SONT PUISÉS
Les premières pages de cette étude sont consacrées k des faits d'une notoriété si évidente, k des établissements si réputés et qui ont laissé de si profondes traces, qu'il nous était aisé de retracer en quelques lignes les phases diverses de leur existence. Tous les écrivains contemporains du temps où ils florissaient ont tenu k honneur de les célébrer a l'envi : la prose et les vers ont tour a tour apporté k ce concert de louanges le tribut de leurs périodes et de leur rhythme, et ces mille voix du passé ne se lasseront pas d'instruire l'avenir (1).
Mais les petites écoles primaires ont vécu et disparu sans qu'aucune plume ait été taillée pour rappeler leur obscure, mais fructueuse mission, pour dresser l'état des services qu'elles ont rendus, dix siècles durant, k la classe populaire. Aussi, pour rassembler les témoignages sur lesquels s'appuie leur existence, avons-nous dû nous soumettre k de longues et bien minutieuses recherches.
La valeur de notre démonstration repose tout entière, nous le savons, sur l'autorité des pièces auxquelles nous nous référons. Qu'il nous soit donc permis de donner, en peu de lignes, quelques détails sur les différentes séries d'archives d'où nous avons tiré nos preuves.
(1) Voir YHistoire littéraire de France et le Recueil des historiens des Gaules au XII e siècle.
Le travail que nous présentons repose sur des documents empruntés à des sources inédites ; personne, k notre connaissance, n'avait songé, jusqu'à ce jour, a explorer les volumineuses collections d'où nous les avons extraits pour les grouper en un ensemble synthétique.
La majeure portion des noms des maîtres de tutelle et d'école, preuve matérielle de l'existence des établissements scolaires, provient des ancien* actes de l'état civil de la ville d'Orléans, lesquels, hormis pour les deux paroisses de Saint-Paul et de Saint-Euyerte (i), corn* mencent après 1539 et se prolongent jusqu'à h dévolution. Cette collection est composée de 2531 registre dont un très-grand nombre renferment les actes de périodes souvent décennales. Leur dépouillement mous a demandé deux années.
Cependant, en parcourant successivement tous les actes de l'état civil, nous y avons rencontré, un peu par la faute de MM. les curés, des déceptions inattendues. Ainsi, trop souvent la profession de ceux que ces actes concernent est omise; parfois aussi, surtout dans les actes iportuaires, Je nom de l'intéressé reste en blanc. . . , et, dès lors, les recherches les plus longues produisent un résultat presque nul. Il convient pourtant d'ajouter que certaines paroisses, notamment celle de Saint- Ci) Les deux églises d'Orléans dont l'état civil a été le plus anciennement tenu sont : celle de Saint-Paul, qui ouvre en 1522 une série d'actes interrompue par de nombreuses lacunes, et celle de Saint-Euverte, dont le plus ancien registre porte la date de 1539, et dont les archives sont non moins incomplètes. Le curé de Saint-Paul avait donc devancé de dix-sept ans l'édit de 1539, par lequel François I er rendit la tenue de l'état cjvij obligatoire au clergé paroissial.
Victor, successivement dirigée par notre annaliste Orléanais Symphorien Guyon et par son neveu, nous ont dédommagée de ce mécompte par la bonne tenue de leurs archives, et nous y avons fait une ample moisson.
Quant aux archives communales, peu ou point de douments antérieurs au XVI e siècle. Le fonds un peu moins maltraité de l'Université nous a livré quelques noms de maîtres d'école au XV e et au XVI e . Les minutes conservées dans les études de notaires, et enfin les rôles de la capitation (1), c'est-à-dire de l'assiette des impôts personnel et mobilier, nous ont permis, k leur tour, de suivre aussi complètement que possible la succession de l'instruction primaire dans la ville d'Orléans et sa banlieue (2).
Il est en outre deux fonds auquel nous avons fait de nombreux emprunts : 1° celui des écoles de charité (3),
(4) Les rôles de la capitation de 4690 à 4789, conservés aux archives municipales d'Orléans, renferment vingt-huit registres et présentent de regrettables lacunes.
(2) La banlieue d'Orléans renfermait alors, comme encore aujourd'hui, Saint-Laurent, les faubourgs Madeleine, Saint-Jean, les Aydes, Saint-Vincent, Saint-Marc et Saint-Marceau. Notre- Dame du Chemin et Saint-Paterne, actuellement annexés à la ville, n'en faisaient pas encore partie en 4728. (Archives dép. A, 942.) Saint-Aignan ne devint église urbaine qu'en 4468 ; le 22 février de cette année, le chapitre cathédral consulté ayant émis un avis favorable, le roi la fit entrer dans l'enceinte de la cité qu'il se proposait d'agrandir. (Répert. du très, de l'Égl. d'Orl., II, p. 573.)
(3) Arch. dép. du Loiret, sér. D. — Ce fonds se compose de pièces extraites des archives des fabriques et des comptes de l'administration du bureau des écoles de charité, institué par arrêt du 26 juin 4750, à l'effet de gérer les biens laissés pour l'entretien des écoles par M: Masson de la Mannerie. (Appendice, pièce VI.)
où se trouvent groupées toutes les pièces extraites des archives paroissiales des diverses églises, se référant aux petites écoles du diocèse ; ces pièces sont toutes postérieures aux guerres de religion, et encore n'en possédons-nous probablement qu'une très-faible partie; 2° les papiers et registres de comptes des fabriques compris dans la série G des archives départementales.
Qu'il nous soit permis de rappeler de nouveau, dans cette énumération, l'intéressant rapport des commissaires du district dont nous avons déjà fait connaîtçe l'objet quelques pages plus haut.
Il avait pour administrateurs le lieutenant général, le procureur du roi et quatre bourgeois d'Orléans.
Les maîtres d'école de charité de la ville d'Orléans étaient constitués en communauté, et l'évêque leur donnait annuellement une subvention prise sur les fonds diocésains. Nous voyons, par un compte de 1720, qu'en cette année l'évêque dépensa ptur cet objet 2,999 liv. 19 s. 2 d. — Ce compte, rendu à M& r Fleuriau par M. Ftulconnier, administrateur des écoles, porte la signature du prélat. (Fonds des écoles de charité, pièce cotée 16.)
L'on trouvera ci-après à notre appendice, pièce V, les maîtres et maîtresses dont les écoles ne sont point désignées dans les pièces où nous avons rencontré leurs noms.