SAINT-HILAIRE
1© Éooles 4b garçons.
Bien que la paroisse de la Conception se trouvât séparée de celle de Saint-Donatien par Saint-Pierre-le-Puellier et Saint-Benoit-du-Retour, nous nous sommes cru autorisée, par le petit nombre de documents se référant à chacune d'elles, — dont la connaissance nous soit parvenue, — à les grouper en un article unique.
Toutes trois semblent avoir été en possession d'écoles dès une antiquité assez reculée, et c'est ce dont témoignent certains actes notariés de Tannée 1518, et aussi les archives universitaires (3) où l'on retrouve les noms de plusieurs maîtres y ayant enseigné, notamment celui de Benoît Petit.
Il est néanmoins très-vraisemblable qu'en des temps plus modernes le voisinage si rapproché de Saint-Donatien et de Saint-Hilaire fit décider la suppression de cette dernière classe, dont les écoliers fréquentèrent les cours de Saint-Donatien, jusqu'au moment où ils furent admis dans l'école de Saint-Benoît, par suite de l'extinction de celle de Saint-Donatien.
(1) L'église de la Conception était située entre la rue Saint-Flou et celle de la Tour-Neuve.
(2) Saint-Hilaire occupait, dans le quartier des Halles, remplacement actuel du marché à la criée,
(3) Fonds de l'Université, liasse de privil., sér. D (arch. départ.).
Quant à la paroisse de la Conception, placée entre Saint-Victor, Saint-Aignan et Saint-Pierre-le-Puellier, elle embrassait un espace si restreint, qu'elle pouvait facilement, en abandonnant k quelque école voisine les 26 livres de rente qu'on avait constituées à son profit, — insuffisantes d'ailleurs h l'entretien d'un maître et k la location d'un local, — obtenir, moyennant cette indemnité, que ses enfants fréquentassent l'un de ces établissements scolaires.
Le 27 septembre 1718, le clergé d'Orléans constitua une rente de 26 livres aux écoles dès deux sexes de Saint-Donatien. Elles furent, peu après, l'objet d'un autre don de 122 livres fait par une personne anonyme (1). Nous voyons dans un État des écoles de charité que la fondation d'une classe pour les garçons pauvresse rattache à la date du 23 novembre 1705. M. Sergent, chanoine de Sainte-Croix, dota la nouvelle école d'un capital de 1,000 livres produisant 45 liv. 9 s. 1 d. de revenu. Deux frères de la doctrine chrétienne y faisaient la classe a trois cents enfants.
En 1752, l'école de Saint-Donatien fut transférée à Saint-Benolt-du-Retour (2), et en 1791 on les joignit
(1) État des écoles de charité, fonds des écoles, sér. IX
(2) Inventaire des meubles appartenant à la classe des garçons de la paroisse de Saint-Donatien d'Orléans, transportée paroisse Saint-Benoist, le 15 juin 1752:
1° Six tables à écrire avec leur banc ;
2° Un contoir (sic) de bois de chêne ;
3° Une carte d'arithmétique ;
4° Une autre carte où est imprimé le grand-livre qui sert à faire les sommes ;
7o (sic) Deux autres cartes, une de voyelles et une de chiffres françois et romains ; *
Tune et l'autre à Sainte-Croix en même temps que celle de Saint-Pierre-le-Puellier.
Au moment de clore cet article, de nouvelles recherches nous ont permis de retrouver la trace de deux autres donations dont la classe des garçons aurait été l'objet :
La première est un legs de 150 liv. de rente que, par son testament reçu par Thué, notaire au Châtelet d'Orléans, le 4 juillet 1642, M lle Marie Rigault fit à cette maison scolaire. Cette rente, remboursable k 4,000 liv. et franche de tous droits, était hypothéquée sur la maison où elle demeurait (1).
La seconde, en date du 7 février 1749, consistait en une rente de 200 liv., au principal de 4,000 liv., partie d'une rente de 500 liv. destinée à soutenir toutes les œuvres paroissiales, et que les exécuteurs testamentaires de M. de la Manerie, pour obéir k ses testament
8° Deux thèses, une du Sacré-Cœur de Jésus et Tautre de Saint- Joseph ;
9° Une image de l'ange gardien et une Vierge de plâtre ;
10° Un grand Christ en relief;
11° Les cinq sentences de l'école;
13° (sic) Un grand panier d'osier servant à serrer les livres et papier;
14° Deux petits paniers, dont l'un sert à ôter les ordures, et l'autre à ramasser les morceaux de pain pour les pauvres ;
15° Deux petits vases à bouquet et une petite clochette ;
16° Un Enfant Jésus de plâtre, avec un bénitier d'étain ;
17° Six petits paneaux de lambry de sapin; le tout se trouvera marqué de la marque de Saint-Donatien, un S et un D.
Plus six petits bancs. — Signé Frère Robert, directeur des frères des écoles chrétiennes d'Orléans, et Gangnat, prieur de Saint-Donatien.
(Fonds du- prieuré de Saint-Donatien, arch. dép., sér. G.)
(1) Id., ibid. y liasse de papiers de fabrique.
et codiciles du 4 août 1729, avaient affectée à rentretien de l'école des garçons. L'acte en fat passé k Paris en l'étude de Meluc et Duval (1), et l'école de filles de la paroisse n'y eut sans doute aucune part, car ce legs concernait uniquement la classe tenue par le maitre.
Voici les noms des anciens maîtres d'école et de tutelle de Saint-Dooatien et de Saint-Hilaire :
1518. — Benoît Petit, maître d'école.
1572. — Etienne Gaudin, tenant tutelle d'écriture.
1630-1650. — Etienne Debeausse, tenant tutelle d'écriture.
1722-1735. — J.-B. Tugot, maître d'école.
1728-1747. — Mulot, maître d'école.
1735. — Joseph Leclère, maître d'école,
1747. — Fr. Duval, maître d'école (ci-devant à Sainte-Croix).
1769-1775. — Tassé, maître d'écriture.
1775. — Barbot, maître d'école.
— Serrurier, maître d'école.
— Penot, maître d'école.
1783-1789. — J.-J. Marie, maître d'école.
1783. — Pierre Daniel.
1788. — Venon Daudin.
1788. — Cretté.
LA CONCEPTION, alias SAINT-FLOU
1» Éoole de garçons.
En exécution du testament de M" e Perthuis en date du 7 septembre 1735, les écoles de charité de la
(1) Id., ibid. A cette pièce est joint le procès-verbal d'assemblée des habitants de la paroisse, convoqués par le curé et les marguilliers, pour émettre leur avis sur l'acceptation ou le refus de
ce legs.
Conception se partageaient le tiers d'un principal de 8,000 liv., que ses marguilliers, d'accord avec les délégués des fabriques de Notre-Dame-du-Chemin et de Saint-Pierre-le-Puellier, également co-partageantes chacune pour un tiers, avaient employées h Tachât d'un immeuble, rue des Grands-Carmes. « Cette donation, disait M lle Perthuis, est pour aider, dans les trois paraisses, a faire les écolles que je eroy qui fera un trèsgrand bien pour instruire les enfants et former des âmes k Jésus-Christ ; toute mon intention est que Dieu soit aimé, béni, et glorifié et adoré (1). »
Voici deux noms recueillis dans les titres de l'Université :
1636. — Christophe Landré/^Girard Dollé, maîtres d'école (2).
2° Éoole de filles.
L'école des filles pauvres de la Conception, fondée antérieurement k 1617, existait depuis plus d'un siècle, quand elle fut fermée pour cause de jansénisme, a l'époque où M lle Macé la dirigeait. Le 11 décembre 1711, une constitution de 50 livres de rente fut faite en sa faveur par les commissaires du clergé, à condition que « les filles indigentes de Saint-Germain et de Saint- Liphard (3), et non les riches, » y seraient admises.
Pour faire face k tant d'obligations, cette école devait certainement avoir d'autres ressources, et rien n'indique qu'elle n'ait point participé, avec Saint-Donatien, k la
(1) Fonds de la fabrique de la Conception, pièce cotée BB.
(2) Liasse de privilèges, fonds de l'Université.
(3) Fonds des écoles de charité.
première donation du clergé en 1718, qui assurait k chacune des deux maisons scolaires de cette dernière paroisse un revenu annuel de 26 livres. Nous venons, en outre, de voir au précédent article qu'une portion de la donation Perthuis lui était attribuée.
Nous croyons cependant que l'école de filles de la Conception n'eut pas toujours des revenus suffisants a la faire vivre, car on la voit figurer, sur un état des œuvres de charité de M* r Fleuriau, pour une allocation de 50 liv. à titre de secours (1).
En 1720, M Uc Macé faisait encore la classe, comme il résulte de sa quittance du 6 août. Elle reçut de M9 r de Montmorency Tordre de se retirer et de cesser son enseignement pour refus de soumission a son évêque.
En 1735-1757, M llc Pelletier quitte Saint-Maclou pour enseigner a la Conception, et de 1757 a 1769, M iie Bodin y remplit les mêmes fonctions. Elle sortait aussi de la paroisse de Saint-Maclou.
Nous n'avons retrouvé dans le fonds des écoles de charité aucune fondation en faveur de celle de Saint- Hilaire ; son existence, toutefois, ne saurait être mise en doute, car le rapport des administrateurs du district, qui la mentionne sans faire connaître l'époque a laquelle elle fut établie, signale son abolition et sa réunion h la paroisse de Sainte-Croix en 1791.
Les maîtres qui s'y succédèrent se nommaient :
1769. — Noël.
1775-1783. — Serrurier.
1775. — Penot.
1783. — Duplessis.
(1) Fonds des écoles de charité.
Elle était, en ce temps, fréquentée par 70 écolières environ, et la directrice, la D eile Gauthier, recevait de M. Jumeau, ancien notaire, un traitement annuel de 200 liv. et le logement. La munificence de cet homme généreux ne devant s'appliquer qu'aux indigentes, les enfants riches admises h cette école payaient, en commun, une somme de 50 livres.
Il ne serait pas impossible que le renseignement qui va suivre se rapportât à Yécoledes filles de Saint-Hilaire plutôt qu a celle des garçons ; mais, en ce cas, c'eût été non une école paroissiale ou de charité proprement dite, mais bien plutôt une tutelle ou école libre, car, au XV e siècle, le nombre des tutelles l'emportait sur celui des écoles paroissiales. M* r de Coislin, en réorganisant l'enseignement primaire dans son diocèse, y fonda environ trois cents écoles de charité, et M. de la Manerie, k lui seul, en établit ou dota vingt-cinq autres.
Nous avons lu dans un ancien registre des censives de la ville d'Orléans de l'année 1493 (1) que « la maison d'école de Saint-Hilaire appartient a la femme feu Gilet de la Nivelle, porte l'enseigne de lescolle et tient a l'ostel des enffans feu Henry Compaing. »
En 1775, la maîtresse de cette maison scolaire portait le nom % d'Élisabeth Descaves.
(1) Arch» dép. du Loiret, reg. des censives du duché d'Orléans, liasse 11, reg. l«r, f° 32 v°, anc.A, 471,
SAINT-ÉLOI, aliù8 SAINT-MAURICE.
1° École de garçons.
Dans la voie publique, encore dénommée de nos jours rue Saint-Éloi, et sur remplacement actuellement occupé par les jardins du presbytère de Sainte- Croix, se trouvait l'église Saint-Maurice, que les troubles religieux de 1567 firent disparaître. La petite chapelle de Saint-Éloi ayant seule échappé a la ruine, recueillit sous un nouveau vocable le titre paroissial. Mais au XVII e siècle, à la suite d'une réédification complète, Saint-Maurice reprit son rang et son nom.
D'anciennes tutelles, étroitement enserrées entre celles des paroisses voisines, ne tardèrent pas a se fondre avec elles ; et faute d'un développement territorial suffisant, élément indispensable a la prospérité d'une école de charité, cette paroisse ne put en posséder une. Elle envoyait ses enfants indigents aux cours des classes voisines.
Les rôles de la capitation et l'état civil nous ont livré les noms de quelques maîtres de tutelle de Saint-Éloi.
4G69. — Jacques Robillard.
1688. — Michel Boulay, maître d'écriture.
1688; — Jean Bougeret.
1688. — Nicolas Boulay succède a Michel, son père.
1722-1735. — J.-B. Tugot.
1728-1747. Mulot.
1735. — Jos. Lecler.
1747. — Fr. Duval.
1775.- Barbot.
1788. — Crété.
2° École de filles.
Les écoles de filles de la même paroisse qui, pas plus que les précédentes, n'étaient destinées aux indigentes, furent successivement dirigées par :
1747-1757. — VveFéron.
1757. — D"* Brun.
1788. — D"*Baudin.
SAINT-EUVERTB.
1° Écoles de garçons.
Les écoles de Saint-Euverte remontaient a une époque fort reculée. Celles des garçons, dont nous ne connaissons pas la date de fondation, étaient en activité dès 1699, car l'auteur des Recherches historiques sur la ville d'Orléans rapporte qu'au mois de juin de cette année le duc d'Orléans concéda au prieur-curé de Saint-Euverte la chambre haute de la tour de l'église pour y tenir les écoles de charité (1).
Il semblerait que c'est plutôt parmi le clergé paroissial que dans la classe des maîtres d'école proprement dits qu'il convient de chercher les noms des instituteurs primaires des pauvres de ce quartier, et il ne parait pas qu'il en ait été autrement jusqu'au jour ou les frères de la doctrine chrétienne, dont nous parlerons plus complètement ci-après, vinrent en 1740 y
(1) Lottin, Recherches historiques sur la ville d'Orlêam, ire partie, t. II, p. 249.
établir le siège de lenr petite communauté et y tenir les écoles.
Les anciens établissements scolaires de Saint-Euverte ne se bornaient pas k une classe isolée ; les auteurs, quand ils les mentionnent, paraissent généralement adopter le pluriel de préférence au singulier ; ne serait-ce point un indice qu'il s'y trouvait aussi de ces tutelles ou écoles libres ou les enfants indigents n'étaient point admis?
Quant k celles qu'on appelait de préférence les écoles de charité, — et nous avons vu que, fondées par M. Jogues de Bouland, elles étaient communes aux enfants de Sainte-Croix, — elles furent l'objet de deux constitutions de rente: 1° une de 27 liv. 10 s., provenant d'un ancien legs; — 2° 50 liv. données en 1711 par le clergé, à condition, porte le contrat, « qu'elles serviront a augmenter l'entretien du maître de la troisième école de charité des pauvres et plus petits garçons de la paroisse de Saint-Euverte, et que les pauvres, et non les riches, de la paroisse de Saint-Victor et de Saint- Vincent y seront reçus (1) ; » — 3° 43 liv., au principal de 800 liv., dont 400 liv. données par M. Fréret en 1720; — 4° 5 liv., au principal de 100 liv. (Faucheux, notaire, 1 er déc. 1715) ; — 5° 48 liv. le 14 mai 1719, données par M. Jogues de Bouland ; — 6° 15 liv. en deux parties, au principal de 300 liv. (Aignan, notaire, 5 oct. 1735); — 7° 25 liv., au principal de 500 liv., par Jacques Levige, seigneur de Loigny (Houry, 22 mars 1736) ; — 8° 25 liv., au principal de 500 liv., léguées par Louis Cotance, le 18 oct. 1733 (présent Faucheux) (2).
(1) Fonds des écoles de charité, casier 30, boîte 13.
(2) Inventaire des biens de la fabrique de Saint-Euverte de 1745 à 1791, fonds de la fabrique de Saint-Euverte.
Nous apprenons en outre, d'une déclaration faite au domaine et figurant dans un terrier conservé au dépôt des archives du Loiret (1), que l'école était aussi propriétaire de deux maisons : Tune sise paroisse Saint- Euverte, acquise par François Renouard, archidiacre de Pithiviers, le 29 décembre 1701, et donnée par lui h la fabrique moyennant une rente viagère de 20 liv. (présent Ducloux, notaire); la seconde, située rue Saint- EuVferte, fut acquise' avec les deniers des paroissiens de Jacques Alleaume, chanoine de Saint-Pierre-le-Puellier.
L'évêque d'Orléans fit de très^grands sacrifices pour que la nouvelle classe des frères répondît a l'importance de sa mission, car elle était fréquentée par un nombre d'enfants très-considérable. Nous avons trouvé parmi les pièces comptables relatives k cette école beaucoup de quittances desquelles il résulte que chaque année — et cela durait encore en 1750 — M* r Nicolas Joseph de Paris lui accordait une subvention proportionnée a ses besoins.
Bien que la paroisse de Saint-Euverte fût le siège de la communauté des frères, elle n'en conserva que quatre pour ses écoles.
Lorsque le district d'Orléans fut constitué, en 1791, et que les divisions territoriales de la ville et du département reçurent des limites nouvelles, la suppression de beaucoup de paroisses amena, selon les quartiers où elles se trouvaient placées dans la ville et sa banlieue, •une nouvelle répartition des maisons scolaires. Saint-
(1) A, 935, Archives du Loiret.
Vincent, réuni à Saint-Eu verte, entra dans le premier canton. Saint-Marc fut compris dans le quatrième, ce qui n'empêcha pas son école d'être annexée a la précédente.
En 1792, les classes de Saint -Eu verte recevaient 250 enfants (1).
Parmi les anciens maîtres nous avons retrouvé les trois noms qui suivent :
174.. Barrois, historien d'Orléans (2) et maître des écoles de charité.
1733. François Pelle.
1733. Louis Coûtant.
2° Éoole de ÛUes.
Nous avons dit a l'article précédent que la paroisse de Saint-Euverte possédait de très-anciennes écoles de garçons. Celle des filles semblerait avoir certains titres légitimes a revendiquer sur elles un droit d'antériorité dont on trouve la preuve dans les actes notariés de l'époque. Il y est en effet question, en 1518, d'une veuve nommée Marion, femme de feu Robert Chevalier, qui tenait école dans le quartier de Saint-Euverte. Cette mention fugitive, vrai présent qu'un heureux hasard nous a fait (3), ne nous permet pas néanmoins de suivre la trace d'un établissement scolaire sur lequel tous autres renseignements nous font défaut. Mais s'il nous est interdit de
(1) Rapport des commissaires, f° 30 v°.
(2) Pollucho, Essais historiques, p. 204.
(3) Nous (lovons à l'obligeance de M. Doinel, archiviste du Loirot, la plupart dos renseignements extraits des anciens actes notariés.
renouer les deux bouts d'une chaîne où la main du temps a brisé tant d'anneaux, nous nous estimons heureuse d'avoir pu tout au moins mentionner l'existence de cette petite école.
Nous rencontrons dans le dossier des écoles de charité une donation faite le 26 avril 1677 a la fabrique de Saint-Euverte par Marie Archambault. Il était dit dans le testament, que cette demoiselle abandonnait ses biens meubles et immeubles aux dames qui tiendraient l'école des pauvres filles, pour servir a leur entretien et a celui des classes, sous la condition que M llc Delonchamps, l'une d'elles, aurait seule, avec une ou deux autres personnes, le droit de choisir et de nommer les maîtresses. Au décès de M lie Delonchamps, le curé de la paroisse et le scholastique devaient lui être subrogés (1) ; mais s'ils ne pouvaient tomber d'accord, l'intervention du grand vicaire de l'évêque serait requise et trancherait le litige.
Un vaste jardin, ouvrant sur la rue des Noyers, était annexé au bâtiment scolaire. Il était dans la censive du chapitre de Sainte-Croix, tandis que la maison était dans celle de l'abbé de Saint-Euverte.
M ilc Archambault avait en outre stipulé que si cet établissement venait à disparaître, toutes les donations dont elle l'avait rendu l'objet feraient retour k l'école des filles de Saint-Paul.
Le 26 février 1700, une rente de 27 liv. 10 s. est constituée a l'école par une personne anonyme. Peu de temps après, M. Dussaussoy lègue k sa sœur,
(i) Testament de M lle Archambault , fonds des écoles de charité.
par testament, une rente viagère réversible, k la mort de celle-ci, sur tous les établissements scolaires de la ville d'Orléans (1).
Le 12 juillet 1702, les dames tenant la classe lui firent présent de la moitié d'un étau de 50 liv. de rente dans la Grande-Boucherie, paroisse Saint-Hilaire (2).
Cependant, malgré tout, la situation des écoles de Saint-Euverte était encore précaire, lorsqu'en 1721 les libéralités d'une personne généreuse, M lle Dutertre, les mirent tout k fait k l'abri des vicissitudes réservées k celles qui n'avaient que des ressources insuffisantes. La totalité du legs se montait k 4,000 liv. ; mais les écoles de garçons en eurent 3,000 pour leur part.
Tout allait donc pour le mieux, lorsque la famille de M llc Dutertre attaqua- le testament : de la procès. Mais le Parlement fit bientôt cesser tout litige ; le 2 octobre 1759, un arrêt favorable aux écoles consacra la validité des dispositions attaquées.
Une bienfaitrice que nous avons déjà nommée, M" 6 Archambault, avait en outre, par ses dispositions testamentaires, légué k la fabrique un fonds destiné k faire apprendre des métiers a d'indigentes jeunes filles de la paroisse. Un premier contrat portant la date du 29 avril 1786 et un autre celle du 18 mai 1792, passés entre M. Tassin de Villepion, trésorier charitable des écoles, et deux maîtresses couturières, confirmèrent toutes les clauses et conditions de l'apprentissage, qui devait durer trois années (3).
(1) Fonds des écoles de charité.
(2)JW.,i6ûi.
(3) Id., ibid.
L'école dont nous retraçons en ce moment l'existence jouissait en outre, comme légataire de M 110 Archambault, d'une rente de 28 liv. 5 s. sur la maison du Saint-Esprit, à Baugency, et d'un revenu foncier de 43 liv. sur un immeuble sis rue du Soleil, paroisse de Saint-Donatien.
Tandis que M 110 Suzanne George dirigeait, de concert avec les autres dames dont nous ferons ci-après connaître les noms, la classe de charité de la paroisse, elle fit l'acquisition de trois maisons qu'elle donna en toute propriété a la fabrique de. Saint-Eu verte pour les écoles de filles. En voici les dates : 2 mars 1706, par devant Ribou ; 7 mai 1723, Odiger, notaire, et 6 avril 1756 (1),
Que l'on ne s'étonne pas du soin si minutieux qu'on nous voit apporter k recueillir pieusement et k conserver les noms que nous rencontrons dans les actes de fondation de nos anciennes écoles primaires. Sans doute beaucoup de ces noms sont ceux de personnes dont la vie s'est écoulée sans bruit, et la plupart du temps ignorée, dans les humbles devoirs d'une profession peu éclatante. Mais s'il est vrai que, po* tout cœur honnête, la reconnaissance constitue a la fois le plus doux et le plus saint des devoirs, elle nous impose, croyonsnous, celui de faire connaître ces noms, car ils sont ceux d'amis de l'humanité et de bienfaiteurs de l'enfance indigente. Et si, au milieu de la douce tâche que nous avons assumée de les grouper ici — afin de ne pas les frustrer de la gratitude a laquelle ils ont droit — il se mêle quelque regret et quelque tristesse, c'est de ne pouvoir soulever le voile de l'anonyme dont beau-
(1) Archives du Loiret, A, 935.
coup de ces personnes généreuses se sont enveloppées, afin de les signaler a la reconnaissance de leurs descendants.
C'est k cette place encore qu'il convient d'inscrire les noms de deux hommes aussi modestes que vertueux, dont la bourse et le cœur furent constamment au service des écoles de Saint-Euverte : l'un, M. de Sélorges, ancien exempt des gardes du roi ; l'autre, M. René Maubert. Le premier entra dans les ordres, et, sous ce nouvel habit, continua k dépenser sa fortune et ses forces au service des pauvres. C'est à son zèle expérimenté que M. Jogues de Bouland, dont nous parlerons plus spécialement dans un des paragraphes suivants, confia le soin de constituer l'école qu'il fondait de ses deniers dans la paroisse de Saint-Euverte. Mais la mort, qui ne respecte pas même la vertu, vint, k deux ans d'intervalle, atteindre les deux amis, et leur œuvre eût été compromise, si un article du testament de M. Jogues n'eût contenu le legs d'une somme destinée a procurer k l'école l'entretien de 60 enfants*
René Mâubert, aussi Orléanais et disciple de M. Jogues, exerçait la profession d'avocat. Il y renonça, gagné aux bonnes œuvres par l'attrait de la vertu communicative de son ami. Devenu bientôt l'émule de son dévoûment, il partagea pendant quelques années la vie laborieuse k laquelle M. Jogues s'était voué. Mais une vocation plus parfaite le réclamait : il entra au monastère de la Trappe, et il y termina dans la pénitence une vie déjk régénérée par la charité (1698).
La bonne tenue de cet établissement scolaire lui avait promptement acquis une importance considérable, si
bien qu'en 1780 quatre maîtresses supplémentaires (1) suffisaient a peine aux besoins de la classe dirigée par M iic Suzanne George; c'étaient : Jeanne Foucault, Thérèse Bruneau, Marguerite Polluche, Anne-Françoise Côté. Espérance Moireau, Madeleine Froc, M ,lc de Gizel et Marie Marigny leur succédèrent de 1757 a 1775.
En 1792, 100 petites filles y apprenaient gratuitement à lire, à écrire et a travailler de l'aiguille, sous la direction des D Uc * Maillet et Victoire Marinier, dont le traitement de 700 liv. était pris sur les revenus de l'école ; mais elle devait pourvoir a l'entretien de l'immeuble et aux impositions.
Elle recevait en outre 300 liv, de la société philanthropique, pour le traitement de la maîtresse de couture (2).
Il paraît vraisemblable, car la paroisse de Recouvrance nous offre un exemple analogue, que certaines écojes de filles renfermaient des oratoires ou chapelles où l'on célébrait parfois le service divin. Cette conjec-
(1) Fonds des écoles de chanté.
(2) Rapport des commissaires du district, f° 35 r°.
Nous savons peu de chose de cette société, qui aurait eu pour fondateur le duc d'Orléans, comme nous l'apprend le Rapport, et dont la caisse venait en aide aux diverses œuvres de charité du diocèse. Nous inclinerions à penser que les nouvelles dénominations, introduites par le langage révolutionnaire, ont pu jeter quelque confusion dans les choses aussi bien que dans les termes, et que l'institution qu<> les commissaires du district qualilicnt de société ou caisse philanthropique n'était pas différente du bureau des œuvres de charité, institué après le décès de M. de la Manerie pour gérer les 950,000 livres d'aumônes qu'il avait laissées pour les bonnes œuvres, et en particulier pour les écoles.
ture nous parait confirmée par la possession, attribuée à ces maisons scolaires, d'ornements et de linge d'église, ainsi qu'il résulte d'un inventaire que nous avons recueilli et qu'on trouvera h notre appendice (1).