‹ L'instruction publique dans les États du Nord: Suède, Norvège, DanemarkChapitre 12 sur 70 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

mais à des jeunes gens qui viennent s'y préparer aux grades et y compléter leurs études classiques , à des hommes mûrs cherchant soit une instruction générale, soit aussi quelque étude particulière poussée jusqu'aux détails et aux applications techniques. Je suis heureux de me trouver d'accord sur ce point avec M. Baudrillart, pour combattre l'opinion des savants qui désireraient voir les cours de nos facultés des lettres se spécialiser pour former des érudits et des philologues :

« Les facultés des lettres, dit l'éminent académicien, ont, surtout à Paris et en province, un auditoire de fonctionnaires , de gens de loisir que je ne voudrais pas en écarter. Songeons qu'il n'y a que là qu'il soit question de choses générales. Là seulement, on entend parler sur la philosophie, la littérature, l'histoire. Une direction purement spéciale, portant sur des points excjBllents pour faire des thèses de doctorat, serait l'exclusion de ce public que je ne puis me résigner à traiter comme un profanum vulgus. On lui fermerait une source de lumières, j'allais dire un foyer de chaleur morale, et il n'y en a pas tant en France. Il y a plus d'avantages que d'inconvénients à ce que

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Tune au moins des deux leçons, dont se com-

posent nos cours de faculté, conserve ce caractère. Pour les professeurs, eux-mêmes, cela a des côtés excellents. La forme littéraire est une qualité toute française, qui a bien son prix dans renseignement. Le don de se faire comprendre universellement, si naturel qu'il nous soit, veut être entretenu comme tous les autres, et Ja parole est un des moyens les plus sûrs qu'il ne se perde pas. On semble reprocher un peu à nos professeurs leur talent même, comme ne valant pas ce qu'on y sacrifie. Ne tâchons pas trop de les en corriger. La parole du professeur doit être rarement oratoire; soit : mais la clarté, l'élégance, et même le charme, sont aussi une bonne fortune pour le succès légitime de l'enseignement et l'accomplissement d'un de ses meilleurs buts, qui consite à aviver et à perpétuer l'amour des choses de l'esprit. »

La question relative à la liberté de l'enseignement supérieur et à la collation des grades, n'est pas même agitée dans les États du Nord. Il serait difficile que des particuliers ou des associations créassent des Universités capables de rivaliser avec les magnifiques établisse-

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