‹ L'instruction primaire avant 1789 à Orléans et dans les communes de l'arrondissement d'après desChapitre 29 sur 71 · SAINT-MARC · texte numérisé non relu

SAINT-MARC

1° École de garçons.

La paroisse suburbaine de Saint-Marc, devenue en 1790, le quatrième canton du district d'Orléans, fut annexée a la même époque a celle de Saint-Euverte. Elle possédait depuis très-longtemps, dit le rapport de 1792, deux écoles pour les enfants des deux sexes.

Nous n'avons pu retrouver dans les dossiers, malheureusement incomplets, des archives paroissiales les titres de la fondation de la première ; mais nous y voyons un acte passé devant Chappe le 15 octobre 1747, par lequel la fabrique se rend propriétaire d'un immeuble sis au quartier de la Belle-Croix, pour y installer l'école gratuite. Les deniers de cette acquisition, qui monta a 1,200 liv., furent fournis par différentes personnes (2).

Une autre pièce, puisée dans un fonds différent, nous apprend qu'elle n'avait pas été établie pour les seuls enfants de la paroisse, mais a condition que ceux

(1) Rapport, f° 34 r<>.

(2) Fonds de la paroisse de Saint-Marc, liasse de papiers de fabrique.

de la commune de Fleury, qui en est limitrophe, y auraient également accès (1). It parait même que la jeune population scolaire de cette dernière localité y constituait la majorité des écoliers, car les enfants de Saint- Marc, peu éloignés de Notre-Dame-du-Chemin, où les classes étaient tenues par des frères de la Doctrine chrétienne, s'y rendaient de préférence, l'instituteur ayant trouvé moyen d'éluder une condition formelle de son mandat et de transformer la gratuité obligatoire pour tous en une faveur accordée seulement à quelques élèves. Ces privilégiés, réduits au nombre de dix-huit, étaient a la nomination du curé.

En temps ordinaire, l'école de Saint-Marc recevait une centaine d'enfants, et il est probable que les petits garçons de Fleury cessèrent de la fréquenter lorsque cette commune en posséda une k son tour.

La disparition de la majeure partie des archives paroissiales de Saint-Marc nous empêche de présenter le tableau complet et détaillé de ses revenus scolaires. Nous savons seulement que M. Masson de la Manerie lui avait légué une rente de 75 liv. (16 juin 1750). Le maître percevait en outre le produit des deux quêtes annuelles du vin et des javelles, et celui de huit perches de terrain attenantes a l'école.

Cet usage de se présenter au domicile des habitants pour recevoir en nature une part de leurs récoltes était établi dans la plupart de nos communes rurales, du moins dans celles où les revenus de l'instituteur étaient insuffisants. 11 subsiste encore dans quelques localités.

(1) Fonds des écoles de charité.

Les réparations de la classe étaient a la charge de la fabrique (1).

Parmi les maîtres qui se succédèrent à Saint-Marc, nous sommes en mesure d'en signaler cinq :

1690. — Pierre Marois.

1769. — Christophe Landré.

1775. — Louis Boucher.

. 1783. — René Duplessis.

1788. — Durand.

2° Éoole de fUles.

Elle fut fondée, le 25 août 1710, par une personne anonyme qui lui assura 100 liv. de rente au principal de 2,000 liv. (2).

La paroisse ne possédait point d'immeuble scolaire, et les classes se faisaient dans la demeure de la directrice, Claudine Pouet, veuve Larousse, lorsque, avec une générosité digne de tout éloge, elle abandonna a la fabrique, en pur don, la propriété de son immeuble, sis au Coin-Rond, avec 10 liv. de rente foncière (3) pour les réparations, a condition que la classe continuerait a y être tenue.

Quatre-vingts enfants s'y rendaient en moyenne avant 1792. A cette date leur nombre n'était plus guère que de la moitié.

Les revenus fixes consistaient en 195 liv. :

(1) Rapport, fl> 31 v°.

(2) Fonds des écoles de charité.

(3) Id., ibid., pièce cotée 48.

75 liv. du bureau de charité de M. de la Manerie.

20 liv. du scholastique .

100 liv. par les mains du curé de Saint-Marc.

Plus les deux quêtes ordinaires du vin et des javelles (1).

En 1783, l'institutrice des pauvres filles se nommait M I,e Sendré.

SAJNT-MARCEÀU 1° Êool« de garçons.

Le 27 mars 1711, par acte passé devant Bruère, notaire au Châtclet d'Orléans, le sieur Bauguin donna a la fabrique de Saint-Marceau une somme de 300 liv. qui servirent à l'acquisition d'une maison sise en la Grand'Rue, près l'église, où s'installa l'école de garçons (2). Cependant il n'est point dit que cette donation et l'acquisition d'immeuble qui en fut la suite eussent pour objet l'institution première d'une classe de charité dans cette paroisse suburbaine ; nous pensons même que l'on peut sans témérité en considérer la fondation comme très-antérieure au fait que nous rappelons, car un autre article de l'inventaire des biens paroissiaux où nous avons recueilli le détail qui précède, comme ceux qui vont suivre, porte que le 29 janvier 1687, par

(1) Rapport, f» 36 r<>.

(2) Inventaire des titres de la fabrique de Saint-Marceau, de Fart. SB à 104.

donation testamentaire de M. Philippe de Villeneuve, reçue par Rou, il légua a l'Hôpital-Général une maison sur laquelle l'école de garçons percevait une rente de 12 liv. (art. 101). Et d'ailleurs le nom d'un maître figure sur les rôles de la capitation en Tannée 1690.

Diverses fondations faites à des époques successives vinrent bientôt donner a cette institution, encore mal assise, une existence assurée et même prospère. Voici, d'après le document où ils sont énumérés, quels étaient ses autres revenus :

6 liv. 10 s. de rente au principal de 170 liv. dont 150 léguées par Claudine Billard, femme Pierre Gallerand, et 20 liv. données par Marguerite Lejeune, veuve de Mathieu Baugis (Cavel, 28 juin 1719).

7 liv. 10 s. au principal de 150 liv., legs de M. de Mareau, doyen de l'Église d'Orléans (Jullien, 26 septembre 1735).

100 s. de rente au principal de 100 liv., legs d'André Béchard, par testament du 14 juin 1739 (Béchard, notaire).

10 liv. à prendre sur demi-arpent de vigne au clos de l'Allouette ou Bellevue, paroisse Saint-Marceau, legs de Madeleine Robichon, par testament déposé chez Changeux, le 4 mars 1713, et à la charge de deux messes basses.

10 liv. au principal de 200 liv., provenant pour 50 liv. d'un legs de la veuve Delorme et pour 150 liv. d'une donation faite par Madeleine Clément (1 er avril 1743).

12 liv. 10 s. en deux parties : 100 s. au principal de 100 liv., provenant d'une acquisition faite par la fabrique, et 7 liv. 10 s. au principal de 150 liv., legs de Marie Billard, veuve Pierre Moizard, selon son testament reçu par Bruére le 4 décembre 1714.

10 liv. rachetables de 200 liv., legs de Jacques Proust, par testament du 16 avril 1785, reçu par Godeau, notaire, à la charge d'une grand'messe de Requiem. -

15 liv. rachetables de 300 liv., legs de M. de Mareau, doyen du chapitre de l'Église d'Orléans (Julien, 26 septembre 1735).

15 liv. au principal de 300 liv., provenant d'un remboursement fait à l'école.

50 liv. du legs de M. Masson de la Manerie (Duval, notaire à Paris, 16 juin 1750).

50 liv. sur une maison Grand'Rue-Saint-Marceau, près l'allée des Augustins.

Enfin, comme à l'école des filles, la réversion éventuelle de tout ou partie des 470 liv. léguées par M. Antoine Masson aux écoles de Salbris, aux dames de Voisins et aux religieuses du Calvaire (1).

Parmi les instituteurs paroissiaux de charité, nous avons retrouvé, pour Saint-Marceau, les trois noms qui suivent dans les rôles de la capitation :

1690. — Levaillant.

1757-1775. — Jean Sergent.

1783. — LouisMeignan.

En 1740, les frères de la Doctrine chrétienne vinrent diriger cette maison scolaire ou, ce qui nous parait tout aussi vraisemblable, ouvrirent une seconde classe, comme cela se pratiquait dans plusieurs autres paroisses, notamment dans celle de Recouvrance. Les détails ultérieurs nous font défaut ; mais le nom de Louis Meignan, instituteur laïc que la Révolution trouva à la tête de l'école, nous suffit pour admettre cette hypothèse qui nous parait de tous points justifiée.

2° Éoole de flUes.

L'école de filles est d'institution assez ancienne. Si nous n'en pouvons préciser l'année, nous savons au

(1) Y. à l'Appendice, pièce X, l'acte du 30 janvier 1769.

moins qu'elle existait déjà en 1690, car k cette date nous relevons dans les rôles de la capitation le nom d'une dame Cahouet, directrice de l'école de Saint- Marceau.

Le 10 avril 1707, M. Hanet, ancien curé de la paroisse, légua par son testament, reçu en l'étude de Cavel, notaire à Orléans, la totalité de ses biens meubles et immeubles a cette école de charité ; mais il stipula que ses livres français, ses tableaux, son prie-Dieu et sa pendule ne pourraient jamais être vendus et seraient réservés a l'usage exclusif de l'école, tandis que sa maison servirait tant au logement des directrices qu'au local scolaire. Cette donation était faite a la charge d'un De profundis suivi de l'oraison Deus qui inter apostolicos sacer dotes, qui seraient récités chaque jour a perpétuité dam la classe de l'écriture ; plus, d'une messe basse de Requiem où tout le personnel scolaire serait tenu d'assister, et pour laquelle on aurait à payer à M. le curé 15 sols au cas où il la dirait en personne, sinon la rétribution ordinaire ; enfin de quatre autres messes basses dites à des jours définis ; et le tout à perpétuité (1).

Cette maison était sans doute la même que H. Hanet avait payée de ses deniers 400 liy. le 17 mars 1792 (Proust, notaire), car nous la voyons figurer parmi les biens de l'école (art. 106) ; 24 perches de terrain servant de jardin s'y trouvaient annexées.

Le 6 février 1733, M llc Marie Hanet laissa aussi, à

(1) Registre d'inventaire des titres de la fabrique de Saint- Marceau, art. 105 et suiv. *

titre de donation testamentaire, reçue par Jullien, la nu-propriété de tous ses biens a celle classe et l'usufruit, c'est-a-dire une rente de 140 liv. en trois parties, aux deux maîtresses, M lles Lange et Bouquin, a condition qu'elles continueraient à enseigner gratuitement les pauvres filles. M 110 Catherine Cahouet s'étanl adjointe à elles en la même qualité, elle fit également, le 4 juillet 1748, un testament en faveur de cet établissement. Elle lui laissait la nu-propriété de ses biens et rentes acquis, et l'usufruit à M"° Bouquin. La totalité du legs produisit, à la liquidation, 2,135 liv. 9 s. 10 d., qui furent affectés k l'achat d'un revenu de 90 liv. sur l'Hôtel-de-VilIe.

Il y avait encore 25 liv. dont le fonds provenait d'une double donation : 400 liv. dues à la générosité de M. Tripault, chanoine de Saint-Aignan, et 50 liv. offertes par iMadeleine Renault, veuve Delorme ; les dernières 50 liv. furent avancées, a titre de prêt, par M lle Hanet (Jullien, notaire, 24 novembre 1753).

A ce revenu s'ajoutaient :

80 liv. de rente constituées par les chanoines réguliers de la congrégation de France (Jullien, 7 juillet 1756).

10 liv. au principal de 200 liv., dont la moitié provenait d'un remboursement et l'autre du legs de M. Hanet.

60 liv. au principal de 1,200 liv., legs de M. Hanet (Odigier, 19 mars 1739).

210 liv., dont 150 du legs de M. [de Mareau, doyen de l'Église d'Orléans, et 60 données par M"« Clément (26 octobre 1735, Jullien, notaire).

25 liv. au principal de] 500 liv., legs de M. Hanet (Jullien, 7 mai 1729).

10 liv. rachetables de 200 liv., legs de Jacques Proust (16 avril 1785), à la charge d'une messe de Requiem.

12 liv. de rente foncière sur demi-arpent et six perches de lignes au clos de la Cabreté, paroisse de Saint-Pryvé, données par Madeleine Clément (3 mars 1729) et par Michelle Clément, femme Pierre Chenaut (Chicoisneau, 16 mars 1718). Le total de la valeur léguée était de 225 liv.; mais les garçons y avaient part pour 150 liv.; les 75 livres restantes demeuraient à l'école des filles.

50 liv., moitié d'une rente de 100 liv. léguée aux écoles des deux sexes par M. Masson de la Manerie (16 juin 1750).

Toutes ces donations étaient exemptes du droit d'amortissement, le conseil d'État ayant rendu, le 25 février 1708, un arrêt portant que les fondations déjà laites et à faire aux institutions scolaires de charité seraient quittes et franches de ce droit.

Enfin les [anciennes écoles de Saint-Marceau possédaient dans l'église paroissiale la jouissance à perpétuité du premier banc de la grande nef, du côté de l'évangile. La décision qui le leur attribuait fut prise le 7 mars 1713 par les habitants réunis en assemblée délibérative, en présence de Cavel, notaire au Ghâtelet d'Orléans (1).

En 1787, quatre sœurs de la Sagesse prirent la direction de l'école. L'une d'elles était en outre chargée de la visite des pauvres malades. Leur traitement était de 780 liv., dont 700 payées par les mains de la fabrique et 80 par celles du clergé.

200 enfants suivaient les classes en 1792 (2).

(1) Inventaire, ibid.

(2) Rapport, ibid., f° 34 r°.

NOTRE - DAME - DES - ATDES 1» École 4e garçons.

Les recherches que nous avons consacrées à la paroisse de Notre-Dame-des-Aydes nous ont seulement appris qu'en 1757 il s'y trouvait une école de garçons dirigée par Jacques Grenet, et en 1788 par Prosper Meignan (1). Cette simple indication, quelque sommaire qu'elle soit, pourrait a la rigueur passer pour suffisante, faute des détails accessoires qui nous eussent permis de la compléter. Le point capital que nous cherchions a établir, c'est qu'une institution primaire existait avant 1789 dans cette portion de la banlieue, et l'on peut, ce nous semble, se décider pour l'affirmative.

2» École de filles.

Aussitôt que le clergé eut fait, le 11 décembre 1711, une constitution de 200 liv. de rente, au principal de 4,000 liv., pour l'entretien de certaines écoles de la ville et les frais d'un premier établissement dans les paroisses qui en étaient dépourvues, on vit une classe gratuite s'ouvrir a Notre-Damc-des-Aydes. La rente qui lui fut dévolue était de 50 liv. Par une clause spéciale portée au contrat de fondation, il fut stipulé que les pauvres filles de Saint-Paterne trop éloignées de leur école, et conséquemment plus rapprochées de la limite du fau-

(1) Rôles de la capitation.

bourg, et celles de Saint-Marc, Saran, Fleury et Saint- Jean-de-la-Ruelle, toutes localités limitrophes des Aydes, y seraient gratuitement admises (1). La maîtresse se nommait Marie de Gloval.

Saint-Marc ayant une maison d'éducation de charité depuis 1710, dut faire peu d'usage de cette faculté d'admission pour ses enfants pauvres. Les trois autres communes eurent également, a des dates que nous ferons connaître, des classes gratuites de filles.

SAINT-VINCENT 1° École de garçons.

La dernière localité suburbaine dont nous avons k nous occuper est le faubourg de Saint-Vincent, appelé jadis Saint-Vincent-des-Vignes, situé, comme Saint-Marc, au milieu d'un plantureux vignoble, et pourvu, comme lui aussi, de deux écoles de charité.

La première, celle des garçons, qui fut en 1792 réunie a celle de Saint-Eu verte, n'a pas laissé de traces de son passé, a cause de la disparition de presque tous les titres qui la concernaient. En 1690, il paraîtrait que Saint- Vincent renfermait déjà une tutelle; et de cette date à 1769, où le nom d'un second maître nous apparaît, il se trouve dans les rôles de la capitation de nombreuses lacunes. Les seuls qu'il nous ait été donné de sauver de l'oubli sont ceux de :

1690. — N.... (nom illisible).

(1 ) Ponds des écoles de charité, casier 30, boîte 13.

1769. — Jacques Barué.

4775-1788. — Jean Périneau.

Le directeur touchait une rente de 75 liv. du bureau de charité de M. de la xManerie.

4* École de JUlea.

Le rapport de 1792, auquel nous avons emprunté tant de renseignements sur nos établissements primaires, fait remontera Tannée 1740 la fondation, dans le faubourg Saint-Vincent, d'une école laïque pour les filles. En 1757 nous trouvons dans les rôles de la capitation le nom de Marie Rousseau, puis en 1783 celui de Glaire Colas, et enfin de Thérèse Boissière (1).

En 1780, deux sœurs de la charité de Montoire ouvrirent, dans le même faubourg, une école gratuite, installée aux frais de quelques personnes charitables, dans un immeuble qu'elles donnèrent a la fabrique. Les revenus consistaient en :

450 liv. de rente sur le clergé.

40 liv. de rente d'un don qu'elles n'avaient pas encore touché en 1792.

75 liv. du bureau de charité de M. Masson de la Manerie (2).

(1) En 1781, la demoiselle Boissière reçut pour ses honoraires 114 liv. 13 s. 4 d., comme il résulte de sa quittance; elle était déjà, sans doute, maîtresse adjointe de Claire Colas. La maison d'école, qui ne fut acquise qu'en 1747, était située rue de la Poule. (Fonds des écoles de charité.)

(2) Rapport, f° 32 v°. — Le rapporteur attribue à l'école des filles 100 liv. du bureau de charité, tandis que, dans l'acte passé le 16 juin 1750 par les exécuteurs testamentaires de M. de la Manerie, il ne fut alloué aux deux écoles que 150 liv. de rente qu'elles devaient se partager.

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