inventaire des titres de la Trinité, dit Inventaire Jurdrin. — (7) Arch. du Bureau-Central, à Laval.
Ecoles de filles. — Les Ursulines vinrent s'établir à Laval, en 1616, et se fixèrent d'abord près de l'église de Saint-Vénérand, dans des maisons données pour l'érection d'un Séminaire d'enfants. Cette maison se nommait primitivement TArmurerie. En I6I0, René du Bellay, seigneur d'Auterive et de Cliantelou, fit remise de ses droits, comme seigneur de fief, à condition d'accomplir certains services religieux, de placer ses armes dans l'église qui serait bâtie, de recevoir sans dot une novice présentée par lui, et d'offrir un bouquet de fleurs de leur façon une fois l'an. Quelques années plus tard le couvent fut transporté au lieu de la Valette. C'est là que jusqu'à la Révolution les religieuses Ursulines, en même temps qu'elles dirigeaient un pensionnat, se consacrèrent suivant les règles de leur institut à l'enseignement de jeunes filles de la classe pauvre (1).
Le désir de procurer le bien moral et matériel des jeunes filles pauvres suscita au cours du XVII" siècle, dans le Bas-Maine, plusieurs fondations. La première, par ordre des dates,est l'érection à Laval d'une congrégation de Filles du Tiers-Ordres de Saint-Dominique, dites de Sainte-Catherine. Le, P.Rousteau,Dominicain,enétait le directeur. En 1678. elles sont demandées à Ernée, et à Saint- Vénérand deux au plus tard. C'est là tout ce que je connais sur une tentative qui ne semble pas avoir eu un succès prolongé, et dont personne n'a parlé (2).
Quelques années plus tard,se fondait un établissement plus durable. M. Gervais Chambrun, sieur de Beaumesnil, prêtre demeurant à Paris, mais natif de Laval, faisait don d'une somme de 4,800 livres pour la dotation de trois filles ou veuves qui prirent le nom de sœurs, et sous la direction des dames de charité, s'occupèrent du soin des pauvres et de l'instruction des jeunes filles. L'acte en fut passé à Laval le 2o septembre 1683. L'approbation épiscopale fut donnée le 3 février de l'année suivante (3).
Profitant de cette libéralité, les Lavallois se hâtèrent de constituer une compagnie de charité dont le règlement fut approuvé par Mgr l'évèque du Mans le 15 février 1684. Une partie concerne les dames de charité, une autre les devoirs des sœurs. Madame la Duchesse de la Trémoille accepta d'être présidente de l'œuvre.
Ce règlement, imprimé à Paris chez Clément Casse, forme un petit volume in-18 de 124 pages. Il est assez rare. Quoiqu'il ne soit fait nulle part clans ce livre mention du véritable fondateur, M. Gervais Chambrun, toutefois, les clauses de sa donation y sont exactement reproduites, mais avec plus de développement, et c'est pour cela que j'emprunte à l'imprimé les articles qui regardent l'école. Ces pages révèlent trop bien l'esprit profondément chrétien auquel obéissaient tous ces bienfaiteurs des pauvres et qui seul a su inspirer le dévouement, pour ne pas les reproduire.
« Art. 18. — Vohlifjalion de faire gratuitement V école préférable aii soin des malades. Et poimpioi. Du Catéchisme qui se doit faire les Jeudis raprès-dinée. L'une de ces trois tilles ou veuves sera obligée de faire gratuitement l'école aux pauvres petites filles, sans y admettre aucun petit garçon, et de les instruire de leurs devoirs, et des choses de la Religion et de la Foi, qu'elle trouvera dans les instructions et les Catéchismes qu'on leur aura envoyés, et dans ceux qui sont en usage dans le Diocèse.
« Mais comme l'on doit considérer cet exercice plus important encore que l'assistance des malades qui ne regarde que les corps, elles ne s'en dispenseront pour aucune cause que ce soit, non pas même quand elles ne seroientque deux, ainsi que se fussent obligées de faire les sœurs grises de S. Lazare qui ne dévoient être que deux, comme elles font dans les lieux où elles sont établies, parce qu'on remarque que le plus grand fruit de tous ces établissements est de bien élever leS petites tilles dans la crainte et l'amour de Dieu, comme il sera dit cy-après ; d'autant qu'ayant été bien élevées, elle ont soin dans la suite de bien élever les enfants qui dépendent d'elles ; en sorte que c'est comme une semence de bien qui se ])erpétuc en quelque façon, et dont on ressent les effets au moins très longtenis dans les familles. Klles ne manqueront donc jamais à ce devoir ; mais pour se soulager elles pourront utilement pratiquer la métode des sœurs grises qui donnent le soin aux plus sages et aux plus avancées de veiller sur les plus petites, de les instuires et de leur l'ain- (lin- Irur le-
zon en l'absence de la maîtresse, et même aussi en sa présence, ce qui les entretient dans une plus grande amitié, les empêche de badiner et de dire des sottises ou des niaiseries, et soulage en effet beaucoup la maîtresse qui les appellera toujours ma sœur, ainsi qu'elles se doivent appeller entre elles, et qu'elles doivent appeller leurs maîtresses, et les deux autres fdlesou veuves pareillement.
« Tous les jeudis l'après-dinée, au lieu de l'Ecole, la maîtresse fera le Catéchisme ou l'instruction, à laquelle se pourront trouver, outre les écolières ordinaires, beaucoup d'autres filles et femmes petites et grandes, ainsi quil se pratique à Paris et ailleurs.
« Art. 19. — Comment ia maîtresse se doit gouverner à l'éf/ard des enfants. — Celle qui sera chargée du soin des petites filles tâchera de leur témoigner à toutes beaucoup de douceur, et une affection égale; sans s'attacher.s'il est possible, davantage à cellesquiseroient plus jolies, plus aimables, et qui auroient plus d'esprit ; ou d'en faire au moins rien paraître aux autres, pour éviter de leur faire de la peine.
« Il ne faut point trop louer celles qui apprendroient mieux, atin de ne pas fomenter ces petites envies et ces jalousies qui ne sont que trop ordinaires, et qu'on excite même pourtant assez souvent, sous prétexte qu'on ne les qualifie que du nom d'émulation, quoy que cela soit très-dangereux et très mauvais. 11 vaut bien mieux au contraire, relever celies quin'ontpastant d'esprit et les encourager, en leur disant que si elles en sont plus douces, plus modestes, plus humbles, et plus obéissantes, elles seront plus considérables devant Dieu et aux yeux de toutes les personnes sages. Par ce moyen on fera éviter aux unes Tabbatement, la jalousie, et l'envie ; et aux autres relèvement, la vanité et l'orgueil. Sur tout qu'on les accoutume à une grande sincérité, à ne point mentir du tout, et à ne dire jamais rien les unes contre les autres, si ce n'est lorsqu'on les interrogeroit, afin de ne point mentir, leur inspirant qu'elles se doivent aymer toutes comme les doigts de la main, qui ne se veulent jamais de mal les uns aux autres, ny ne se vangent point de celuy qui en auroit blessé un autre, et que
sans cela elles ne savent pas encore ce que c'est d'être Chrétiennes. On les doit accoutumer à se parler toujours fort doucement et civilement, en leur représentant qu'il faut agir en personnes raisonnables et non pas comme des enfants.
« Art. 20. — Des choses qu'on doit apprendre aux petites fi/les, et des ouvrages à quoy on les doit appliquer. — Encore qu'on ne doive rien négliger pour l'instruction des enfants, et qu'on leur doive apprendre non seulement tout ce qu'on pourra juger qui leur sera utile et nécessaire de savoir, autant qu'elles en seront capables ; comme de bien lire en toutes sortes de livres, d'exercer leur mémoire en leur faisant apprendre par cœur le Catéchisme, et les principales règles de la vie Chrétienne, ou des Hymnes et Poëmes traduites en vers François. des ouvrages d<'. Monsieur Oodeau des Quadrains de Pibrac et autres ; mais aussi à travailler à divers ouvrages utiles dans les familles, et conformes au.\ filles de leur condition, comme coudre, tiler, tricoter et autre chose semblables. On pourra même aussi apprendre à écrire à quelques unes, qui y seroient plus propres, en se servant pour cela des livres d'exemple qu'on leur aura envoyez, en prenant seulement garde quelles tiennent bien leur plume, et le corps droit comme il faut, selon les règles qui sont marquées dans ces livres d'exemples ; et tout cela afin de les tenir toujours occupées. Néanmoins on aura encore bien plus de soin de les rendre sages, vertueuses, et de bonnes filles, que de les rendre habiles et sçavantes ; à quoy sans doute l'exemple de la maîtresse servira plus que tout ce qu'elle pourroit leur dire. On ne doit pas croire que ce soient là des choses si difficiles, puisqu'il y en a qui font tout cela le plus agréablement du monde, et comme en se jouant, par ce qu'elles règlent bien tout leur tems, et qu'elles se servent fort avantageusement de la prali(]ue des Sœurs grises dont il a esté parlé, et que plus ces petites filles seront occupées à divers choses, elles donneront moins de peine à leur maîtresse » (4).
M. Chambrun avait laissé à la charge do la ville le logement des trois sœurs, mais, le 29 juin 168i>, i! f.j<)ut:ut à son premier
bienfait le don « d'une maison située au faubourg Saint-Martin, vis-à-vis des PP. Cordeliers.... pour servir à la demeure et habitation de trois filles ou veuves ». Il donnait en même temps plusieurs autres rentes pour la même œuvre.
En 1763, le bureau des écoles de charité pour les garçons prit à sa charge le loyer dune chambre dans l'allée de la maison de la Providence pour y faire l'école des pauvres fdles. Le bureau se charge également de toutes les dépenses nécessaires pour livres, récompenses, etc..
En 1766. on vota 100 livres pour l'entretien d'une quatrième sœur de la Providence pour fuire l'école des petites tilles au lieu de sœur Julienne devenue infirme (oj.
On verra, à l'article Ruillé-le-Gravelais, que des sœurs formées à la Providence de Laval allaient dans d'autres lieux pratiquer les œuvres de charité dont elles avaient fait l'apprentissage.
Avant 1777, M. Louis-Jean Duchemin delà Frogerie, prêtre, né à Laval de Louis Duchemin et de Marie Martin, fonda une autre œuvre dite la petite Providence. Le bureau des écoles lui donna la jouissance, à partir de la Toussaint 1778, de la maison du Ilateau pour y loger les orphelines qu'il avait recueillies. M. J.-P. Fleury rencontra à Jersey M. l'abbé Duchemin: il en parle ainsi dans ses Mémoires :
« Ce respectable ecclésiastique, appelé Duchemin de la Frogerie, de Laval, âgé de soixante-douze ans, accablé de graves infirmités, avoit fondé de ses propres deniers une communauté de tilles de la Providence pour l'instruction des pauvres filles de Laval et des environs.
« Il s'étoit réservé la direction de cet établissement pendant sa vie. La Nation lui demanda des comptes, il répondit qu'il ne devoit à qui que ce soit compte de son bien. La Nation, semblable aux brigands des grands chemins, condamna à la déportation, comme voleur, le directeur de la Providence, et confisca son bien. Telle étoit la loi. »
M. Duchemin s'étoit embarqué pour Jersey, au mois de septembre 1792, avec MM. Michel Thoumin de Vauxponts et Jean-Ainbroise Sougé. docteur d'Angers. 11 mourut en exil (6\
Le nom de Providence que portent à Laval les établissements de bienfaisance et dinstruction dirigt'S par les sœurs de charité de la communauté d'Evron, est un souvenir traditionnel des fondations précédentes dues à deux prêtres lavallois. Que ce nom et ce souvenir soient la sauvegarde de ces œuvres essentiellement chrétiennes !
(1) Arcli. duCli.Ueau d'IIaulcrives, àArgentré, commiiniqu.'C, parMadame la comtesse do Farcy. — (2) Insin. Ecclés. XXXVII, 392. V. les art. Saint- Vénérand ut Ernée. — (3) Copie, de l'acte authentique communiquée par M. Gliiron. — (4) Règlement de la Compagnie de charité, établie dans la ville de Laval, contenant deux parties, l'une qui ref^arde les dames et l'autre les sœurs, avec l'ordonnance de Mgr l'évêque du Mans, et l'agrément de son Altesse Madame la Duchesse de la Trémoille. Paris chez Clément Gasse, prociioSaint-Etienne-du-Mont (dC8+), pages 89-97. — (o) Hegistre du bureau des écoles. — (6) Mémoires de J-P. Fleury, curé de Vieuvy.
Paroisse de Saint- Vénérand.
Cette partie de la ville, comme la paroisse de la Trinité, avait son bureau de charité et c(; fut même en vain qu'en 17H9 on tenta la réunion des deux établissements. La paroisse de Saint-Vénérand voulutgarder sous ce rapport son autonomie. Le bureau (Lailleurs possédait une riche dotation : c'étaient les terres de Grand-Deauchène, en Saint-Berthevin, de Moussay en Parné, de la Verrie de Grippehouse en Argentré, de la Noërie en Saint-Pierre-sur-Krve, et de Levaré en Gossé. 11 jouissait en outre de diverses rentesetdu produit de la quête de la Toussaint et d'une autre faite a domicile par le clergé. Les sœurs faisaient aussi une ([uète mensuelle (1).
Ecole des garçons. — Le bureau de charité faisait le traitement d'un prêtre qui instruisait les enfants pauvres.
M. Léon Séverac, prieur-curé de Saint-Vénérand, pria, en 1767, Mgr l'évêque qui avait approuvé l'établissement fait en 17V't des écoles de charité de sa paroisse pour les garçons et pour les filles, de donner encore son approbation au règlement qu'il venait de faire. Ce règlement, semblable à celui des écoles de charité de la paroisee de la Trinité, comprend les articles suivants que nous donnons en abrégé.
Chapitre premier. — Composition dubureau. — 1° Le bureau sera composé de M. le prieur-curé ou son vicaire, des quatre bâtonniers de la confrérie du Saint-Sacrement et de deux procureurs marguilliers.
2" Le bureau sera convoqué dans la sacristie tous les premiers dimanches du mois par M. le curé.
3° M. le curé fera seul toutes les propositions qu'il jugera convenables et aura voix prépondérante.
4° Les titres seront remis au trésor de la fabrique.
5° Un des membres visitera les écoles une fois la semaine et fera son rapport.
G" M. le curé aura seul la nomination des enfans qui doivent être enseignés, ff Ne seront les enfans instruits des principes de la langue latine, et n'apprendront point à lire dans le rudiement et autres livres servant d'introduction à cette langue. On ne leur montrera point à écrire sous quelque prétexte que ce soit. »
Article second. — M. le bâtonnier prêtre tiendra le registre de toutes les délibérations.
Chapitre second. — De ce qui concerne le maître. — 1" Le maître zélé pour ses fonctions, plutôt que recherchant une rétribution, sera nommé par ce bureau, et présenté à Mgr l'évêque, et pourra être destitué.
2° Il sera prêtre ou clerc tonsuré.
3° Il ne recevra aucune rétribution ni gratification.
4° Pendant le temps de l'école, il sera censé présent aux offices' de la paroisse.
■ 5° Il n'aura aucun emploi incompatible avec ses fonctions.
6" Il fera l'école de neuf heures et demie à onze heures et demie, et de deux à quatre heures.
7" Il recevra les enfants désignés par M. le curé, et d'un bureau à l'autre, tiendra note des mœurs, assiduité, conduitedeses élèves.
8° Il commencera l'école par la prière du matin et la finira par la prière du soir, ne se servira que des livres fournis par le bureau et les enfants ne les emporteront pas.
9" Il fera apprendre aux enfants le seul catéchisme du diocèse et les prières tro's foisla semaine. le soir.
10" La veille des dimanches et fêtes, il expliquera les Epitres et Evangiles et les fera réciter le lendemain à ceux qui en seront capables.
Lr Le dimanche, il conduira les enfants à la messe à l'heure et au lieu désigné, les surveillera et leur fera une instruction.
12" Il veillera à ce qu'ils se confessent au moins tous les trois mois.
13° 11 y aura congé le jeudi entier ou seulement l'après-midi
s'il se rencontre un fête pendant la semaine, les jours de fête, les
quatre derniers jours de la semaine sainte, et le jour des Morts.
14° Les vacances comprendront le mois de septembre.
15° En cas de maladie il ne pourra se faire remplacer que du
consentement du bureau.
Chapitre troisième. — De ce qui reçjarde les écoliers. — Article 1. — 1° Les écoles se tiendront dans le lieu désigné par le bureau. 2° Elles seront balayées une fois la semaine. 3° Les écoliers occuperont sur les bancs la place qui leur sera assignée par le maître.
Art. II. — Des pères et mères. — Aucuns ne seront admis à la charité si leurs enfants au-dessus de six ans ne fréquentent pas l'école.
Art. III. — De la distribution des récompenses. — Il sera distritribué des livres et des images aux enfants désignés par le maitre et celui qui visitera les écoles ; à la Un de Tannée on fera une distribution plus grande à ceux qui se distingueront par la lecture et les mœurs; ils seront désignés par le bureau qui donnera voix délibérative au maître pour cet effet seulement. »
Les quatre points fondamentaux qu'on regarde comme irréformables sont : la gratuité, la nomination des maîtres par le bureau, le choix des écoliers par le curé, la visite de l'école par le (îuréet le bâtonnier prêtre.
On ajoute un projet de règlement pour l'économe, qui sera institué quand il y aura quelque bien fonds attaché à l'école.
Le bâtonnier laïque sera économe pendant le temps de sa charge. Il tiendra compte des recettes et des dépenses mandatées par M.
le curé. Il rendra ses comptes au mois de septembre. Il ne passera de baux que sur l'avis du bureau.
Ce règlement est signé : Sévérac, prieur-curé de St-Vénérand ; Mathieu Tafforeau, prêtre-vicaire et bâtonnier ; Duchemin Lavauzelle, procureur marguillier honoraire, Delaporte Teslinière (?), procureur en exercice, Michel Queruau, Joseph Galba (?).
Mgr de Grimaldi donne son approbation le 3 septembre 1767. Elle n'est signée que de M. Glande ves, vicaire général et de M. Rolland, son secrétaire (1).
On sait qu'un séminaire d'enfants avait été fondé, en 160o. en même temps que la confrérie du Saint-Sacrement. Le prêtre faisant fonction de chantre avait le titre de régent, instruisait les enfants de chœur dans les lettres et leur apprenait les cérémonies. C'est à la même œuvre que se rattaché une fondation antérieure par laquelle François Leclerc, prêtre àSaint-\'énérand, fonde sur une maison de la rue du Hameau, en 1568, une prestimonie d'une messe par semaine, à condition que le titulaire montrerait le chant aux « choreaux » (2).
Les enfants admis à l'hôpital Saint-Julien recevaient aussi quelque instruction. En 1377, M. Charles Richard, prêtre, touche une petite somme « pour l'escollaige de quelque enfants de l'Aumosnerie, lesquels il auroit enseignés par l'espace de six mois » (3).
Ecoles des filles. — En l'année 1680, dame Marie Fourneau, épouse de Charles de Fougu, sieur des Cures, commissaire général des guerres à Paris, fonda le traitement d'une maîtresse d'école pour Saint- Vénérand. Madame Lemercier fut en exercice pendant 47 ans. Le prieur nomma ensuite la sœur Letourneau. tertiaire de Saint-Dominique. En 1735, le prieur prétend avoir seul le droit dénommer la maîtresse d'école. La compagnie des dames de charité de Saint- Vénérand était déjà fondéedepuis longtemps. La Providence le fut alors comme à la Trinité et les sœurs prirent la direction de l'école. Elles étaient au nombre de trois et quelquefoisquatre.En 1783. c'étaient les sœurs Bodereau, Ravault et Marthe yiSivVm. L'Etat du Diocèse en 1778 résume en deux mots le situation scolaire pour Saint- Vénérand « Il y a des maîtresses d'écoles
et un ecclésiastique en titre maître d'écolc»(4). A l'arrivée du clergé constitutionnel les sœurs n'eurent pas le talent de se faire goûter des nouveaux venus, ni du personnel administratif. Elles continuaient de voir les prêtres insermentés et leurs partisans. C'est pourquoi on apporta contre elles des dénonciations multipliées qui les représentaient comme faisant chez elles des rassemblements suspects. On commença par les tracasser en murant une de leurs portes qui communiquait avec la maison Daubert, en attendant qu'on les chassât (o).
Maîtres d'écriture .
Ils devaient être nombreux à Laval car, sans qu'aucun document donne sur eux de renseignements d'ensemble et suivis, on peut relever le nom d'un assez grand nombre dans des pièces de toute nature.
1393. — Pierre Croissant « maistre escrivain » fut une des victimes de la déroute des Catholiques Lavallois à Entrammes le 2 mai 1393 .
1G13. — Jean Suzanne, maitre écrivain.
1634. — (....) Jardrin, écrivain, donne reçu à François Leclerc du Flécheray d'une somme de 30 livres « pour l'advencement d'un quartier de la pension de Gervèse Leclerc, son fils. »
1G84. — René Jardrin, maître écrivain.
1675. — Etienne Hutereau, sieur des Bois, maitre écrivain, demeure à Saint- Vénérand.
1737. Mathurin Jacquet, maître d'écriture à Laval (6).
(l) Registre du bureau de charité. — (2) Chronique paroissiale manuscrite rédigée par M. Gèrault, nrchiprèlro de Saint- Vém-rand. — (3) Goinples de de l'Hùtel-Dicu. — (4) Chroni<}ue paroissiale, Etat du Diocèse, Registre du bureau de charité. — 15). Arch. do la .Mayenne D. 5. — (6) Insinuai, licclés. XIV, 264, 357, 338, 414; XXXIV, 307, LVIII, 283. Gabinelde la Boauluère, \rcli. de la lab. de Bonchamps, etc.
LE V ARE (701 hab.).
Ecole des garçons. — 1600. — Le premier des registres
paroissiaux qui date de cette époque, est tenu par « maistre Jehan Pellecoq, précepteur et maistre d'escolle de la paroisse de Levaré » (1).
(1) Regist. parois».
LIGNIÈRES-LA-DOUCELLE (1,830 hab.).
Ecole des garçons. — « Le peuple paraît instruit » dit le registre de l'Etat du Diocèse, en 1778 (1).
Ecole des filles. — Au mois d'octobre 1700, M. Jouennault, le zélé promoteur de toutes les œuvres charitables, écrit à la supérieure générale de St-Lazare, au sujet de l'établissement d'une école de filles à Lignières.
« Nous sommes aussi en soin du colloquer la somme de mille ou 1200 livresque madame la comtesse de Tiiliers, la douairière, m'a voulu donner, pour servir de fondation à une maîtresse d'école dans une de ses paroisses, Linières... Ne pourrions-nous point les mettre sur la Maison de Ville de Paris? Cette vertueuse dame en fera les frais, si vous voulez bien agréer la présentation de cette petite fondation pour nos sœurs de Villaine qui y enverroient une fille à leur choix. Pardonnez à la compassion que j'ai devoir de bons (esprits ou sujets; renvoyés de vostre espreuve faute de forces corporelles, comme j'en vois plusieurs en ces cantons. Gela serviroit de consolation à celles que vous pouvez renvoyer encore à l'avenir faute de forces. C'est ce qui m'a obligé d'en faire la proposition à cette dame qui loge en son hôtel rue du Barc, faubourg Saint-Germain, avec sa propre sœur, madame Talion. Je vous prie aussi de nous écrire en quelle rue demeure la communauté de madame de Rochefort laquelle a succédé à functe madame de Miramion, et si elles vont seules en quelqu'établissement et combien il faut pour le moins, afin de les établir dans les paroisses où il n"y a pas de fond suffisant pour vostre establissement (2). »
Les communautés auxquelles M. Jouennault s'était adressé ne
purent accepter ses propositions ; mais l'établissement n'en fut pas moins fondé, grâce à la même bienfaitrice, par acte du 29 février 1704 devant Dudouet, notaire, ce furent les sœurs de la Chapelle-au-Riboul qui en prirent la direction (3). Sœur Anne Lesage fut la première titulaire, comme nous l'apprend son épitaphe :
ICY GIT LE CORPS DE ANNE LESAGE PREMIERE MAITRESSE DECOLE DE LIGNIERE (4).
(1) Arch. (le l'évêchè du Mans. —(2) Arcli. nation. S. C168. — (3) Arch. de la fabrique. — (4) Pierre tombale en granit dans la sacristie.
LIVRÉ (1,271 hab.).
Tout ce que nous savons sur l'état scolaire de la paroisse de Livré c'est que le clergé paroissial se composait de six prêtres au commencement du XVII" siècle (1617), et qu'on y trouve mention d'écoliers à la même époque (1).
Ajoutons que François Moutlieau, maître d'école et greffier de l'état civil, fut tué par les chouans en 179o (2).
(1) Regist. paroiss. — (2) Chronique paroissiale.
LAIGNÉ (862 hab.).
Ecole des garçons. — Les mentions d'écoliers sont fn'-quentes à Laigné de 1679 à 1686, et l'on précise le lieu de leur demeure habituelle (1).
(1) Regist. paroiss.
LOIRON(l,0ol hab.).
Ecole des garçons. — Monsieur Lemonnier. curé de la lîrulattc où il mourut on 1833, âgé de 82 ans. raconte (|u"en 17()0 il allait à l'école au bourg de Loiron (1).
Ecole des filles. — 1778. « Il y a une fille de charité » (2).
(1) Ghroni(iue paroissiale de Loiron. — (2) Etat du Diocèse, Arcii. de l'évôclié du Mans.
LONGUEFUYE (484 hab.).
Ecole des garçons. — Par testament du 12 octobre 1646, M° Fleury Bruneau, prêtre, sacriste de Longuefuye, fait une fondation dont une des charges est d'enseigner les enfants de la paroisse à servir Dieu, à répondre la messe, moyennant salaire modéré et raisonnable qu'il retirera des parents (1)
(1) Arch. de la fabrique.
LOUPFOUGÈRES (1,101 hab.).
Ecole des filles. — M. François Chevalier, prêtre de Loupfougères, écrit à M. Jouennault, pour lui recommander Julienne Fournigault qui désirait entrer à Paris chez les filles de la charité. Elle n'avait pu trouver son acte de baptême ni à Gourdaine, ni à Saint-Hilaire du Mans. EUe'semble, avoir tenu l'école à Loupfougère où elle demeurait (1).
(1) Arch. nat. S., 6168.
LOUVERNÉ (1,680 hab.).
Ecole des garçons. — 1621. Michel Echard et Michelle Clément, sa femme, par testament du 9 octobre 1621, devant Jean Pommard et René Bridier, léguèrent pour faire l'école aux enfants de la paroisse, une maison, chambre à ouvroir, avec les issues qui en dépendent, une portion de jardin, le jardin du four, une portion de pré, la moitié des pièces de terre de la Haie-Ricoul, des Trois- Journaux et du Cloux-Blanc ; le tout situé au vil-
lage de laRicouUière, à la charge de 10 sols à la fabrique et à condition que les enfants diront le Salve Regim et l'oraison suivante, dans l'église à la sortie de l'école (1).
(1) Arch. de la fabrique.
LOUVIGNÉ (431 hab.).
Ecole des filles. — Il existait à Louvigné, depuis une époque que nous ignorons, une école de charité. M. Gaultier de Vaucenay de Lavai était chargé, en 1790, de faire une rente de 41 livres à l'école et une autre de 18 livres aux pauvres. Il avait pris à rente le capital de ces deux sommes (1).
(1) Arch. de lafabrique.
MADRÉ (1,202 hab.).
Ecole des garçons. — 1768. — Le maître d'école de Madré reçoit 3 livres « pour avoir repeint l'image de Saint Jean dans la dite église ».
En 1778, il se nomme Nicolas Garnier (1).
Ecole des filles. - Nous ne savons à quelle époque, M. Jean Pérou, curé de Deux-Evailles, lègue 30 livres pour les sœurs de charité de Madré (2).
(1) Arch. des labrUiuos de Madré et des Gliapelles. - (2) Arcli. de fab. des Dcux-E vailles.
MAISONCELLES u'iUo hab.).
Ecole des girçons. — Franeoise Martin, dame de la Jupelière, avait légué deux petites maisons avec jardin au bourg « i^our rentretien dune lampe au devant du Saint Sacrement, et le loge-
ment d'un prêtre qui en a le soin, comme de célébrer la messe, d'administrer les sacrements, et, par une suite nécessaire à ses fonctions, de l'éducation des enfants » (1). m
Ecole des filles. — On a vu à l'article concernant le Bignon que le seigneur de la Jupellière avait fait une double fondation pour les jeunes filles pauvres de Maisoncelles.
(1) Arch. de la fabrique.
MARCILLÉ-LA-VILLE (1,200 hab.).
Ecole des garçons. — La fondation suivante est surtout instructive par les clauses d'admission des titulaires.
Le 30 décembre 1628, devant Charles Barré, notaire à Marcillé. Charles de Bellée, prêtre, prieur curé, après avoir fondé trois messes par semaine à dire par M'' René Blanchard, ajoute :
« Veult et entend ledit testateur et donne dès à présent audit de Blanchard la somme de deux cens livres à prendre sur tous et chacuns ses meubles et immeubles, pour estre employées icelles sommes à l'achapt d'une maison, cour et jardin au bourg de Marcillée au lieu le plus commode que faire se pourra pour y tenir collaige, par luy et ung adjoint, aux enfans dudit Marcillée pour leur apprendre à servir Dieu et les catéquizer et enseigner la pattenostre, commandemens de Dieu et aultres sciences nécessaires, tant pour leur sallut que pour les rendre capables de suivre telle condition qu'il plaira à leurs parens, et sera loisible audit Blanchard et ses successeurs audit collaige de prendre pensionnères et enseigner aultres enfans hors de la paroisse dudit Marcillée si bon leur semble, en prenant leur salière de tous leurs escolliers raisonnable, fors des pauvres qui n'auroient moyen d'y satisfaire, lesquels ils enseigneront en charité aussi bien que les autres.
« Lesquels de Blanchard et ses successeurs aud it collaige seront tenus et obligés dire l'oraison en la chapelle Notre-Dame de Pittié les jours de mercredy, vendredy et sabmedy de chacune
sepmaine, assistés de plus grant nombre d'escolliers qu'ils pourront, à la fin de laquelle oraison ils diront Inclina et Fidelium dudit de Bellée, parens, et amis, bienfaicteurs trespassés, sonneront la cloche demy quart d'heure auparavant que de dire ladite oraison.
« Et à la charge que les successeurs dudit de Blanchard audit collaige seront choisys tant par monsieur le prieur que procureurs des fabriques tant de Mayenne, St-Martin de Mayenne que de Marcillée, et seront présentés à monsieur le juge de Mayenne devant lequel il feront le serment de fere et acquitter bien et deubment ladite fondation et charge du dit collaige assisté des susdits qui en retireront acte pour servir et valloir ce que de raison.
«Les dits mestres dudit collaige seront recongneus capables et pour cest effait interrogés, par messieurs le doyen et curé de Mayenne prieurs de IMarcillié en l'assistance et compaignie des procureurs syndics et fabrical du dit Marcillié et présenteront lettre de leur dite capacité au jour qu'ils presteront serment devant ledit juge de Mayenne, en la présence des dits procureurs dessusdits et du seigneur de Bellée auquel ledit testateur luy donne le droit de patronnaige du susdit collaige, pour recepvoir et donner la collation et tiltre dudit collaige à celuy qui sera esleu, choisy et trouvé capable par les susdits dénommés après le décès dudit de Blanchard de la paroisse dudit Marcillée ou de la paroisse de Vaucé, desquels il fera apparoir lettres et actes de nomination et présentation audit sieur de Bellée pour estre admys.
« Et à ce présent est intervcrui ledit M'' Bené Blanchard, prestre, lecquel a accepté la dite fondation du dit collaige tant pour luy que pour ses successeurs aux charges et conditions cy-des-
SUS w (1).
En 1650, M. Lecornu, prêtre habitué à .Mayenne, fonde deux messes par semaine en l'église de Marcillé, « et s'il y a im prestre qui tienne l'escholle au bourg de Marcillé, il sera préféré à tout autre » (2).
En 1714, M. Boullevraye, curé de la Chapellt'-au-i;iboul. ayant
par son testament fait un legs pour des missions, de sept en sept ans, dans les paroisses de Marcillé et de la Chapelle, les prêtres du séminaire de Domfront ne purent en accepter la charge. Suivant les intentions conditionnelles du donateur, la rente ainsi fondée fut partagée entre les maîtres d'école des deux paroisses.
Ecole des filles. — Avant 1692. Jean Tronchet avait légué 10 livres de rente « à une fille de charité qui tiendra la petite école à Marcillé. » Mais la vraie fondation pour les sœurs de la Ghapelle-au-Riboul fut faite par M. Boullevraye, natif de Marcillé, et curé de la Chapelle, par son testament du 13 juin 1714.
« Je lègue et donne à perpétuité pour Tentretien et nourriture de deux maîtresses d'écolle qui instruiront les filles et soulageront les pauvres malades de leur peine seulement, ainsi qu'ont coutume de faire nos filles et maîtresses d'écolle de l'élève de la sœur Tulard, en la paroisse de Marcillé, le lieu de Villette, en la paroisse d'Aron.... et tous les immeubles situés au lieu de la Hubelière, paroisse de Poulay... Les dites maîtresses d'écolle en jouiront... aux conditions d'instruire les petites filles pauvres gratis, et soulager les pauvres malades, soit en les seignant, donnant lavement ou médecines, en cas qu'on leur fournisse les médicamens et choses à ce nécessaires, car elles n'y seront tenues autrement. Lesquelles maîtresses d'écolle seront pour la première fois ma sœur Françoise Boullevraye, et Françoise Rivière, ma cousine ; et à leur décès ladite sœur Tulard en mettria de son élève et société. Et je prie ladite sœur Tulard et celles qui lui succéderont de vouloir bien élever en leur société de mes pauvres parentes de bonne vie et de bonne volonté, pour les rendre capables de remplir cette fondation ou du moins leur donner quelque autre place ou elles puissent avoir du pain en d'autres paroisses qu'elles agrégeront, s'il leur plait, à leur société, et seront sujettes à tous les règlemens d'icelle et sous leur obéissance.
« Seront les dites maîtresses d'écolle tenues pareillement faire réciter une fois par jour dévotement à la fin de la classe les Litanies de la Sainte- Vierge et un De profundis, pour le repos de
l'âme de ceux qui font le présent legs et de leurs parents et amis trépassés. »
Ce présent legs sans préjudice « du legs précédent que j'ai fait de ma maison, chambre et cellier et jardins situés au bourg de Marcillé aux dites maîtresses d'écolle dont ma sœur Françoise jouit à présent, et autres legs à elle faits d'ailleurs. »
En 1741, les sœurs Métivier et Gatier faisaient l'école à Marcillé (3).
(1) Arch. de la fab. de Marcillé. — (2\ Arch. do la fab. do Grazay. — (3) Arch. de la fab. de Marcillé.
MARIGNÉ-PEUTON (707 hab.).
Ecole des garçons. — On trouve mention d'écoliers en 1689 (1).
(1) Regist.paroiss.
MARTIGNÉ (1.772 hab.).
Ecoles des garçons. — La première fondation que nous connaissions fat faite, le 1:3 avril loâO, par maître Michel Vaultier, prêtre, fils de Daniel-Michel Vaultier, seigneur de Coullouet, qui donna à cette fin une maison dans la cour de Lysambard.
Le jour de Pâques 1524, eut lieu un accord entre les habitants et maître llobert Tasseau, prêtre demeurant à Martigné. Celui-ci s'oblige à « bien et fidellement instruire les enfans de la paroisse et leur enseigner toutes bonnes doctrines .. ; il ne pourra leur demander plus de trois sols par mois, et sera tenu enseigner gratuitement les pauvres. En outre il devra acquitter à Tintenlion du donateur de la maison d'école les charges imposées, qui sont: r de faire chanter à perpétuité à ses petits escolliers, devant Nostre-Dame. les jours où ils seront réunis, une antienne avec l'oraison Fidelium ; 2" Paler noder et Ave Marin. |n)urle remède de son àme et celles de ses père et mère, parents et amis du défunt seigneur de Collouet ; 2" dire et célébrer chacun au deux mes>es à
basse voix, l'une au jour de la Toussaint, et l'autre le jour de la Conception de Nostre-Dame » (1).
1348. — « François Bougon, Jehan Bressin, Nicolle Hamon, Jehan Pichard, prestres, et maistre Jehan Viel, à présent maistre d'écolle du dit lieu, ja piecza ordonnez au service de la segretainerie de la paroisse, » sont cités dans les comptes de fabrique (2).
15o8. — «La maison et jardrin dumagisterd'escolle de Martigné » relevait de la seigneurie de la Motte d'Aron (3). La maison d'école est citée encore dans un autre acte de 1383 (4),
La note suivante rapportée au commencement du registre paroissial de l'année 1645, est peut-être extraite de l'acte de fondation primitive, ou elle en serait une augmentation.
« Item je ratifie le don et lays que j'ay faict de ma maison et de mon jardrin, là où je demeure, et des jardrins qui despendent, après le décès de messire Robert, mon frère et de moy, au maistre d'escolle tenans le siège au lieu de Martigné, ou à la fabrique de Martigné au detïaut qu'il n'y auroit maistre d'escolle, exerçant et tenans le dit siège, et aux conditions contenues en la lestre que j'ay faict au sieur de fief de ma ditte maison et jardrin, et autres actes et passements que j'en pourrois avoir faict en depuys; passé par maistre Gille Gaultier et François Bougon, nostaires ; et duquel don dès à présent, je pourvoy après le décès de mon dit frère et de moy, du dit don dessusdit de ma ditte maison et jardrins, chacun de Jean et François les Bougons, clers ou l'un deux, car il sont en bonne propriété, pour tenir et exercer les dittes escolles et siège aus dits clercs de Martigné ; dont je veux qu'ils soient les premiers pourvus ij) et a tenir (?) tous autres, enobeisant et faisant les charges contenues en mon lays de l'indanitte (l'indemnité) par moy faittes comme dict est, et veux ainsi qu'il soit faict.
« Et davantaige, je donne et laisse à toujours mais mon grand cofifre qui est dans ma ditte maison, pour servir aux maistres d'escolle ou à la dite frabrice, où il n'y auroit maistre d'escolle exerçant et faisant dire les escoliers comme dict est. pour dire par chacuns jours par les dites escolliers estudians au dit siège, le
temps et les jours qu'ils estudiront et qu'ils seront à l'escolk', un De profiindis, Fideiium, Pater noster. Ave Maria, pour nioy et mes amys trespassés » (5).
M. Danger qui fut curé de 1G90 à 1731, donne une rente de 10 livres à l'école ; son successeurs Etienne Renaudin, doyen rural, fit une donation plus considérable et a même été dit dans quelques actes fondateur de l'école.
En 1686, 1701, 172o.— La fabrique fait les frais de réparations de la maison d'école. On la nomme (Quelque fois le collège.
Les titulaires connus sont :
1548. Jean Viel.
1693, 1705. Etienne Letoré, vicaire.
1788. M. Lebreton. prêtre (6). Il refusa le serment schismatique.
En 1792, la municipalité demande au Directoire et en obtient permission de nommer un prêtre pour posséder les biens appartenant à l'école et remplir les charges (7).
Ecole des filles. — Les sœurs de la Ghapelle-au-Riboul furent établies à iMartigné, en vertu d'une délibération des habitants du 14 août 1757, et elles furent installées le 10 octobre. La fondation fut faite grâce à un don de 330 livres, et d'une maison et dépendances, dite d'isembart, donnée par M. Renaudin, curé. 11 fut fait une souscription dont la liste comprend 36 noms inscrits, et une quête.
La fabrique prenait à sa charge une partie de l'entretien des immeubles et de la nourriture des sœurs.
En 1783, le procureur de fabrique exposa aux habitants «que les sœurs de charité et maîtresses d'ecoUes publiques en la dite paroisse se plaignoientque lasomme de 120 l.qul leur est accordée par la fabrique étoit insuffisante pour leur subsistance et vivature en ce lieu, (lue les soins qu'elles s:» donnoient tant pour veiller aux pauvres malades qu'à l'éducation des enfans qu'on leur envoyé à leurs écoUes les privoit des fruits de leurs travaux ordinaires, auxquels elles s'occupoient pour leur faciliter une aisance au moins convenable à leur caractère ; (jue linsulfisance de cette modique somme de 1201. combaltoit leur '.èle et leur in-
clination toujours voués ou bien publicque. Elles consacreront leurs plus chers besoins à celui de se rendre utiles et nécessaires à cette paroisse si l'on veut leur accorder de fixer une somme de 200 1. »
Les habitants accordent la somme demandée au moyen et parce que les supérieurs de l'institution s'obligeront : « premièrement de donner à la paroisse deux sœurs capables d'instruire la jeunesse. Ainsi qu'il a été fait jusqu'à présent.
« Secondement, que ces sœurs aient quelques connoissances sur les maladies pour soulager et prester leur secours aux habitans qui les requerreront, à quoi elles ne pourront se refuser que pour cause d'indisposition.
« Troisièmement, que si les habitants de Martigné désiroient le changement des sœurs, il leur seroit accordé suivant un acte de délibération provoqué par le procureur fabricier (8) ».
30 août 1791. — Le Procureur de la commune dit « qu'il est intéressant pour le bien général et particulièrement pour la paix de cette paroisse que les sœurs d'école n'y résident pas davantage parce qu'elles sèment la désunion en publiant leurs opinions contraires au sens de la Révolution.
« ....Elles se sont refusées de prêter !e serment requis et au lieu d'assister et de faire assister au service divin qui se célèbre dans cette église les élèves qui leur sont confiées, elles vont chercher au loin des prêtres non assermentés pour assister à leurs messes. Outre que cette conduite scandalise tous les bons citoyens, elles inculquent à leurs élèves un esprit d'antipathie pour la constitution.... »
Le procureur demande donc qu'on l'autorise à leur faire signifier (c un délogement et quittement tant de leur maison que de la paroisse dans les trois jours... »
Pour remplacer les sœurs expulsées on s'adressa à la sœur assermentée de Gommer, Catherine Barrier,qui vint peut-être, mais qui n'était plus à Martigné en 1797 (9).
L'Etat du Diocèse en 1778 dit qu'il y a à .Martigné » un ecclésiastique maître d'école et deux sœurs de la Chapelle-au-Riboul» (10).
(1 Etude de Marligaé, note communi(iuéc par M. Chiron. — (2). Arch,
de la fabrique. — (3) Archives des Essarts. à Madame Duchemin de Vauberriier. — (4) Arcli. de la tabrique. — (5) Ro^'ist. paroiss. — (G) Arcb. <lc la la" brique. — (7) Arch. delà Mayenne; Rcgist. du Directoire. — (8) Arcli. de la fabrique. — (9) Arcb. municipales. — (10) Arcb. de l'Evèclié du Mans.
MAYENNE (11,106 liai).).
Paroisse de Notre-Dami>.
Ecole des garçons. — Les plus anciensdocumontsquc nous ayons pu consulter sur Mayenne parlent constamment des écoles.
1542. — Louis Pitard et Charlotte Surgan, son épouse, fondent à Notre Dame cf une messe de Notre-Dame, à notte, tous les sabmediz qui sera respondu par les enfans d'eschole, que lemagister sera tenu admener, respondre la dite messe »
Charlotte Surgan donne <( le drap de une robe au clerc qui instruira ses enfants. »
Louis Rabaische est maître d'école en 1556 et 1559. La fabrique lui donne sans tirera conséquence pour ravonir. une gratification de 4 livres.
M. Cauvin dit que le collège fut fondée en loGO par Geneviève ïronchay. Cette première fondation correspond sans doute aux travaux que nous voyons exécuter au collège à ce' te époque.
En 1561, on fait réparer « les planchers tant de la chambre haute que de la salle basse et relever les foyers » do l'école, on remet également une pièce de bois à la maison du maitre d'école qui était en danger de tomber.
Cette année-là on gagea comme maitre d'école un prêtre étranger qui était venu prêcher à Notre-Dame aux fêtes de la Toussaint. C'est à Noël qu'il « revint pour régenter ». La fabrique lui assura « en faveur des escoUes » une somme de 50 livres, lise nonmiait Sébastien Foucques.
Nous trouvons ensuite (1567-I5r)!>) Michel Dizeul, qui avait un sous-maitrc aux gages de 25 livres payés par la fabrique (1). C'était sans doute Michel Picquet qu'on voit « régent et maitre d'escolle » en 1570 (2).
La maison du maître d'école, séparée du cimetière par un mur, était attenante à « la clouaison de la ville, », près de la chapelle Saint-Antoine.
Vers ce temps, l'école prit le nom de collège et ce changement de titre doit correspondre à une nouvelle organisation. Il y eut un procureur qui, en lo90, se nommait Daniel Sénéchal. Les principaux bienfaiteurs de cet établissement furent Perrine Lemareschal, dame de Grazay, pour 70 livres de rente, M. Pitard qui légua 25 livres, et Françoise Gaultier, veuve de Jean Bouju, qui fonda une rente de 20 écus chargée d'une messe par mois. La confrérie du Saint-Sacrement contribuait pour 10 livres par an (3).
Nous laisserons là l'histoire du collège, malgré ce qu'elle a d'intéressant, nous bornant à en extraire les quelques notes qui se rapportent à l'enseignement élémentaire.
En 1677, Mgr le duc de Mazarin, qui assurait au collège une rente de 425 livres, imposait comme conditicns que le principal enseignerait avec quatre régents jusqu'à la rhétorique inclusivement et apprendrait « à lire à tous les enfants au-dessus de sept ans, et aux pauvres gratuitement. »
Une délibération de l'hôtel-de- ville, du 17 juin 1687, porte que ... « sur la première des propositions faite par l'avocat ducal par l'ordre de Mgr, afin qu'il soit commis quelques habitans, soit ecclésiastiques ou autres, pour faire des roosles des enfants de cette ville et faubourgs aagés depuis sept ans jusqu'à quinze afin de leur faire recevoir l'instruction nécessaire à leur estât, par les maistres et maistresse d'escolle, Monseigneur (le Duc) ayant la bonté de voulloir bien faire la dépense pour les pauvres et payer pour eux les dits maîtres et maîtresses.
« Le sieur curé de St-Martin a dit qu'il s'est donné la peine de faire le roslede sa paroisse ; et à l'égard de cette ville, l'assemblée a jugé à propos saufs le bon plaisir de Mgr, que les capitaines de quartiers se donnent cette peine, dans lequelle ils se pourront faire souslager par chacun un ecclésiastique tel qu'ils voudront choisir avec le dit sieur curé ».
Ecole des filles. — Nous connaissons comme fondation se
rapportant uni(iiiemeiit aux pauvres, celle de Marie Rouziêre, veuve de Jean Gougeon, qui. en 1697, voulut avec ses (\eu\ filles se consacrer à rcducalion o[ nourriture des pauvres orphelins et des jeunes enfants originaires de .Mayenne. Elles doinirrenl leurs l)iens à cet etlet et clioisirenl lient' lloclier, clerc, i)our cconome et pour les aider à l'éducation des enfants (o).
Le 4 novend)re 1699, >F Julien r.cillard, prêtre hahitmî à .\.-I). et Demoiselle Marie Fourmy, demeurant à Mayenne, exécuteurs testamentaires de Marie Le Cousturier, représentent ffu'elle a donné entre autres une somme de 2000 livres dune part et lOdO livres d"autre « pour servir à rétablissement, nourriture et entretien de maîtresses d'écoles pour l'enseignement et insfruclion des lilles de la ville et faubourg, principalement les pauvres, aux conditions suivantes :
Les dites sommes seront placées à rente.
Les maîtresses seront nommées par le curt- de la \ ille avec les exécuteurs testamentaires pour la première fois ;
Les maîtresses « apprendront aux pauvres tilles à lire, à écrire, jetter, la i)iété et la civilité » et jouiront de foutes exemi»lions de sel, tailles, etc.
« Les maitress(>s choisiront leurs sujets, pi't'fi'rant en cas d<^ mérite, les originaires de la ville ; après les avoir ('-prouvées aux exercices de l'escole et avoir esté examinées par le dit sieur curé, elles pourront les associer pour toujours, et vivront suivant les règles qui leur seront prescrites i)ar .Mgr l'évctiue du >huis ».
L'hôtel de ville accepta et exenvpta d'impositions les maîtresses jusqu'au nombre de six. à condition (pi'elles ne pourroient posséder plus de 700 livres de rente lO).
1778. — Depuis une date que nous ne coiuiaissons pas. les sœurs delà GhapcUe-au-Ui bout gouvernaient Ihôi'ilal cl len.iient les écoles (J ).
Paroisse de Sdiid-.Uardii.
Ecole des garçons. — Noiis avons vu. par ce i|ui pn-cède, que la plupart des londations étaient communes aux deux paroisses. Voici celles (|ui se raiM'ortenl spécialement à Siaint-Martin.
Par acte du i7 novembre lo73, devant Julien Lemoulnier. M° Kranrois Lefaulcheux. prêtre lieencié en droit, curé de Melleray et (le Saint-Martin de Mayenne, a donne à lafabrice de l'église de Monsieur St-Martin les deux maisonset deux jardins situés sur la butte derrière réglise. Tune desquelles il fait bâtir depuis deux ans encza... pour le plus antiensecretainprestre «.Entre autres charges le titulaire devait tenir « les petites escoUes aux enfants de la dicte paroisse Saint-Martin, tant tils que filles, qui y voudront aller, et leur apprendre lem' Patcrnoster. Ave Maria, Credo in Deum, Credo in SpiritHin sanclnm. Aqimiis hlii gratins. Misèrent nr et Confitear, et entièrement leur A. B. C. I). et les commandements de Dieu. Auxquels, chacun jour au soir, avant que les envoler, leur fera dire leur Pater et .4i;^ pour le dit Lefaulcheux. » (8i.
Une copie collationnée futtiréede lOritiinal decet acte en 1640.
Ecoles des filles. — Des lettres royales nous apprennent que les reliiiieuses du couvent de la Madelaine faisaient les petites écoles : « bonis... pour mettre nos sujets en état de profiter d'un étal)lissement d'autant itlus ni'cessaire qu'un de ses objets a été de [trocurerà la jeunesse une éducation chrétienne, nous ordonnons (|u"il soit tenu exactement et à toujours dans le monastère du prieuré de l'Assomption, ("labli dans le lieu de la Magdelaine au faubourg St-iMartin de la ville de Mayenne, des écoles gratuites pour l'instruction (l(Ma jeunesse, dans lesquelles les religieuses dudit monastère vaccpieront assiduement et sans relâche à enseigner aux filles les devoirs de la religion et de leur état, même le travail convenable à leur sexe, et leur donneront toutes les instructions nécessaires confornK-ment à l'art. IX de la déclaration du roi... notre bisayeul, du i;i décend)re 1698.
« En conséquence, ordonnons que lesemploisdesdotsqiii seront donnéesà perpétuité, ou lesfonds qui seront fournis poUr les dites dots conformément à la déclaration du dit roi notre bisayeul, du 28 avi'il 1093, même lesfonds et biens précédemment acquis, demeureront spécialement affectés à l'exécution des présentes.
(( Le tout conformément à l'acte capitulaire dudit monastère du 8 mars 1734. et aux actes faitspar les officiers de justice, le Corps
— lOo —
de ville, et les hal)ltants tant eccU-siastiques ([iie st'ciiliers de Mayenne, des 28 juillet 1733 et 10 mars 173't.
« Ce taisant, voulons que le dit monastère jouisse des itrivilègcs attribués aux fondations et legs faits pour les écoles de charité,... spécialement par l'ordonnance du 2o février 1710 (9). »
Nous n'avons pas d'autres rensei!.çnements sur celte ceuvrc annexée au petit couvent de la Madeleine.
(1) Arch. do la l'abritiuu do Xotr.o-Daiiie. —(2) lii.siii. Kcclés. XIII, IT'J. — (3) Archiv. de la fabrique. — (4) Arcli. do riIùlol-doVillc, lU-gist. dos doiirations. — (o) Insin. Ecclés. XLI, 380. — (0) .Vrch. de rHiMol-do-VilIo. Dclihi'ralioiis municipales. — (7) Arcli. do ri-]vôcii6 ilu Maii?. — ^S) i'ris siii' la copio oollalioniioe. — (9) Arch. Nation. S. 7480.
MÉE ('ilV hah.i.
Ecoles des garçons. — On Iicminc inniiion fr.Tnlicis nt ini iioinhrcux cleryé à Mt-evci-s Kl'HI ( I i.
(I) l\oyi.>f. pai'uiss.
MELLERAY ('i57 li;d). >.
Ecoles des garçons et des filles. — !.<•> «dli(•i(>^^ nnuiicipaux disent, dans leur di-Iilx'riition du H> ii.ivcinlMc I7'.i(t : « Uepuis longtemps nous avons rintentinn d'avoir une soMir. soit |>our avoir soin des malades du sexe» dans nos (•;Miq);i^;ii(>s (soins liien raresct bien utiles), soit pour rinslru('li(tu des jeune> lilles.
« Les jeunes garçons n'oul vicu à désirer de ce côté-là, vu qu<' de temps inunéniorial niessicui-s les vicaires ont ai-coutumé do
faire l'école.
« Pouniuoi les jeunes lill(>s ne joniroicMit-cIlcs i»as du même
avantage. »
Ils demandent alors sur les biens nationaux un Icrruiii pour un nouveau cimetière, <'î le «•iuM'Iièrf iin.-icn « pour servir à rétablissement que nous désirons deiuii> longlenips » (1;.
Cette délibération municipale est carieusc par la date où fut faite une seml)lal>le demand(\. et par le renseignement précis quelle nous donne sur Tattribution de lécole aux vicaires dans les petites ])aroisses.
(1 ) Aj-.Ii. imiiiiiiiuilu-.
MENIL I 1,-2 i:. lial).i.
Ecole des garçons. — l()(Jo. Mathurin .Morreid reconnaît devoir chaque année 32 sols au collège de Menil (1).
Par acte du 21 février 1714 entre >r Jean Jarry, curé de Menil, et M. le marquis deMagnanne, ce dernier réformant les anciennes fondations de sa chapelle seigneuriale, y affecte la métairie de Pont-de- Vallès, à condition que le titulaire se chargera « démontrer et enseigner les petites écoles aux enfans de Menil. sous l'agrément du seigneur de Magnanne. du curé de la paroisse et de leurs successeurs » (2).
1728. — llené Carré, prêtre, demeurant au bourg de .Menil, reconnaît que comme titulaire de la chapelle de Taigné, à la présentation du seigneur de Magnanne, il est tenu de résider et de faire gratis la petite école aux enfants de la paroisse (3).
Ecole des filles. — 22 novend)re KiOO. — Après le décret d"extInction de la cure de Saint-Martin de Menil, le seigneur de :Magnanne, le procureur syndic, et ses habitants, du consentement de M- Jarry, leur curé, demandent à Tévèque d'Angers que « les maisons, logements, cours et jardins de la cure soient employés au logement et disposition de personnes capables d'instruire les jeunes fdles, et soulaiger i)ar leurs soins les pauvres malades de la paroisse. »
La disposition en était remise au marquis de Magnanne (pii se chargeait des réparations et aménagements (4 i.
(1) Ciirniiiqiic ii.irois.s. iiiisfi-ilc. — (i) llisUiirc ih Mcitil, pnr Monsiour
AmJré Joiiljei-t, p. 8o. — f3) Ai'rli. ili' Maine-et-Loire, Berjislre des conclusions de l'asscmblcc du clenji: dWujou. —(1) Arcii. de .Muinc-ct-Loire, Titres
MESLAY (L.sd'.. Iiali.i.
Ecole des garçons. — Le collège de Meslay avec la chaix'ile du Pré-Neuf, son annexe, furent fondés le o o<'tol)re lotO par Matliurin Gaudin. prêtre (1).
Il est souvent cité dans les minutes des notaires que nous avons pu consulter dans Tétude de M. Thuau.
i739. — Jean Tessé est titulaire du coiléiie (2).
1791. — llené P.azot. ])rétre principal du collèi-'e. prêta serment sans restri<'tion.
(1) Caiiviii. Recherches, etc.— (i) Iiisin. occlrs. LIX. \ii.
MEZANGERS ^ S:i.-i liai). ).
École des garçons. — l.'JO.'i. — Fi-ançois IM'ovost. Iioiinnc de bras, âgé de quatre-vingts ans, dit (|u'en sa jeunesse « connue ilestoit escollier » il alla en procession avec le curé de .Mézangers au lieu d'Hermet ( I i
(1) Ai'cli. <](• lu niliriqne.
MONTAUDIN . l.:i:i(; hab. i.
Ecole des filles. — 29 septembre 172'i. — « Vu la re(piête à nous présentée, dit Mgr de Froulay. par demoiselle .Marie Françoise de la Ilaufonnière d(> la Piliorais. tendant à ce qu"il nous ])laise éteindre le lilre de la ]»r(^stinionie. dite lîesselin.... et réunir les fonds... à la fondation par elle faite de deux sœurs de charité en la dite paroiss(> ixnn- rinstruction des jeunes files, et soigner les pauvres malades, vus aussi linlbruiation. la d('mission du titulaire, Charles Triguel. létat des bâtiments (pu sont en ruine et amu^xés au logements des su'urs. les reviMius insufiisants aux deux m(>ss(>s d(> la fondation, la procuratitui de IVrrine r.i'uiiet . s!ipi''i'ieiire gi'MKM'ale (l("< lilles et vori''-t('' de la dile l'harili-.
MONTENAY U,988 hab. i.
Ecole des garçons. — A titre de renseignement et n'ayant trouvé aucuns documents dans cette paroisse privée de toutes archives, nous rappellerons que M. Jean Héroux qui vint, au mois daoùt 1778, comme vicaire à Montenay, tenait précédemment une école à Angers (1).
Il y avait douze prêtres résidant à Montenay en I6I0.
(1). Notes prises dans le lbnd.> de l'Uiii\oi'sitù d'Angers. Arcli. de Maine-et- Loirp.
MONTIGNÉ iS71 liab.V
Ecole des filles. — i7o5. — Monseigneur de Froullay ordonne l'union à la cure de la chapelle de St-Gildas et du lieu de Mondière, « à la cliarge de payer oO livres par an pour une maîtresse d'école, qui se chargeroit de l'instruction des pauvres filles et du gouvernement des pauvres malades et qui seroit choisie par le curé et les marguilliers. puis approuvée par l\Igr l'évêque eu cet exercice » (i).
(1) Insinuai, ecclés. LXV. 315.
MONTJEAN(9:]7hab.). Ecole des garçons. — Avant la Révolution, les deux mai-
devant Davoust, notaire à la Chapelle-au-Riboul : Ordonnons la réunion, réduisons les charges à 30 messes par an ». "^
17G8. — Marie Fresnaye et Anne^lhollet sont sœurs de charité à Montaudin. É
Les Itiens furent vendus nationalement le lo brumaire an3 (1).
(1 Arcli. de la fabrique. — Gauvin, Hercherches, etc. p. 01.
— ionsons d'écoles (l(^ .Mdiitjcaii X' j(ii-iiai(Mii. I.iiiic r>l (Ifvriiiic la dfuieiii'o (lu sacristain.
En 1807, les registres du bureau de ciiarité constatent (juo les fonds de dotation dos écoles étaient partagés entro les doux établissements (i).
Ecole des filles. — h V.n 17is, .M. .[()>e|tli l.cliretou.curé de Montjean,tit plusieurs legsau iirnlii despauvresde ladite pai'oisse. Le sieur Dodard, son successeur. pla;,a une partie des fonds en maisons, jardinSj terrils, et prés, procdu^ le bourg, «lu'il acheta moyennant la somme de ISOO 1. En l'anm-e 17^0, leilit sieur Dodard destina une mais(jn et jardimpii faisoient partie de rac((uisition pour loger deux sœurs de charité. Cette destination ayant été agréée par M. le Duc (de la Trémoillej, il lit rémission en taveurdes habitants des droits de lots et ventes et d'indemnité...* â) »
Le registre de VJ-Hat du Diocèse on 1778, apprend ([ue les maitresses étaient (l(îs sœurs de la Chapelle-au-Hiboid (if .
(1) Arcli. iiuiiiicipalrs, — (2) ('.misicth île lulcUf >lii duc dv la Trèinoille. \v clùves communi(iuùi;s pur M. le ducdi' l.rrivniDillo, ;'i l'aris. — (3) Arcli. de rfivècIiL' du Marjs.
MONTOURTIERiO:i:î liab.i.
Ecole des garçons. — loSl. M. l'oiiclier. cun- de Moubturtier, donne à son neveu " Jehan Inuclier. estudianl à Montuurlier, la meilleure de ses r(ti)es d son viel manb'au ; el à Louis Nau (l),escollier,une autre robe. pour leui' donner meilleur couraige d'estudier, et à la charge de prier Dieu poiirluy et p(»ur s»'s amis trespassez . »
IGl'i. — Entre aulnes legs imiiorlaiils. M' l-'ran(;ols Ciia^telain, curé de Montourtier.donuelamétairiede la Uachelière, en Deux- Evailles, i»our une fondation de trois messes par semaine dans la chapelle de llaute-Koche, « à la charge aussi |>ar le chapelain de montrer ou enseigner, ou faire montrer ou enseigner la jeuness(> pauvre, qui n'aura le moyen de >'enti'etenir aux école>, san^ en l»rendre aucun salaire » (:2i.
En 1778. Iccliapelaiii de la llaïUc-Koclio devait iO livres par an aux petites écoles (3).
Ecole des filles. — En voici l'acte de fondation : « Le 8 juin. 1734, devant Toussaint Hervé. notaire à Montourtier, LouisPouyvetdela Blinière et dameMarie-MarifueriteDieuxivoye, son épouse, Sgrs de Bourgon. pour marquer leurs Ijonnes intentions pourla paroisse et les habitants deMontourtier... fondent une place de deux maitresses décole. pour résider au bourg de Montourtier et là instruire les petites filles dans les prières et exercices chrétiens, leur enseigner à lire et à écrire, et gouverner les pauvres malades de la dite paroisse gratuitement, comme aussi d'aller gouverner et traiter les pauvres malades de la paroisse de Belgeard... à condition que les habitants... leur fourniront un cheval pour les conduire et ramener.
« Lesfjuelle maitresses d'école seront prises de la maison et société de dame Perrine Brunet, sœur Thulard, supérieure générale des filles de la charité établies àSillé-le-Guillaume.
« Et pour l'entretien et établissement des dites maitresses d'école, les dits seigneur et dame ont donné à perpétuité leur lieu et métairie du bourg de Montourtier... avec la prisée de 200 1. dont le fermier est chargé... Ils donnent en outre aux dites maîtresses d'école les ameublements nécessaires pour cette fois seulement. « Ce qui a été accepté par ladite dame Thulard, à ce présente et acceptante, tant pour elle que pour celles de sa société demeurantes au bourg de la GhapelIe-au-Ril)oul. qui s'oblige de fournir... deux filles de sa société capables de bienremplir la dite fondation, à commencer de la fin de ce mois de juillet au plus tard. Lesquelles la dite dame Thulard ou celles qui lui succéderont pourront rappeler à leur v(jlonté en substituant dans leur place d'autres filles de capacité...
« Fait au château de Bourgon. en présence de discret M' Jacque Bance, curé... et W Jean Thurmeau, vicaire (4). »
1778. — (( Il y a deux sœurs de la Chapelle-au-Riboul à Montourtier » (oi. Elles refusèrent leserment. Le 7 avril 1792, les officiers muni('i|>aux domandont à les remplacer par deux soeurs
conformistes: et le dircctoiiT' noiume à cet emi»loi Marie David et Renée Templiei* (G;.
(1) Celui-ci était encore écolier-cleiv en i'.'M, à Montourtier. — (i) Arcli. de la fabrique. — (3) Arcii. de l'Evêclié rju Mans. — (i) Giironique paroissiale. — (i)) Arcli. (le rKvèclié du Mans. — (G) Arcli. de la >rayrniie. fii-fjist. du Directoire.
MONTREUIL ( ti/i liai).).
Ecole des garçons. — La ferme de l'Anerie formait le temporel «lune ccole de liurçons. tenue par un prêtre ( ij.
Ecole des filles. — Au villa^^e de la C.reflerie. existait unctablissement de deux sœurs de laCliapelle-au-l'.ihoul. Lune d'elles est morte lon},'temi>s après la Hcvolution (2).
(1) Note de M. le Curé. — (2) Note de .M. L.iigneau. ciuv du liourg-l»!iilippe.
MONTSURS ilt;!)2 1ial).).
Ecole des filles. — « Le 14 septembre 17:tV. «mi la visite de M. r.\rcliidiacre. le sieur Monsallier. curcdudit Muntsùrs. représenta ([u'une dame de (jualité. sa parente, avait di'jxisé entre les mains de madame Thulard, fondatrice et supérieuredes stcursdc la Chapelle-au-IUl)oul. une somme de 1000 livres, en faveur du sieur curé, pourérigerdans sa paroisse une école de lillesdirij^ée par deux sœurs. Outre linstructiondesenfans. ces sieurs auroient encore pris soin des pauvres, à cundilinii l(iuler'>i> «pic la paroisse t'uiunisseaux dites S(curs un logement cl uncau^imenlation. pour suppléer aux lOiMl livres insuflisanles à leur iniurriturc et à leur entretien. Le sieui' ruvr. sans rien exiger îles liahilaiits. .ju;iea à propos de faire entrer dans cette fondation la maison dite de la liouteillerie. cliarij;ée d'une rente de 21 livres, et d'y joindi-e une autre maison dite de la Fabrice, autrefois b'^inée pourrhaiiter une njesse (jii Sainl-Sacreiue!)! Ions les jeudis. Ce pi'oj: i fui reru l'a-
voriililcnioiit lie M. ]■ Arcliidiaci't'. siiiis le lum iilai>ii" do MiivVvycque, ;i (|ai on (Icniaiiddil le (•liaiiLicriK'iihlcsiucs^cs et M-rviccs do londations léiiués sur res fonds eu d'autres services do cliaritô, savoir linstruetion de la jeunesse et le soin des pauvres. Cet acte fut signé et approuvé de dix des principaux habitants, et toute la paroisse devait en retirer un immense avantage ( 1 1. »
On ne s'explique pas qu'ensuite les habitants, dans une délibération peu convenable, aient refusé cette libéralité. Nous croyons (ju'une école fonctionnait déjà qui leur rendait moins désirable celle qu'on leur proposait.
(1) GlironiquL' paroissiale manuscrite rédigée par M. Puuloan, vicaire do Montsùrs, d'après les registres paroissiaux.
MOULAY ('i83hab.j.
Ecole des garçons. — i')84. — Pierre Pannard, marchand, demeurant à .Moulay. veut ([ue Pierre .Moullard, son fils non légitime, u soit nourry. entretenu sur son bien, et envoyé à Tescol-
le » (1).
(1) Arcli. de la fabrique de N.-i). de Mayenne.
NEAU it)OG hal).).
Ecole des garçons. — ioQï. — « François de Hernier, clerc,
tient les escolles au bourg de Neau » il;.
Ecole des filles. — 1778. — « Il y a deux sœurs de la Ghapelle-au-Uiboul n dit V Etat dudiocèse (2). Une épitaphe gravée sur une plaque de marbre conservée dans l'église rappelle le nom de la fondatrice :
CY PRES LES FONDS BAPTISMAUX REPOSE LE CORPS DE DEPEINTE DEMOISELLE MARIE NOIRY, FONDATRICE DES
SŒURS DE CHARITÉ DE CETTE PAROISSE, DÉCKDEE LE... AGEE DE... PRIEZ DIEU POIR ELLE.
Cet établissement fut fait en I 7;J7 par niaitre Charles Nourry et demoiselle Marie Noui-ry, sa sœur. Le lieudu lias-Hoe. quMIs donnèrent pour dotation, comprenait une maison toute meublée au bourg et l'i journaux de terre. Le tout a été vendu nationalement (3K
(1) Insiii. Ecclés, XI. 161. — {-2} Arch. (]o i'Kvùclio du Mans. — (3) Annales paroissiales de Noau, ji. .j1 ; Invenlairedes revenus de l'aldjnye d'Kvron ; Comptes des revenus du prii-iirt'; de Neau.
NIORT il.2!»'t hid).).
Ecole des garçons, — On lit la note suivante <lans un compte de la seigneurie du lîoistVdul :
l.jl7. — « Au niaj,Mster dos enfans pour la iiiuitlé i\'i\]U' v.nclio qu'il l)ailla au Uoisfroust.... trente eiinj sols » (1 1.
Ecole des filles. — En 1773, demoiselle .Marthe Fortin achetait une maison avec jardin et dépendances, qui est devenue plus tard la maison dessœurs. On croitqu'elles l'occupaient avant la Révolution.
Le frère de cette demoiselle légua une rente de 100 livres pour un écolier ecclésiastique qui devait dire une fois par mois, au\ intentions du bienfaiteur, les litanies du Saint .\(»m de.Iésus.celi<s de la Sainte-Vierge avec le De profundis, et une messe par an quand il serait prêtre. (2).
(1) Arch. <iu cliàleaude Toreé, à Cigné. — (2) Areli de la ral>rii|iii'.
NUILLÉ-SUR-VICOIN i l.:J.'iit liah.).
Ecole des garçons. — l'>H7. — François Dasneau « est précepteur des écoles de Nuillé (1). »
. L'école do Villiors-Charlemaync est fondée en l'iSO par M'' Guillaume Lebreton. (Miré de Nuillé.
(1) Insinuai. Kcclé., XVIII, 291.
OISSEAU (2.770 hab.).
Ecole des garçons. — En 1616. Michel Gaucher est niaitre d'école.
1678. — M' Jacques Iloyau, curé dûisseau, remontre à FArchidiacre du Mans qui faisait la visite de sa paroisse « que le lieu où l'on tient récolle des garçons, quoiqu'il fournisse de maître à ses frais (lui enseigne gratis. n"a point de fermetures aux fenêtres. Le procureur de fabrique devra y pourvoir, et mettra des châssis garnis de vitres ou de toiles huilées. »
1680. — .Jean Dorison. prêtre, est maître d'école (i).
1683. — Marin Derouin est régent des écoles.
iSon content d'avoir pourvu à l'école des garçons pendant sa vie. M. Hoyau qui lit par son testament de grandes libéralités aux Capucins de ^Mayenne, songea aussi à doter sa paroisse d'une fondation pour récole. Par acte du 22 octobre 1687. il donne deux rentes de 2o livres destinées « au protit du régent ou maître d'écolle étal)ly en la dite paroisse.
^Monsieur Dubois-Mottay, vicaire général, lit le règlement suivant au sujet de ce legs :
« Le maître d'école sera un prêtre de bonnes vie et mœurs au choix du Sgr évêque. sur la présentation des sieurs curés d'oisseau, et sujet à destitution.
« L'instruction de quinze pauvres, choisis par le curé, se fera gratuitement au bourg.
« nies conduira aux vespres le samedi et vigiles de testes, et aux mêmes jours de samedi, issue de l'école, il chantera dans léglise dOisseau les litanies de la Sainte-\ierge ou autre chose en son honneur, et un Do profund/s sur le sixième ton avec trois oraisons de la messe quotidienne des morts, dont la première sera pour le fondateur ; 1 h/st^
.liu'fiues Blanc liet en est pourvu en 17(i."). cl iircud ce Id-in-lico comme titre sacerdotal ( 2 i.
1709. — Michel Hocher est maitred école et sacrisle laï(|ue(:}).
1792, Michel Fortin, principal, refusa le serment schismati(iue.
1792. — ]\1. Forestier de Mayenne reml)ourse une sonnne de olîOO livi'esà lui prêtée par M. Appcr. niré dOisseau. et ipii appart(>riait aux petites écoles l 'n.
Ecole des filles. — .Madame .Vnne Tiirpin est maitresse d'école en 169o et 17i)I. A partir de I71'k s(eur llenée Monhijine, maitresse d'école, reçoit de la f'abrlqu(> ;!(i livres par au pour avoir soin du liuiJie. Nousiu; p<tuvons ai»précier la nature des difticultés qu'elle eut plus tard nvor le procureur de t'ahri<pie : toujours est-il. qu'en 17:50. il taisait contre elle des poursuites (f pour ravoir le linge de l'église. »
Plus tard ou vers cette époipie '< lessa-urslilles de •■haritt' « de la Chapelle-au-Hihoul (f) furent fondées, et les()OO0 livres formant le capital de la fondation étaient en 1770 phicées sur le Clergé de France.
-Vnne Guesnier et l-rauçoise Lemtir t'-taienl so-urs de cliariti' à nisseau en 1775 (-'ij. N(»us n'avons pas les n(tms de cidles qui en 1792 réclamèrent iHo livres pour une anm-e de leur traitement (G).
fl) Arcli. (lu cliajiilri' du .M.ins. i!., 3». — (i hisj. .\icli. île ta .Maycimo. ti. Oiasoiui. — (2) Insiii, Kcclés. XLV, Wo. — Ci) Arcii. du cliapilrcdu Mans, 15.. 3i. — Arcli. de la Mayenne, licgisli'e du Directoire. - (o) Arcli. de la Maveiino, Série (J. Oisscau. — (0) IhiJem. Registre du Directoire.
OLIVET ('tS:5 liai».).
Ecole des garçons. —■ L'althaye de Clt-rniout l'I ut>ilu('e sur cette paroi'^se et de louti- antiquiti" elle avait une «'cnle ilout tout le voisinage protitait. Kn l'iOO " le maistre d'escolle de Clermont » dine à l'hôpital Sainl-Iulicn <le Laval i 1 ).
(11 Arcli. de rHùlclDieu.
ORGÈRESi37âhab.).
Ecole des flUes. — A partir de l'année 1730 la sœur d'Orgères ligure sur les comptes de fabrique pour le blanchissage du linge de l'église (1).
(Ij Arcli. lie la fabrique.
LAPALU.i!)8 1ih1).i.
Ecole des garçons. — l ne pierre tom])ale qu"ou a eu la précaution de transférer dans léglise neuve de la paroisse nous révèle le nom du fondateur de lécole. L'inscription est en relief sur granit.
Cl/ (//'si Je cor lis de M' Jean CoiijKtnl pbre. cnir de la Vida, décédé le 25 juillet 17 14, quia fondé le maître d'école et quatre services. Gisent aussi Françoise et Jacques Coupard. décédés le 13 octobre 1701 et S octobre 1704. Ont fondé 2 messes mercredi et dimanche « perpétuité.
26 mai 179:2. — Les officiers numicipaux delaPalu demandent que le legs fait en faveur des écoles soit conservé et que les biens soient retirés de la vente qu'on se propose de faire (1).
Ecole des filles. — 1769. — Anne Quentin, sœur d'école, fille majeure, demeure au bourg de la Palu (2).
(1) Arcii. de la Mayenne. — Retjislres <lu Directoire. — (2) Titres de la Rcveliére en St-Caiais du-Uésert, communiqués inir M. Trotlin, propriétaire.
PARNÉ i!)Sl hab.).
Ecole des garçons. — 1778. — « Collège fondé pour un prêtre, 120 livres, doit chanter une messe par mois » (1).
12 janvier 1792. —^ Le curé constitutionnel déclare au Direc-
toire qu'il y a dans sa paroisse deux l)énétices, luii de :iU() livres affecté à l'éducation des garçons, et l'autre de 60 livres pour les tilles : et que les titulaires de ces bénéfices ont quitté la paroisse. »
15 septembre 1792. — La municipalité de Parné est autorisée à affermer pour une année seulcmont les maisons et jardins du petit collège (2).
École des filles. — Madami; la Maréchale de (^oigny It'gua une rente de GO livres sur sa terre de Poligné pour lentretien d'une école de filles en la paroisse de Parné. Cette charge fut insérée dans l'acte de vente (\e la terre de PoHgtn'- à .loachim Colbert. marquis de C.roissy. vu 17')2. (^Miant celui-ri vendit à la famille Leclerc. les nouveaux acquéreurs, sous prétexte que l'acte de fondation n'était ni lioniolngui'-. ni revêtu de lettres patentes. conformémiMil à ledit de 17'i!). et qu'il avait été obteiui par surprise i»ar le curt'-. voulaient refuser de continuer la rente. Ils ne réussirent pas i :{ >.
{-2} El<it (lu Diocrsr, Aivli. (le l'.'vri-hr (ln Miuis. — (i') Arcli. dol.iMayonm-, liefilslrcuila Direcloin;.— (3) Titres (•oiniinmiqui'i jiar M;i<l.unc Dticlicrniinle Vauljci-nier, fie Laval.
LE PAS I l.(i:!0 liah.i.
Ecole des garçons. — Larlidc suivant se lit au testament de M. Moreau, curé du Pas:
(( Plus, je doime à perpétuili- à un uiaisli'e d'escole natif de la paroisse du Pas. qui sera esleu et elioi>y des curés, mes successeurs, comnumément avec le ju-ocureur fahricial. à la charge par le maistre d'escolle, s'il est presire. dédire une messe tous les lundys pour le repos de ma dite ;uue. rt sil n'est presire. jusqu'à ce (|u'il le soit, dira seulemeul l'oflice des morts, et fera dire à la lin de la classe une antienne à la Vierge, avec l'oraison propre : ol pour exécuter le préscMit article, je donne à perpétuité aux dils maistres d"esc(»!le la sonnue de treule livres lournoisderenlc et luie h's dits maistres d'es.-olle de fair.' '|url.|uc .-liose paf charité aux pauvres cscolliers de la paroisse.
f( Et eu cas qu'il y ait quelque personne capal)le pour estre maistre d'escolle dans la ligne du testateur ou proche parent, ils seront préférés à tous autres » ( 1 1.
Plus tard, monsieur Bouvet, l'aîné, aussi curé du Pas. de 1733 à 1770. fitvenir de Lonlay un nommé Gallichet. dit la Forêt, qui était passablement instruit. 11 le surveilla; il anima le zèle des paroissiens, et. considéraiit (ju'il était nécessaire que l'instituteur prit peu de choses pour montrer aux étudians. il l'attacha à réglise en lui donnant droit à la glane du mois d'août et aux honoraires payés aux sacristes. quoiqu'il ne servit ordinairement à réglise que le dimanche. Devenu vieux. Gallicliet s'associa son fils, que les paroissiens révoquèrent à causede sa négligence.
Pendant ce temps, messieurs ^laillard et Janin. vicaires, instruisirent de noml)reux étudiants ecclésiastiques ii).
Ecole des filles. — Le 29 avril 169G. Fram/ois Isaac du Rosel, curé de la même paroisse, donne par testament à une maitresse d'école qui sera en la paroisse la somme de dix livres de rente à perpétuité, à la charge qu'elle fera dire dans la dite église du Pas une messe basse par chacun an, le jour de St-François, à l'intention du sieur testateur, qu'elle aura soing, en outre, de faire prier Dieu à la même intention aux petites filles qu'elle instruira. « En cas qu'il n'y eut point en la dite paroisse de maitresse d'escolle, la dite rente de dix livres sera pendant le temps d'al)sence employée à estre fait à l'intention dudit sieur testateur par chacun an un service solennel (3;. »
En 1706, la maîtresse d'école était Perrine Fontaine, qui reçut comme telle, de Françoise Hamon, veuve de M. Louvel-Desbois, avocat en parlement, une rente de 20 livres et plusieurs maisons situées sur le chemin du l)ourg à la Belliardière,. Jeanne Loison lui succéda. Puis mademoiselle Françoise Gasté témoigna le désir que l'école fût tenue par les sœurs de la Ghapelle-au-Iliboul et par acte devant Chevalier, notaire à Mayenne, promit une somme de 2000 livres (4).
Le contrat en fut passé par Pierre Macé, notaire au Pas^ le 19 octobre 17'iG.
Le curé, les prêtres et les habitants, pour procurer l'établissement de deux sœurs de la Ghapellc-au-Uiboul, leur abandonnent diverses rentes l'huées pour les maîtresses d'école, et une maison donnée à cet effet « et consentent que deux sœurs de la dite société résident et prennent possession des dites maisons, se servent des meubles qui y sont, jouissent des rentes et aient un banc dans l'église.
«Elles devront laisser à Jeanne Loison, maîtresse d'école, la jouissance de la salle basse sous la grande chambre, et la moitié du jardin, pendant sa vie, tant qu'elle résidera dans la paroisse, sans changer son état de fille, par reconnaissance des instructions qu'elle a ci-devant données aux filles de cette paroisse »
La sœur Fussot, supérieure, promet et s'oblige « mettre et entretenir successivement dans cette paroisse deux sœurs de sa société capables de bien remplir leurs devoirs, lesquelles montreront les petites écoles aux jeunes filles, leur apprendront à servir Dieu, auquel effet elles se donneront l"s mouvements nécessaires, seigneront, panseront et médicamenteront les pauvres malades et leur porteront les bouillons lorsqu'il y en aura ; le tout gratuitement. La dite sœur supérieure pourra rappeler, ainsi qu'elle avisera bon être, les dites sœurs en substituantd'aulrcs capables... »
Les premières sœurs qui firent l'école au Pas sont Marie Poirier et Anne Lemoine (o).
La sœur Mailay, supérieure générale de la communauté à l'époque de la Révolution, était native du Pas ; elle s'y retira dans les mauvais jours, put encore par correspondance diriger quelques-unes de ses sœurs et les groupa de nouveau quand le temps redevint plus favorable.
(1) An,'h. (le la fabri(jiio. — (2) Chronique paroissiale. — (3) Arcli. tie la fa. bri([ue. —(4) Chronique paroissiale. — (5) Arch. de la Communauté d'iivron.
LA PELLERINE (MO hab.).
Ecole des filles. — 1778. — « M. Renée (iillet, cure, vienc de faire un établissement pour une maîtresse d'école (1). »
(1) Arch. «le l'Evêché <hi Mans. Reyislre </-• l'Elnt du Diori'fe en 177 S.
PEUTON (407 hab.).
Ecole des garçons. — La mention des écoliers aux registres paroissiaux, à la fin du XVIP siècle, est le seul indice de l'existence des écoles en cette paroisse qui, comme la plupart de celles de l'arrondissement de Cliâteau-Gontier, ne possède pas d'archives de fabrique.
PLACÉ (l,00o hab.).
Ecole des filles. — On trouve Tarticle suivant dans le testament de M. Ambroise Dodard, curé de Placé, passé devant Jean Gobard, notaire résidante Sacé, le l""" février 1717.
« Item, lègue encore le dit testateur comme dessus à perpétuité tous et chacun des biens meubles et immeubles que la coutume de cette province du Maine lui permet de léguer, après l'exécution de tout le contenu de son dit testament ci-dessus, aux sœurs d'école qui sont et qui seront en la dite paroisse de Placé, à la charge par elles d'assister les pauvres malades et orphelins de la dite paroisse, leur faire des visites, leur donner des vivres et remèdes nécessaires dans leurs maladies, les vêtir de toille, et les gouverner à leur possible ; comme aussi d'élever les dits orphelins, leur apprendre à prier et servir Dieu, et montrer l'école aux filles de la dite paroisse ; et ce néanmoins sous la direction des sieurs curés, procureurs fabriciars et marquilliers de la dite paroisse, et des parents du dit sieur testateur en cas qu'il y en ait dans la dite paroisse ; devant lesquels elle rendront compte annuellement de leur gestion.
« Aussi à la charge par elles de dire chaque jour à perpétuité pour le repos de l'àme du dit testateur les litanies de la Sainte- Vierge Marie et un De profundis à la fin de leur écolle, et d'acquitter aussi à perpétuité, tant les deux services à dire et célébrer dans l'église de Placé, que l'entretien de la lampe. »
(1) Arch. de la fabrique d'Ambrières.
LA POOTÉ (3,009 hab.).
Ecole des garçons. — 1619. — Mené Juillé est « dyacre et maîstre d'escolle » à laPoôté.
11 y eut fondation en faveur de l'école le 1*" juillet l(Jl4r. Pierre Gohier donne pour cette œuvre une maison avec jardin et dépendances, le tout situé en face de la grande porte de l'église. La prestimonie de Bigoré, qui devait deux messes par mois et dont le temporel était à la Foucaudière et à la Clievalerie-sur-Sarllion, était également attribuée au maitre d'école.
Nous connaissons seulement trois titulaires :
1698, Jacques Briffault, prêtre, — 1748, René Goyet, — 1779, 1784, Pierre Morice.
11 semble qu'en 1768 l'école n'avait pas de titulaire (1).
Ecole des filles. — 17:27, M. Douaisy, curé de la Poôté, dit en son testament qu'il « entent que la sœur liriHauIt, lille, maitresse d'écolle en ce lieu, jouisse, sa vie durant, d'un logis et dépendances à lui appartenant situé en ce bourg, et qu'il auroit acquis de M'' Philippe llagot (2). »
(1) Arch. (le lu fabrique ; Arcli. nation., Q^ 78. Notes de M. l'abhé Foitin, cure de Saint-Dcnis-du-Maine. — (2) Arch. de la fabrique.
PORT-BRILLET (747 hab.).
Ecole des garçons. — En 1 738, le conseil de tutelle du duc de la Trémoilie, accorde au chapelain de la Madelaine du Port-Brillet, en sus de ses honoraires, une rente viagère de 100 livres, parce qu'il « emploie tout le temps que lui laissent ses fonctions à l'instruction des enfants des forgerons (i). »
Cinquante ans plus tôt, en 1711, on trouve dans un contrat de tutelle cette clause, que l'enfant âgé de 13 ans « sera envoyé à l'école pendant un an pour l'avancer et achever de lui faire apprendre à lire et écrire, tel que luy pourra montrer le prestre qui sera habitué à la Madeleine. »
Le tuteur paiera « ce qu'il en coustera par mois pour ce faire »
Ecole des filles. — 1711. — La sœur, âgée de 10 ans, du mineur orphelin dont nous venons de parler, fut également envoyée à l'école (( pour luy faire apprendre, sy possible est, à lire en latin et en français, et à broder. » Le tuteur paiera aussi « ce qu'il en coustera par mois pour ce faire pendant le dit temps d'un an ou davantage, si la charité deTadjudicataire (qui la prendra en pension) le luy permet (2). »
(1) Ghartricr de Thouars, communication de M. le duc de la ïrémoillj. — (2) Etude du notaire de Loiron, notes de M. l'abbé Pointeau.
POULAY (658 hab.).
Ecole des garçons. — M. Jean Lecornu, prêtre habitué à Mayenne, qui fit plusieurs legs pour les écoles dans trois autres paroisses, n'oublia pas celle où il était né. Par son testament du 21 juin 1630, « il donne la somme de 116 livres, 17 sols, 6 deniers de rente constituée à la fabrique de Poullay, qui est la paroisse et le lieu de sa naissance, à la charge que le fabrical aura le soin avec les paroissiens du dit Poullay de choisir et eslire un prêtre qui soit de bonnes mœurs et capable autant que faire se pourra, lequel prestre dira tous les jours, tant aux jours feriers que non feriers, la messe pour le repos de l'àme du testateur et des âmes de ses défunts parens et amis et de tous les habitans de la pa,roisse.... Et à la charge que le prestre qui sera choisy pour célébrer la messe tiendra l'eschole au bourg de Poullay, pour instruire et enseigner les enfans,tant les lettres que les bonnes mœurs, et principalement les commandements de Dieu et de TEglise, et aura soin d'instruire charitablement les pauvres... (Même quand un régent aura été choisi), s'il se présente un prêtre de la parenté du testateur qui soit capable.., le dit régent devra lui céder la place à la fin de Tannée pour lors courante ; laquelle fin d'année sera au dernier jour de septembre et commencera au dernier octobre, et ne pourra le dit régent discontinuer de tenir l'eschole fors au mois d'août, auquel mois il pourra donner à ses escholiers des induces (1). »
(1) Archives municipalesde Poulay. Arch. de fabrique de Grazay.
PRÉAUX (336 hab.).
Ecole des garçons. — Monsieur le colonel Lebailly, né à Préaux le 8 juillet 1772. nommé officier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille de Valoutina. colonel commandant le 33™" régiment d'infanterie, le 20 avril 1813, dit au début de ses mémoires qu'il écrivait en 1821 :
« Nous fûmes seize enfants, j'étais le quinzième. Je n'avais « qu'un an quand je perdis ma mère ; mon éducation fut conff fiée au curé de la paroisse. J'appris machinalement à lire et à « écrire et l'arithmétique, tout cela sans principe, sans même « apprendre la grammaire française. A douze ans je fus forcé de « quitter cette pauvre école où je n'appris pas grand'chose. »
Le colonel Lebailly écrivait ses mémoires la dernière année de sa vie. Il ne dit pas que le curé lui fit la classe, mais qu'il se chargea de son éducation. Nous savons par ailleurs que le dernier maître d'école de Préaux avant la Révolution fut M. Roussin, vicaire de la paroisse. Le digne curé qui éleva le jeune orphelin était M. Jean Héroux, qui mourut pour la foi en 1796 (1).
(1) Une copie (io ces mémoires m'a été donnée par M. Heaiilmé, décédé curé de Préaux.
PRÉ-EN-PAIL f3,2oo hab.).
Ecole des garçons. — A la date du 23 juin 1616, le vicaire a inscrit l'acte suivant sur les registres paroissiaux : « fut faict sépulture en l'église de Prez, sur la rotte soubz une petite tombe d'ardoize au-dessoubz des fondz.de Marie, filledcCillesBuat, âgée de six ans cinq moys, l'une deme$ pucoII irres qui scavoit touti^s ses vesprcs et sept pseaulmes.nefut mallade que trois jours et demy et deux jours sans parler, fut regrettée grandement de tout ceux qui l'avoientveue. d'autant qu'elle estoit fort jolye enfant et agréable à tous ».
Voici maintenant l'acte dune fondation en règle faite le 1" décembre 1675.
— âli —
(( Je, René Leblanc, très indigne prestre, vicaire de Prez-en-Pail ... donne et lègue à perpétuité ma maison en forme de pavillon, pour le logement d'un prestre, à la charge quïl tiendra l'escolle, et pour l'entretien dudit prestre, il jouira sa vie durant de ladite maison... et des rentes et revenus qui ensuivent : (144 livres). Le dit prêtre ne pourra disposer que de la rente et de l'usage des dites choses. Ledit prestre pour faire l'exercice sera choisi par douze ou quinze habitans des mieux sensés avecle sieur curé de la paroisse. »
Par un codicile du testateur, en 1679, l'école devint un collège ayant un principal.
La situation du titulaire s'était améliorée encore plus tard, car, en 1778. il jouissait d'une prestimonie pour faire les écoles et d'une autre chapelle pour les catéchismes, le tout d'un revenu de 600 livres.
Enfin à cause de l'étendue de cette paroisse, les villages les plus éloignés voulurent eux aussi avoir leurs écoles ou catéchismes.
M. Jacques Bienvenu, prêtre d'AIençon, légua pour la fondation de trois messes par semaine son bordage de la Louvelière. Ces services devaient être faits à l'église paroissiale, mais les habitants des villages voisins promirent de faire bâtir une chapelle si l'on voulait que les messes fondées y fussent dites, le dimanche compris, par un chapelain résidant. M. Bienvenu y consentit en
Le prêtre qui sera de sa famille « sera obligé détenir l'escolle aux enfants, les instruire selon leur capacité, spécialement leur enseigner les principes de la foy et les bonnes mœurs, et à cette tin leur fera le catéchisme une fois la semaine et deux fois la semaine en temps de caresme pour les disposer aux saints sacrements de l'Eglise. Ne le fera point aux jours que le dit sieur curé le fera ou fera faire, mais y envoyera ses escolliers; sera de plus obligé à la tin de son escoUe à l'intention des dits Bienvenu et Letoré réciter avec ses escolliers l'Antienne de la bienheureuse Vierge, selon la saison, marquée à la fin de l'office du brevière, le pseaume De profundis avec trois collectes, et pour s'en bien acquitter ledit chapelain ne sera vicaire, sacriste ny engagé à au-
cunes fonctions incompatibles à son obligation. » La fondation fut réduite au catéchisme en Avent et Carême et les dimanches.
A l'autre extrémité de la paroisse, une fondation assurait également la messe et le catéchisme dans la chapelle de Saint-Juliendes-Eglantiers (1).
Ecole des filles. — 1716, la sœur Barbe fait l'école et prend soin du linge de la sacristie. i76o-1781, Mlle Mimbré, sœur d'école, laremplace. Elle jouissait de divers legs : l'un de 8 livres de rente par M. Genus prêtre, l'autre de madame Buat de la Croix. La fabrique les lui servait, ainsi que d'autres rentes pour les pauvres (2).
(1) Arch. de la fabrique ; — Regist. paroiss. de Pré-en-Pail et de Javron : — Arch. de l'ùvêché du Mans. — (2) Arch. delà fabrique.
RAVIGNY ( io9 hab.).
Ecole des filles. — Le fondateur de l'école des sœurs de la Chapelle- au-lUboul à Champfremont dit expressément que les enfants de Ravigny y seront reçus gratuitement.
RENAZÉ (3.19o hab.,).
Ecole des garçons. — Cette paroisse, d'une population aujourd'hui si considérable, était il y a moins de cinquante ans une des plus petites du diocèse. Ce développement est dû à l'extension donnée à l'industrie ardoisière.
En 1634 et depuis, on trouve mention d'écoliers à Renazé (1).
Ecole des filles. —Le 11 septembre 1761, Mgr l'évèque d'Angers, en visite pastorale à la Selle-Craonnaise, prescrit « que la maitresse d'école de Renazé se conformera aux statuts du diocèse concernant les écoles ». (2).
(1) Regist. paroiss, — (2) Arch. de la fabrique.
LE RIBAY (1.002 hab.).
École des garçons. — 16o6. — Le fondateur du collège de Villaincs-la-Juhel avait fait un don assez important pour leRibay.
Par son testament, il « laisse pour toujours ce qu'il a au Rubay et aux environs, le logis, les jardins, deux portions de pré et un champ...., pour un prestre sçavant et de bonnes mœurs, qui possédera les choses et le revenu, par commission qui lui sera donnée gratuitement et sans autre intérest que de la gloire de Dieu et de la charité du prochain par M. le curé de Rubay, par le procureur de fabrique et par quelques-uns de ses parens... à condition de célébrer la messe un des premiers vendredys de chaque mois, et d'enseigner aux enfans à lire et à écrire, à calculer aux jetions et à la plume, le plain-chant, et principalement la doctrine chrétienne, à la charge aussi, sous le bon plaisir de M. le curé, de catéchiser le peuple les dimanches et testes, au public et en particulier aux occurences. Il fera sonner le salut de l'ange à midy et au soir à l'issue de l'école. »
Mais il semble que par la négligence de la paroisse, ce don fut caduc. Toutefois il y avait école au Ribay et le 20 septembre 1699, V. et D. maître Guy Garnier, prêtre, curé du Plessis-Bouillemy, au diocèse de Meaux, fait une disposition en sa faveur : «désirant contribuer à l'instruction de la jeunesse, pour la gloire de Dieu et l'utilité publique, dit-il, il donne à celui qui tiendra l'école publique dans la paroisse dudit Ribay la some de 15 livres de rente... sur deux corps de logis, écurie et jardin derrière, situés au-devant de l'église du Ribay... Et si celui qui s'emploira à tenir lesdites écoles les discontinuait plus d'un mois par an, il sera pour autant de temps qu'il y aura manqué employé de ladite somme de lo livres à dire ou faire dire des messes. Et lorsqu'il y aura concurrence entre deux personnes pour tenir les écolles, celuy qui sera prestre aura la préférence. »
Le titulaire était tenu à une messe le premier mardi ou vendredi de chaque mois en l'honneur de St-Sébastien, à un De profundis après les classes, et les dimanches et fêtes, au chant de la même prière à l'issue du catéchisme ou des vespres (1).
Ecole des filles. — « Il y a des sœurs de charité » dit VEtat
du Diocèse en 1778. Elles étaient de la Chapelle-au-Riboul (2).
(1) Arcli. des fabriques du Hibay et de Ilariibers. — (2) Arcli. de l'évêchc du Mans.
LA ROE (o8G hab.).
Ecole des garçons et des filles. — L'abbaye de la Roë ne pouvait manquer d'être pour cette paroisse et le voisinage un foyer de lumières et une ressource pour l'instruction. Aussi dès le XIP siècle trouvons-nous les chartes du monastère fréquemment signées par les maîtres et les enfants de l'école (1).
N'ous avons dit précédemment qu'un religieux de la Uoë avait dirigé l'école de Craon vers 1410.
En lo71, après le pillage de l'abbaye par les Huguenots, l'abbé veut s'exempter de l'obligation d'entretenir un maître d'école, disant qu'il ne le doit que pour les religieux et non pour les séculiers; il conclut enfin, qu'en tous cas, ce prétendu maître doit préalablement être examiné de ses sens, littérature et suffisance, par lui ou en son nom (2).
Le 6 septembre IGâo, les religieux obtiennent arrêt du parlement contre l'abbé de Lartigues « qui devra payer 60 livres pour les gages d'un maistrc d'eschole séculier, lequel les prieurs et religieux seront tenus de nourrir à leurs dépens » (3).
Mathurin Louzil, régent et maiîre d'école de la Uoë, est fréquemment cité aux registres paroissiaux de toutes les localités voisines (4).
« 5 mars 1718. Jean Pigousl. prieur de lu lioë et vicaire de l'abbé, nomme i\P Guillaume Martin à la charge de bedeau de l'église de la Roë et à la charge de maistre d'écollo pour la paroisse de la Roë, laquelle l'oblige à enseigner la jeunesse de l'un et l'autre sexe, tant dans la lecture que dans l'écriture. Les émoluments consistent pour la bedellerie en grains et 30 livres d'argent, son logement, son chauffage ; en outre pour rescolie
la somme de 60 livres. Toutes lesquelles sommes sont des anciennes charges des abbés de la Roë » (o).
(1)M. Planb;', qui prépare une édilioii du Carlulaire de la Roë, nous a communi(jué cette note. — (2) Les certificats de Catholicité par M. l'abbé Pointeau. — (3) Note de M. Planté. — (4) Regist. paroiss. de le Roë, Ballots, St-Michel, Brains, — (o) Charlrier de la Ror, LXXI. f. 51.
RUILLÉ-FROIDFONDS (9-2o hab.).
Ecole des garçons. — Non seulement les titres nous apprennent qu'il y eut à lîuillé un collège, mais l'édifice qui fut habité par les maîtres et les écoliers existe toujours, et son seul aspect extérieur le distingue assez pour qu'on reconnaisse de suite sa destination primitive. La fondation se préparait mais n'était pas réalisée en i6o2. En cette année, par leur testament du 3 juillet, Marguerite Gouyau, veuve Arthuys, et Marie Arthuys, sa fille, demeurant au lieu delà Rebouserie, lèguent à la confrérie de Saint- Nicolasdeux planches de vigne, (f jusqu'à ce qu'il se trouve érec- « tion ou fondation de collaige pour l'instruction delà jeunesse « du ditRuillé; auquel tompsleprètre.pourlorsrégent.en jouira « comme de la dite fondation ».
L'attente ne fut pas longue. Par testament devant Barbe Leprince notaire à Villiers-Charlemagne. Antoine Bel lue et Marie Ghanteau, sa femme, fondaient définitivement le collège (l).
Le don des époux fondateurs consistait en la métairie du Patis, en Villiers-Gliarlemagne, et celle delà Petite-GaudinièreenRuillé.
Titulaires: 1660. — La chapelle de l'Ecole, qui semble un bénéfice distinct et antérieur au collège, est présentée par Françoise delà Barre, veuve de Henry de Maillé, Sgr de Bénehard et Ruillé, par décès de (.. i Lais, à André Lanier, Sgr de la Ghesnais, docteur endroit canon, conseiller et aumônier ordinaire du roi.
Mathieu Tafforeau, prêtre. 1693.
1700. — François Horeau, Louis Follenfant.
1748. — Henry-Louis Baudoin.
Thomas-Marin Foucault que nous connaissons par son épitaphe prise au cimetière de Ruillé;
Cu (jif le corps du vénérable et discret M" Thomas-Marin Foucault en son vivait prêtre, principal du collège de cette paroisse âgé de 54 (?)ans, inhumé le ô octobre 1184, Requiescat in pace. Amen.
30 avril 1792. — Le citoyen Monsallier, prêtre assermenté de Ruillé. expose au Directoire que le sieur Moriceau, prêtre titulaire d'un bénéfice de 1400 livres pour instruire les enfants, est venu demeurer àLaval. 11 faut admirer ceteuphémismequiveutdire queM. Moriceau avaitdù, avec tous les prêtres fidèles, venirse constituer prisonnier à Laval. Il mourut en exil en Angleterre (1).
Ecole de filles. — La paroisse de Ruillé-en-Anjou eut à la fin du XVll- un curé qui laissa une haute réputation de sainteté. Il se nommait Julien Blandet, et disposa d'une fortune considérable en œuvres pies pour sa paroisse, par testament daté du 11 août 1690. Un des articles de ce testament portait cette disposition:
« hem, le dit sieur testateur pour soulager traiter etmédicamen- « ter les malades de la dite paroisse de Ruillé, a donné et par ces « présentes donne à des sœurs nommées les Sonirs grises, comme « il y en a dans les paroisses et aux Invalides de la ville de Paris, a préférablement à toutes les autres, savoir le lieu et closerie de « l'Eufmière, avec la rente de huit livres qui lui est due sur ice- « luy en la paroisse de V'illiers, à lacharge des autres rentes, tant « foncières que féodales, qui peuventètre dues àcausedudit lieu. « que les dites Sœurs-Grises acquitteront. 7fp»j, lelieu etcloserie « desGrands-Genctais ;... — Item, neuf livres de rentes sur cer- « tains héritages en Sougé-le-Britant; — Item, la maison, jardin « et enclos nommés Bethléhem. au bourg. A charge par les dites « Sœurs-Grises de faire leur résidence actuelle au dit Ruillé.... et « rendre compte... entre les mains des sieurs curé et procureurs.
Pour l'exécution de cette fondation. Monseigneur de Lavergne, évèquedu Mans, fit venir deux Sœurs-Grises à Uuillé. Elles y demeurèrent quelques temps ; mais les héritiers ayant fait saisir les revenus, elles se trouvèrent hors d'état de soutenir le i)rocès et, n'ayant personne dans la paroisse qui en voulut faire les frais et leur procurer les moyens de subsister, elles fureni obligéesd»'. se retirer.
La retraite des sœurs de Saint-Lazare occasionna un procès, les héritiers prétendant que le legs n'avait été fait qu'en leur faveur, et non pour la paroisse. Les seigneurs de Ruillé défendirent les intérêts des habitants et obtinrent gain de cause en 1715.
Depuis, les revenus de la fondation furent administrés par des prêtres qui recevaient pour cela procuration des habitants et des seigneurs. Il se produisit des tiraillements entre le curé qui voulait qu'une part de la rente fût affectée à l'entretien de la maîtresse d'école et le seigneur de Ruillé qui réclamait le tout pour les pauvres et se plaignait de lagestion de l'administrateur ecclésiastique. Le différend ne fut réglé qu'en 1740 de la manière la plus satisfaisante et qui coupait court à toute difficulté, par l'arrivée de deux sœurs de la Chapelle- au-Riboul. Les seules que nous connaissions sont les sœurs Anne Chapron et Renée Mezière. Elles touchaient quarante livres par quartier (2).
1778, « 11 va à Ruilléun principal pour les écoles et deux sœurs de la Ghapelle-au-Riboul (3).
(1) Arch. de la fabrique Arch. nationales, Q^ 380, —Insinuât. Ecclés.
XXIX, i9-2, LXII, 347. — Avch. delà, yiayenne, Registres du directoire; — notes de M. Maillard, curé de Maisonnelleset de M. l'abbé Gillard. — {2)Arch. de la fabrique. .\rch. de révèché du .Mans (3).
RUILLÉ-LE-GRA VELAIS (683 hab.).
Ecole des filles . — Le curé écri t sur les registres de la paroisse : « C'est cette année, le 11 septembre (1786), que notre très respectable seigneur, messire Jean Leclerc, seigneur de Terchant, et des paroisses de Ruillé-le-Gravelais, St-Cyr-le-Gravelais, de Loiron et d'une partie de Cossé-le-Vlvienet autres lieux, a fait venir pour la première fuis deux sœurs de charité afin de soulager les pauvres malades de cette paroisse, ainsi que ceux de St-Cyr et ^ de Loiron. C'est même pour cette raison qu'il les a établies dans cette paroisse parce qu'elle est située au milieu des deux autres.
(f Ces deux sœurs sont laïques et séculières, ne sont soumises à aucune règle, telle que les sœurs de la Chapelle-au-Riboul.
L'une de ces deux sœurs a demeuré à une petite maison de charité, nommée la Providence, à Laval, dans le faubourgde St-Martin, et y a fait une ,espèce d'apprentissage, pendant douze ans, à gouverner les pauvres malades de Laval, aussi s'est-elle rendue habile dans son état et a-t-elle été regrettée de la ville. Ces deux sœurs s'appellent Millet ; toutes deux originaires delà paroisse de Bonchamps, près Laval. L'ainée s'appelle Antoinette .Millet, et la jeune s'appelle .\nne Millet; Tune âgée de 10 ans et l'autre de 36 ans. Elles sontsorties d'un même père et d'une même mère. Elles sont munies des meilleurs certificats de vie, de mœurs et de capacité » (1).
(1) Regist. paroiss. voir aussi aux archives municipales un curieux registre de l'Elal des âmes rédigé par le même curé.
SAINT-AÎGNAN DE COUPTRAIN (I.OÛo hab.).
Ecole des filles. — 1703, « Françoise Boudicr. metresse d'école au bourg » est inscrite la seconde sur la liste des fdles de la confrérie de la charité.
L'acte d'établissement des sœurs de la Chapelle-au-Riboul. fut passé devant le sieur Badoue des Chauvclii'res. notaire à Mayenne, le 12 mai 1764. Mademoiselle des Chapelles donnait 3000 livres; le curé donna 3i2 livres pour ameublement et fournitures.
1768. — Renée Uagaine donne aux sœurs à perpétuité 100 fagots de bois taillable.
1781. — Madeleine Maillard et Cécile Benard, sœurs de charité et maîtresses décote, sont adjudicataires du bâton de la confrérie du Saint-Sacrement pour 7o livres qui furent payées par leurs familles (1).
(1) Arch, delà fabrique.
SAINT-AIGNAN DE LA ROE 1 1.0:i3 hab.).
Ecole des garçons. — Jean Limier est maître d-'-cole en 1797. L'était-il avant 1789? (l).
(1) Chronique paroissiale de Gongrier,
SAINT-AUBIN-DU-DÉSERT (966 hab.).
Écoles des garçons. — 1388. — Les enfants clercs de Saint- Aubin reçoivent un legs testamentaire d"une personne de Champgeneteux. Guillaume Daugeard, natif de Saint-Germain-de-Goulamer, étudia et, étant resté diacre, fit l'école aux garçons de Saint- Aubin pendant plus de trente ans. Pendant qu'il fut maitre d'école, il se montra toujours charitable, orthodoxe et édifiant. 11 eut la faiblesse, déjà avancé en âge, de se laisser ordonner prêtre par révêque constitutionnel {i).
Ecole des filles. — Il existait à Saint- Aubin une chapelle fondée à une époque inconnue par M^ Antoine Aubert, et dont le temporel était devenu trop modique pour l'acquit des charges. Elles furent réduites par acte épiscopal du 12 septembre 1731 : cf Pour empêcher la ruine totale de ladite fondation et procurer le plus grand bien de la dite paroisse de Saint- Aubin-du-Désert, avons réduit et réduisons par ces présentes à une messe par an l'ordinaire de messes dont l'on croit que ladite fondation a été chargée, et ordonnons que la maison et jardin de la dite prestimonie servira à l'avenir de logement à une maîtresse d'école ou sœur de charité qui sera choisie par le curé et seigneur de la dite paroisse et à nous présentée pour être autorisée, en cas que nous la trouvions capable... Donné au Mans... (Signé) Le Peletier vie. gén. »
La seule titulaire connue est Anne Lemée, dont une déclaration faite en 1 790 parle ainsi :
« Nous avons seulement une ancienne fille qui, sans aucun veu, s'est volontairement consacrée à l'éducation des petites tilles ; elle est logée dans une petite maison qui peut valoir 13 livres de revenu, que l'on croit avoir été donnée pour cet usage par Monsieur le comte de Montesson. »
Anne Lemée, surnommée la sœur, mourut à l'âge de 83 ans, le 27 septembre 1798. Elle jouissait d'une glane, outre son logement (2).
(1) Chronique paroissiale, par M. Leroy, ancien curé de Saint-Aubin. — (2) Arch. de la fabrique, et État-civil.
— 2^3 — SAINT-BAUDELLE (803 hab.).
Ecole des filles. — La municipalité d'Aron, en vertu de la loi du 16 vendémiaire an V, qui assure aux établissements de bienfaisance la restitution des biens non aliénés, ayant obtenu qu'on rendit à la commune lancienne dotation de l'école des filles tenue par les sœurs de la Ghapelle-au-Riboul, la commune de Saint-Baudelle dit qu'elle était dans le même cas et réclama le même droit (1).
Nous croyons que ces biens consistaient dans le lieu de la Blanchardière, légué pour les pauvres malades de la paroisse, en 1724, par demoiselle Suzanne Turgault (2).
vl) Arcli. (lcl:t fiibrique d'Aron. —(i; Arcli. municipales de Saint-Baudelle.
SAINT-BERTHEVIN-LÈS-LAVAL (1,83G liab.).
Ecole des garçons. — lo20. — Guillaume Doret, marcliand, demeurant à Saint-Berthevin, demande quaprès son décès, il soit dit « le nombre de trois cents vigilles en basse voix par enfans ou autres qui se voudront charger de ce faire et pour chacune vigille leur être payé cinq derniers tournois, en remembrance des cinq plaies de Aostre-Seigneur (1). »
Ces enfans nous semblent bien être les clercs d'école que nous trouvons ailleurs à la même époque.
(1) Arcli. de la fabrique.
SAINT-BRICE { 7o4 hab.).
Ecole des garçons. — Les habitants de Saint-Bricc qui n'avaient pas d'école fondée par des bienfaiteurs, surent euxmêmes se pourvoir sous ce rapport. Depuis une éi>o(|ue (juc nous ne pouvons préciser ils se cotisaient entre eux pour faire le traitement d'un vicaire qui en même temps était maitrc d'école.
Les souscriptions étaient en nature. Les métayers donnaient deux l)oisseaux de froment, les closiers et les meuniers un boisseau, les cliambriers dix sols. Plus anciennement il y avait un certain nombre de gerbes ajoutées à ces mesures de grains, puis, en 1739, il fut convenu que ces gerbes seraient retranchées « mais en récompense les boisseaux dénommés au dit acte seront donnés « combles à venue d'aire ».
Tous ces arrangements étaient pris dans l'assemblée du général des habitants convoqués à l'issue de la grandmesse « en corps politique ». Le prêtre ainsi choisi promettait remplir les fonctions de vicaire et de sacriste et de faire l'école aux enfans de la a paroisse. Ceux qui enveront leurs enfants paieront tel qu'il « appartient » ou, comme il est dit ailleurs, « le maitre sera payé d'un modique salaire ».
Les vicaires maîtres d'école que nous connaissons pour Saint- Brice sont MM. Chauvière, Louis- Antoine Lefebvre, 1759 : Urbain- François Leroyer, prêtre précédemment attaché au collège de Sablé, 1761 ; François Chehère. 1771 ; François Pochard, 1781 (1).
(1) Etude de Grez-en-Bouère, dont les anciennes minutes nous furent communiquées par M. Mouëzy.
SAINT-CALAlS-DU-DÉSERT(l,1141iab.).
Ecole des garçons. — A partir de 1618, et ensuite sans discontinuer jusqu'au milieu du XVIIF siècle, on trouve un très grand nombre d'écoliers cités dans les registres paroissiaux. 11 semble bien même, d'après le temps qu'on leur voit passer à l'école, qu'il s'agit ici d'un petit collège où beaucoup se préparaient à des études complètes.
M. Lioust, clerc tonsuré, et le Frère Antoine, reçoivent de la fabrique, dans la seconde moitié du XVllP siècle, un traitement qui leur est attribué, il semble, en qualité de maîtres d'école (1).
Le colonel Savary, soldat de fortune qui fit les guerres du premier empire, devait son instruction aux petites écoles de St-Calais, sa paroisse natale (2.
— ris —
École des filles. — Elle était tenue par les sœurs dt; la Chapelle-au-Riboul, sans toutefois que nous ayons l'acte ni la date de la fondation.
1727. —Marie Normand, sœur d'école,est inhumée au cimetière, âgée de 70 ans. Paraissent ensuite, la sœur Meunier de 17G9 à 1774, et la sœur Brou de 1778 à 1782 (3).
(1) Regist. paroiss. et Arch. de fabrique. — (2) Chronique paroissiale.— (3) Regist. paroiss. et Arch de fabrique.
SAINT-CÉNERÉ (776 liai).).
Ecole des garçons. — On connaît encore au bourg la maison où le prêtre sacristain tenait l'école. On la nommait la maison du Pont. En l'an XII, elle fut restituée à la fabrique (1).
Piappelons un souvenir glorieux pour cotte paroisse et qui tient à notre sujet. Jean Langlais, curé de Saint-Géncré, au commencement du XV siècle, fut, comme neveu et héritier de Grégoire Langlais, évêque de Séez, fondateur du collège de Séez à Paris ; dans ce collège trois des boursiers devaient être du diocèse du Mans et trois du diocèse de Séez (2).
(1) Noie de M. le curé de St-Céneré, et Arch. de la fabrique. — (2) Ilauréau Ilisloire lUtéraire du Maine t. VII. p. 2-3.
SAINT-CHARLES-LA FORÊT (301 liab.^,
Ecole des filles. — Cette paroisse fut fondée en 1()89. En 1758, demoiselle Renée Bruneau des Pleins, demande à la dame de Laval permission de fonder sur une des métairies des Trois Pruniers : 1" une première messe, lesjours de fêles et dimanches • 2" l'entretien d'une lampe devant le St-Sacrement ; 3" la pension d'une sœur de charité, à laquelle on fournirait des médicaments et quelques ustensiles de chirurgie.
La dame de Laval, tutrice du duc de la Trcmoille, son lils, accueillit cette demande et favorisa l'œuvre en remetiant les droits d'indemnité. 15
La rente ainsi donnée s'élevait à 300 livres. Il y eut en i 76 7 un nouvel arrangement entre la fondatrice et les seigneurs suzerains (1).
(1) Chartrier de Tliouars, Conseils de tutelle, coiumunication de Monsieur le duc de la Trémoille.
SAINT-CHRISTOPHE-DU-LUAT ^l,0o3 hab.)-
Ecole des filles. — Dans un mémoire de 1760, M"" Roullin, curé, dit « qu'il entretient à ses seuls frais une maîtresse d'école pour rinstruction de la jeunesse et l'assistance des malades, quj lui coûte au moins 40 livres par an » (1).
1778. — « Les enfans sont bien instruits » est-il dit dans VEtal du Diocèse (2).
(1) Arcli. de la fabrique. — (2) Arch. df l'evècliù du Mans,
SAINT CYR-EN-P AIL (1,146 hab.).
Ecole des garçons. — 1390, Samson Moysy, prêtre, demeurant au bourg, « donne et laisse à toujours mais la somme de cent sols pour aider à entretenir le collège, au moyen qu'il soit tenu en l'église de Saint-Gyr, à la charge de dire tous les soirs, une paire de Deprofundls sur sa fosse pour le remède de son âme. ))
1680. — Par son testament I\P Georges Mautaint, curé de Saint- Gyr et doyen de .Javron, léguait une maison et un jardin situés dans le bourg a au régent des petites écoles de la paroisse. »
Mais ce fut surtout M. Henry de More, successeur de M. Mautaint, qui mit dans un état parfait de prospérité et de bonne tenue les écoles de Saint-Gyr. « A l'effet d'augmenter le salaire du régent, il implora la libéralité de plusieurs personnes charitabless dit son biographe ». Nous trouvons en etîet depuis 1680 un grand nombre de dons faits par divers particuliers pour cette œuvre excellente.
François Lemesnager, prêtre, lègue 1330 livres pour faire un oratoire à la Grande Croix, et constitue le reste en rente pour le maître d'école de Saint-Gyr, à condition de dire une messe par semaine pour le fondateur, en l'église de Saint-Cyr.
Avant 1692, « M° Julien Mulot, prêtre, donne 300 livres, poiir être mises en constitution par le procureur syndic et les habitans, et la rente perçue par le régent ou maître d'école, qui dira à l'issue d'icelle l'antienne de la Vierge.. »
Avant 1700, François Mulot lègue 2 livres 12 sols au collège à condition que le maître d'école dira un Subvenile sur sa fosse.
Avant 1700, Urbain Quentin et Marguerite Seigneure donnent le revenu d'une maison au maître d'école qui dira pour eu.x le jour Saint-Nicolas une messe où assisteront ses élèves.
Avant 1704, Jeanne Laigneau lègue 3 livres de rente au maître d'école qui devra dire le vendredi un Stabat et les litanies de la Vierge le samedi.
1701, Urbain Sommier et Madeleine Grandière, sa femme, fondent une rente de 13 livres au profit du collège.
1731, Anne Ghevalier charge le maître d'école d'exécuter son testament et dispose pour lui d'une rente de 2 livres.
On voit ensuite figurer aux dépenses de la fabrique diverses sommes pour réparations au collège.
Voici le nom de quelques titulaires du collège :
1677, Jean Sommier maître d'école.
1761, 1777, Charles Lozier, principal du collège.
1781, Pierre Chrétien, principal de la paroisse de Saint-Cyren-Pail (1).
1791, Etienne Guesdon, maître d'école, prêta serment.
Ecole des filles. — M. Henry de More « avait vu avec un grand déplaisir les filles obligées de se réunir aux garçons pour recevoir une commune instruction ; et il avoit remarqué avec encore plus de peine que souvent elles se trouvoient par là dans l'occasion de partager leurs récréations et leurs jeux, ce cpii pouvoit être une source de désordre. De concert avec un religieux bénédictin, qui possédoit un prieuré dans la paroisse (2), il
ôonstitua un fonds pour l'école des filles, et M. Leménager, prêtre habitué, l'aida beaucoup pour l'achat d'une maison. »
On voit même par les archives de la fabrique qu'il la donna après lavoir acquise en 1698. Les bienfaiteurs espéraient y attirer les religieuses de Saint-Lazare qui avaient un établissement à Javron, mais celles ci ne purent accepter cette nouvelle fondation.
« Cependant le zélé curé de Saint-Cyr ne tarda pas à trouver une bonne maîtresse d'école dans la personne de Catherine de l'Angle, d'une famille noble. Il exhortoit souvent les pères et mères à envoyer leurs enfans à l'école. Il visitoit quelquefois les écoles de garçons et des filles pour s'assurer si les enfans faisoient des progrès et sïls contentoient leurs maîtres respectifs par leur sage conduite. 11 donnoit des encouragements à ceux qui les méritoient, et faisoit des réprimandes à ceux qui s'en étoient rendus dignes ; et cela toujours dans le but de fortifier l'autorité des maîtres, de favoriser la vertu et de corriger le vice. »
Bientôt les sœurs de la Chapelle-au-Riboul eurent la direction de l'école et des œuvres annexées.
1728. — Catherine Mahérault, veuve de Mathurin Fresnais.leur lègue io livres de rente.
1731. — Anne Chevalier, « donne à perpétuité aux maîtresses d'école dudit Saint-Cyr pour faire les écoles gratis aux pauvres de charité ou pour porter du bouillon aux pauvres malades de charité dudit Saint-Cyr, savoir en une petite maison couverte d'ardoises avec un jardin derrière, avec ses devant et issues, situés au milieu du bourg de Saint-Cyr, costéant d'un costé, la demoiselle des Aunais, d'autre costé les héritiers Gilles Quentin... De plus, ladite testatrice donne aux dites maîtresses d'escolle de charitté pour la même intention la somme de cinquante sols de rente.... (3) »
(1) Arch. de la fabrique ; Regist.paroiss. ; Insin. Ecclés., LXIII, 303 ; LXIX, 2i2 ; LXXIII, 213 ; LXXV, 89. — (2) Sans cloute dorn Cliarles Loppin, religieux de Saint-Maur, décédé enl72G, prieur de Saiiit-Cyr-eii-l'ail. — (3) Arch. de la fabrii]ue ; Vie de Henry de More, éditée par M. Blin, curé de Saint- Cyr, page 76-80 ; Arch. de l'Evêché du Mans. Registre de l'Etat du Diocèse.
SAINT-CYR-LE-GRAVELAIS (611 liab.).
Ecole des garçons et des filles. — Ce petit bourg se confond presque avec celui du Pertre, qui possédait une école florissante dès le commencement du XVIP siècle.
La paroisse ne possédant aucune source de renseignements anciens, nous ne connaissons rien sur ses écoles particulières.
La fondation du seigneur de Tercliant de deux sœurs à Kuilléle-Gravelais était faite également pour St-Gyr.
SAINT-DENIS-D'ANJOU (2,31'i hab.).
Ecole des garçons. — Le collège fut fondé au plus tard dans les premières années du XVIF siècle par M'^ Louis Quantin, prêtre; la principale dotation consistait dans le lieu des Poussettes. On suit ses traces sans interruption jusqu'à la fin du XVIIF siècle.
1633. — Jacques Journeil, prêtre, demeurant à Saint-Denisd'Anjou, accorde résiliation du bail « des Poussettes dépendant du collège de Saint-Denis » (1).
1642. — René Bouessé. âgé de huit à neuf ans, est escollier à Saint-Denis (2).
1644, Assemblée dos habitants pour « évittcr aux ruysnes évidentes des maisons du lieu et closcries des Poussettes, dépendant du temporel du collège » (3).
1647. — Assemblée des habitants^t des parents de feu >F Louis Quentin, prêtre, qui nomment un procureur pour donner à rente annuelle et perpétuelle le lieu des Poussettes, légué au collège par le dit sieur Quantin, « et ce, pour éviter aux malversations que les précédents régents du dit Saint-Denys y ont commis et commettent ordinairement, sauf l'action des dits habitants et héritiers contre ceux ([ui ont jouy ou disposé cy-dcvant du dit lieu et des malversations et ruines y commises » (4).
1653. — Nicolas-Thomas Gruau et sa femme donnent au collège un pré et une maison avec jardin au bourg {jô).
1656. — « La vigne de l'escoUe de Saint-Denis » est citée comme abornement.
1638. — Julienne d'Aubigné, femme de noble Rodulphe Cousteau, commis au grenier des traites de Saint-Denis, fonde une messe à dire chaque samedi de l'année « à l'autel de Nostre- Dame par le régent du collège du dit Saint-Denis et ses escolliers ; après laquelle ils chanteront les litanies de Nostre-Dame et après, le De profundis et oraison. » Elle donne pour assurer ce service au régent du collège une rente de 73 livres.
Le régent était alors W Gilles Gaultier
1728. — Michel Préau, prêtre, régent du collège est, comme tel, « présentateur des confrairies érigées en l'église de Saint- Denis » (6).
1743. — Michel Préau, prêtre, principal du collège de St-Denis, rend aveu pour la Torellière, en Bierné (7). ;
29 avril 1792. — Le conseil général de la commune demande le retour du sieur Boutier, principal du collège « qui s'est rendu à Laval comme il lui a été ordonné ». Cette démarche qui honore la municipalité et la population de St-Denis ne devait avoir aucun succès. ^I. Boutier. d'abord prisonnier aux Cordeliers. fut exporté ensuite (8). Le collège était à la présentation des paroissiens et à la collation du chapitre de St-Maurice d'Angers.
Ecole des filles. — L"école existait anciennement à St-Denis, mais ce fut le seigneur de Mariignô qui lui donna stabilité et importanceparla libéralité dont nous rapportons l'acte authentique.
26 octobre 1739, devant Pierre Bodereau... Henry de Martigné demeurant à son château de Martigné, « considérant combien il est de la gloire de Dieu, de la religion et du bien de l'Etat que les enfants soient élevés dans les principes de la religion catholique, apostolique et romaine et qu'il soit pourvu aux besoins les plus pressants des pauvres malades et nécessiteux, a fondé et fonde par ses présentes à perpétuité dans le bourg et paroisse de St-Denis-d' Anjou une école de charité qui sera administrée par des filles de bonne vie et mœurs, saines et capables, qui seront choisies et nommées par le dit seigneur de Martigné de son vivant... et par ses successeurs. Lesquelles seront approuvées et confirmées par messieurs les doyens, chanoines et chapitre
d'Angers, seigneurs spirituels et temporels du dit S. Denis, et installées par let'uré de ladite paroisse. La plus ancienne desquelles en réception aura la supériorité sur l'autre.
« Pour remplir lesquelles deux places le dit seigneur de Martigné a dès a présent nommé Marie et Anne Joubcrt. lilles demeurantes au dit S. Denis. Lesquelles et celles qui leur succéderont jouiront des dites places, sans pouvoir en estre destituées que dans le cas où elles sen rendroient indignes ; que les [dites deux maitraisscs seront tenues de tenir recolle deux fois par jour le matin et l'après-diné aux heures les plus convenables et d'y recevoir toutes les pauvres filles de la dite paroisse... depuis Tàge de cinq ans jusqu'à l'âge de quatorze ans, qu'elles enseigneront à prier Dieu, le catéchisme, à lire, écrire, et l'arithmétique et leur fourniront les livres, chapelets, papier blanc, encre et plumes nécessaires, même des bas et des sabots ; le tout gratuitement et aux plus pauvres et nécessiteux seulement. Dont le dit Martigné charge l'honneur et la conscience des maîtresses d'écolle.
« Lesquelles seront tenues, tous les jours à la fin de chacune écolle, de dire à haute voix et de faire répéter aux enfants un Miserere pendant la vie du dit seigneur, et après sa mort De profundis, qu'elles annonceront être pour le repos de son âme.
« Seront en outre tenues les dites maîtresses décolle d'aller hors les heures de l'écolle. toutes les fois qu'elles en seront requises, et autant que leur santé leur permettra, assister les pauvres malades du bourg et de la dite paroisse, et leur procurer les secours nécessaires.
« Pour le soutient de laquelle fondation le <lit seigneur de Martigné a fait donation entre vifs et irrévocable à la fabrique de la dite paroisse de Saint-Denis-d'Anjou de deux contrats de rente de 150 1. chacun.
« A chargedefaireacquiterlesservicespour Honoré do Martigné de Villenoble, chevalier de l'ordre, et Pétronille Aubineau, ses ayeuls. et Thérèsede Martigné. veuve de Claude .Mallet. sa tante.
« Kt d'inscrire cette fondation surune plaque de cuivre contre le pilier proche des bancs. »
Cet acte, après approbation de l'évcque d'Angers, fut confirmé par lettres patentes en 170 1 (9).
(1) Arch. natiou. Q', 78. — (2) Reg. paroiss. (3) Etude de Bicrné. — (4 et 5)
Etiifle (Je Sainl-Deiiisd'Aiijou, Minutes de Etienne Mmot et Jean Tliiberge. — (6) Eturle tle Bierné. — (7) Colleclion de M. l'abbj Esnault. — (8) Arch. de la Mayenne, Registres du Directoire. — (9) Arcli. de l'hôpital de Saint- Denis-d'Anjou.
SAINT-DENIS-DE-GASTINES (3,171 hab.).
Ecole des gerçons. — En 1792, le Directoire du département demande à la municipalité quel était le traitement du maître d'école, parce qu'on n'espère plus qu"il se présente un instituteur ou une institutrice (i).
Ecole des filles. — Mademoiselle de Froullay avait fait un legs pour l'école des filles. Le Directoire en demande la quotité. En 1793 et 1794, la commune qui s'était emparée de la maison « des ci-devant sœurs de charité » en paie limpôt foncier à raison de 17 livres par an (2).
(1) Arch. municipales et du département, Registres du Directoire. — ;2) Ibidem.
SAINT-DENIS -DU-MAINE (437 hab.).
Ecole des garçons. — Au commencement du XVIP siècle, M. le curé de Saint-Denis avait école et pensionnat à son presbytère. Pierre Lemelle et Pierre Volland y sont régents en 1613. Les pensionnaires étaient souvent de familles nobles ; témoins Louis et René de Houllières, fils de M. de la Jupelière (1).
(l) Registre paroiss.
SAINTE-GEMMES-LE-ROBERT (1,933 hab.).
Ecole des garçons. — A la fin du XVIIF siècle, on trouve mention d'étudiants demeurant à Sainte-Gemmes (1).
Ecole des filles. — Le Paige, d'après un mémoire que lui communiqua en 1777 le curé de Sainte-Gemmes, fait ainsi l'histoire de cet établissement.
« Vers le commencement de notre siècle, le sieur Dioré de la Mermandière, prêtre habitué dans l'église de Sainte-Jame. laissa en mourant plus de 6000 livres pour fonder une cliarit<; en faveur des pauvres malades. Cet établissement a été augmenté depuis d'un fonds de 1600 livres légué par la demoiselle Pénorier. Il y a environ vingt ans que la demoiselle DuvaldelaGripassière, donna 1200 livres et ensuite 100 livres. M. de la Porte, seigneur de la paroisse, donne 500 livres. Au moyen de tous ces legs et d'autres faits par madame de l'Hommois, et par le sieur Legall, alors curé de Sainte-Jame (1718-1755), on a formé rétablissement de deux sœurs de la communauté de la Chapelle-au-IUboul, dites Tullardines, pour instuire les jeunes filles de la paroisse, et médicamenter les pauvres malades. »
Elles avaient des pensionnaires qui payaient 40 sols par mois, elles fournissaient des remèdes aux malades.
Voici les noms de quelques-unes :
1764, Sœur Dugué et ses compagnes.
1767, 1770, Sœur Marie Gautier et ses compagnes.
1778, 1779, Sœur Marie Godmer.
1782, Sœur Perrine Moraine.
1782, 1784, Sœur Anne Burçon.
1783, Sœur Marie .lourdan.
1784, 1787. Sœur Marie-Fiose Lemoine.
1786, Sœur Marie Cliorin.
1786, Sœur Louise Levcque.
1787, Sœur Marthe Leroy.
On peut voir par ces noms et ces dates que l'établissement comptait le plus souvent trois sœurs, quoique le registre de VEtat du Diocèse ne lui en assigne «lue deux (2).
(1) Iiisin, Ecclos. LXXVII, 405.— (2) Arcli. de la Cour de Saintu-Gcmmes : Arcli. de l'évècliô du Mans : Diclion. du Maine I. 418.
SAINTE-SUZANNE (1,610 hab.i.
Ecole des garçons. — Cette petite ville, la plus pittoresque de l'Ouest par les murs conservés de son enceinte, et le site charmant où elle s"encadre. si curieuse par son histoire, de Guillaume le Conquérant jusqu'à la Révolution, était très anciennement dotée d'écoles, car il est question, au commencement duXVP siècle, « d'une place de maison et jardin où souloit estre la vieille escolle. » Ces ruines remontaient sans doute à la guerre de cent ans.
La maison ruinée appartenait à la fabrique qui en revendique la propriété contre deux occupants en 1526 et lo29.
Plus tard (lo64). la confrérie du Saint-Sacrement, très vénérable par son antiquité, se substitue ou plutôt s'associe à la fabrique pour subventionner le maître d'école, qui devait avec ses écoliers dire « chacun soyr l'oraison de Nostre-Dame, et l'oraison des trespassez, Avete omnes. » Cet usage se continue pendant tout le cours du XYII*^ siècle.
En 1668, M" Charles Bricel. prêtre prieur de Remmes à Sainte- Gemmes, par un acte très détaillé et plein de renseignements curieux, dota l'école de plusieurs rentes, et d'une maison toute meublée.
« Considérant que la jeunesse est beaucoup libertine en cette ville, manque d'estre réservée et instruite par des hommes bien zélés et craignants Dieu et dans le particulier et à l'église, en leur' apprenant à chanter et à les tenir dans la modestie et respect dans l'église, et pour les enseigner et avancer dans les lettres pour les rendre capables de servir à Dieu ; soit dans les autres éducations pour se rendre gens d'honneur et vrais serviteurs de Dieu, chacun dans sa vaccation et vocation. Et pour y faciliter ce moyen, je donne et lègue, à toujours et à jamais soubs le bon plaisir du Bon Dieu, maistre des bonnes et saintes sciences, à un maistre d'escolle, prestre, la jouissance de la rente que j'avois fondée, par ma première fondation passée par Salle, notaire royal, la somme de trente et une livre cinq sols qui sontdeubz par Jacques de l'Epine, foulon, suivant et au désir des conditions portées par la dite fondation....
« Item, je donne à perpétuité à un maistrc d'escolle, prestre, qui montrera aux enfans, ma maison et dépendances d'icelles, pour le maistrc d'escolle y demeurer et y enseigner la jeunesse, avec un iitgarny de couette, matelas, travers-lit, paillasse, oreiller, couverture et une pelisse avec six draps, douze serviettes, six escuelles d'estain, six assiettes d'estain. une pinte, une salliere, une marmite et unecueiller de fer. deux landiersde fer, une broche de fer. un chaudron dairain, avec un coffre fermantà clef; dont il sera fait procès verbal, et le jour délivré au dit maistre d'escolle, et qui en baillera son récépissé, afin que venant à mourir et qu'il se voulut retirer, il laissera les dits meubles pour celui qui luy succédera en la même fonction de maistre d'escolle.
« Et entend, et désire que le dit maistre d'escolle face dire et chanter tous 'les jours à l'heure accoustumée l'oraison qui sera sonnée et que les escolliers y assistent bien et sagement pour la chanter en présence du maistre d'escolle; et à la fin d'icelle. je désire que deux escolliers qui diront la dite oraison facent dire le Pater et l'Ave Mm-ia pour le repos de tous mes deffunts parens amis et bienfaiteurs trespassez, et pour le repos de ma pauvre àme. » (Cet article est révoqué le 4 juin 1670).
« Je désire que mes exécuteurs testamentaires facent rebattir et réediffier le chapelle de la Magdelaine. qui est dans le cimetière de Sainte-Suzanne. Et que, lorsqu'elle sera en état d'y célébrer la sainte messe, que mes exécuteurs retirent mes ornemens que je baillez à la chapelle de Ç.hemes, et que le maistre descolle soit tenu de célébrer une messe basse dans la chapelle de la Magdelaine tous les vendredys de Tannée, rjui sera de la Passion sans l'évangile de la Passion, mais celle de Cruce. et à la fin d'icelle messse le psalmeDf profundis. Et pource.jelegue au maistre d'escolle cinquante livres de rente qui me sont deubz par Guy Chasseray, dit Chamblanc ».
On voit dans la pièce suivante intervenir les habitants, le procureur de fabri(fue à leur tète, pour améliorer le sort du maistre d'école en lui conférant un bénéfice. Le désaccord (ju'on remarque entre le curé et les paroissiens provientsans doute d'une
appréciation différente du titulaire pour lequel les habitants semblent plus portés que le curé. ■
« Aujourd'liuy vendredy 16" jour de novembre 1693, à issue de la grande messe... en l'assemblée des habitants convoqués... au son de la cloche., à la diligence de >P Denis Delaunay, leur procureur de fabrique, devant nous Paul Brossard, N'"'' royal, sont comparus (suivent les noms des habitants^ auxquels le sieur Delaunay a remontré que la chapelle de la Hardière est demeurée vacante par le décès de feu M'' Guill. Hermange.... La nomination et présentation de laquelle lui appartient en lad. qualité de procureur conjointement avec M"" le curé ou vicaire de cette ville..; pourquoi les habitans assemblés sur la proposition qui leur en avoit este cj-devant faite, après avoir considéré combien il leur est utille d'avoir un prestre maistre d'écolle encette ville de bonne vie et mœurs, de science et d'expérience afin de donner bonne exemple et leçons profitables à la jeunesse de cette ville et paroisse; et pour lui procurer le moyen de s'appliquer avec assiduité à cet employ si nécessaire, ce qu'ils ont reconnu par les bonnes instructions qu'a données et donne encore à présent M"' Julien Mézières, prestre, qui en fait les fonctions depuis deux ans avec beaucoup de progrès ; et afin de l'engager à continuer, les habitans ont jugé à propos de supplier et inviter le sieur curé de cette ville de vouloir bien seconder un dessein sy juste en leur donnant sa voyx conjointement avec le sieur Delaunay, pour présenter la dite chapelle au dit sieur Mézières, ou tel autre qu'ils jugeront à propos... »
Le curé refuse de donner sa voix et de signer l'acte de présentation, sans en dire le motif. Les habitants persistent dans leur dessein, à condition que le sieur Mezière laissera ses fonctions de sacristain et qu'il résignera son bénéfice s'il quitte Sainte-Suzanne ou ne peut plus remplir l'office de maître d'école et qu'à l'avenir la chapelle sera conférée à un prêtre faisant y'école, mais qui ne sera point vicaire, afin de donner à Sainte-Suzanne un prêtre de plus ; il n'y en avait plus que deux alors.
La fabrique pourvoit encore, en 17S8, aux réparations de la maison du collège.
Les noms des maîtres que nous pouvons citer montrent qu'il n'y eut jamais d'interruption dans la tenue des écoles à Sainte- Suzanne.
1564, I068, François Hernier, f^iiaistredescolic en ceste ville. »
1606, Guillaume Boessay.
1611, 1617, JeanDavoust.
1634, 1641, Michel Bruant.
1639, M. Hermange.
1681, 1683, Guillaume Hermange.
1693, 169o, Julien Mézières.
1698, Jean Dommique Pillot (1).
On voit par cet article que la notice sur la ville de Sainte-Suzanne,publiée il y a quelques années par M. le maire. est un peu elliptique sur la question des écoles.
Ecole des filles. — Une confrérie de charité avait été établie à Sainte-Suzanne, grâce au zèle de M. Marquis du Castel, curé et doyen-rural. En 1782, M. Jacques Aveneau, avocat à Sainte- Suzanne, et en qualité de seigneur des Granges, présentateur de la Chapelle du Rocher (1), d'accord avec M'' F. -P. .\venoau. curé de Champgeneteux et titulaire, consent à la réunion de ce bénéfice au nouvel établissement. Ils disent dans cet acte qu'ils le veulent ainsi parce qu'ils sont « pleinement convaincus de l'utilité et .nême de la nécessité de la Charité que le zèle de M. le .Marquis (sicj du Castel, curé de Sainte-Suzanne et doyen d'Evron, de messieurs les officiers du siège ^.oy al, des échevins et officiers municipaux et des plus notables et principaux habitans de la ville et paroisse ont si sagement et avantageusement établies dans la ville et paroisse de Sainte-Suzanne » (2).
Madame la duchesse de Praslin, dame de Sainte-Suzanne, avait par testament légué 3000 livres à la Charité.
En 178o, pour favoriser l'établissement de deux sœurs de la Chapelle-au-Pùboul qui devaient se charger « de l'instruction des jeunes filles et du soin des pauvres malades ». Mgr l'évèque accorda réduction des charges, et autorisa la fabrique à leur faire une rente de 40 livres.
Ce n'est toutefois qu'en 1789 que sœur Marie Mailay. supérieure générale de la Ghapelle-au-Riboul, et Perrine Moraine, première assistante, s'engagèrent définitivement à envoyer les deux sœurs. 1^ règlement porte qu'elles seront tenues « de faire les petites écoles deux fois le jour, savoir le matin depuis huit heures jusqu'à dix, et le soir depuis une heure jusqu'à trois, et ne pourront accorder d'autres congés, que les fêtes et dimanches et le jeudi de chaque semaine, ni d'autres vacances que depuis le premier aoust jusqu'au premier septembre et pendant les dix jours qu'emporte le temps de la retraite, le voyage et le retour. )>
Seront tenues en outre « d'administrer les médicaments qui leur seront fournis soit par le procureur des pauvres, soit par autres personnes charitables, et de donner tous leurs soins au soulagement des pauvres malades, de réciter le chapelet deux fois par semaine. (3) »
(i) Archives de la fabrique. — (2) Celte cliapelie fut fondée en 1529 par Jean Duval, prêtre. — (3) Insin. Ecoles. LXX, 106. — (4) Arch. municipnles.
SAINT-FORT (430 liab.).
Ecole des garçons. — Voici quelques mentions d'écoliers qui lonstatent l'existence d'une école à Saint-Fort à une époque ancienne.
1626. — Sépulture dAmbroise Brullé ff enfant de six ans et demy ou environ, sachant ses Heures.., et Civilité, et fort porté à dévotion ».
163o. — RenéDenys, écolier, demeurant au bourg (1).
(l) Registres paroissiaux.
SAINT-GAULT (306 hab.).
Ecole des garçons. — Cette petite paroisse, qui en comprend pourtant deux d'avant la Uévolution, a toujours eu un vicaire. On
y trouve mention d'écoliers en 1667, 1669, d'une manière continue (1).
Il n'y a pas d'archives de fabrique.
(1) Regist. paroiss.
SAINT-GEORGES-BUTTAVENT (2^043 liai).).
Ecole desgarçons. — Macé Gruschct est maître d'école en 159o-lo98. Louis Lirochon, .lean et Richard les Savin, Pierre Chevalier, sont dits (( clercs étudiants au dit Saint-Georges » (1).
L'acte suivant, du 21 juillet 1669, constate l'intervention des paroissiens dans les aflfaires scolaires et l'existence d'une ancienne fondation en forme d'école.
« Sur ce que M" Jean Le Compte, prestre. qui auroit ci-devant esté esleu et nommé par le dit général maistre d'escolle en la dite paroisse s'estant retiré et allé de(meurer hors de) la province le neufviesme (.... mil) six cent soixante et six, que (les habitants avaient) este obligés de prier 31.... Justeau, à présent diacre (demeurant) en la dite paroisse de... (s'y fixer) pour y faire (l'office de) régent et (maistre d'écolle au) lieu et place (du dit Le compte). Ce que le dit Justeau accepta, en sorte qu'il auroit tenu les escoUes depuis le départ diceluy Le Compte et voyants lesgrandsct continuels soings que prend leditsicur Justeau à bien instruire ses cscoliers, lesdits sieurs curé et habitans l'ont de rechef par ces présentes esleu et nommé pour maistre et régent dudit collège, qu'il tiendra au bourg du dit Saint-Georges au lieu proche d'iceluy. Lequel sieur Justeau .jouira des rentes attribuées au dit régent par le testament de défunt... dont les dits curé et habitans consentent qu'il se fasse payer, si fait n'a, depuis le jour qu'il a fait la dite fonction de régent... Et reconnaissant les dits habitans (lue ladite rente n'est suffisant pour arrester ledit Justeau en ladite fonction de régent, ils ont consenti qu'Use fasse (payer six) sols par chaque sépulture... » (2)
Le 30 pluviôse au II, la municipalité put louer « la maison des
classes » devenue inutile par défaut de maîtres d'école '3).
(1) Insinuât Ecclés. XXI, 16. — {2) Arcliiv. de la fabrique. — (3) Arch. municipales.
SAINT-GEORGES-LE-FLÈCHARD (o06 hab.).
Ecole des garçons. — Le 28 mai 1793, la commune de Saint- Georges nomme pour maître d'école Jean Bezier, sans doute sur les fonds de dotation d'une ancienne école, car on ne voit pas qu'elle s'impose pour cela (1).
(1) Arch. de laMayeane. Regist. duDirecloire.
SAINT-GERMAIN-LE-GUILLAUME (878 hab.).
École des garçons et des filles. — « La paroisse est instruite. — 11 y a trois sœurs de la Chapelle-au-lîilxjul » 1778 (i).
(1) Arch. de l'Evéclié du Mans, registre de l'Etat du Diocèse.
SAINT-JEAN-SUR-ERVE (949 hab.).
Ecole des garçons. — Deux fondations produisant enseml)le 90 livres de revenu faites, Tune en 1634 par P^rançois Godefroy, l'autre en 1660 par Louis Davoust, étaient destinées à l'instruction de la jeunesse. A ces deux premières libéralités il s'en ajouta une troisième au commencement du XVllP siècle.
Par son testament et codicille, des 7 et 18 octobre 1704, Jeanne Tribondet, femme d'Augustin Ghampagnette de Lisle, maitre distillateur d'eau-de-vie à Paris, outre d'autres legs à la paroisse de Saint-Jean dont elle était originaire, ainsi que son mari, donne une somme de iOOO livres pour être employée en rentes, destinées à l'entretien d'un maitre d'école à Saint-Jean.
Le lo novembre 1716, cette somme de 1000 livres était prise à rente par François deBiars, Sgr de Launay, près le bourg et y demeurant.
Le même jour, M. Pierre Lemoine, curé, considérant que ce revenu n'était pas suffisant, et quil n'y avait pas môme de maison où recevoir les écoliers, se désistait en faveur du maître d'école des héritages dépendant de la fondation faite, 80 ans auparavant,
par W François Godofroy, prctro, consistant : 1" dans la maison de la Fontaine avec un jardin, 2" un autre jardindit de Bordeaux, 3" le champ de la Tesserie, 4" le closeau du Cimetière, y" le closeau de la Filletterie, 6° le pré Douesnet, la pièce de terre dite Le Prieuré, sauf approbation de lévùque du Mans et consentement des héritiers inconnus.
Le maître d'école était à la désignation du curé, du procureur (lo fabrique et au ])esoin du supérieur du séminaire du Mans.
On choisira, autant que possible, un prêtre ou clerc do la paroisse, autre que le vicaire.
Le maître instruira les pauvres gratuitement. Il pourra recevoir les riches moyennant une rétribution volontaire.
Il les instruira dans la piété non moins que dans les sciences ; fera réciter publiquement les prières dans la classe, et le catéchisme. 11 fera le catéchisme à Téglise, si le curé le demande.
Quand il y aura service à l'église, il fera néanmoins Técolo et recevra sa rétribution, comme s'il était présent:
Julien Ledoux, acolyte, demeurant à Saint Jean, est institué pour maître d'école, par le même acte.
4 février 1748, les habitants réunis avec le curé, le seigneur et les héritiers de la famille Davoust, pour rendre meilleure la situation des maîtres décole, décident qu'avec l'agrément de l'évoque du Mans, on ajoutera à la fondation la prestimonie des Davoust. fondée en i660 et quiétaitchargée dedeux messes, à condigion que le titulaire sera un prêtre autre que le vicaire, la paroisse, d'une étendue de deux lieues en longueur dune lieue en largeur, étant trop considérable pour être desservie par deux prêtres seuls.
Le maître devait faire l'école « suivant le règlement de Mgr l'évêque »
Les derniers principaux furent :
. 1778. — Julien Leroux, prêtre.
1781. — Jacques-François Simon.
1791. —Etienne Chaplet, vicaire, principal de collège, liprèta serment, mais sous les réserves légitimes (1).
Ecole des filles. — La donation de Jeanne Tri bondet était en faveur des escolles des garçons et des filles indistinctement. Mais celles-ci furent dotées complètement un peu plus tard.
« P'rançoise de la Porte, veuve de Ghrisanthe le Clerc, chevalier, baron de Sautré, lieutenant des maréchaux de France, doyen de l'ordre de Saint-Lazare, dame delà terre de la Jacquesière, en la paroisse de Saint-Jean, a fondé l'école des filles en 1738. La fondation est en faveur des sœurs Tullardines de la Ghapelle-au- Riboul » (2).
(l) La Pa.\gii, Dictionnaire... I. 418. — Arch. de la fabrique ; Insin. Ecoles. LXXIIl. 180 ; LXXV, 52. —{2} Arcli. de la fabrique ; — Dictionnaire etc., I. 418.
SAINT-JEAN-SUR-MAYENNE (1,026 hab.).
Ecole des garçons. — 23 février 1661, devant François Gillot, M' Michel Cochery, prêtre, sieur de la Cheruelle, y demeurant, « donne à perpétuité... la somme de 1500 livres à messieurs les habitans de Saint-Jean, pour acquérir une closerie valant 7o livres de rente. 11 en sera pris et levé la somme de 72 livres... qu'ils donneront à un prêtre pour montrer à douze pauvres écoliers de la paroisse sans aucun salaire ; qui seront choisis et élus par les dits habitans... Les habitans choisiront tel prêtre qu'il leur plaira; cependant le chapelain de la Heaulle sera le premier à même de s"en faire pourvoir. 11 pourra être changé, moyennant avis préalable de la part du curé et de six habitants.
Cette somme fut placée d'abord sur un particulier, puis en 1717, on acheta pour 773 livres la closerie de la Mare en Saint- Germain-le-Fouilloux.
1711. — François Doisneau est principal du collège, après Michel Jouet.
1717. — Michel Hubert, clerc tonsuré, chapelain de la Heaulle est titulaire du collège.
1735, 1751. — JacquesThommeret, prêtre et vicaire est pourvu du collège (1).
1778. — « Il y a un maître et une maîtresse d'école » lisonsnous au registre de l'Etat du Diocèse (2).
Ecole des filles. — lo décembre ITl'i, devant Pierre Aubry, notaire à Saint-Jean, les habitants étant réunis à l'issue de la grand'messe, à la diligence du procureur de fabrique et du procureur syndic, M'^ Louis Hoisnard, curé de la paroisse, leur expose :
« Que les tilles pauvres de cette paroisse sont sans instruction, qu'il conviendroit d'établir une sœur de charité qui feroit l'école et visiteroit les malades, seigneroit les pauvres et les médicamenteroit ; que pour cet effet, connaissant la piété de monsieur Périer du Coudray (sieur de la Girardière et de la Merveille i, et sa bonne volonté pour cette paroisse, il lui auroit proposé le bien de cet établissement. Le dit sieur Périer, pour la plus grande gloire de Dieu, a proposé de donner à la fabrique de Saint-Jeansur-Mayenne la somme de 1000 livres, pour être employée en fonds et pour en être le revenu annuellement employé par le curé et le procureur fabricien à payer les appointements d'une sœur de charité ; à condition que la dite sœur de charité sera à perpétuité à la nomination du dit sieur Périer et de ses descendants propriétaire de la Girardière ; — que la sœur de charité fera deux fois l'école de charité aux pauvres filles de la paroisse ; — que la dite école commencera au matin à 8 heures et l'après midy à deux heures : — qu'il n'y aura congé que les dimanches et fêtes chômées, et, si dans quel(j.ues semaines il ne se trouve point de fête chômée, l'on donnera le jeudi pour congé ; — qu'elle leur apprendra les prières du matin et du soir, à entendre la sainte messe ; — qu'elle leur fera apprendre à lire le catéchisme du diocèse quatre fois la semaine, et qu'elle leur apprendra à lii'c; — que les jours de fêtes ordinaires elle conduira les filles pauvres à l'église, pour leur faire entendre la sainte messe ; — que la vigile des grandes fêtes et des premiers dimanches de chaque mois, la dite sœur de charité les conduira à l'église pour se confesser, et à cet effet leur fera l'examen et la préparation nécessaires pour recevoirle sacrement de pénitence ; — quelasœur
de charité sera tenue d'admettre celles qui lui seront indiquées par le sieur curé de cette paroisse et qu'elle n'en pourra congédier que de l'avis du sieur curé ; — qu'elle ne pourra recevoir aucune rétribution ni présents des dites filles pauvres et de leurs parents, attendu que la dite instruction doit être gratuite ; — que le sieur curé fera, de quinze en quinze jours, la visite de la dite école, et tiendra la main à ce que la dite sœur de charité s'acquitte de tous ses engagements, et que les filles pauvres écoutent avec docilité les instructions et remontrances de leur maîtresse, et que l'on ne donne à lire que des livres permis dans le diocèse pour lusage des petites écoles ; — que la dite sœur de charité, hors les heures seulement de l'école, visitera les malades et les exhortera à se confesser, les traitera avec douceur et modestie, les médicamentera et saignera, suivant l'ordre qui lui en sera donné par le sieur curé de la paroisse ; — qu'elle sera tenue de préparer et porter les remèdes qui lui seront fournis par le sieur curé ou autres personnes charitables, sans en pouvoir donner que de l'avis du sieur curé, aux pauvres delà paroisse, le tout gratuitement et sans pouvoir exiger aucune rétribution ; — que la dite sœur de charité sera tenue d'obéir au sieur curé, et en cas qu'elle ne remplisse pas ses fonctions, le sieur curé-en fera sa remontrance au sieur de la Girardière, lequel, après examen des plaintes, nommera une autre sœur de charité.
« Les dits habitans. capitulairement assemblés,... et délibérant, ont eu pour agréable l'aumône faite par M. Périer, et, par reconnaissance, lui accordent la jouissance gratuite des deux bancs qu'il occupe dans l'église. Ils promettent de faire approuver leur délibération par Mgr l'évêque du Mans ».
Le fondateur nomme alors pour sœur de charité Marguerite Lévêque.
L'année suivante, les 1000 livres de dotation furent employées à acheter la closerie de la Martinière en Saint-Germain-le-Fouilloux.
(1) Le texte de ces doux fondations nous a été communiqué par monsieur Ghiron, ancien bibliothécaire-adjoint à Laval ; on en trouve un extrait aux archives de la fabrique. — (2) Arch. de l'évêché du Mans et Cabinet dç M. de la Beauluére.
SAINT-JULIEN-DU-TERROUX (67'i hab.).
Ecole des filles. — Elle était tenue par les sœurs de la Ghapelle-au-liilxjul, ([ui semblent installées avant 1711. Le seigneur de la Bermondière leur taisait une rente de oo livres, ou davantage (1).
(l)Arch. de la fabrique.
SAINT-LAURENT-DES-MORTIERS 506 bab.).
Ecole des garçons. — 1674. — Les escolliers sont cités pour leurs bonoraires de services faits à l'église (1). L'école reçut plus tard un supplément de dotation et une augmentation d'importance.
Par acte du 3 octobre 1698, devant Jean Pilastre, notaire à Cberré, les paroissiens acbètcnt « au profit du cbajielain, maitre de l'école pour les garçons » une maison, un jardin, une planche de trois bregeons de vigne, au clos de Pigneroclie, un quartier de vigne au clos du Seillage, moyennant la somme de 320 livres faisant partie d'un remboursement de 800 livres d'une fondation de deux messes basses par semaine, faite par Thomas Boucler et Marguerite Lelong, sa femme ; le surplus des 800 livres fut placé à rente.
Messire Jean Gauthier de Brullon, prêtre, ajouta par le même acte une rente de 13 livres, et demoiselle Claude Paré, veuve de noble Louis Leniasson, sieur de la Saullaye, une petite maison avec cour au-devant servant de jardin.
« Le maitre d'école est obligé deux heures le matin et deux heures le soir de recevoir tous les garçons qu'on y envolera, de leur montrer à lire et à écrire, leur patenôtre et catécliisme, et pour induces ne pourront être plus longtemps (pie dun mois lors de la récolte et (piinze jours au temps des vendanges, et les paroissiens sont obligés de payer par chacun enfant qu'ils envoleront à l'école cinq sols par mois lorsqu'ils apprendront à lire seulement, et lors(pi'ils écriront, sept sols ; sans que le
maître d'école soit en aucune manière tenu montrer à aucuns gratuitement, soit qu'il soit pauvre ou non, s'il ne lui plaît et par pure charité ou qu'il fut à icelui collège par personnes charitables.
« Et où le dit maître d'école arriveroit à différer et négliger la dite école, est par exprès dit et réservé qu'il sera par chacun an pris et retenu par ledit sieur curé de Saint-Laurent, chacun an. de la dite somme de lo livres due par le dit seigneur de l'Eglorière dix livres, et de la ferme de la dite maison de la dite demoiselle Paré quatre livres, pour être par lui et les procureurs en charge distribuée aux pauvres de la paroisse (2). »
Le 23 décembre 1728, le chapelain de Sainte-Catherine, abandonne au maître des petites écoles cinq quartiers de vigne et un petit pré formant le temporel de sa chapelle, à condition qu'il en accomplirait les charges, savoir la première messe du dimanche avec instruction au peuple (3).
Ecoles des filles. — Par son testament du 3 août 1781, mademoiselle Marie Lemotteux, fonde pour quatre-vingt-dix-neuf ans, « dans la paroisse de Saint-Laurent, une école chrétienne pour y faire instruire et apprendre à lire au moins à 8 jeunes filles des plus pauvres de la dite paroisse, et de faire dire par les écolières* la fin de chaque classe le De pjvfiindis avec une oraison en françois et un Pater et un Ave, avec recommandation au commencement. »
Elle donne pour cela une rente de 30 livres sur les médecins, chirurgiens et apoticaires de Ghâteau-Gontier, créée par acte du 29 août 17oo.
Une assemblée des habitants, devant Brichet, notaire à Contigné, accepte ce legs, le 13 décembre 1789.
Jacquine Papiau, maîtresse décole en 1792, répondit courageusement aux officiers municipaux qui la pressaient de prêter le serment « quelle ne le feroit jamais. » Elle avait d'autant plus de mérite à se démettre de ses fonctions qu'elle était « réduite à la dernière misère » et qu'elle n'avait pas même pu se faire payer par la commune les arrérages de la rente de 30 livres qui lui étaient dus (3).
(1) Regist. paroiss. — (2) Arch. de la fabrique. — (3) Arch. de Maine-et-
Loire, Procès verbaux des assemblées du clergé d'Anjou, note communiquée par M. l'abbé Ursoau, - (4) Arch. municipales. — (5) Arch. de la Mayenne Regist. du Directoire.
SAINT-LÉGER-EN-CHARNIE {o23 hab.).
Ecole des garçons. - 1716. — En fondant l'école des filles, M. Dioré, curé de Saint-Léger, dit (jue les garçons ont assez de moyens de se faire instruire, grâce au prêtre vicaire.
Ecole des filles. — L'école fonctionnait avant le don de M, Dioré et probablement du temps de ses prédécesseurs. Ce fut en 1744 qu'il acheta le lieu des Petites-Landes. Puis, en 1766, «Ayant considéré qu'il est très nécessaire d'une maîtresse d'école pour l'instruction des filles de sa paroisse, les garçons en pouvant avoir assez par le moyen d'un prêtre vicaire, il donne ledit lieu des Petites-Landes, et une maison au bourg qui dépendait de la fabrique et qu'il achète pour la commodité des tilles qui, par ce moyen profiteraient de l'avantage d'assister à la messe les jours de l'école, w Les habitants, « approuvant et louant son pieux dessein, qui ne tend qu'à l'honneur et à la gloire de Dieu et à l'édification du public, lui auroient déclaré recevoir de bon cœur ses offres gracieuses et lui en donner acte, outre la reconnaissance éternelle qu'eux, leurs enfans et successeurs lui en auront. » La maîtresse devait « montrer à lire- et écrire gratuitement, aux filles de ladite paroisse, leur faire réciter leur prière tous les jours, et les catéchiser les mercredi et samedi de chaque semaine, à son possible. » Elle sera fille ou veuve sans enfants, à la nomination du curé et des procureurs syndic et de fabrique ; elle blanchira le linge de l'église gratuitement.
Le curé faisait déjà précédemment instruire les filles par une personne très capable et digne . il continuera ainsi sa vie durant.
En 1749, M. Dioré, considérant que sa fondation était d'un revenu insuffisant, y joint la closeric des Ilocheteaux, puis dans une réunion paroissiale du 26 novembre 17o2, il dit que : « con-
naissant par une longue expérience liitilité des petites écoles, surtout pour les filles de la campagne qui dans la suite, devenues mères et sédentaires par leur état, peuvent avec ce secours salutaire, inspirer et maintenir au milieu de leur famille les sentiments de religion qu'elles y ont puisés dans leur jeunesse, et dont le défaut est la source ordinaire des désordres qui infectent les jeunes gens pendant les jours de fêtes et de dimanches, que leurs travaux sont interrompus, et la cause funeste de la perte d"une infinité de personnes qui meurent dans l'ignorance des principaux mystères de notre sainte religion, » il veut assurer à l'avenir la fondation d'une façon durable: puis craignant d'être surpris par la mort avant de voir cette place remplie par un digne sujet, il nomme sous le bon plaisir de Mgr l'évêque Marguerite Coutelle, de la ville dEvron, actuellement en exercice. Après elle, messire Joseph François de Montéclerc et ses descendants, avecles curés de Saint-Léger, nommeront en choisissant les filles ou veuves de quarante ans descendantes de Jean Pommier» notaire royal, et de Elisabeth Dioré, sa sœur, ou à défaut celles de Saint-Léger.
31gr du Mans, Gh.-L. de Froullay, approuva la fondation par acte daté^de Paris, 22 janvier i7o3.
Une dernière fois, le 4 juillet 1736, 'SI. Dioré réunit l'assemblée paroissiale et représenta de nouveau que « reconnaissant « qu'il n'y a rien de plus juste que de rendre à Dieu les biens « et facultés dont il lui a plu le favoriser dans ce monde, et « qu'il ne peut mieux agir qu'en les destinant à faire apprendre « à le servir chrétiennement, il a par cette raison dont l'usage « est nécessaire, formé et maintenu depuis longtemps le dessein « de fonder à perpétuité des petites écoles pour l'instruction « gratuite des pauvres filles de la dite paroisse de Saint-Léger. »
Puis il renouvelle le don des biens déjà relatés, dont est faite l'acceptation légale (1).
La maîtresse d'école, à l'époque de la Révolution et plusieurs années auparavant, était Françoise Mezières, née à 3Iezangers en 1747. Elle avait été élevée et formée à ses fonctions par les sœurs de laChapelle-au-Piiboul, mais n'appartenait pas à leur con-
grrgation. D'un zèle et d'une charité infatigable, inaccessible à la crainte, elle continua en pleine Terreur à donner ses soins à tous ceux qui les réclamaient, et trouva dans le pieux exercice de ces vertus l'occasion d'une mort glorieuse.
Après la défaite du Mans, deux Vendéens, dont lini grièvement blessé, s'étaient réfugiés dans le bois de Montécler, où la sœur Mezières les soigna. On dit que .sans comprendre la portée de leur déclaration, ils firent connaître le nom de leur bienfaitrice. C'en fut assez pour la faire arrêter au lieu de la Baillée, où elle s'était retirée, et attirer stu- sa tète une condamnation à mort dont les considérants sont à la fois un monument de sauvage ineptie et un témoignage de sainteté pour la victime.
« Jugement du 17 pluviôse, en 11....
« Françoise Mezières, ci-devant sœur de charité de la commune de Saint-Léger (Mayenne), atteinte et convaincue d'avoir pendant neuf jours nourri deux brigands, réfugiés dans une loge, et même pansé religieusement les blessures d'un, et lui avoir procuré tous les secours dont elle était capable....
La commission c(Midamne à mort, et sera le présent jugement exécuté sur le champ » (2).
(1) GlironiqiK' paroissiale inannscrite. — (2) Doiii Piulin, Histnirc de l'E(/lise (lu Mans, IX, o-7.
SAINT-LOUP-DU-DOIGT (Vi2 liai).).
Ecole des garçons. — Nous avons pour cette modeste paroisse deux documents du XV'^ siècle qui sont des plus instructifs sur la (piestion scolaire. C'est le prieur et non le curé qui garde encore le droit de nommer les maîtres d'école, et ce fait rapproché de plusieurs autres semblables et de même époque, observés dans des paroisses où le i)rieuré existait à côté de la cure, nous semble un reste de l'ancienne organisation et un vestige des privilèges qui appartenaient aux pri(>urs. alors (\n"\\ résidaient.
Nous ne pouvons manipier de citer en entier et dans leur texte ces deux pièces notables, après avoir dit que plusieurs fois, dans
la première moitié du XV® siècle, les assises de la seigneurie de Saint-Loup se tiennent dans la maison d'école (1).
1470. (f Noverintuniversijtam présentes quam futuri,quod ego Gervasius Buysart,clericus, dono gratuito per honestum virum religiosum fratrem Hugonem de Gouailles in decretis baccalaureum, priorem prioratus Sancti Lupi. Genoman. diocesis. membri dependentis a monasterio Majoris Monasterii prope Turonum, ordinis sancti Benedicti, mihi facto, recognoscens Imjusmodi datum gratuitum,jurascilicetpresentationis, collationis, ac alias omnismode dispositionis prefatarum scholarum, eidem domino meo priori ad causam et nomine sui prioratus Sancti Lupi jurepleno pertinens etnonaltcri, fatcor dictas scoUas ab eoçlem, et mediantibus ejus collatione et omnimoda dispositione, tenere et exercere ac regere, nomine ejusdem et non alterius. Presentibus usque ad boneplacitum domini meiprioris duraturis; volens preterea et recognoscens possessionem per me adipiscendam et jam adeptam, juri suo redundare. In quorum omnium premissorum contirmatione signum meum manuale presentil)us litteris duxi apponendum, testibus Johanne Grudc, Jolianne Ghauvin, Gauffrido Gaigeart, presbytero, et pluril)us aliis, die XXIIP mensis junii, anno Domini millesimo quadringentesimo septuagesimo.
(Signent :) G. Buysard, Amy, ad postulationem ipsiusDuysard. G. Gaigeart, ad requestam dicti Buysart. »
« Nous messire Mathurin Portier, Hernier Jousselin, prestres, congnoissons et confessons et abvouons tenir et régir le siège des escolles de la dite paroisse de Saint-Loup près Sablé, moitié par moitié, par le don et octroy de vénérable et discrette personne maistre François Larchier, bachelier es droits, prieur du prieuré du dit Saint-Loup, membre despendant de Féglise deMairesmoustier ; lequel siège et don des escolles luy appartient à cause de son prieuré et non à autre, et ainsi le confessons ; et dure ce présent don et octroy jusques à son bon plaisir.
« Et nous dessus dits promettons au dit donateur instruire, régir, et gouverner les enfans venant aux dites escolles tant en gra-
maire que en art de musique et autres bonnes meurs ; et aussi promectons au dit donateur vacquer au divin service ainsi que de coustume, avecques les proffits et esmolumens ad ce appartenant de droit et de raison.
« Et de ce luy en baillons ce présent acte et mémoire signé de nous et des seings de vénérables et discrette personne messire Michel Blouyn, prestre curé du dit lieu, et du seing manuel de André Congniart, notaire en court laye.
Fait ledix-septiemejour du mois d'aoustl'anmilcinq censettroys. (Signé :) A. Gougniart, Jousselin, M. Portier (2). »
Cette école, qui avait traversé sans y sombrer la douloureuse période des guerres anglaises, s'abîma sans doute dans les troubles du XVP siècle.
Le 20 décembre 1632, par testament devant M" Cousin, notaire à Auvers-le-Hamon, Jean Regard et Louise Neveu, son épouse, fondèrent le collège de Saint-Loup. Il y eut un codicille à ce testament ajouté par les époux le 28 mai 16'i9. Nous n'avons point trouvé l'acfe original que nous aurions transcrit ici, maisune simple mention qui en est faite dans un titre postérieur.
Nous savons par un compte de fabrique de la paroisse en quoi consistait ladotation du collège et prestimoniede Saint-Loup. C'étaient (( un lieu situé au village de la Goupillère, en Beaumont; lo livres sur un pré au lieu de la Morlière, en Beaumont ; 6 livres sur la closerie de la Foupcrais, en Saint-Loup : la maison où demeure le titulaire du dit collège et prestimonie, au bourg de Saint- I Loup ; la maison nommée le Cadran, au dit bourg : un emplacement de maison où il y a quelques pierres. »
Les obligations du principal du collège étaient : « de faire l'é- « coletous les jours ouvrables deux fois par jour.... la pre- « mière à. huit heures du matin, la deuxième à deux heures après « midi... ; leur montrer avec douceur à lire et à écrire et l'arith- « métique, et lesinstruire en la religion apostoliipie et romaine, « en étant payé d'un salaire uioiliquf^ \y.iv clKKiue enfatil. Il niun- (( trera aux pauvres gratis et ac(}uittera les services et messes « dont est chargé le dit collège. »
Comme le principal du collège remplissait en même temps les fonctions de sacriste, aidant le curé à faire l'oftice divin, confessant et administrant les habitants, il recevait à ce titre des paroissiens une rétribution en grains et en argent : des métayers, deux boisseaux; des cloisiersun boisseau, deschambriersdix sols. Les métayers devaient aussi un charroi par an quand ils en étaient requis (3).
L'Etat du diocèse nous apprend que « le principal du collège de Saint-Loup jouit d'une prestimonie pour les écoles » en 1778 (4).
Les titulaires connus sont: François Ghasteau, — 1760, Louis- Antoine Lefebvre, admis au concours ; — 1764, François Trégory, — 1768, 1778, Jean Fresnay, tous prêtres (o).
fi) Archives des Chesniys ou Boiiessay ; — (2) Arch. du château de Juigné-sur-Sarllie, près Sablé; — (3; Minutes anciennes de l'étude de Grez-en- Bouère ; — (4) Arch. de TEvêchè du Mans; — (o) Regist. paroiss. et Insin. Eccles. LXXIll. 303.
SAINT-LOUP-DU-GAST (847 hab.).
Ecole des garçons. — Elle était tenue avant la Révolution par les frères Halé qui faisaient en même temps les fonctions de sacristains. Le 6 janvier 1792, leur conscience ne leur permettant pas de prêter le serment fiu'on voulait leur imposer, ils prirent les devants et firent savoir à la municipalité « qu'ils ne voulaient plus servir de saeristes, ni de maîtres d'école » (1).
Ecole des filles. — Le 8 janvier 1784, et le o décembre 1788, M. Ponthault, curé de Saint-Loup, acheta la maison et les terres qu'il donna aux maîtresses d'école de la paroisse. La Révolution ne détruisit pas l'œuvre du curé qui, à la veille de jours moins sombres, et près de mourir, en parle avec une sollicitude attendrie.
« Je prie, supplie et demande par grâce à mes héritiers de ne pas s'opposer à mes intentions. Les contrats sont chez mon neveu, médecin, et les minutes chez le citoyen Cheux, à Ambrières
De quel avantage seront pour eux, vu leur grand nombre, lesdeux champs que j'ai acquis de Robert Mourray, proche la Touche, et la pré Fourneau, proche la Bonnevière, pour l'école des filles? Ces objets, je les ai acquis des revenus de mon l)éné(ice qui naturellement est le bénéfice des pauvres. Cet acquis est plutôt en faveur des pauvres filles, qui croupiroient dans la plus grossière ignorance, qu'en faveur des maîtresses d'école.
« Si absolumen:: mes héritiers sont inexorables à mes vœux.., ils paieront annuellement à Marie Poustier, maîtresse d'école, la somme de quatre-vingts livres.
a Après elle, ils continueront pendant dix-huit ans la même somme à une sœur d'école, intelligente et de bonnes mœurs, à la nomination de mes exécuteurs testamentaires.
« Fait et arrêté au bourg de Saint-Loup-du-Gast, le 21 brumaire an IV » (2).
(1) Arch. municipales. — '2)Arch. de la fabrique.
SAINT-MARS-SUR-LA-FUTAYE 1.124 hab.).
Ecole des garçons. - L'extrait que nous donnons ici dun inventaire des titres de la fabrique n'est pas, croyons-nous, l'acte de fondation de l'école ; il n"a trait (pi'au placement des fonds de cette fondation antérieure sur les Aides et Gabelles.
« Acte de fondation d'un maitre d'école pour les pauvres garçons de la paroisse de Saint-]\Iar's-sur-la-Fustais par le sieur Charles-François Martin, bourgeois de Paris, procureur de maitre Michel Le Breton, curé de Saint-Mars, et maitre François Véronneau, avocat, procureur des habitants du dit Saint-Mars, moyennant soixante quinze livres de rente [-.m capital de 3000 livres), devant maitre Roger et son confrère, notaires à Paris, le 15 décembre 1753 (1) ».
Ecole des filles. — Le 2i février 1792. Les sœurs Belloehe et Philippe exposent que la municipalité de Saint-Mars les a chassées de leur domicile.
Le 17 avril 1792, le Directoire autorise la municipalité de Saint-Mars à présenter deux iilles de charité conformistes en remplacement des non assermentées qui ont abandonné la paroisse (2).
Nous n'avons pas la certitude que cet établissement de sœurs de la Ghapelle-au-Riboul se rapporte à Saint-Mars-sur-la-Futaye plutôt qu'à Saint-Mars-sur-Colmout.
(1) Arch. de la fabrique. — (2) Arcli. de la Mayenne, Registres du Directoire.
SAINT-MARTIN-DE-CONNÉE (1,746 hab.;.
Ecole des garçons. — Jean Launay. du village de Beaune, ordonné prêtre en 1610 et décédé en 1661, est qualifié magister.
Par son testament du lo juillet 1679, Matlmrin Gaultier, prêtre, fonde une prestimonie de deux messes et une école pour l'instruction de la jeunesse. Le principal était à la nomination du curé et des habitants. La dotation consistait en une maison au haut du bourg, qui porte encore le nom de collège : trois journaux (Te terres : quatre journaux de taillis ; une rente de 12 livres ; le bordage du pressoir, d'un revenu de 180 livres ; la Renaudière, de 90 livres. M. Gauvin écrit que la fondation ne fut faite ou consommée qu'au mois de juillet 1697.
Titulaires: — 1679, 173o, Jean Corbin, prêtre ; — 1756, Guillaume Anjubault; — 17o7, René Lemarié ; — 1770-1792, Julien Blanche (1).
(1) Chronique paroissiale manuscrite; Noies de M. Almire Bernard; Etal du Diocèse, 1778 ; Insin. Ecoles. LXI, 192 ; LXXYII. 2i'5 : LXXVIII, 135.
SAINT-MARTIN-DE-VILLENGLOSE (170 hab.).
Ecole des garçons. — 1627. — Frère Pierre Lefeubvre, religieux de la Melinaye, faisant son testament avant d"émottre ses vœux, se souvient de « maistre Thomas Chaillé, sacriste au dit
— 2oS —
Saint-.AIartin, qui avait été son premier maistre d'écolle », et il le charge de l'exécution de ses dernières volontés (1).
(I) P:tude de Snint-Denis-d'Anjou, Minutes de M' François Moriti.
SAINT -MICHEL-DE-FEINS (410 liab.).
Ecole des garçons. Elle existait en 1692, comme en témoigne la présence d'écoliers cités aux registres paroissiaux. Il y avait à cette époque trois prêtres ou ecclésiastiques à Saint-Michel (1).
(1) Registres paroissiaux.
SAINT-OUEN-DES-TOITS (l ,453 hab.).
Ecole des garçons. — (f II y a un maître et une maîtresse d'école », lit-on au registre de VEtat du Diocèse, en 1778.
Il semble que le maître d'école était dans une situation précaire en 1787, car il ligure pour une somme de 3 livres sur la liste des secours donnés par la Charité de Saint-Ouen.
Ecole des filles. — 1772, >F Jean Livet de la Cheronnière, ancien curé de Saint-Ouen, retiré à Sillé, lègue tous ses biens à sa paroisse pour fonder une Charité, conforme à celle de la ville d'Evron, dont le dernier article portait :
« Les sœurs enseignent gratuitement à lire et à écrire aux fdles de la ville et paroisse ; elles vont visiter les pauvres malades, etc.. »
Le revenu consistait en deux rentes formant un total de 720 livres. Il n'y eut jamais qu'une sœur à Saint-Ouen (1).
(1) Arch. de la fabrique ; An'liives do l'ovilciiè du Mans.
— âo6 —
SAINT-PIERRE-DES-L ANDES (1.991 hab.).
Ecole des filles. — 1733, demoiselle Renée Brault est maîtresse décole en cette paroisse. Elle appartenait à une famille de chirurgiens (1).
Mais récole fut définitivement fondée à la fin du XVIIP siècle, grâce aux dons de plusieurs bienfaiteurs.
Voici le premier dans sa teneur originale :
« iSoble homme François Hochet, sieur du Boulay. maître des eaux et forêts delà baronnie de Vitré.... Ayant été informé du pieux dessein, où est le sieur curé deSaint-Pierre-des-Landes, de former en cette paroisse un établissement de deux ou trois filles de la congréation du Riboul, au Maine, pour y élever les jeunes filles, leur apprendre leur religion, à lire, écrire, traiter, soigner les malades de la même paroisse, désire avec la dite dame Hay, son épouse, et la dite demoiselle Hochet sa fille, contribuer aux moyens d'oj.érer un pareil établissement dont l'entreprise est aussi louable de la part du sieur curé de Saint-Pierre-des-Landes, qu'elle doit nécessairement et à tous égards être utile et avantageuse dans ses eft'ets.
«-d'est pourquoi, se sentant animés du même zèle quece charitable pasteur, pour la plus grande gloire de Dieu et le bien public de ladite paroisse, à laquelle ils ont toujours pris un intérêt particulier, ils ont tous les trois unanimement consenti de faire en faveur du dit établissement abandon de la propriété d'une rente de 60 livres, due par la veuve et les héritiers du sieur Jean Renaud, marchand à Juvigné, et déclaré en faire dun à la paroisse de Saint-Pierre-des-Landes, en la personne du dit sieur Le Roy, lequel ils ont en conséquence subrogé à tous leurs droits concernant la dite rente. »
Les fondateurs imposaient comme charge dix messes par an à leurs intentions.
Cet acte est du lo novembre 179o f2).
La seconde donation de 100 livres de rente est due à la célèbre marquise de Créquy, dame de Froulay, par acte du 26 septembre 1786, en cour du Chàtelet (3).
Enfin Me Louis Leroy, curé, rappelant tous ces actes de bien-
— ni -^
faisance, provoqués par lui, et y ajoutant les siens, résume le tout dans un contrat du 1:2 juillet 1786, devant Julien Grippon, notaire à Hardanges.
« Di'sirant, dit-il, fonder un établissement solide... en faveur de linstruetion déjeunes tilleset du soulagement des pauvres malades.... et reconnaissant que ce double objet ne peut être mieux rempli que par lessœurs de la société dessœurs deSillé-le-Guillaume,... leur abandonne à perpétuité :
« 1° Un contrat de constitution de 2,7o0 livres qui lui ont été données à cette fin par des personnes zélées et charitables.
« 2" Un autre contrat de constitution de 1.200 livres données par noble homme François Hochet.
« 3" Une maison située au haut du bourg, cédée par demoiselle Marie-Thérèse-Perrine Bertois de la Gendronnière (1783; consistant en une salle à cheminée, une école au bout, cave dessous, une grande chambre sur la salle, deux cabinets sur l'école, des mansardes sur le tout, ungrenier dessus, jardinet déjiendances »
Les réparations à la charge de la fabrique; le mobilier fourni par le curé, ainsi que les frais d'indemnité et d'actes à passer.
Les sœurs, conformément aux règles de leur institut, s'obligent de faire Técole deux fois le jour, savoir pendant deux heures le matin, et de même pendant deux heures dans Taprès midi, temps qu'elles emploieront à leur enseigner soit les vérités de la religion, soit à lire et à écrire, ainsi qu'aux pensionnaires qu'elles auront toute liberté d'avoir.
Elles orneront les autels, feront dire deux messes chantées par an. elles auront leurs places dans l'église pour elles et leurs pensionnaires. (4).
La fondation de la marquise de Créquy n'est pas comprise dans les dons précédents.
Ce serait priver nos lecteurs du plus intéressant des récits que de ne pas rapporter ici la noble fin, le généreux martyre desdeux sœurs de charité qui étaient en fonction à Saint-Pierre-des-Landes au moment de la Piévolution (3).
Françoise Tréhel, née à Fougères, était sœur de charité à Saint- Pierre-des-Landes à l'époque de la Révolution. D'une fui ardente
et éclairée, elle prévit de suite les malheurs que les nouvelles idées amèneraient sur la France, et sur notre pays en particulier. Elle exprime franchement ses prévisions dans une lettre à l'un de ses frères qui s'était porté acquéreur des biens de la cure de Saint-Mars-sur-la-Futaye. Elle fut accusée de soigner les chouans et emprisonnée avec sa compagne à Ernée. Sans illusion sur le sort qui lui était réservé, quand elle quitta la prison pour se rendre devant le tribunal révolutionnaire, elle répondit aux consolations et aux espérances qu'on voulait lui donner. Adieu, mesdames, nous ne nous verrons plus ici-bas !
Sans faiblesse en face de ses prétendus juges qui l'accusaient d'avoir soigné les chouans. « Bleus ou chouans, dit-elle, tous sont mes frères en Jésus-Christ, je ne refuse mes soins à personne. » — On lui ordonne de crier : Vive la république ! Elle refuse, disant que la république abat les autels. — Si tu ne cries pas, tu vas périr, dit un de ses juges. — Que m'importe, répondelle, non je ne crierai pas. — Un soldat imitant sa voix dit pour elle : Vive la république î et veut faire croire qu'elle l'a dit elle-même. — Non, dit-elle, ce n'est pas vrai. — A mort donc, dit le président ».
Sa sentence porte qu'elleestcondamnée« comme sœur charitable, accoutumée à receler les prêtres réfractaires, ne voulant promettre lidélité à sapatrie, se trouvant dans le pays deschouans, et convaincue de les avoir alimentés et protégés par ses discours ».
Sœur Tréhel fut immédiatement conduite au lieu du supplice, sur la place du Pàtis, avec plusieurs autres victimes, qu'elle ne cessa dexhorter. A la vue de l'échafaud, elle entonna le Salve Regina. Avant de monter à l'échafaud, elle détacha de son cou un crucitix qu'elle portait et le donna à un soldat, qui le conserva comme une relique.
Jeanne Véron, née à Quelaines, compagne de sœur Tréhel, était entrée fort jeune chez les sœurs de la Chapelle-au-Riboul. Sous le nom de sœur Rosalie, elle exerça d'abord les fonctions de la charité à Nogent-sur-Sarthe. Appelée plustard àSaint-Pierre-desl,andes, son zèle et sa piété ne se démentirent pas un seul jour.
Elle fut dénoncée comme sa campagne pour les soins qu'elle donnait à tous les infortun.'s. Q-aand on vint pour l'arrêter, elle essaya de s'enfuir et reçut une dicliarge de plusieurs coups de fusil qui criblèrent de balles ses vêtements sans latteindre. « Puisque tu n'es pas morte, dirent les gardes, va-t-en. »
Elle fut pourtant arrêtée et enfermée à la prison d"Ernée ; mais comme ses infirmités elle était hydropiquej s'aggravèrent rapiment, on dut la conduire à l'hôpital. C'est de là, portée dans un fauteuil, qu'elle alla paraître devant ses juges. Séance tenante, elle fut condamnée « pour avoir recelé des prêtres refractaires, avoir formellement refusé de prêter ssrment de fidélité à sa patrie, et se trouvant domiciliée dans le pays des chouans, les avoir alimentés et protégés et ne vouloir pas les déceler, w On la porta à réchafaud dans un fauteuil ou dans un van.
(1) Registres p:iroi«siaux. — (.')Ghponiqae paroissiale in;inu5cnte — (3)Ibidetn. — (4) Archives de la ooinmunuutéd'Evron. — (o)Clironi(pie paroissiale.
SAINT-PIERRE-SUR-ORTHE (1,953 hab.).
Ecole des garçons. — Dès le commencement des registres paroissiaux, c'est-à-dire dès la tin du XVF siècle, les noms d'écoliers se rencontrent fréquemment (1).
En i 6 49, le maître d'école reçoit de la fabrique une allocation de dix livres (2).
Ecole des filles. — 1689. — >tadame Dupuis est maîtresse d'école ; elle reçoit de la fabrique, comme le clergé, un cierge à la Chandeleur ; et son loyer est également payé des deniers de la fabrifiue (3).
1707. —Renée Goupart, maîtresse d'école, établit le curé son exécuteur testamentaire.
17^29. — Marie-Madeleine Goupard, maîtresse d'école, est déclarée exempte de la taille par les habitants.
Toutes ces personnes appartenaient aux meilleures familles de
la localité (4).
(1) Hegist. paroiss. — (2) Arcli. du la fabrique. — (3) Ibidem. — (4) Chronique manuscrite du regreUé monsieur AUiiiro Bernard.
SAINT-POIX (570 hab.).
iEcole des garçons. — 1648. — Jacques Josset, prêtre, est « régent au dit Saint-Poix. » On Ty trouve encore, prêtre, en 1658 et les années suivantes (1).
(1) Regist. paroiss.
SAINT-QUENTIN (868 hab.).
Ecole des garçons. — En 1620 et les années suivantes, René Cohon, Olivier Lemanceau et autres sont écoliers à Saint-Quentin (1). 1
(1) Regist. paroiss.
SAINT-SAMSON (1,027 hab.).
Ecole des garçons. — 29 avril 1599, Julien Fouret et Catherine lîipault, sa femme, « lessent et donnent aux escoUiers qui se trouveront aux services la somme de cinq sols tournois pour dire les sept psaulmes » (1).
1617. — M'^ Sébastien Fretté, prêtre, « lègue à toujours une maison située au bourg de Saint-Samson,... à un prêtre, si aucun se trouve, qui tiendra l'escolle au dit bourg de Saint-Samson ; lequel prestre sera tenu de dire un Suhvenite sur la fosse du testateur cliacuns jours de dimanche, lundi, mercredi et vendredi, à toujours mais » (2).
Ecole des filles. — 1695, 1707. — Sœur Magdelon Lechef est maîtresse d'école à Saint-Samson, et reçoit 10 livres par an de la fabrique « suivant le résultat des habitants w (.3).
27 mai 1710. — Rose Blottière « donne le revenu d'une pièce nommée le champ du Désert, situé au lieu du Plessis, aux sœurs Î^Iadeleine Lechef et Marguerite Guylouard, pour aucunement
contribuer à les faire vivre et les obliger à faire prier Dieu pour le repos de son àme et recommander aux petites lilles d'assister et de prier Dieu pour elles, et ses défunts père et mère, aux susdits services » par elle fondés (1).
1719, 1723. — Les sœurs d'école blanchissent le linge de l'église.
4 décembre 1719. — Marguerite Guillouard, sœur d'école de la paroisse de Saint-Samson, y demeurant, maison de la Gorpourier, gisante au lit malade, donne par testament « à la communauté de Madame Tullard, ce qui lui peut appartenir soit par don ou autrement dans ladite maison de Corpourier, annexée à la communauté de ladite dame Tullard. »
Ce legs fut ratifié par le frère et la sœur de la testatrice, demeurant à Lignières.
S'il remonte à l'année 1695, l'établissement des sœurs de la Ghapelle-au-Riboul à Saint-Samson serait un des premiersfondés.
(1, 2, 3,4, o). Archives de la fabrique.
SAINT-SATURNIN-DU LIMET (,797 liab.).
Ecole des garçons. — Elle est connue par les citations d'écoliers aux registres paroissiaux en 1617, 1624, etc.
SAINT-THOMAS-DE-COURCERIERS (936 hab.).
Ecole des garçons et des filles. — La lecture de la pièce suivante montrera que la fondation qu'elle contient est un legs en faveur des écoles déjà existantes à Saint-Thomas.
Testament de M.Jean-Baptiste LeMesnager. de Mayenne, bachelier en théologie, licencié en droit, curé de Saint-Thomas, y décédé le 2 février 1788.
« Je veux (lu'il y ait dans la paroisse des écoles gratuites en faveur des pauvres spécialement. Ils ne doivent pas être négligés ni méprisés (que les riches envoient leurs enfants aux écoles, cela
— fessera en sa place et du bon ordre, l'aisance de leur père et mère les y doit convier), l'une aux garçons l'autre aux fdles. tenues avec l'exactitude possible, avec zèle de bien instruire et chasser l'ignorance, mère de tous vices, de l'esprit de lajeunesse. Il sera donné pour ces écoles gratuites en faveur des pauvres, et payé 4,000 livres en Tan de mon décès à la paroisse. II est de son intérêt d'avoir des écoles, et pour qu'elles subsistent il faut faire profiter ces 4,000 livres, s'en procurer rente avec laquelle on payera le loyer des deux maisons séparées, pour y faire les écoles. Le loyer payé de ces deux maisons, le restant en bon serait partagé entre le maître et la maîtresse d'école, moitié par moitié ; les écoles se feront 10 mois par an. et l'on ne pourra donner de vacances que pour deux mois pour l'utilité des enfants et de leur instruction. « Je nomme pour maître d'école aux garçons M. Dugué, prêtre, vicaire de cette paroisse, tant qu'il y demeurera. Je sais son zèle pour leur instruction. Je nomme pour maîtresse aux filles .\nne Blanchard, fille, qui choisie par moi il y a plusieurs années, a fait les écoles des filles à mon contentement et elle les continutra tant qu'elle sera dans la paroisse. Au défaut desdits maître et maîtresse désignés, les curés mes successeurs auront soin et droit de se pourvoir de maître et maîtresse d'école afin qu'elles subsistent pour le bien de la paroisse et en feront le choix de l'agrément de mon frère, mon unique héritier ».
(1; Arch. de fabrique.
SAULGES (680 hab.).
Ecole des garçons. — Voici pour Saulges un nouvel exemple d'annexion d'un bénéfice à l'école, avec concours des habitants.
« Pierre Rogier de Grévy... vu la requête à nous présentée par le général des habitants de Saulges à la diligence de >PRené Aveneau. sieur de laGrancière. leur procureur marguillier, que la chapelle de la Glémentière a été possédée par plusieurs chapelains
qui n'ont point résidé ni rendu service à laparoises, et qu'ils ont besoin d'un prêtre qui fasse les fonctions de sacriste et qu'il tienne les petites escoUes moyennant salaire, après enquête faite par M. le curé de Vaisges ;
« Avons ordonnéqueladitechapelleserapossédéeparun prêtre résidant dans la paroisse de Saulges, qui fera les fonctionsde sacriste et ainsi percevra les fruits de la dite chapelle en acquittant la charge, avec les rétributions duesau sacriste, tiendra la petite écolle et sera payé par mois, suivant l'usage et les facultés de celui qu'il instruira. En notre château d'Yvré, 9 août 1714 ». (1)
La fondation de cette chapelle, antérieure à l'année loOO, était due à Robert de la Fontaine (2j.
(1) Insin. Ecclcs. XLIX. 63, 78. — (2) .\rch. du Chapitre du Mans, Pouillé du X Vh siècle.
SENONNES(621hab.).
Ecole des garçons. — Nous n'en avons connaissance que par les mentions d'écoliers dans les actes de baptêmes.
SOUCÉ (405 hab.).
Ecole des filles. — 176o. — Jeanne Boisgontier, sœur d'école, reçoit 110 sols pour façon de deux aubes, deux rochets, deux amicts (1).
(1) Notes de M. i'abbc Gillanl.
LA SELLE-CRAONNAISE (l,3o9 bab.).
Ecole des garçons. — 'f Le 29 octobre 1639, fut inhumé en la chapelle de Nostre-Damc de l'église de céans... le corps de V. et D. W René Menard, prcstre. régent de céans, (lui décéda au bourg de la Selle-Graonnaise. »
Depuis 1627, le nom des écoliers revient continuellement dans les signatures des actes de baptême, mariage ou sépulture. On compte une douzaine de noms nouveaux chaque année, et ceux-là ne représentant évidemment que le petit nombre et non la totalité ni la majorité des écoliers (1).
(1) Registres paroissiaux.
THORIGNÉ-EN-CHARNIE (583 hab.).
Ecole des garçons. — 1388. — René Ledru, « précepteur et monstrant aux enfans au dit Thorigné, » est témoin à la prise de possession du prieuré parle procureur de Jean Piousson(l).
(1) lasin. Eccles. XVIII. 328.
TORCE-EN-CHARNIE 1,131 hab.).
Ecole des garçons. — 1360. .^P Louis Bignon, prêtre, demeurant à Torcé, lègue à la fabrique une maison et il ajoute : « Je veux et ordonne que l'instructeur des enfans d'écolle qui pour lors sera audit Torcé, et s'il n'y en a aulcun, le premier capable qui se vouldra entremettre et consécutivement à tout jamais les uns après les autres qui instruiront les dits enfans s'en ensaisinent et puisse loger et y instruire les dits enfans, exploitent ladite maison et jardin à la charge de les tenir en bonne et suffisante réparation et de payer les debvoirs que les dites choses sont tenues faire ; et pour faire les dits maistres d'écolle par chacun jour que les dits enfans y seront instruiz et enseignez, faire dire et chanter à iceux enfans avant que eux en aller, une oraison Salve Regina, ou autres oraisons en dévotion, avecq le Supplice de De profutidis et oraison que l'on dit ordinairement avecq le dit De profundis pour le remède et salut de mon àme et amis trépassez... » (1).
1602. — Jacques de Froullay, écolier de la paroisse de Torcé, « ex nobili soluto et solutà genitus, » reçoit la tonsure 12;.
1728. — Le curé répond à l'archidiacre faisant sa visite « qu'il n"y avoit ny maitrc ny maîtresse d'école dans sa paroisse, et que lui et son vicaire avoient soin d'instruire la jeunesse » (3).
1790. — Ambroisse Pelouard est maître d"école à Torcé (4).
(i; Arcli. (le la fabriqde ilo Saiiitc-Suzanne. — (2) Iiisin. Kcd.'s. XXI, 300. — (3) Arch. de la fabrique. — (4) Insin. Ecclés. LXXVIII, 288.
TRANS (909 hab.).
Ecole des garçons» Les vicaires de Trans qui se succédaient les uns aux autres, étaient chargés d'instruire les petits garçons; c'est ce qui se pratiquait anciennement. J"ai connu, étant jeune, des hommes qui avaient été à l'école des vicaires de la paroisse » (1).
Ecole des filles. — 1718, Noël Hiron. prêtre, donne, par testament, sa maison avec appentis et Jardin, rues et issues, etc., « pour une maîtresse d"école; et au cas qu'il y ait des tilles de sa famille capables, ellesaurontle premier droit de les posséder ». Il donne la présentation de ces immeubles à René Gaultier e^à l'aîné de ses descendants.
1747. Nicolas Perdrigeoi, comme tuteur de sa tille .\nne, donne sur le château et domai e de lioysnay aux sœurs d'école de Trans de la maison do la Chapelle-au-lUboul, une rente de 60 livres pour faire les écoles et soulager les pauvres malades.
C'est donc vers cette époque que les fdles de la sœur Tuiaid s'établirent dans cette paroisse, où la fondatrice avait de nombreux liens de famille.
.Vvant 1770, Marie-.leanne-Suzanne Leroyerdela Chauviniére, leur avait légué une rente de 20 livres.
L'Etat du Diocèse iVit, en 1778, (lu'il y a une bonne maîtresse d'école. Ce serait une erreur évidente si Ton comprenait i»ar ces termes une maîtresse seule et laïque, car nous savons d'une façon certaine quelessœurs Tulardines résidaient à Tr:>r.s avant etaprés cette date.
Une autre rente de ÏO livres, dont le capital fut placé sur le Clergé de France, fut donnée aux sœurs avant 1780.
Vers le même temps on fit rebâtir la maison des sœurs en ajoutant un second étage pour une chambre; la communauté y contribua (2).
(1) M. l'abbé Gautier. Annales pnroissia'es lîeTrans, p. 65. —(2) Xrch. delà fabriquu ; — Arcli. de l'èvêché du Mans ; — .\rcli municipales de Bais.
VAIGES (1,553.).
Ecole des garçons. — On devra rapprocher les textes que nous avons cités à larticle de Saint-Loup-du-Doigt, et qui prouvent les droits du prieur régulier sur les écoles,de la citation que nous donnons ici constatant le même fait. Comme les titulaires avaient quitté leur prieuré depuis deux siècles, il faut en conclure que leurs droits conservés sur les écoles dataient de plus loin et que les écoles elles-mêmes sont aussi anciennes que ces fondations. -^Dans laveu qu'il rend au seigneur de Vaiges en 1478, Frère Guillaume de Saint-Fraimbault, prieur, s'exprime ainsi :
« Item, le droit que j'ai dans les escoUes du dit lieu de Vaiges quand elles sont vacques (de les donner) à personnes idoynes et suffisant pour régir et gouverner le siège des dites escolles : quel droit m'est empêché, pour partie, par mondit seigneur de Vaiges et en pend dès piècza procès en votre court. Pendant lequel procès le chastellain du dit lieu de Vaiges et moy avons plusieurs fois pourvu et donné le siège des dites escolles quand les cas y sont advenus ».
En 1473 le maître d'école de Vaiges avait chez lui un pensionnaire distingué : c'était Jean de la Chapelle, fils du seigneur de la Chapelle-Rainsouin. Nous pourrions donner le détail de sagarderobc, mais nous nous contenterons de parler de ses livres. Ce sont d'abord un Grecyme et un Donnest, que madame sa mère lui acheta de >P Nicole Guittonys tout relié etcouvert pour 30 sols et 4 deniers.
Plus tard l'écolier prétendit qu'il avaitbesoin de 5 sols pour
« retirer certains livres qu'il dit qui estoientà Saint-Christophe. j)Nelesaurait-ilpasmisen gage, le malheureux ?ou n'usait-ii pas d'un procédé trop commun aux étudiants pour tirer àvue sur la bourse paternelle?
Quant Robert de la Chapelle amena à Vaiges ce jeune et noble écolier, il fut donné à souper au maitre d'école et il en cotùa 7 sols 6 deniers; il en coûta o autres sols en vin de marché quand le dit « maistre d'école le print à son Grecyme » (1).
1553. — Etienne Jouanneau est maître d'école.
Il semble que là encore les guerres de Religion furent fatales aux écoles, pour lesquelles il fut fait une fondation importante que nous allons rapporter, en 1717.
27 mai 1716. — M- Joseph Lambert, prêtre, docteur de Sor bonne, prieur de Palaiseau, demeurant à Paris, rue des Grands Augustins, achète de Michel comte de Droc, et de Renée Armande Richer, son épouse, demeurant au Mans, la métairie « de Monhermon, pour servir à la fondation que le dit sieur abbé Lambert entend faire de deux écoles pour les garçons et filles delà dite paroisse, sous les clauses et conditions qu'il se réserve d'y apposer « — pour 200 1.
^I. l'abbé Lambert avait été un an seulement prieur de Vaiges, en 168i.
Il laisse après lui la nomination du maitre et de la maîtresse d'école à l'archidiacre et au curé, l'évêque du Mans instituera.
La terre de Monhermont sera divisée en 2 doseries pour chaque école.
Rèfilement
1" L'école se tiendra dans le bourg.
2" Ell(? sera tenue pai- les titulaires en persoime.
3" Il y aura class(> matin et soir, avec un seul congé, une aprèsmidi; et s'il y a fête dans la semaine, il n"y aura pas d'autre congé.
4" Les maître et maîtresse feront faire la prière du matin et du soir.
o"" Ils enverront les enfants à confesse 2 fois l'an.
6° Ils accepteront gratuitement les pauvres que M. le curé désignera; et les autrespour la rétribution ordinaire dans le diocèse.
7° Ils apprendront à tous les enfants à lire et à prier Dieu, et s'étudieront aies faire prononcer distinctement et apprendront à écrire à ceux qui seront en état.
8° Ils feront le catéchisme dans l'école au moins deux fois la semaine.
9° Ils veilleront à ce que les enfants aient une grande modestie à l'école et à léglise.
Règlement pour le ma/tre et la maîtresse.
1° Qu'ils se donnent garde de fréquenter les habitants du dit lieu scandaleux ou peu réglés dans leur conduite.
2° Quils évitent toute querelle.
3° Qu'ils soient d'une vie exemplaire et approchent souvent des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.
4° Quïls s'appliquent à se faire craindre et aimer des enfants, ils se contenteront autant qu'ils pourront de menacer.
o° S'ils font seulement l'école par des vuestemporelles, c'est une bien petite récompense qu'ils se proposent, ils sont bien malheureux de se borner là, tandis qu'ils peuvent avoir eu vue une récompense bien plus grande et plus digne d'eux : tout ira mieux et par rapport au maître et à la maîtresse et par rapport aux enfants, s'ils agissent en vue de Dieu et s'ils songent qu'ils peuvent aisément se sanctilier dans leur état, que leur profession est très sainte et très agréable à Dieu. En travaillant pour Dieu, ils n'auront pas plus de peine, bien loin de là, cet excellent motif aura une force merveilleuse pour les soutenir et pour leur adoucir toutes les peines de leur état...
Paris, 21 octobre 1717, étude de M° Boisseau. »
Le 11 décembre 1720, le même M. Joseph Lambert ajoute à la fondation une rente de 132 livres pour le maître et la maîtresse d'école (2).
1758. — M. Peigner, maître d'école, est en même temps prêtre sacristain (3 j. Martin-René Lecliapt, principal du collège, prêta serment pur et simple en 1791.
Ecole des filles. — La fondation en est rapportée dans l'acte ci-dessus. En 1753, 1758, dame Marie-Félix de la Court est directrice de l'école (4). Puis, à l'exemple de tant d'autres paroisses, Vaiges voulut avoir des maîtresses congréganistes expérimentées et plus capables d'assurer la stabilité de l'établissement.
Par acte du 19 juillet 177o, à la requête des habitants et du curé, la maîtrcssed'écoleétant décédée, et après entente avec sœur Marie-Louise Letourneur, supérieure des sœurs de la société de Sillé-le-Guillaume établies en la paroisse de la Cliapelle-au-Uiboul, Mgr de Grimaldi décide quedeux sœurs de la dite société seront envoyées pour l'instruction des jeunes filles, pour le soin des malades et pour les saigner.
Elles auront une rente de ioQ livres et le mobilier. La supérieure pourra les rappeler et changer (3).
En 1777, les titulaires étaient les sœurs Françoise Trotin et Jeanne Moche.
1778. « Les enfants sont -instruits », est-il dit dans VElat du Diocèse (6).
(1) Arcli. du ciiàlciiuilos Villiors, en Vai;,'05. — (2) Arcli. ilc la r.ihriiiuc. — (3) Ibidem. — (4) Arcli. de la Mayoïuie, B. G'J'J. — (o) Arcli. de la fabiique.— (6) Arcli. de l'évéclié du Mans.
VAUCÉ (290 hab.).
Ecole des filles. — Les actes concernant rétablissement des sœurs Tulardines à Vaucé sont ainsi résumés par le curé (pii avait provoqué leur arrivée dans la paroisse.
« Fondation de 1740 do deux sœurs de la Glmpelle-au-lliboul pour la paroisse de Vaucé en laveur des pauvres malades etixiur instruire la jeunesse, dont autant du même acte est déposé à la communauté de la (îliapelle-au-lviboul.
« Lequel acte est passé devant M'' François Drouet. notaire royal à Couesme, le lo septembre 1740.
<f Autre acte pour les fonds du bâtiment en lav(^i:r des sœurs,
consenti au rapport de maître Jacques Alexandre Barrabé, notaire royal de la paroisse de Vaucé, par les habitants et le Sgr de Vaucé, approuvé par Mgrrévèque du Mans, le Sgr abbé de Lonlay, confirmé par le chapitre de RR. PP. de Lonlay assemblés à ce sujet enehapitre.letoutduement en forme, contrôlé et insinué.
« Le dit acte a esté par moy curé soussigné envoyé au trésor de la Chapelle-au-Riboul, pour y avoir recours si besoin est en l'année 1743.
(Signé;) Galliot curé de Vaucé » (1).
En 1743, demoiselle Marie Gesbert, pensionnaire à l'hôpital d'Ambrières, donne le capital d'une rente de 6 livres « pour la construction d'un bâtiment pour loger les sœurs d'écolle de Vaucé, si besoin en est » (2).
1768, Barbe Ripault est sœur de Charité à Vaucé (3).
(1) Arcli. de la fabrique. — {2} .\reli. de l'Ijùpital d'Ambrières. — (3) Arcli. delà lubrique.
/ VAUTORTE^l,436hab.).
Ecole des ^filles. — Les sœurs de la Ghapelle-au-Riboul dirigeaient l'école et occupaient une maison appartenant à la fabrique. Elles refusèrent le serment. La municipalité, qui n'avait rien à voir dans les affaires de la fabrique, n'en vota pas moins, en 1792, le retrait de cette maison, et le Directoire arrête, le 17 avril même année, que deux sœurs conformistes soient nommées pour les remplacer [i).
(1) Arch. de la Mayenne, Registres du Directoire.
VIEUVY (i3o hab.).
Ecole des garçons. — « Les garçons savoient presque tous lire, écrire et chanter, dit l'abbé Fleury, curé de cette paroisse depuis 1788. Le vicaire faisoit les écoles tous les jours ; un maitre
d'écriture de mœurs réglées parcouroi tics villages pour y donner des leçons sous les yeux de la nirre.
« Les enfants fréquentoient le catéchisme depuis làge de huit ans jusqu'à leur mariage. Ils faisoient trois conun unions avant leur réunion avec les adultes » (1).
(1) Mrmoirrs de Jîicques-Picmj Fleury, pages 2G, 27.
VILLAINES-LA-JUHEL f2,776 hab.).
Ecole des garçons. — Nous n'avons pas pour les écoles de Villainc-la-Juhei de documents antérieurs à 1574. A cette époque où les deux églises de la paroisse étaient incendiées par les Huguenots et la ville toujours en occupation nulitaire soit par un parti, soit par l'autre, Michel Martiniére réunissait ses écoliers dans une grange. Il continue ses fonctions jusqu'en 1S79, et reçoit chaque année une modeste allocation de 10 livres de la part de la fabrique.
En lo79, on traite « avec .M' Jehan Gouellier, pour monstrer aux enfans » et on loue pour l'école la maison du Plat d'Ktain. Cet accord fut arrosé devin clairet chez Pierre Vasse, où l'un but pour 16 sols.
W Michel Martinière avait sans doute été évincé d'une charge qui lui appartenait, car il y rentra en lo81, et M'' Jean Gouellier, qui fit valoir les droits que lui donnait un contrat en règle, resta en fonction, lui aussi, et ol)tint 26 écus de dommages-intérêts par sentence du présidial du Mans.
En 1586, M<^ Jean Angot est régent à Villaines, et reçoit par an 20 écus, fournis en grande partie par une cotisation des principaux habitants. Le prieur souscrit pour 10 écus: 16 autres bienfaiteurs font des offrandes qui varient de o sols à un écu et demi.
Jean Angot régentait encore quand Marie Gandon lui légua 10 sols « pour estre participante aux prières de ses escolliers. «C'est aussi pour lui qu'en l.'iOl Jean Jouen. menuisier, li» pour 7 livres « la chère pour servir au maistre d'escolle ».
Quelques années plus tôt, un don avait été fait pour l'école dans des circonstances particulièrement frappantes. Une des épidémies les plus meurtrières sévissait sur notre province et s'ajoutait aux horreurs de la guerre civile. Nous ne connaissons rien de plus touchant que l'acte de cette mère qui, après avoir enseveli tous ses enfants, donne sa maison et son ])ien pour l'éducation, non des siens qui ne sont plus, mais de ceux de ses compatriotes plus heureux.
30 aoust 1584. — « En cour de Villaine-la-Juhes, Guillemine Hayreveau, veuve de Guillaume Le Villain, cognoissant que, par le plaisir et volonté de Dieu, ses enfans demeurans avec elle en sa maison en ce dit lieu de Villaine seroient depuis quinze jours encza décédés de maladye contagieuse et que à ceste occasion elle n'auroyt peu faire prier Dieu pour eulx par les gens d'église de la dite paroisse ; et que aussi elle estoyt au péril et danger de mourir de mesme mal pour avoir hanté, nourry ses dits enfants durant leur mal, et aussi qu'elle n'avoyt proche personne à quy... soy recommander et (faire prier Dieu) pour elle après son décès et pour ses enfans, » donne à la fabrique la maison où elle demeure avec un jardin près de la vieille tour du château de Villaine, sur le chemin qui tend du carrefour de la (f Pierre à Dieu » au grand chemin qui tend de la « Croix- Julies » à la haute Bremendière et d'autre part au dit grand chemin.
« A la charge que le revenu de la dite maison et jardin sera employé à l'entretyen d'un maistre d'écolle qui montrera aux enfans du dit Villaine » avec quelques charges de prières.
Le maitre d'école recevait de la fabrique en 1643 une allocation de 36 livres par an (1).
Monsieur F. Leblanc, avocat à Mayenne, a publié dans le Bulletin de la Commission historique delà J/fl^e««£; les actes authentiques de la fondation du collège de Villaines au XVIP siècle. Nous n'en donnerons ici que les passages importants.
Le 4 janvier 16o6, « Vénérable et scientifique maistre Jean Trolin, prestre du diocèse du Mans, ancien régent et suppost de l'université de Paris, demeurant au collège deliarcourt, » donne
en cour de Gliatelct pi'oriiralioii pour l;i tVnidalion ilim coilùgc à Villaines-la-.Tuhol. Los liahifaiits se liâtrreiit de iM'dtiter de cette générosité et ils se réunirenl le 2:1 Janvier pour a('('e]>ter les proposilioïis (jui leur étaient faites par .M' ( Guillaume C.anltier euré de Hambers, eliargé de la procuration du fondateur, La dotation promise consistait dans les deux terres de la Coutardière, en Gourcité, et une soniuie de I(l(i0 livres iiour laciial d un logis destiné au collège.
Voici maintenant les conditions :
((. Toutes fois et ((uantes (pie besoin sera, les parois>iL'ii> coniniettront et établiront deux prêtres savants et de vie exem|»laire, lesquels en outre la connaissance nécessaire à enseigner, auront demeuré un temps notable dans une l)o!nie conununauté d'ecclésiastiques, comme de Saint-Nicolas du Cliardoimet. de Saint- Sulpice, de l'Oratoire, de la Mission ou de la Doctrine Chrétienne, dont ils auront témoignage par écril ou autrement, et au cas «piMl y eut différent ou intermission... les dits prèti'es seront nommés et conmiis |)ar M' le doyen riu'al. ou encore an detVaiit par ;\I'' rarcliidiacre... Lesquels prêtres, les dits sieurs i)rieur, procureur et liabitans obligeronl et leur feront célébrer à la gloire de Dieu et pour le repos de lame du dit sieur ïrolin et de ses parens, bienfaiteurs et amis, chacun (juatre messes par semaine :
« Et leur feront enseignerconlinuellement à lajeunesse. tant le latin (pie le grec et le franç(»is. au moins jus(pi"à la capacitiMrune troisiesme et seeonde classe, et leur apprendre le plaiii-ihant, la psalmodie, et autres offices d'église, rarithméticpie. récriture, la lecture, et surtout le catéchisme latin et fran^ois : lesquels ils seront aussi obligés d'expliquer aux enfans et au i)eui»le les dimanches et festes dans léglise de Saint-Georges de Villaine. et encore depus le commencement des carcsmc,touslesdimanches en Léglise deGourcité jusfpi'àla leste de Saint-Jean-Haittiste. et ailleurs dans le voisinage dans lintervalle, spécialIcuKMit les paroisses du Eubay. du llorp, du llani <M de llaiuluM-s. avec le consentement toutefois de .M'- les prieurs et curés des dit(»s paroisses.
" Gomme aussi ils feront enseigner les pauvres de \ illaine et
les enfans des paroisses du Rubay, Horp, du Ham et de Hambers et les parens du sieur Trotin sans salaire.
f( De plus, les ditssieurs prieur, procureur et habitans obligeront ieeux prestres de faire dire une courte prière à l'entrée de la classe, et de dire et chanter à la sortie d'icelle classe une antienne et oraison de la Vierge, selon le temps, le psaume De piofundis, la collecte Prœsta quœsimius. ou bien Dens qui nposlolicos. en singulier, Dens veniœ largitor, et Fideliittn, avec quelques autres prières selon les nécessités publiques. »
Les parents du fondateur, à leur défaut les prêtres originaires du Kibay. du Horps. du Ham. de Hand)ers. de Villaines devaient avoir la préféreiïce » pour la régence ». Le prieur et les habitants avaient droit de révoquer les régents pour négligence. Le même titulaire peut être gardé pendant vingt-quatre ans en fonction. >F Jean Trotin donnait également ses livres, meubles, ornements et calice et chargeait les curés de Hambers de « visiter le collège, régens et escoliers, le logis et lieux ci-dessus et prendre connoissance de leurs exercisses. »
-^ Le 11 avril suivant ces conventions étaient ratifiées en cour de Chàtelet par le fondateur ("2).
1694. — Les ha])itants font des poursuites contre les héritiers de M° Pierre Renard, prêtre, un des régents du collège, pour contribuer aux réparations des bâtiments et demandent modération de la taxe imposée (3).
1724. — Jacques Davoust. prêtre, principal du collège;
1734. — François Laigneau, principal du collège;
1777. ■ — Pierre Corbière, aussi principal.
En 1787, M. René Huet, natif de Villaines où il avait fait ses études, succéda dans la direction du collège à M. Corbière, devenu curé de Lande-Patry, au diocèse de Bayeux. Il y avait eu quelque interruption qui avait nui à l'établissement. M. Huet fut invité à lui rendre son ancieinie pr(>s}»érité. 11 devait enseigner les humanités jusqu'à la rhétorique inclubivement (4).
A l'époque de la Révolution, M. Huet prêta serment, mais aussitôt, prisde remords, il allase r<Hracter entre les mainsde^M. Chrétien, curé deVillepail, devant témoins. 11 se cacha alors et rendit les
plus grands services dans le pays; puis au Goiifordat il devint euré de Villaines où il est morten 18i0 avec l'estimi' et l'affection de toute sa paroisse (5j.
Ecole des filles. — Elle fut annexée à la Maison-Dieu de Villaines, desservie par des sœurs de Saint-Lazare dès la fondation, vers 1672. La l)ionfaitrice qui dota sa paroisse natale de ce doul)lc établissement, Renée Laigneau, se consacra elle-même au service des pauvres malades, sous la règle de Saint-Vincent. M. Jouannault; le grand zélateur des œuvres de charité dans tout l'ancien doyenné de Javron, contril)ua lui-même à la fondation de Villaines.
Les sœurs dont on connaît les noms sont :
1689. — Catherine Delahaye et Anne Bonnetot.
1694. — Marie- Anne Genouin. Marie-Madeleine Nepveu et Llisabeth Blondel.
1709. — Elisabeth Letessier. supérieure.
1741. — Marie Cussé, supérieure (6;.
En 1792, les sœurs de charité de Villaines, maîtresses décole, demandent qu'il leur fût alloué une somme de 300 livres pour avoir un nouveau costume, la loi les obligeant à quitter le leur. Plusieurs établissements se plièrent à cotte exigeance qui à ^'illaines comme ailleurs ne précéda que de bien peu le renvoi des sœurs (7).
(1) Arcli. <lo la fabrique. — (2) .\rcli. de la Mairie : — Arcli. ilo la fabrii|uo du Ribay; — Cotninission historique ^dc la Mni/enne, 1885. — (3) An h. nation. Q^ 78. — (4) Arcli. de la fabririiie. — (.5) Cbronii|uc paroissiale. — (C) Arcli. de la fabrique et de la Mairie. —.(7) Arcli. de la Mayenne, Renistics du Directoire.
VILLIERS -CHARLEMAGNE (1.308 hab.).
Ecoledes garçons. — Par son testament du o (N'ceiubre loSO, maitre (luillaume Lebret()n,curé de Nuillé-sur-N'icuin, d(»niia à la fabrique une maison située au bourg de Villiers-Charlemagne, jtour servir de mais(.»n décole, il ajouta comme dotalittn plusieurs
pièces do toriT. Cetto fondation primitive fut depuis augmentée par divers l)ienfaiteurs. C'était le pn-tre sacristain (|ui renijdissait les fonctions de maitre dWole, et <iui jouissait de la maison éguée par Guillaume Lebreton. Les deux derniers titulaires avant la Révolution furent :\1M. Corbin et Abafour (1).
(1) Arcli. •]>' luialji-i.iue.'
VIMARCÉ (SSo hab.).
Ecole des garçons. — lo99. — Le procureur de fabrique dit avoir baillé quatre boisseaux de blé à celui qui « enseigne aux enfans de la paroisse. » Des dons semblables figurent aux autres comptes postérieurs (1).
(1) Aivli. (le la t\ibri(]ih'.
VOUTRÉ (l,:i06 hab.).
Ecole des garçons. — L'existence d'une école antérieure à 1640 dans cette localité, autrefois des moins importantes, prouve que dès le commencement de XVIL siècle les moindres paroisses n'en étaient pas dépourvues.
Par son testament du 23 mai 1640. Jean Griflfaton. sieur de Traîneau, fonde à perpétuité pour chaque jour de la semaine (( loraison de ^lonsleur Saint-Sébastien i qui sera chantée le .soin en l'église de Voutré. par le régent et mestre décolle de ladite paroisse, à la tin de laquelle oraison, après le répons, sera faite la prière et recommandation dudit testateur et fondateur : pour laquelle fondation entretenir et accomplir sera payé par chacun an audit mestre d'écolle la somme de 10 livres qu'il assigne... par hypothèque spéciale sur une piesse de terre nommée la Petite- Salle. coTitenant trf>is journeaux... dé[)endant de son lieu de Traiiicaii... X
Dans lo cas où il n"y amait plus do maitrodrcoleà Voutrô, ses liôritiors foraioiit dire la jirirro par (|iii ils Vdudraiont 1 1).
Au XVlir siècle Técolo était tonne par le tmisirnie prêtre do la paroisse, le prêtre sacristain.
0 janvier 1732, réunion des habitants, '( (pii ont remontré ([u'étant très contents des bons services que leur rend depuis un très long temps 'Si" Marin Froget, prêtre habitué, sacriste de l'église, tant pour radministrationdesSacrementsrpiepour l'éducation de leurs enfans, à quoi il a toujours vaqué avec toute l'exactitude possible, ils l'ont ro^iuis sous le bon plaisir do madame la marquise des Prez, dame de cette ijaroisso. de vouloir bien continuer de desservir comme à l'ordinaire la première messe de chaque dimanche et colle i\o Saint-Sébastien, son assiduité à les secourir dans leurs maladiesavec lesinstructions pour les enfans, sobligeant dabondant à lui donner, connne ci-devant, la glane ordinaire sous leur pr(jtestation «lu'ils s'opposent formellement à ce qu'aucun autre prêtre... puisse i-élébror les dites messes, ni instruire les dits enfans. »
Le curé, Nicolas Maignan, s'oppose à cette délibération, parce qu'il voulait charger de ces fonctions Jean Maignan. son vicaire, mais il y eut un accord pacifique Ci).
(I) .\rfli. (le 1.1 lalu-iquc. — (i' IhùJcii.