LES NOUVELLES-CATHOLIQUES
L'école tenue par les Nouvelle -Catholiques, aussi bien que celles dont avaient la direction les Dames Ursulines et les religieuses des autres congrégations ciaprès nommées, n'appartenait en particulier à aucune paroisse et recevait gratuitement les enfants indigents que leur envoyaient les divers quartiers de la ville.
Le premier nom de l'institut des Nouvelles-Catholiques était celui de Filles de la Croix, et c'est sous cette dénomination que M« r de Coislin leur fit obtenir, pour s'établir a Orléans, des lettres patentes, qu'en 1728 M« r Fleuriau, son successeur, fit homologuer sous le titre de Nouvelles-Catholiques (1).
Le chanoine Marin Groteste des Mahis et François Perdoulx de la Bourdelière, dont nous avons déjà rappelé la générosité envers plusieurs établissements scolaires, contribuèrent tout particulièrement — le dernier surtout — à la fondation de ce nouvel el charitable asile offert à l'enfance (2).
(1) Leur premier établissement se fit cloître Saint-Étienne , proche la maison du doyenné, et en 1716 elles s'installèrent définitivement rue du Colombier, près du boulevard. — En 1748, les Nouvelles-Catholiques furent l'objet de deux donations, Tune de 50 liv. de rente par Marie Arnault , postulante de cette communauté; l'autre, par MM 1168 Heulin, sœurs vocales de ladite communauté, qui lui délaissèrent une rente de 3 liv. 6 s. 8 d.
(2) Essai sur l'influence de la religion en France pendant le XVII* siècle, t. II, p. 361.
En 1792, les quatre sœurs de cette école y enseignaient la lecture, l'écriture et le travail d'aiguille à 70 pensionnaires, et leur revenu s'élevait a 3,214 liv., savoir :
1,200 liv. sur le trésor royal.
100 liv. sur le clergé de France.
300 liv. produit d'une maison rue des Carmes.
200 liv. de la maison et vignes du Pavillon.
34 liv. de petites rentes.
80 liv. sur le petit Séminaire.
1,000 liv. sur l'abbaye de Voisins.
300 liv. sur la succession de Me* Paris, évoque d'Orléans (1).
Les charges se montaient a 730 liv. dont :
230 liv. pour honoraires du chapelain.
20 liv. fondations.
320 liv. cens, rentes foncières et constituées.
125 liv. rente viagère à la sœur Sigot.
35 liv. rente au profit de M lle Brici (2).
Le surplus servait a l'alimentation de la communauté.
Les services réels et reconnus de cette congrégation envers la classe nécessiteuse l'avaient préservée, en 1792, de l'ostracisme dont bien d'autres établissements d'instruction étaient menacés, et elle fut notée comme utile à conserver.
Cependant elle ne put survivre au décret de proscription qui frappa indistinctement, en 1793, toutes les maisons scolaires, quelles qu'elles fussent ; et si l'école des Nouvelles-Catholiques avait paru, en 1792, mériter
(1) Rapport des commis., f° 34 v°.
(2) Id., ibid.
quelque gratitude par les titres qu'elle s'y était antérieuremeut acquis, un an plus tard tout cela ne comptait plus aux yeux de gens habitués a ne rien respecter. L'habit religieux, traqué et poursuivi, n'était certes pas fait pour servir de sauvegarde a un établissement d'utilité populaire, et seul il eût suffi a attirer sur celles qui le portaient l'attention la plus malveillante.
Nos quatre sœurs fermèrent donc leur école et attendirent que des jours plus cléments leur permissent de se remettre à leur noble tâche.
LES BÉNÉDICTTNES-CÀLVÀIRIENNE3 (1)
Les Calvairiennes, installées à Orléans en 1627 par le P. Joseph du Tremblai, leur fondateur, donnaient à l'éducation des enfants tout le temps dont elles pouvaient disposer en dehors de leurs occupations régulières, et secondaient les Dames Ursulines, les Nouvelles-Catholiques et les Dames de la Madeleine dans l'éducation des filles du peuple. Elles avaient aussi un pensionnat payant.