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ENSEIGNEMENT DE LA GYMNASTIQUE

La gymnastique, dont les ministres de l'Instruction publique en France, et particulièrement MM. Duruy et J. Simon, se sont efforcés d'organiser et de généraliser l'enseignement, est considérée avec raison par les Suédois comme une partie essentielle de l'éducation. Nulle part on ne comprend mieux la nécessité de faire marcher de front les études qui développent Tintelligence et moralisent le cœur, et les exercices qui contribuent puissamment à rendre les corps sains et robustes. Je crois utile de donner quelque étendue à cette branche de l'éducation populaire*.

L'organisation scientifique de cet enseignement

] . Voir pour de plus grands détails le Rapport présenté au ministre de l'Intérieur de Belgique sur la situation de renseignement

est due à Pierre-Henri Liiig. Né le 45 novembre 1776 et contemporain de John en Allemagne, il songea comme celui-ci à fonder son système deducation sur la combinaison des forces physiques et morales du jeune homme. Il s'appliqua d'abord à l'étude des questions qu'il lui fallait résoudre avant de commencer. Il se demanda quelle est l'influence des exercices gymnastiques, depuis les plus simples jusqu'aux plus compUqués, sur le développement des muscles et de l'orga nisme , sur les parties intérieures du corps, sur les nerfs, sur le cerveau, sur la moelle épinière, sur les poumons, sur les pulsations du cœur, sur la circulation du sang. Il crut trouver à ces questions et à beaucoup d'autres des solutions mathématiques, et c'est ainsi que naquit une gymnastique nouvelle, pédagogique ou médicale selon que son action est généralisée ou localisée, selon qu'on en fait un agent éducatif ou un agent thérapeutique. Tandis qu'en Allemagne John fournissait de bons soldats et s'écriait : « Lebe wer leben kannl Vive qui veut vivre ! » ce qui caractérise sa tendance à faire de ses élèves des athlètes; Ling, au contraire, conviait également à ses leçons les faibles et les forts. (( Il faut, disait-il, que chacun puisse être utile à sol-

de la gymnastique en Hollande, en Allemagne et dans les pays du Nord. Bruxelles, 1873.

même en particulier et à tout le monde en général*. »

L'établissement fondé en 1814 par Pierre-Henri Lin g, sous le litre di! Institution centrale ou Académie royale pour la formation de professeurs de gymnastique [hommes et femmes), a été réorganisé en 1864 par son directeur actuel, le colonel Nyblœus.

Il se divise en trois départements ou sections :

Le département médical^ ayant pour but de créer des médecins qui, en vertu de leur diplôme, sont autorisés à pratiquer exclusivement la gymnastique médicale; le département pédagogique^ qui forme des maîtres de gymnastique pour toutes les écoles primaires et moyennes du royaume ; enfin le département militaire, qui forme des instituteurs pour Tarmée et la marine.

On y admet, comme élèves, des officiers de l'armée et de la flotte; des personnes civiles ayant subi les examens pour l'entrée à l'Université, ou pourvues des connaissances correspondantes à celles qui sont exigées pour ces examens, des dames jugées par la direction aptes à suivre les cours.

A la tète de chaque département pédagogique, militaire ou médical, est placé un instituteur prin-

1. Ce système est parfaitement exposé dans la brochure du colonel Borgestet [Beiheft des militarischen Wochenblatts),

cipal et un instituteur adjoint. Deux maltresses sont chargées de renseignement pratique destiné aux femmes. Il y a en outre un nombre indéterminé de maîtres et de maîtresses surnuméraires, selon les besoins de l'établissement. Les instituteurs principaux des départements pédagogique et militaire ont le titre de professeurs, grade trèsestimé en Suède. L'instituteur de la section militaire doit appartenir à l'armée ou à la marine. Celui de la section médicale doit être médecin.

Voici le programme général des études de l'établissement pour toutes les sections :

1° Partie théorique : anatomie, physiologie et hygiène; science des mouvements (myologie), gymnastique pédagogique; principes de la gymnastique militaire; pratique de la gymnastique médicale.

2° Partie pratique : exercices de gymnastique pédagogique; exercices des armes, fusil, sabre, fleuret, bâton ; exercices d'application de la gymnastique aux malades. Quelques matières spéciales sont enseignées dans chacune des sections. C'est l'étude de l'anatomie et de la physiologie qui forme la base de l'enseignement.

Tous les mouvements sont calculés, répartis et coordonnés de manière à atteindre le résultat prévu, pour combattre telle difformité naissante, pour fortifier tel muscle, pour prêter au maintien telle

qualité qui lui manque. Il faut employer pour ces différents exercices des appareils. Le directeur déclare néanmoins qu'il n'est pas strictement nécessaire de faire des exercices aux appareils dans les écoles rurales parce que les enfants y vivent en plein air et font eux-mêmes assez de mouvements naturels. Il ne les désapprouve pas cependant là où l'on peut et l'on veut en faire la dépense.

Le cours de chaque section est de deux ans. Il n'y a d'exception que pour les élèves qui possèdent déjà le diplôme de médecin.

L'institution centrale de Pédagogie gymnastique réunit aujourd'hui trente élèves.

L'État alloue annuellement à l'institution pour frais ordinaires une somme de 29,400 rixdalers. Le bâtiment et le mobilier représentent une valeur de 300,000 rixdalers.

Conformément aux prescriptions d'un arrêté royal du 9 janvier 1863, l'enseignement de la gymnastique a été organisé dans les diverses écoles de la Suède. Les classes supérieures des écoles moyennes (collèges et athénées) reçoivent par semaine au moins trois heures de leçons, et les autres classes six. En ce qui concerne les écoles normales d'instituteurs et d'institutrices primaires, cet enseignement comprend : 1** pour les hommes, des exercices nombreux de mouvements libres; 2® pour les femmes, des exercices variés d'après le

programme officiel de la gymnastique pédagogique. On croit souvent que la Suède ne connaît et ne cultive d'autre gymnastique que la gymnastique médicale, c'est une erreur. Dans les écoles moyennes et primaires, on ne s'en occupe guère. Elle n'est en honneur qu'auprès d'un certain nombre de médecins qui appliquent leurs procédés aux malades et traitent surtout les affections suivantes : faiblesse de constitution, déviations, paralysies, inertie des fonctions intestinales, palpitations, etc. *. A l'école primaire, on travaille purement et simplement à mettre le développement des forces physiques de l'enfant en harmonie avec celui de ses facultés intellectuelles. On fait surtout, avec raison, la part très-large à tous les exercices libres, les positions de station debout, la position assise, la position couchée, les pas, les marches, les sauts, les évolutions ou marches d'ensemble, les luttes et les jeux, etc.

Quant à la gmnastique militaire, elle est ordonnée dans toutes les écoles et fait partie de renseignement à tous les degrés. Avant d'entrer à l'école, les élèves passent par une espèce de vestiaire, ou plutôt d'arsenal. Ils exécutent la marche en bataille et en colonne, le changement de front. Ils sont habitués au maniement des armes, à l'escrime,

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