XVI PRÉFACE
même province des liens de mutuelle affection et de solidarité. Les étudiants de chaque nation se réunissent dans des locaux particuliers, où ils ont à leur disposition une bibliothèque et les principales Revues de l'Allemagne, de l'Angleterre et de la France.
Un des plus grands avantages que trouvent les jeunes étudiants dans les Universités c'est que l'instruction qu'ils y reçoivent est entièrement gratuite, tant sont minimes les frais d'examens et d'inscriptions.
Il faut bien que la France sache que la Suède conçacre chaque année à son enseignement supérieur une somme d'environ huit cent mille francs, pour une population qui ne dépasse pas 4,200,000 habitants. Dans la même proportion, la France devrait demander au budget de l'État pour ses facultés la somme de huit millions de francs : et si l'on considérait tout ce qui serait nécessaire pour que nos écoles de droit, nos facultés de médecine, et nos facultés des sciences, pussent se placer quant aux besoins matériels, au niveau des nations étrangères, une pareille dépense ne paraîtrait nullement exagérée. Mais qui ne sait que les frais de l'enseignement supérieur, dé-
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duction faite des recettes correspondantes, atteignaient à peine, en 1865, le chiffre de deux cent mille jfrancs, et que pendant longtemps on a cru qu'il serait possible non-seulement de réduire une somme déjà si modeste, mais encore de réaliser pour le fisc un certain bénéfice, en balançant à son profit les dépenses par recettes !
D'autres vues aujourd'hui semblent heureusement prévaloir, puisque le gouvernement d'accord avec les chambres est disposé à doter notre haut enseignement des ressources dont il a été pendant si longtemps dépourvu.
En rendant hommage à la solidité de l'enseignement, que reçoivent, dans ces calmes asiles du travail intellectuel, de vrais étudiants guidés dans leurs études par de savants maîtres , j e persiste à ne pas condamner, malgré les critiques de MM. Renan et Michel Bréal, l'enseignement de nos facultés des lettres.
Elles ne s'adressent pas, je l'ai dit ailleurs S comme celles de droit et de médecine à des jeunes gens auxquels conviennent des études spéciales, embrassant de nombreuses variétés,