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Les fondateurs,
A qui étaient dus la fondation ou le développement des écoles dont nous venons de constater la multiplicité? Je n'ai pas pu le savoir et je ne pourrai le dire pour toutes, mais des chiffres certains montreront d'une manière évidente quels sont ceux qui peuvent prétendre a la plus grande part de reconnaissance. Sur quatre-vingt-quinze écoles de garçons pour lesquelles j'ai pu relever soit l'acte d'établissement soit une donation importante, ireute-lrois doivent leur existence ou une situation meilleure aux curés des paroisses, trente-six eurent pour bienfaiteurs, au méine titre, des prêtres originaires de la paroisse ou y exerçant le ministère. Lesfondateurslaïques ne (igurent que pour quinze établissements, les paroissiens pour onze seulement.
Si nous appliquons le même calcul aux écoles des (llles, la proportion est un peu dilférente et légèrement modifiée en faveur (les laïques. Sur quatre -vinyt -neuf établissements dont l'origine est connue, les curés en fondent trente, les prêtres douze, les paroissiens neuf, les bienfaiteurs laïques trenteneuf. La part faite à ces derniers doit être attribuée en presque totaliléaux seigneurs des paroisses qui. com[)renant leurs devoirs et trouvant un moyen facile de secourir les populations de leurs villages, établissaient, le plus souvent à la sollicitation du clergé, des sœurs d'école pour instruire les enfants et soigner les malades.
En somme, le clergé (igure dans les fondations d "écoles pour un chiffre de soixante pour cent; vingt-neuf pour cent sonl dues aux seigneurs de paroisses et 'a d'autres bienfaiteurs ; onze pour cent reviennent surtout aux populations intéressées.
Ces chiffres sont éUxjucnts. Ils disent (jue ceux (pii étaient
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;iutrefoisa la tûte de la société, prêtres et seigneurs, lirenl leur devoir libéralement et sans contrainte a Tégard du peuple. Ils disent que les pauvres n'étaient pas délaissés dans une société foncièrement chrétienne, et que la charité pour les misères de l'âme et du corps suscitait d'autres dévouements que ceux d'une phraséologie stérile, qu'on ne voit jamais appuyée par des actes et des sacrifices. Encore cette énumération est-elle incomplète et ne montre-t-elle pas toute la vérité. Il faut voir dans leur texte ces donations testamentaires ou entre vifs si nombreuses, pour comprendre l'élévation et la noblesse des sentiments qui les dictaient. Je mets en fait que la plupart des testaments de curés, au XVII" et au XVIIP siècles, contiennent des legs en faveur des écoles, sans parler des autres donations charitables ; et si l'on n'en trouve pas trace dans l'expression de leurs dernières volontés, c'est qu'ils s'étaient acquittés préalablement de ce devoir, ou que la situation des écoliers pauvres était satisfaisante dans leur paroisse.
Si les hommes n'étaient pas si faciles a se laisser duper par les mots, il n'y aurait plus personne pour écouler ceux qui s'obstinent a répéter que le clergé et la noblesse entretenaient le peuple dans l'ignorance, alors (|u'on les voit multiplier les fondations qui devaient assurer aux établissements une durée illimitée. Une réflexion s'impose encore a ce sujet. Tout ensachant qu'autrefois l'esprit général et la société officielle étaient inspirés par la religion, on ne peut nier que les incrédules de conviction ou de pratique existaient en bon nombre et en haut lieu, au XMII'' siècle surtout. D'où vient donc qu'aucun n'ait laissé trace d'une libéralité où son incroyance ou simplement son indifférence religieuse s'accuse? D'où vient qu'on ne trouve aucun établissement créé pour les pauvres, dont la première préoccupation ne soit le soin d'une éducation ou d'une assistance basée sur la charité chrétienne ? Je n'ai jamais vu îi cette règle générale ni une exception, ni une restriction, et
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cela devrait donner quelque modeslie à ceuxqui reconnaissent les Vollairiens pour leurs ancêtres.
En dehors et au dessus de ceux qui fondèrent et entretinrent de leurs deniers les écoles paroissiales, on peut rechercher quels sont ceux qui les tavorisèrenl dcleur iniluence. Des documents historiques hien connus, les ordonnances royales, les procès verhaux des assemhlées du clergé de France surtout, sont la pour montrer que le pouvoir suprême, loin de se désintéresser dans cette (jucstion importante, encourageait et pressait les diverses adminisi rations sons ses ordres de multiplier, de développer les écoles. Mais, (idèle au système que je me suis prescrit, pour laisser a ce travail son caractère propre, de ne tenir compte que des documents locaux, j'avoue n'avoir pas reconnu une grande part d'action au pouvoir royal dans les fondations scolaires, soit directement, soit par l'intermédiaire des intendants ou de leurs subdélégués. L'autorité ecclésiastique se fait mieux sentir par les prescriptions des conciles provinciaux et par les statuts diocésains qui s'inspiraient souvent des ordonnances royales.
On lit dans les statuts de Mgr Charles de Beaumanoir, publiés le 6 mai 1620 :
« Art. XLIII. — Et d'autant (pic de la première institution des enfants dépend le bon gouvernement du reste de leur vie, nous exhortons les curés d'avoir un très particulier soin de l'instruction des petits enfants, qu'ils enseigneront eux-mêmes ou feront enseigner par maistres d'escoles, gens de bonne vie, religion et doctrine. Et particulièrement leur feront apprendre leur créance et les premiers rudiments de la religion catholi^ que^ contenues es catéchismes.
« Et alhi qu'il n'y ait point de surprises, ordonnons 'a nos .\rchidiacres d'interroger les dits maistres d'escoles pour rein