SŒURS DE LA CONGRÉGATION DE NOTRE-DAME EN AMÉRIQUE
Missions.
Pensionnats.
Externats.
Religieuses enseignantes.
Elèves.
Province de Québec . .
Province Ontario
Ile du Prince-Edouard.
Nouveau-Brunswick . .
Nouvelle-Ecosse
Total
[1876J. — Dans la session de 1875 une nouvelle loi de l'instruction publique a été passée et sanctionnée. La charge de ministre de l'Instruction publique a été abolie et celle de surintendant rétablie. La composition du conseil de l'Instruction publique a été considérablement modifiée. Le surintendant est ex-ofpcio
président du conseil (l). La section catholique-romaine se compose de tous les évêques ou administrateurs des diocèses catholiques, compris en tout ou en partie dans la province et d'un nombre égal d'autres personnes, qui doivent être nommées par le lieutenant-gouverneur en conseil. Chaque évêque, en cas d'absence de la province ou de maladie, peut se faire représenter par un délégué. Le nombre des membres protestants reste le même que sous l'ancienne loi : il était de huit ; mais l'intention très probable du législateur était qu'il ne fût que de sept ; car il est pourvu à ce qu'il soit augmenté chaque fois que le nombre des membres de la section catholique sera augmenté par la création d'un nouveau diocèse et par la nomination d'un membre additionnel de la section catholique pour correspondre au nombre des évêques-
Le comité prolestant peut s'adjoindre cinq membres qui ne seront point membres du conseil.
Le surintendant, dans l'exercice de chacune de ses attributions (qui sont en tout les mêmes que celles du ministre de l'Instruction publique), doit se confoamer aux avis du conseil de l'Instruction publique, ou à ceux du comité catholique-romain ou du comité
(1) Jusque-là, le président avait été élu par le conseil. Les MM. suivants ont successivement occupé le fauteuil : Sir Etienne Taché, et MM. G. S. Gherrier, Jacques Crémazie et Cyrille Delagruve.
protestant, selon le cas. Il prépare aussi, chaque année,, sous la direction de ce conseil ou de ses comités, l'état détaillé des sommes requises pour toutes les différentes branches du service.
Il y a appel aux comités du conseil de l'Instruction publique de toute décision ou action prise par le surintendant ou ses délégués (l).
L'hon. Gédéon Ouimet, ancien ministre de l'Instruction publique, a été nommé surintendant en vertu de cette nouvelle loi, et est entré en charge au commencement de février. Les sec étaires du département, le Dr Giard et le Dr Miles, ont été confirmés dans leurs charges (2). M. Giard exerce la sienne depuis vingt-huit ans, ayant été nommé sous le Dr Meilleur, en 1848. Lorsqu'on connaît les difficultés et les labeurs d'un poste semblable, on doit se faire une idée du mérite de celui qui a pu l'occuper si longtemps.
(!) Tandis que le conseil de l'Instruction publique de la province de Québec recevait cette nouvelle constitution, celui de la province d'Ontario était supprimé et remplacé par le département de 1 éducation " lequel consiste dans le Conseil exécutif de la province ou dans un comité de ce conseil qui peut être nommé par le lieutenant-gouverneur. " Le ministre de l'éducation doit naturellement faire partie de ce comité ; mais la loi n'est pas explicite sur ce point. Cette loi a été sanctionnée le 10 février dernier.
(2) Le Dr Miles, ancien professeur à l'Université de Lennoxville, est avantageusement connu par plusieurs ouvrages scientifiques, et par une série d'histoires du Canada en langue anglaise, à l'usage des écoles.
Le rapport de M. de Boucherville, pour l'année 1873-74 et en partie pour Tannée 1875, contient des renseignements détaillés sur les instituts des sourdsmuets, sur l'institut des aveugles et sur les écoles des sciences appliquées aux arts.
Aux deux instituts catholiques, l'un pour les filles, l'autre pour les garçons, vient de s'ajouter un institut pour les sourds-muets protestants. Ces trois écoles sont à Montréal. La subvention de l'institut des sourds -muets catholiques a été considérablement augmentée. Le nombre des élèves est de 77. Il y a 7 professeurs pour les diverses branches de l'enseignement. L'édifice situé au Coteau Saint-Louis coûte environ $24,000. Le directeur, M. Bélanger, a fait, il y a quelques années, un voyage en Europe, et a introduit le langage de la voix, artificiel pour bien dire, qui maintenant s'ajoute à la mimique et aux signes alphabétiques, comme dans plusieurs autres établissements de ce genre. Si la mimique est préférable comme langage plus naturel au sourd-muet, les sons de la voix humaine peuvent, dans des circonstances données, être d'une très-grande utilité et même sauver la vie à ces malheureuses et intéressantes créatures.
L'école des sourdes-muettes, dirigée par les Sœurs de la Providence, occupe un vaste édifice situé sur un terrain dû à la libéralité de M. Cherrier. La maison et le terrain sont évalués à $112,000. Il y a 27 religieuses et 167 élèves.
La première directrice de cet institut, Sœur Marie de Bonsecours, était allée très-jeune aux Etats-Unis se former à cet enseignement spécial. Ses talents remarquables, son zèle touchant pour la tâche si belle à laquelle elle s'était dévouée, lui avaient attiré l'estime universelle, et sa mort a inspiré de vifs et légitimes regrets. Cette institution ne reçoit encore qu'une subvention très-insuffisante.
L'institut protestant a deux départements séparés, l'un pour les filles, l'autre pour les garçons. Il y a un directeur, une directrice et deux professeurs adjoints. Le nombre des élèves est de 27.
L'institut des aveugles est dû presqu'entièrement aux efforts et à la libéralité de M. Rousselot, prêtre de St.-Sulpice et curé de Notre-Dame. L'Asile Nazareth est un vaste édifice, qui renferme une salle d'asile et cette institution. La subvention du gouvernement est de $400, le nombre des élèves de 30. Tout le matériel le plus moderne et le plus perfectionné pour cet enseignement spécial y a été réuni. Une presse à imprimer les livres en relief destinés aux aveugles coûte à elle seule $1,200. Cette institution est conduite par les Sœurs de Charité dites Sœurs Grises, communauté fondée par Madame Youville.
Les rapports des deux écoles des sciences appliquées aux arts témoignent de la rapide organisation de ces nouvelles institutions. Celle qui est sous le
contrôle des commissaires d'écoles catholiques a pris le nom d'Ecole polytechnique. Elle a quatre professeurs et 15 élèves. Le programme d'enseignement est très-complet et le système d'examen qui est indiqué dans le rapport offre les meilleures garanties.
Le Principal cite avec éloge le bon exemple donné par un citoyen de Montréal, établi en Californie. M. Prudent Beaudry qui, par le versement d'une somme de $2,000, a créé une rente perpétuelle de 8150 pour une bourse à mettre au concours : il recommande aux notables et aux autorités de chaque comté de la province de souscrire pour la fondation d'autant de bourses.
Les frais d'installation et les achats de collections, bibliothèques, laboratoires, etc., se sont montés jusqu'ici à $7,405. Les traitements des professeurs pour l'année 1874-75 ont été de §2,160. Jusqu'ici la dépense totale ($10,710) a été toute défrayée par le gouvernement, à l'exception de $1,710 payées par les commissaires des écoles catholiques.
L'école du même genre ouverte sous les auspices et la direction de l'Université McGill a neuf professeurs et 61 élèves. On y trouve trois cours distincts dont chacun comprend trois années et, dans certaines conditions, deux années d'études, et s'adapte au genre de profession que l'étudiant se propose d'embrasser. Ces cours sont : 1° celui de génie civil et de mecani-
que ; 2° d'essai des métaux et de l'exploitation des mines ; 3° de chimie pratique. Les degrés de bachelier-ès-sciences-appliquées, de licencié en génie civil, et delicencié-ès-seiences-appliquées sont conférés par l'Université aux élèves de l'école. Le nombre total des diplômes accordé jusqu'ici est de 36. Deux nouvelles écoles des arts et métiers ont élé ouvertes sous la direction du Bureau des arts et manufactures, à New Liverpool et à Saint-Hyacinthe. Les autres sont à Montréal, Québec, Lévis, Sherbrooke, Trois-Rivières et Sorel ; formant un total de 8 écoles, 18 professeurs et 590 élèves.
L'école de Montréal avait, sur ce nombre, 293 élèves dont 134 avaient appris le dessin à mainlevée, 29 le dessin d'architecture, 48 le dessin de machines, 14 la géomélrie, 20 le modelage, 40 la chimie, 8 le lavis ; il avait été donné 234 leçons collectives, par sept professeurs, et en tenant compte de l'assistance elles formaient 5,516 leçons individuelles.
L'enseignement professionnel et commercial a fait une très-grande perte par l'incendie du collège Masson, à Terrebonne. Les libéralités de feu M. Masson, de sa veuve et de sa famille avaient mis cette institution sur un très-grand pied, et elle avait déjà formé, pour le commerce et l'industrie, un grand nombre de sujets. Comme le collège Jolietle, dans la ville de ce nom, le collège Masson était un digne monument du zèle des laïques riches et distingués, rivalisant avec celui du clergé.
Le nombre total des institutious et écoles de tout genre pour l'année 1874 est de 4,367 — augmentation sur 1873, 1 30 — le nombre total des élèves : 229,506 ; augmentation, 2,787. Le chiffre de toutes les contributions: $1.320,133; augmentation. $148,277.
La récapitulation des cinq grandes divisions du tableau de 1874 est comme suit :
Ecoles.
Elèves.
1 Universités
2' Ecoles secondaires (collèges et académies)
3 Ecoles normales
4 Eooles spécial es
5] Ecoles primaires
Le nombre des municipalités scolaires, en 1874. était de 868, celui des écoles en opération, sous le contrôle des autorités locales, de 3,799. Là- dessus il y a 3,339 écoles élémentaires, sous le contrôle des commissaires, fréquentées par 69.438 garçons et 69,413 filles: assistance totale : 138,851 ; assistance moyenne: 101,195; 82 écoles modèles de garçons, (ou primaires supérieures,) ayant 5,147 élèves dans leur cours élémentaire, et 2,271 dans leur cours supérieur; total: 7,418; assistance moyenne, 5,853 ;
34 écoles modèles de filles ayant 2,942 élèves dans leur cours élémentaire, et 1,023 dans le cours supérieur; total: 3,965; assistance moyenne, 3 343; 157 écoles modèles mixtes, ayant 4, 125 garçons, et 3,740 filles* dans leur cours élémentaire; 3,281 garçons, et3,403fillesdansleurcourssupérieur; total: 14,755; assistance moyenne, 1 1,836 ; 46 académies de garçons, ayant 3,495 élèves dans leur cours élémentaire, 2,886 dans leur cours supérieur ; total: 6,381 ; assistance moyenne, 5,444; 107 académies de filles ayant 8,583 élèves dans leur cours élémentaire, 5,692 dans leur cours supérieur; total: 14,275; assistance moyenne, 12,152 ; 36 académies mixtes, ayant 712 garçons dans leur cours élémentaire, 554 dans leur cours supérieur, et 453 filles dans leur cours élémentaire, 521 dans leur cours supérieur ; total: 2,240; assistance moyenne, 1,745.
A cela il faut ajouter 229 écoles dissidentes élémentaires, ayant 3,871 garçons, et 3,667 filles, en tout 7,538; assistance moyenne, 5,689; et 10 écoles primaires supérieures dissidentes, ayant 281 garçons et 193 filles: en tout 474 ; assistance moyenne 374 (').
Les écoles de tout grade, sous contrôle, 'seraient donc fréquentées par 96,061 garçons, et 99,836 filles,
(1) Les maisons religieuses, quoique subventionnées par le gouvernement, n'ont en général que leurs cours élémentaires sous le contrôle des autorités locales. Il faudrait aussi retrancher le nombre d'élèves fréquentant ces cours élémentaires pour avoir les véritables chiffres de l'éducation secondaire* et de l'éducation primaire-supérieure.
en tout 195,897 élèves, avec une assistance moyenne de 147,631.
Les écoles indépendantes élémentaires, an nombre de 198, sont fréquentées par 7,400 garçons, el 7,069 filles, total : 15,306; assistance moyenne, 13,9i 9. Les écoles indépendantes primaires supérieures, au nombre de 66, ont dans leur cours élémentaire, 1 ,547 garçons, et 770 dans leur cours supérieur, total : 2,317; assistance moyenne, 2,069; et 3,904 filles dans le cours élémentaire, 2,234 dans le cours supérieur, total : 6,138 ; assistance moyenne, 5,6U4.
Le nombre total des élèves des écoles indépendantes serait donc de 23,761 et l'assistance moyenne de 21,592.
Le nombre d'élèves apprenant les branches les plus importantes de l'enseignement présente en général, une augmentation satisfaisante sur celui de l'année précédente.
11 y a 1,081 instituteurs, dont 472 sont des laïques munis de diplômes, 174 non munis de diplôme 435 religieux ou ecclésiastiques que la loi exempte de l'examen ; et 4,706 institutrices dont 3,432 sont munies de diplômes, et 840 appartiennent à des ordres religieux, laissant seulement 434 institutrices laïques non munies de diplômes.
Les bibliothèques publiques sont au nombre de 152, et le nombre des volumes est de 81,182. Le ministre réitère la recommandation, si souvent faile par ses prédécesseurs, de l'établissement d'un dépôt
ou magasin de livres, cartes, globes, etc., pour les bibliothèques et les écoles.
Le nombre des livres distribués en prix par le département, pour 1873-74, est de 13,502; depuis 1857 le nombre de volumes ainsi distribués a été de 166,016, sur lesquels 32,515 sont des livres imprimés en Canada. Le département a fait un arrangement avec M. l'abbé Casgrain, qui doit publier ijne série d'ouvrages canadiens, propres à être mis entre les mains de l'enfance et de la jeunesse.
Le conseil de l'Instruction publique a aussi approuvé la publication d'une série de livres de lecture gradués, préparés par M. Montpetit, et un cours de lecture à haute voix, par M. l'abbé Lagacé.
Une excellente carte de la province de Québec a été publiée par M. Eugène Taché, et une carte des anciennes possessions françaises en Amérique, très-propre à faciliter les études historiques, a été préparée par M. Genest. L'une et l'autre commencent à être en usage dans les maisons d'éducacation. En général, les cartes faites aux Etats-Unis, et qui ont pour elles le bon marché, laissent beaucoup à désirer.
Le Journal de V Instruction Publique et le Journal
of Education (!) contribuent aussi, de leur côté, à l'extension du mouvement littéraire très-important qui existe dans la province de Québec et dont nous aurons l'occasion de parler plus'loin.
(1) A l'exposition de Londres, en 1862, et à celle de Paris, en 1867, le département de l'Instruction publique envoya des collections des rapports, des deux journaux, des livres approuvés pour les écoles, des sièges et pupitres en usage, etc. Une médaille de hronze à Londres, et une médaille d'argent à Paris, furent accordées au surintendant, principalement pour la rédaction des deux recueils pédagogiques. Les assistants-rédacteurs du journal français ont été successivement MM. Joseph Lenoir, Auguste Béchard, A. N. Montpetit, Pierre Ghauveau, fils, et Napoléon Legendre. M. Oscar Dunn en est actuellement chargé. Les assistants-rédacteurs du journal anglais ont été MM. John Radiger, J. Phelan, père et fils, et P. Delaney. Le Dr Miles et M. George Colfer en sont maintenant chargés.