SAINT -BENOÎT- DU -RETOUR
1» Êoole de garçons.
L'école de garçons de cette paroisse remonte à une haute antiquité. Les registres de l'état civil nous livrent, dès une époque assez reculée, les noms de quelques grammairiens y tenant tutelle, et parmi eux celui de Martin Legendre, qui semblerait avoir exercé cette profession pendant une longue suite d'années, car il nous apparaît en qualité de maître d'école de 1536 a 1569. Nous trouvons encore les titres, de « licencié en loys et professeur de bonnes lettres » joints a son nom dans plusieurs actes, notamment dans celui de 1538, précédemment cité, où l'Université elle-même le reconnaît pour un de ses membres, en sa qualité de maître de tutelle.
(1) Selon l'opinion la plus accréditée, Saint-Benoît-du-Retour fut fondé par les religieux de Fleury pour leur servir de refuge contre les invasions des Normands. Cette antique église, aujourd'hui occupée par une tannerie, était située près du bord de la Loire, entre la rue Guillaume et celle de la Poterne, au centre d'une petite place à laquelle elle a donné son nom.
En effet, Martin Legendre, nonobstant cette affiliation au premier corps enseignant de la province, n'en conserve pas moins aussi la dénomination non moins honorable, quoique plus modeste, de maître d'école. Et nous y voyons, à notre tour, la preuve qu'il était certainement quelque chose de plus qu'un simple instituteur primaire, ou plutôt que cet humble emploi n'était pas dédaigné aux XVII e et XVIII e siècles par les hommes les plus lettrés. L'on en peut dire autant de Gentien Hervet, de Nicolas Duchemin et de bien d'autres encore, car il est permis de penser, et il semble même hors de doute, que ces savants, dont le nom se trouve associé dans une communauté de titres et de fonctions, pouvaient n'être, en somme, que des professeurs libres de belleslettres et de sciences, tenant tutelle, c'est-à-dire enseignant chez eux les humanités, la philosophie ou la dialectique, dans les heures de loisirs de leurs devoirs professionnels.
Nous serions d'autant plus disposée a accueillir cette conjecture, d'ailleurs fort rationnelle, que Martin Legendre fut, après sa mort, l'objet d'une distinction qui n'est généralement pas le partage d'un simple maître d'école. On a, en effet, retrouvé tout récemment dans les ruines de l'église de Saint-Benoît-du-Retour, qui était celle de la paroisse où Martin Legendre tenait tutelle, une magnifique pierre tombale où il est représenté couché et revêtu du costume universitaire. Cette pierre, dont notre musée historique s'est heureusement enrichi, porte une inscription assez bien conservée (1)..
(4) I& découverte de cette pierre tumulaire, récemment retrouvée par M. le D r Gharpignon, a donné au nom de Martin
Après le décès de ce savant maître, l'école passa aux mains de Jeban Chambault, qualifié des mêmes titres que son prédécesseur.
Il y a tout lieu de croire que cette tutelle, dont les maîtres s'étaient succédé pendant si longtemps dans la paroisse de Saint-Benoît, tomba en désuétude à la fia du XVII e siècle k cause de la grande proximité où elle se trouvait de celles de Saint-Hilaire, Saint-Donatien et Saint-Pierre-le-PueJlier, et surtout par suite du peu d'importance de cette circonscription paroissiale qui ne comprenait en tout que quatre rues.
Mais il est bizarre que nous ne trouvions, au XVIII e siècle, aucune pièce où il soit fait mention de cette école ni aucune fondation s'y rattachant, car nous avons la preuve que non seulement elle ne fut point abolie, mais quelle remplaça "même, en 1752, la maison scolaire supprimée de Saint-Donatien, comme il résulte de l'inventaire ci-après (voir paroisse de Saint-Donatien), En passant du rang des tutelles à celui des écoles paroissiales de charité ? sa destination se serait donc sir multanément modifiée.
Voici les noms des anciens maîtres :
1536-1569. — Martin Legendre.
1536. — Jean Chambault.
Legendre une notoriété qui nous a inspiré le désir d'avoir sur sa vie privée quelques détails plus particuliers. Voici ce que nous apprend un acte notarié conservé dans l'étude de M» Garapin $ Martin Legendre, outre ea profession de maître d'école, exerçait encore celle d'avocat. Il était fils de Jean Legendre, marchand, demeurant à Vuyères, près d'Évreux, et de Raouline. Fleury. Il épousa le 14 janvier 1534 (ancien style) Françoise de la Ruelle, veuve de Jacques Gailloret, fille de feu Antoine de la Rueljc, chirurgien, ef d'Anne Ruquidore.
1609. — Michel Besnard.
1620. — Christophe Cardinal.
4637-1646. — Jacques Sellier (il passe à Saint-Paterne).
— Estienne Gauldry.
. . . .-1665. — Nicolas Cardinal.
1648. « Sébastien Ducarroy.
1663. r~ Alexandre Delanoue.
1Ç75. — Claude Dodon (passe à Saint-Paul),
2° Éoole de filles.
Il y avait aussi une école de filles dans la paroisse de Saint-Benoît, car nous trouvons en 1783 le nom de la dame Laire avec la qualification {le maîtresse d'école.
SAINTE-CATHERINE, 1° Éooles 4e garcoqs.
Les deux paroisses de Sainte-Catherine et de Saint- Pierre-Ensentelée étaient voisines (1), et on les avait réunies sous le gouvernement d'un seul curé. Toutes deux étaient dotées d'écoles dès une époque très-reculée, bien qu'elles fussent très-rapprochées de plusieurs autres
(1) Sainte-Catherine était située au midi et au pied de la tour du Beffroi. La cour de la maison rue du même nom, portant le n° 28, en occupe aujourd'hui remplacement*
Dans l'origine, Sainte-Catherine était une chapelle dépendante de Saint -Pierre-Ensentelée ; mais lorsque Saint-Pierre fut démoli, en 135Q, pendant les guerres avec les Anglais, on reporta le titre paroissial sur Sainte-Catherine, et le lieu où s'élevait l'ancienne
églises auxquelles des établissements scolaires étaient annexés. Les écoles des deux paroisses dont nous parlons paraissent avoir été distinctes les unes des autres. La tenue défectueuse des registres paroissiaux de cette église, où, nous l'avons déjà fait observer, la profession des intéressés est, la plupart du temps, omise, ne nous a pas permis de donner, par une liste de noms aussi complète que nous l'eussions souhaité, la preuve de la continuité de renseignement primaire dans cette paroise, bien qu'il s'y trouvât simultanément plusieurs écoles en. exercice.
1571. — Jean Gaignant, maître d'école.
1597. — Jacques Bruant, maître d'école.
4597. — Pierre Juqueau, maître d'école.
1620. — Germain Delorme, maître d'école.
1621. — Michel Dumuy, maître d'écriture.
1649. — Pierre Caillault, maître d'école.
1650. — Louis Alliaume, maître d'école.
1651. — Michel Robillard, maître d'école tenant tutelle d'éfcriture.
1657. — Euverte Prou, maître grammairien.
....-1658. — François Namps, maître d'école (ci- devant à Saint-Sulpice).
1662. — Gabriel Foirien, maître d'école.
1662. — Jean Sellier, maître d'école et d'écriture. 1662. — Denis Degouillon.
1669. — Claude Guyot, maître de grammaire et d'écriture. . . . .-1676. — Pierre Legeay, maître d'école.
église devint le cimetière de la nouvelle. Rebâti, Saint-Pierre fut séparé de Sainte-Catherine par Alexandre VI. En 1399, les deux cures étaient unies à la pénitencerie, tandis qu'à une époque antérieure (1344), Sainte-Catherine seule dépendait de la prébende du pénitencier. (Répertoire du trésor des titres de l'Église d'Orléans, t. II, p. 472, bibl. de l'Évêché.)
1677. — Claude Hubert, maître écrivain.
1679. — Mathurin Picard, grammairien.
1680. — Jacques Gasté, grammairien.
1682. — Nicolas Micheau, grammairien.
1683. — Alex. Delanoue, grammairien.
-1686. — Pierre Géraud.
. . . .-1688. — François Bruneau.
1689. — Jean Bougeret, maître grammairien.
1690. — Joseph Hubert, grammairien (passe à Saint-Pierre- Ensentelée).
Le relevé fait en 1792 par les commissaires du district ne contient aucun renseignement relatif a l'ancienne école de Sainte-Catherine, qui était alors, paraîtil, réunie k celle de Saint-Pierre-Ensentelée, et. nous ne pouvons, en conséquence, fixer la date de Tannée où elle fut ouverte. Il est dit seulement dans le rapport que sa fondation remontait a une époque très-éloignée et que le sieur Barbot, maître que la Révolution trouva en fonctions, avait une classe semi-gratuite et semi-payante* Trente élèves en 1792 contribuaient ensemble a lui assurer une allocation de 100 livres ; les vingt-cinq autres fréquentaient gratuitement Técole. Le maître pourvoyait à son logement; mais il recevait de la fabrique un supplément annuel de 133 livres (1).
2° Éoole de flUes.
Bien que le fonds des écoles de charité ne contienne aucune pièce se référant a cette seconde école de la paroisse Sainte-Catherine, non plus qu'à la première, nous apprenons néanmoins, par le rapport du district,
(1) Rapport des commissaires du district, î° 30 v°.
quelle était considérée comme très-ancienne (1); mais, pas plus que pour les précédentes, la date de fondation n'est produite ; cependant le nom de la veuve Hubert Debeaume, qui figure sur le registre de la capitation de 1690, nous semble appartenir à cette école.
Lors du relevé général de 1792, on constata que Marguerite Blondean recevait dans sa classe gratuite cinquante-cinq petites filles, pour lesquelles la fabrique lui accordait une indemnité annuelle de 250 livres, sans le logement.
La paroisse Sainte-Catherine ayant été annexée en 1792 k celle de Sainte-Croix, en même temps que celles de Saint-Hilaire, Saint-Donatien, la Conception (alias Saint-Flou) et Saint-Pierre-le-Puellier, toutes ces écoles particulières disparurent. Ce fut du reste pour bien peu de temps, car 1793, s'emparant de tous les biens communs des paroisses, les petites écoles ne furent pas plus ménagées que ne l'avaient été leurs sœurs atnées.
SAÎNTE-CHO|X.
1° Éooles de garçons.
Le quartier de Sainte-Croix est celui dans lequel il paraît y avoir eu le plus anciennement des petites écoles. Bien que situées dans la rue Saint-Eu verte, en face du Petit-Saint-Loup, elles étaient destinées a recevoir les
(4) Rapport des commissaires du district, f° 35 v°.
enfants de ces vastes quartiers . C'est a M- François Jogues de Bouland que revient, au XVII e siècle, l'honneur de leur fondation. Plus tard, les frères s'y installèrent et continuèrent k tenir l'école commune a Sainte-Croi* et k Saint-Eu verte. L'enseignement des frères devint en peu de temps si populaire qu'il fallut bientôt associer un pensionnat a l'école gratuite ; mais le local faisant défaut, l'on dut renoncer an pensionnat et rendre à l'école gratuite, en 1767,1a part de bâtiments qu'on en avait distraite.
De très-antiques actes de cette église mentionnent en H 35 Hugues, magister scholarum Sancte Crucis, — il l'était depuis 1111. Un peu plus tard, en 1200, Hameric apparaît investi des mêmes fonctions.
Ces deux noms appartiennent a la célèbre école épiscopale, et, ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs (1), le titre de magister scholarum est celui du schol asti que. Hameric ne figure point sur la liste de ces dignitaires dressée par M. le chanoine Hubert. Mais nous y trouvons deux personnages du nom d'Hugues, l'un en 1111, l'autre en 12.., prédécesseurs immédiats d'Hélie. Au reste, il était peu nécessaire qu'il y eût de petites écoles la où il y en avait* de grandes, les enfants les plus jeunes y étant admis. Or, l'antiquité des écoles épiscopales n'est plus à prouver, puisque déjà, au commencement de la première moitié du XI e siècle (1054), les fonctions d'écolâtre ou seholastique étaient exercées par un clerc nommé Eudes ou Odon. Celui-ci encore n'était point le plus ancien directeur de l'école épiscopale, et l'on se souvient qu'elle avait été longtemps régie auparavant par
(1) Voir nos Recherches historiques sur le chapitre cathédral de l'Église d'(h*léans. (Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XIX.) Orléans, Herluison, 1881.
le fameux Wulfin Boèce, ami et commensal de Charlemagae au IX e siècle, puis au XI e par Etienne et Lisoius, dont on connaît la fin tragique (1). Cependant, malgré la longue antériorité que revendiquent les écoles de Sainte- Croix sur celles des autres quartiers, cette église, siège du chapitre cathédral et sans titre paroissial, ayant été Tune des plus maltraitées dans ses archives, ce n'est guère qu'a partir du XVIII e siècle que nous avons pu recueillir quelques noms (2) de maîtres des petites écoles de charité qu'y fonda M. Jogues, sous Tépiscopat de M* r de Coislin.
1702. — *Anne Degeorge.
1735. — François Duval (passe à Saint-Donatien).
— Hubert.
— Christophe Martin.
1757-1775. — Servant.
1769. — Ch. Cordier.
1788. — Philibert Thierry.
Sainte-Croix fut érigée en paroisse en 1791.
2° Êoole de filles.
Le nom de Marie Breton (1769) est le seul que nous ayons pu retrouver parmi ceux des maîtresses d'école de de Sainte-Croix.
En 1791, un grand nombre de paroisses, supprimées comme telles, furent réunies a Sainte-Croix; mais nous n'avons pas a nous en occuper ici, parce que nous les mentionnerons à mesure qu'elles se présenteront au cours de ce travail.
(1) Ces deux chanoines, manifestement convaincus d'adhésion à l'hérésie cathare, subirent à Orléans le supplice du feu en présence du roi Robert et de la reine Constance, Tan 1022.
(2) Rôles de la capitation (archives municipales d'Orléans).
SAINT-DOMATIEN, — SAINT-FLOU, allOS L4 CONCEPTION (1),