PREFACE
d'hommes s'est trouvé à la hauteur du péril, lorsque la chute d'un gouvernement, qui se croyait inébranlable, a mis le pays dans la nécessité de se sauver lui-môme.
C'est en raison de l'éducation qu'il reçoit ou qu'il se donne qu'un peuple est capable de maîtriser sa destinée, de se gouverner et de se montrer ainsi digne ' d'être libre, ou qu'il est condamné à manquer d'ini liative et à n'avoir d'autre souci que le. choix des maîtres qui se disputent l'honneur de penser et d'agir pour liii.
Pour ce motif et bien d'autres, il est utile de mettre sous les yeux de nos compatriotes, si jaloux de leur indépendance et si peu familiarisés avec les moyens, de la maintenir, l'exemple de la libre Amérique. C'est en lui empruntant, dans la mesure du possible, la forte organisation de son éducation nationale que la France pourra parvenir à donner une forme stable à ce gouvernement républicain dont la conquête lui a coûté si cher. Puisque, malgré des tentatives suivies de cruelles déceptions, c'est toujours vers cet idéal que se tournent ses aspirations, qu'elle sache du moins comment se forment les citoyens d'une république; qu'elle comprenne que si l'Amérique doit à cette éducation nationale le maintien de ses institutions politiques, c'est aussi grâce à ces institutions politiques qu'elle a pu fonder sa puissante éducation nationale : exemple admirable de l'influence réciproque qu'exercent les lois sur les mœurs et les mœurs sur les lois.
DE- LA SECONDE ÉDITION. Ill
Le moment est favorable. Si tous les esprits ne sont pas également convaincus de Texcellence du gouvernement républicain, le pays du moins paraît décidé à en faire un essai loyal. En présence de ces dispositions, les partis monarchiques ont ajourné leurs prétentions dans la crainte de susciter de nouveaux troubles. La nécessité autant que la raison les a ralliés autour de Thomme d'État illustre qui, c|ës le principe, a annoncé la ferme résolution de conserver intacte la forme de gouvernement sous laquelle il a pris en main le pouvoir.
Or, la première condition du gouv/ernement républicain, c'est que les» citoyens s'occupent résolument de tout ce qui peut intéresser la chose publique à laquelle se rattachent leurs affaires privées. Si les États-Unis offrent au monde l'exemple de l'organisation la plus complète, la plus large et la mieux entendue qui puisse être donnée à l'instruction publique, c'est que la question de l'éducation n'y a jamais dépendu d'un vole du gouvernement central, de la bonne volonté ou du génie d'un ministre, du zèle et des lumières d'une corporation savante, investie par privilège du droit d'enseigner.
La constitution avait proclamé la nécessité pour un peuple libre de former, au moyen d'une éducation largement donnée, des citoyens éclairés, instruits, capables d'accomplir leurs devoirs et de faire respecter leurs droits : chaque commune, chaque comté, chaque état s'est chargé d'y pourvoir. Les familles se sont considérées avec raison comme les