‹ L'instruction publique dans les États du Nord: Suède, Norvège, DanemarkChapitre 39 sur 70 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ENSEIGNEMENT âUPÉRtEUR

C'est à l'université de Copenhague, fondée en * 487, que les jeunes Norwégiens allèrent pendant longtemps chercher une instruction supérieure à ^elle que pouvaient leur procurer les quelques ^coles latines que possédait leur pays. Le long et ^fficile voyage qu'ils étaient obligés de faire et *^ur séjour pllis ou moins long dans cette ville n'étaient pas sans causer quelques appréhensions aux Pères de famille. Une société patriotique fonda ^n 1807 un prix décerné à l'auteur du meilleur ou- "^ rage sût rétablissement d'tiné Université à Chris- Uania.

Une souscription fût ouverte pour construire I^écôle et poiirles traitements des professeurs, et ^n i 81 1 l'université fut fondée. Le roi de Danemark, ï'rédéric VI, qui en avait autorisé lia fondation, la 'iota lie 300,000 francs, de plusieurs propriétés

ihS L'INSTRUCTION DANS LES ÉTATS DU NORD.

qu'il avait en Norwége, et donna à la bibliothèque les exemplaires dédoublés de celle de Copenhague. Les règlements de la nouvelle université, dont la création fut accueillie par tous les habitants avec des transports de joie, furent presque entièrement rédigés sur ceux de l'université de Copenhague.

Les cours sont entièrement gratuits et les étudiants ne sont astreints à aucune rétribution pour leurs études. Avant d'être inscrits, ils ont à subir un examen pour lequel la connaissance de l'anglais ou du français est obligatoire. L'administration de l'université appartient au conseil académique, composé des doyens des cinq facultés. Il y a cinq facultés : théologie, droit, médecine, histoire et philosophie, mathématiques et sciences naturelles. Les professeurs, au nombre de 59, sont répartis ainsi qu'il suit entre les facultés :

Théologie S, droit 4, médecine 17, histoire et philosophie 16, sciences naturelles et mathématiques 15.

L'université possède une bibliothèque considérable, à laquelle est allouée chaque année une somme de 15,000 francs, composée de près de 150,000 volumes, d'importantes collections scientifiques, un jardin botanique et un observatoire astronomique et magnétique.

(c L'établissement de l'université et le mérite incontestable de plusieurs professeurs, dit M. Mar-

mier^ n'ont pu donner à laNorwége une vraie vie littéraire. Il y a ici des imprimeurs, des libraires intelligents. Les magasins de livres sont ouverts, . les ouvriers sont à leur poste, les presses sont en mouvement, mais elles ne reproduisent que des copies d'ouvrages étrangers ou quelques innocents recueils d'élégies pour occuper les loisirs des belles dames de Christiania. Sous le point de vue scientifique., laNorwége est toujours, à Tégard du Daneûaark dans un état d'infériorité reconnue et de sou- Daission passive. Avant i814 et sa réunion comme Etat indépendant à la Suède, elle n'avait qu'une Capitale. Maintenant elle en a deux : l'une littéraire, Copenhague; l'autre politique, Stockholm. Cette division s'accorde, du reste, assez bien avec les deux caractères distincts de la langue norwégienne. La langue écrite est identiquement la mAme que le danois; la langue parlée se rapproche du suédois par plusieurs mots et par Taccenluation. Ainsi, tandis que les employés civils et militaires tournent leurs regards vers Stockholm, le petit nombre de personnes qui s'occupent d'art, de science, de littéî'ature, recherchent avec avidité ce qui vient de Copenhague. »

Cette alliance étroite de la Norwége avec le Danemark ne tient pas seulement à l'influence scientifique et littéraire de Copenhague ; elle tient à des

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