‹ L'instruction primaire avant 1789 à Orléans et dans les communes de l'arrondissement d'après desChapitre 19 sur 71 · NOTRE - DAME -DU- CHEMIN · texte numérisé non relu

NOTRE - DAME -DU- CHEMIN

1<> Éooto de garçons.

La paroisse de Notre-Dame-du- Chemin, à laquelle un savant écrivain Orléanais a consacré une notice (2) qui est comme lacté de naissance de son antique église, disparut, ainsi que beaucoup d'autres, lors de la délimitation nouvelle des circonscriptions paroissiales en 1791. Elle portait autrefois le nom de chapelle Saint-Àignan, et était située à une courte distance de cette collégiale et de Saint-Euverte.

Sans doute elle dut avoir, aux XIV e et XV e siècles, comme en avaient tous les autres quartiers de la ville, ses maîtres d'école ou de tutelle. Mais la vie silencieuse et paisible de ces utiles fonctionnaires s'est éteinte,

(1) Notrc-Dame-du-Ghemin, alias chapelle Saint-Aignan, dont les derniers vestiges ont récemment disparu pour faire place à une construction moderne, était située à l'extrémité orientale de la rue Bourgogne.

(2) M. Boucher de Molandon, Charte d'Agius et l'ancienne chapelle Saint-Aignan, alias Notre-Dame-du-Chemin. Étude historique sur la fondation de cette église au L\> siècle. Orléans, Herluison, libraire-éditeur, 1868, et Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XI.

bien souvent, sans laisser de traces : leur souvenir ne vivait que dans la mémoire de générations aujourd'hui disparues.

Les documents relatifs k cette paroisse qui sont parvenus jusqu'à nous ont une origine relativement trèsmoderne.

« Dès Tannée 1711, dit M. de Molandon, son curé, M. Ythier Doulceron, léguait 2,100 livres pour créer une école de charité où seraient reçus gratuitement et sans exception les jeunes garçons de la paroisse. Son neveu, M. Aignan Adeneau, curé à son tour, complétait en 1742 cette fondation. De charitables dames (1) lui apportaient des dispositions d'une touchante délicatesse et des dons d'une véritable munificence. On distribuait des livres aux enfants, du chanvre k filer aux mères ; on donnait des métiers aux jeunes filles, des soins, de l'appui k tous (2). »

« J'ai retrouvé avec bonheur, ajoute M. de Molandon, parmi les personnes dont le nom se rattache a ces pieux établissements, un nom qui m'est cher, celui de M. de Cuve, et le nom vénéré de notre immortel jurisconsulte Robert-Joseph Pothier. »

Cette gratuité d'enseignement cessa d'être absolue pour tous les écoliers k une époque que l'absence de documents précis ne nous permet pas de déterminer ; mais en 1792 le sieur Arca, maître laïque de cette école, n'admettait k la gratuité que les enfants âgés de moins de sept ans (5).

(1) MM»»» Pertuis en 1733, Mlle de Menou en 1780.

(2) M. Boucher de Molandon, Charte d'Agius, p. 86. (Voir §§ 5 et 18, La Conception et Saint- Pierrc-le-Pueltier.)

(3) Rapport des commissions du district, f° 30 v°

Les honoraires de l'instituteur étaient à la charge de la fabrique, qui lai donnait annuellement 240 livres et le logement ; 60 élèves environ participaient k cette classe.

Les registres paroissiaux de Notre-Dame-du-Chemin nous ont en outre conservé les noms de deux autres maîtres d'école : Philippon en 1775, et Mathurin Galichet en 1780. Deux frères de la doctrine chrétienne y tenaient une seconde classe.

2» Éode dt fille*

M 1Ie de Menou, dont le nom a été cité à l'article précédent comme celui d'une des principales bienfaitrices de l'école de garçons de Notre-Dame-du-Chemin, voulut aussi offrir aux petites filles indigentes de cette paroisse, où elle avait déjà accompli tant d'oeuvres utiles, une école gratuite où l'instruction leur était donnée par des religieuses.

Chez les personnes dont la vie se dépense au service du prochain, les effets des bonnes inspirations^ ne se font guère attendre. M lle de Menou fit donc promptement construire une maison d'école et y installa deux filles de la sagesse de la communauté de Saint-Laurent-sur- Se vre, en Poitou (1). Après avoir ainsi pourvu aux premières et lourdes dépenses de l'installation, M lIe de Menou convint avec la fabrique que celle-ci se chargerait du traitement des sœurs et de l'entretien des bâtiments scolaires ; mais afin que la nouvelle

(i) Voir pièce justificative Vil, le procès-verbal de l'installation des sœurs dans cette paroisse.

fondation ne fût pas un jour condamnée à périr faute de ressources, elle constitua sur le clergé un capital de 13,250 livres dont le revenu serait affecté aux besoins des classes.

Tant que vécut la bienfaisante fondatrice, la petite école demeura environnée d'une protection affectueuse, et qui souvent se traduisit par les dons les plus généreux.

Une troisième religieuse venait d'être adjointe aux deux premières (1), lorsque s'opéra la réunion de Notre-Dame-du-Chemin k Saint-Euverte ; cette dernière paroisse hérita dès lors des charges relatives k l'école.

La société philanthropique concourut jusqu'en 1791, pour une somme de 300 livres, au traitement de la sœur adjointe, qui avait pour fonctions spéciales de visiter k domicile les pauvres malades de la paroisse.

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