‹ L'instruction publique dans les États du Nord: Suède, Norvège, DanemarkChapitre 22 sur 70 · PRÉFACE. XXXIII · texte numérisé non relu

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les uns, cet enseignement est confié à Tinstituteur ou à Tinstitutrice ; dans les autres , il est réservé au clergé. Le premier de ces régimes est appliqué dans des pays catholiques : en France, en Belgique, en Portugal, en Italie ; et dans des pays protestants : en Suède, en Saxe, en Prusse, dans une partie de la Suisse. L'autre procédé a été inauguré en Europe, par la Hollande, qui, dans sa loi de 1857, a remis le soin de l'instruction religieuse aux ministres des diflférents cultes. On sait qu'aux États-Unis règne depuis longtemps ce dernier système, imposé en quelque sorte à l'école publique par la présence d'enfants appartenant à des communions diverses. Une courte prière et la lecture sans commentaire de quelques passages de la Bible sont le seul exercice religieux qui se pratique en commun, l'enseignement confessionnel se faisant en dehors des classes par les soins des diverses Églises. « On se ferait une idée très-inexacte, dit avec raison M. Buisson, des diverses législations que nous venons de signaler comme admettant le principe de la laïcité àe l'école, si on les croyait inspirées par un esprit d'indifférence ou d'hostilité envers le christianisme. Les pays mêmes où cette

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sécularisation de l'école a été poussée le plus loin semblent avoir voulu prévenir par des instructions pédagogiques officielles toute fausse interprétation : ils insistent sur la possibilité, pour les instituteurs, de laisser de côté renseignement dogmatique, tout en se préoccupant de développer le sens moral et le sens religieux de leurs élèves par une éducation foncièrement chrétienne.

Au moment où je signale les utiles informations que peuvent fournir, à un observateur attentif les expositions universelles, lés États- Unis ouvrent à Philadelphie une de ces immenses assises où tous les peuples sontappelés à montrer au monde les progrès accomplis par chacun d'eux dans le vaste domaine de la science. On y admirera sans doute les merveilles enfantées par l'industrie moderne; mais on ne verra pas, je l'espère, sans un vif intérêt les objets moins brillants et plus modestes qui figurent dans les salles destinées aux expositions scolaires. Ce sera certainement, pour les instituteurs, malheureusement trop peu nombreux, qu'envoie aux États-Unis notre ministre de l'instruction publique, un spectacle qui produira sur eux une impression profonde. Ils en

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rapporteront de bien précieux souvenirs. -Ds y verront que les nations qui possèdent les meilleures écoles occupent le rang le plus élevé dans Tordre moral et dans l'ordre politique, en même temps qu'elles trouvent dans leurs progrès intellectuels les moyens d'accroître indéfiniment leur prospérité matérielle. Ce sont des vérités que Ton ne saurait trop répandre, et que mettront sans doute en lumière les hommes distingués qui ont été chargés par leurs gouvernements respectifs de constater les résultats de la science que Ton doit considérer comme la première de toutes, puisque c'est celle qui a pour but de former des hommes.

Paris- Passy, 15 juillet 1876.

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