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INTRODUCTION. i3
chements, elle peut encore livrer à tous les peuples du globe, dont elle est l'inépuisable chantier, tous les bois de construction *.
Hardis navigateurs, marins infatigables, les Suédois et les Norwégiens surtout, bien que n^ayant plus aujourd'hui la fiévreuse ardeur des conquêtes aventureuses , des entreprises lointaines et des hasards de la mer, font les plus nobles efforts pour maintenir la prépondérance qu'ils doivent à leur force maritime.
Quant au caractère des habitants, il me suffira de remarquer que Ton retrouve dans tout le pays ces mœurs douces, polies et hospitalières qu'une longue tradition semble y avoir perpétuées. Les nobles sentiments qui les distinguent les ont fait souvent nommer les Français du Nord. Ils joignent à une grande loyauté une bravoure dont ils ont donné la preuve sur plus d'un champ de bataille. On peut surtout vanter chez eux comme un trait de caractère une dignité personnelle qui leur a toujours fait considérer la perte de l'honneur comme un véritable châtiment, et, pour me servir de leur expression^ « comme une mort qui dure toujours. »
1. La Suède possède 12 millions et demi d'hectares de bois^ rendant annuellement 5,700,000 fammor (le fammor vaut 2,825 Bières), sur lesquels 5,525,000 sont consommés dans le pays et 175,000 livrés à l'exportation comme bois de construction, mâts, planches, etc.
La Norwége, qui occupe, avec la Suède, la presqu'île Scandinave, a une superficie d'environ 317 kilomètres carrés. Sa population était en 1870 de 1,741,621 habitants. Elle a, quoique réunie sous le même sceptre, sa constitution particulière qui date de 1814, et offre plusieurs particularités remarquables.
La représentation nationale est plus démocratique en Norwége qu'en Suède. Le cens est plus bas et les conditions du suffrage et de Téligibilité sost plus larges. Les passions politiques y sont aussi plus vives. Le parti libéral a gagné contre celui qui s'intitule conservateur les paysans et les petits- ' propriétaires, moins par les théories que par la pro* messe de les décharger de leurs impôts aux dépens des villes. Il fait aussi de grands efforts pour reformer plus complètement le droit électoral en se rapprochant des conditions du suffrage universel, poar contraindre les membres du gouvernement à pre»* dre part aux déclarations du parlement et eoalever au roi le droit de dissolution.
Le Parlement (Storthing) se divise, pour les matières législatives, en deux chambres, dont les membres se composent de représentants des villes
et de représentants des campagnes , élus les uns et les autres pour trois ans. Il faut pour âlre éligible jouir d'une bonoe réputation , être électeur, âgé de 30 ans, habiter la circonscription et être établi depuis au moins dix ans en Norwége. Les membres du conseil d'État , les employés de l'administration et les titulaires des charges de la cour ne sont pas éligibles.
Pour être électeur, il faut être âgé de 25 ans, demeurer en Norwége depuis au moins cinq ans, avoir prêté serment à la Constitution, jouir d'une bonne réputation, et, de plus, se trouver dans l'un des cas suivants : l" être ou avoir été fonctionnaire; 2** posséder des terres , soit à titre de propriétaire, soit à titre de fermier par bail de plus de cinq ans; 3* être bourgeois dans une ville dite de commerce ou posséder dans un port un immeuble valant au moins 150 spéciés '; 4® avoir été inscrit cinq ans sur le registre des imposables des districts du nord du royaume, dits marches finnoises (habités principalement par des Lapons).
Les élections se font à deux degrés. Dans les campagnes, 100 électeurs nomment un électeur secondaire : les électeurs secondaires se réunissent dans les chefs-lieux de district et choisissent entre eux 1 membre sur 10, mais pas plus de 4, comme