‹ L'instruction primaire avant 1789 à Orléans et dans les communes de l'arrondissement d'après desChapitre 20 sur 71 · NOTRE-DAME-DE-RECOUVRANCI · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME-DE-RECOUVRANCI

1* Éoolea de garçons.

Notre-Dame-de-Recouvrance fut jusqu'en 1709 succursale de la paroisse de Saint-Laurent, ce qui n'empêchait pas que toutes deux eussent leurs écoles. La tenue si défectueuse des registres de l'état civil, où presque jamais la profession des déclarants n'est indiquée, a rendu k peu près vaines nos laborieuses recherches parmi les registres paroissiaux de cette église.

(1) Voir rapport des commissaires, f° 33 v°.

Il résulte cependant du petit nombre des documents qu'il nous a été donné de recueillir qu'en 16.. il s'y trouvait une école de garçons tenue par Nicolas de la Saussaye, demeurant dans la maison de la Harpe, sise rue du Ravelin-Saint-Laurent (1), et qui mourut en

La similitude de noms nous permet de tenir pour vraisemblable que celui qui exerçait dans le quartier de Recouvrancc les modestes, mais utiles fonctions de maître d école, était parent du savant doyen Charles de la Saussaye, qui d'abord fut curé de Saint-Pierre- Ensentclée et grand vicaire, puis, en quittant Orléans, devint recteur de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, à Paris, et mourut en 1621.

En 1756, M. Vandebergue fournissait gratuitement le local de la classe des garçons, comme il résulte des deux articles suivants extraits des comptes de fabrique de l'église de Recouvrance, et qui font actuellement partie de ses archives : « Reçu de M. Vandebergue, pour gratification pour la classe des garçons, 40 liv. » (F 96 v°.) « A M. Vandebergue, pour loyer de la classe des garçons, 10 liv. » (F 97 v°.)

En 1759, M. Vandebergue garda le montant du loyer. (F 106 v°.)

En 1759-1760, la fabrique dépensa 130 liv. pour le mobilier des écoles (loc. cit.).

Nous trouvons encore comme maîtres :

(1) Cotte rue prit ensuite le nom de rue Croix-dc-par-Dieu, à cause d'une maison au fronton «le laquelle se voyait ce signe accompagné des premières lettres de l'alphabet, — ce qui nous indiquerait qu'il s'y tenait très-anriennement une école; — elle s'appelle aujourd'hui rue des Turcies.

1672. — Florent Guillaume.

1754. — Garnier.

1764. — Bournivet.

1765. — Le frère Serrurier.

1766. — Vidy.

1771. — Le frère Haval.

1772. — Le frère Hazot.

1774. — Garry.

1788. — N. Royer ou Roger.

Presque tous ces noms sont extraits des comptes des marguilliers.

L'école laïque subventionnée par la fabrique continuait, on le voit, à seconder les frères dans renseignement des enfants nécessiteux.

En 1750 et 1751, deux quêtes pour l'école produisirent 151 liv. 4 s.

En 1756-1757, les filles eurent part au fruit des quêtes, qui montèrent k 84 liv.

Le rapport rédigé par les commissaires du district fait remonter à Tannée 1755 la fondation d'une école de charité de garçons. Deux instituteurs, Poincloux et Botre, la dirigeaient depuis dix ans en 1792, et elle recevait alors 150 écoliers. Mais, à l'époque dont nous parlons, Recouvrance venait d'être jointe à Saint- Paul, et si les deux maisons se trouvaient confondues quant k la dénomination, elles avaient toujours des maîtres distincts. Chacun d'eux touchait un traitement de 400 liv. (1).

(1) Arch. de la fab. de Recouvrance : détail de ce que chaque marguillier doit payer dans son année pour la fabrique, dressé en 1766.

Les classes de charité de la paroisse avaient eu largement part aux immenses libéralités de M. Masson de la Manerie. Une fondation de cet homme de bien, dont les titres existent encore dans les archives de la fabrique de Notre-Dame-de-Recouvrance, mettait les écoles en possession de 125 liv. de rente, dont 100 pour le mattre et 25 pour les livres de classe.

De 1751 k 1756, les articles relatifs au legs de M. de la Manerie ne figurcut pas dans les registres de fabrique parmi ceux des 'comptes annuels que rendait le marguillier d'honneur; ils donnent lieu à une comptabilité spéciale et distincte.

De 1756 k 1774, le marguillier d'honneur cesse de tenir un état à part de cette fondation, et on la trouve alors réunie à celle de M. Marchand, uniquement affectée au soulagement des pauvres, et au legs de M œ< Luillier.

Il y avait en outre dans le legs de M. de la Manerie 600 liv. pour le pain des pauvres et des malades, et pour des petits métiers, et 150 liv. pour un grand métier h la disposition de la famille du fondateur, qui devait choisir le sujet dans la paroisse.

Enfin l'école avait droit à la moitié d'une autre rente de 10 liv. fondée en sa faveur par M me Luillier et dont nous constatons la première mention en 1748 (1).

2° Éoole de fines.

L'école de charité de filles de Notre-Dame-de-Recouvrance ne parait pas moins ancienne que celles des

(4) Rapport des commis s., fol. 30 \°.

garçons. Dès l'origine elle était sise rue du Four-à- Ghaux; mais les comptes de fabrique de 1717-1719 nous apprennent, qu'elle se tenait alors dans la maison de M. le curé. Les réparations faites cette année s'élevèrent k la somme de 108 liv. (1).

En 1752, le local scolaire était fourni à la fabrique par M. Perdoulx moyennant 40 liv., comme il résulte de ses quittances (comptes de Tannée précitée). Le bail, cependant, fut résilié avant son expiration (2).

Un acte de l'état civil de 1656 mentionne le décès de Charlotte Tripault, décédée rue du Four-k-Chaux k l'âge de vingt-cinq ans, et un autre, portant le millésime de 1672, celui d'Anne Patas, toutes deux maîtresses de cette école. Nous trouvons ensuite :

1754. — D"« Breton.

1756. — D^ Boudin.

1757-1775. — Madeleine Bonneau.

1760. — D«e Poisson.

Le 11 novembre 1754, il y eut une assemblée paroissiale des principaux habitants pour arrêter le choix d'une institutrice, attendu que la précédente s'était volontairement retirée.

Il résulte du procès-verbal de cette assemblée qu'en acceptant pour ses honoraires les 110 liv. que M. de la Manerie et M mo Luillier avaient constituées à cette fin,

(1) « Paie à Bénier, masson, pour réparations grosses et menues, et couvertures rl'ardoize de la maison de M. le curé où est l'escolle des filles de la paroisse, qui me doibt être rembourcé par le curé ou la paroisse, montant à la somme de 108 livres. » (Compte de M. Prévost des Coutures. Reg. de fabr., f° 9 v<>. Arch. de l'église paroissiale de llecouvrance.)

(2) V. Pièce justificative VITI.

la demoiselle Marie-Claude Boudin offrait de se loger, elle et sa classe, à ses frais et dépens, ce qui fut accepté, et elle fut investie des fonctions de maîtresse d'école (1).

Enfin les rôles de la capitation nous révèlent k leur tour le nom de Madeleine Bonneau qui, de 1757 à 1775, aurait été attachée en la même qualité k l'école de Recouvrance, et qui demeurait dans la rue du même nom.

En 1775, le nombre toujours croissant des écolières nécessita la scission des cours en deux parties, et il y eut la grande et la petite classe. Le loyer de celle-ci coûta lit livres pour les trois années 1781, 1782 et 1783 ; le loyer du logement des deux institutrices monta seul k 84 livres.

M. Masson de la Manerie n'avait pas voulu faire pour Técole de filles moins que pour celle des garçons; aussi, dans la fondation de 1,000 liv. dont nous venons de donner ci-dessus le détail, trouvons-nous la maîtresse de la classe de charité inscrite pour une pareille rente de 100 liv., plus 25 liv. pour les livres de classe. Elle avait en outre 10 liv. de la fondation de M me Luillier.

Il semblerait permis de croire, d'après une note

(1) Voir pièce justificative IX, le procès-verbal de cette assemblée dont M. Oct. Raguenet de Saint-Albin, membre de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, a bien voulu nous donner communication. Nous nous faisons un devoir de lui adresser ici nos remercîments pour la connaissance qu'il nous a procurée de plusieurs pièces fort intéressantes relatives à l'enseignement primaire dans cette paroisse.

extraite des archives paroissiales que nous citons, — et qui appartiennent encore à la fabrique de Reçouvrance, — que certains offices se célébraient dans les écoles, car il est question « d'un graduel » qui s'y trouvait et qui aurait « été rapporté à la sacristie (1). » Nous avons déjà eu l'occasion de faire cette remarque en nous occupant de l'école de Saint-Euverte.

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