‹ L'instruction publique aux États-Unis. Écoles publiques, colléges, universités, écoles spécialesChapitre 35 sur 134 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tiOLléGES ET UNIVERSITÉS d'HâRVâBD ET d'tALB

Les noms que portent ces deux établissements, considérés comme les meilleurs des États-Unis, sont ceux de leurs fondateurs, le révérend John Harvard et ËlihuYale. Le premier, mortenl638, avait légué à la petite ville de Newtown, située à trois milles de Boston, désignée depuis sous le nom de Cambridge, sa bibliothèque et une partie de sa fortune. Le collège fondé, grâce à cette donation, fut ouvert en 1640. Le second de ces personnages, ayant fait, en 1700, à la ville de Newhaven, un legs d'une valeur à peu près égale, donna naissance à Técole modeste qui devait devenir daas la suite une université florissante. Elle reçut en 1718 son organisation définitive, grâce à une autre donation en livres, en

COLLÈGES, UNIVERSITÉS, ÉCOLES SPÉCIALES. 2ii

biens et en argent, qui lui fut faite par un riche commerçant de Londres, originaire de Newhaven, parvenu à la direction de Tune des présidences de la Compagnie des Indes Orientales. C'est sous l'inspiration religieuse qu'ont été créés ces deux collèges, comme ceux de la même époque. Harvard est uni^ tairien jet Y Bile congrégationaliste^ sans qu'il y ait néanmoins aucune pensée d'exclusion pour les élèves appartenant à d'autres cultes. Les règlements du collège d'Harvard portent qu'il y aura chaque jour un service religieux. Tous les étudiants devront assister à celui du dimanche, à moins qu'ils ne soient autorisés par leurs familles à se rendre dans d'autres églises, soit à Cambridge, soit ailleurs.

Les deux universités se composent d'abord d'une section littéraire ou académique, et de quatre autres départements ayant chacun une existence distincte, embrassant la théologie, le droit, la médecine et les sciences. Chaque division est administrée par un comité spécial, qui prend le nom de faculté, et dont font partie les professeurs de la division, sous la direction du président de Tuniversité. Chaque faculté rédige son programme, et les grades sont conférés par le président de l'université, assisté de cinq professeurs et d'un trésorier. Des inspecteurs choisis au nombre de trente, par la législation de l'État, sont chargésd'unesurveiliance assez étendue :

ils ont le droit d*opposer ]eur veto aux résolutioDS des comités ; ils désignent les commissaires qui président aux examens dans la section littéraire ou académique ; c'est à eux que Ton soumet les comptes annuels. Le nombre des professeurs employés est considérable. Leurs traitements, très -modestes pendant longtemps , ont reçu dans ces dernières années des accroissements considérables.

Le département académique, auquel s'applique plus spécialement le nom de collège, a pour but de donner ce que Ton appelle une éducation libérale. Le cours complet des études est de quatre années ; les élèves qui les ont suivies sont admis, après examen, au grade de bacheliers es arts. Ils sont distribués en quatre classes : celle des freshmen (première année) > des sophomares (deuxième année), des juniors (troisième année), et des seniors (quatrième année)»

Les examens pour Tadmission dans la première dasse^ celle des freshmen, supposent, pour les jeunes gens de 15 à 17 ans qui les subissent^ une instruction analogue à celle que Ton reçoit dans les latin high schools et dans les meilleures aca« démies. Le cours d'études, en ce qui concerne les langues et les littératures anciennes et modernes, ainsi que les sciences mathématiques et naturelles, embrasse un cercle plus étendu que celui qui est compris dans renseignement

des classes de seconde , de rLétorique et de philosophie dans DOS lycées. Les principales sont obligatoires; il en est quelques-unes qui ne sont que facultatives: d'autres enfin, sous le nom extra studieSj ne sont pas comprises dans le programme ordinaire ^

Avant d'entrer dans le détail des différentes branches d'enseignement propres à chacune des cinq sections dont se composent le collège proprement dit et les Facultés, je crois utile de faire connaître le mode d'existence d'un de ces collèges, de celui d'Yale, par exemple. L'exposé des ressources qu'il possède et des moyens qu'il met en œuvre fera suffisamment apprécier la puissance des libres associations qui, dans les autres États, ont pu élever, sans avoir recours aux subventions du gouvernement central, des établissements du môme genre.

Les revenus du collège dTale proviennent d'abord d'un fonds général, sur lequel il est pourvu aux dépenses communes à tous les départements, et de fonds particuliers, appartenant spécialement à chacun d'eux. En voici un aperçu, d'après le compte rendu présenté en 1868 par le trésorier.

1. On trouvera dans V Appendice le programme complet dei éludes, telles qu'elles étaient, en 1868, organisées dans l'univer- 81 lé de Cambridge.

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