‹ L'instruction publique dans les États du Nord: Suède, Norvège, DanemarkChapitre 46 sur 70 · Em. de Laveleye, Imtruction du peuple, p · texte numérisé non relu

Em. de Laveleye, Imtruction du peuple, p

confiés à d'anciens sous-officiers diplômés. Il p'y a pas une grande différence, en ce qui concerne l'enseignement de la gymnastique, entre les écoles primaires et les écoles d'enseignement moyen. La méthode est celle de Ling-^ahn-Spiess, Dans l'école gratuite de TEst, dirigée par M. Hoffmann, les inspecteurs se sont prononcés pour une observation moins rigoureuse de la méthode de Jahn, qui, visant surtout à la force athlétique, ne s'occupait pas suffisamment de donner au corps de la souplesse et de la grâce; ils ont remarqué qu'elle ne prescrivait pas toujours assez de précautions, et que plusieurs des manœuvres n'étaient pas exemptes dé dangers.

Cette école gratuite 'comptait, en 1873, 1,176 élèves (887 garçons et 889 filles), divisés en 42 classes. Le personnel se composait de i inspecteur-directeur, de 21 instituteurs et de 11 institutrices. Les élèves des deux sexes prenaient part ensemble aux mêmes exercices, dans les classes préparatoires et inférieures.

Les édifices consacrés à la gymnastique dans la

ville de Copenhague sont, en général, vastes et bien

•aérés. Tous les établissements réunissent 9,490

élèves, sur les 10,015 enfants inscrits dans les dix

écoles communales .

Les professeurs sont payés par leçon, un franc par heure. A la campagne, ils reçoivent une indemnité fixée par la commune.

DANÊMÂRi. — ENSEIGNEMENT PRIMAIRE. 207

Oh parle avec éloges de rétablissement de gymnastique médicale et orthopédiqiie du docteuir Kramp, qui coriapte une nombreuse clientèle. Il obtient, dit-on, des résultats qui, au point àe vue de la science, bdt attiré Tatteiitioil 'des médecins.

ECOLES NOBHALES (sIÉHINÀiBEs)

Les jeiitiéis gens qîiî aspirent à la profession d'ihstitùteui's doivent subir un examen spécial. La plupart y Sont préparés par renseignement qu'ils reçoivent dàiis liné ides ciiiq écoles normales [séminaires]^ qui ont été créées par TÉtat à Jonstrup, Skaàî*up, Siiested, Lyngbye et Jelling. Ces établissements sont tous isolés dans la campagne afin que lés élèveé puissent étudier avec plus de tranquillité ; deux d'eritire eùxsbntdans les îles et trois en Jutland. Chaque séitiihàire cohtieiit eh moyenne une centaine d'élèves.

M. Cogordan (Jui, soiis là, conduite de Téminent ihspectelir géhèral des études, le professeur lîôlbech, a visité le séminaire de Jonstrup situé éh Sélaîidô slir là fotité de Copenhague i Fi*ederikâund^

donne sur cet établissement les détails suivants : « Entouré de bosquets et de jardins, installé dans une sorte d'antique manoir, c'est un charmant lieu de retraite. Les élèves couchent dans des sallesdortoirs, et, en dehors des heures de classes et d'études, ils ont le jardin à leur disposition : on les voit se promener gravement dans les allées, en fumant dans ces longues pipes destinées à faire oublier aux hommes du nord les heures de tristesse que la rigueur des hivers et la brièveté des jours ramènent périodiquement.

«Les élèves sont reçus à l'âge de 15 ans; les cours durent 3 années et comprennent à peu près les matières que l'on enseigne dans les séminaires de la Suède. J'ai été frappé de l'importance donnée à la musique. La raison en est bien simple. Ici, l'instituteur qui sait chanter peut devenir en même temps sacristain de la paroisse et augmenter ainsi quelque peu son revenu. Les élèves de Jonstrup chantaient des chœurs à trois et quatre parties avec un ensemble parfait et une remarquable justesse. La leçon de gymnastique est plus curieuse encore. Sous les ordres d'un sous-officier d'infanterie délégué à cet effet, ils exécutaient des exercices difficiles et qui étonnaient fort de la part de jeunes gens aux figures si graves et destinés à des fonctions si sérieuses.

« Aucun élève n'est admis dans le séminaire s'il

n'a passé au moins une année auprès d'un instituteur en activité, afin d'apprendre la profession qu'il Teut embrasser. Il doit s'exercer à faire la classe. Pour cela, on fait venir une douzaine d'enfants des gaard voisins. Si les élèves qui ont à recevoir des leçons d'un jeune homme inexpérimenté de 15 à 20 ans, au lieu de celles que lui donnerait l'habile instituteur qu'ils trouveraient à l'école de la commune sont un peu sacrifiés, le futur instituteur y trouve un grand avantage. Il apprend ainsi à connaître les enfants, et le temps qu'il leur consacre est une excellente préparation pour le moment où il aura lui-même à diriger une classe. »

La profession d'instituteur est eu Danemark mieux rétribuée qu'en aucun autre pays; ce qui contribue à élever leur condition sociale et à leur donner de l'influence. Il n'y a que 6 pour 100. des instituteurs danois qui gagnent moins de 400 rixdalèrs ou 1,180 francs par an, et il n'est pas rare de trouver un instilute^ur de village qui ait 3,000 francs de revenu.

Le minimum de traitement pour un maître examiné est fixé par la loi. Ce minimum comprend pour les instituteurs de campagne : 6 tonneaux de seigle en nature, 10 tonneaux d'orge, 26 d'après la taxe (qui est ordinairement de 10 rixdalers par tonneau), 6 cordes de bois de chauffage, un pré pour 2 vaches et 6 brebis avec du fourrage et de la

paiUe, une maison avec 3 chambres s'il est marié; et 2 s'il est célibataire, une étable, une grange, iiià jardin, etc.

La plus grande variété règne en cette matière ; tout est réglé suivant les usages et les habitudes locales et le minimum légal rie donne qu'une idée imparfaite du traitement réel des instituteurs.

Dans les villes, les instituteurs sont de deiii classes : les uns ont 50 tonneaux d'orge payés d'après la taxe, plus 150 rixdalers ; les autres la même quantité d'orge et 300 rixdalers. Dans les deux cas ils sont logés. A Copenhague les instituteurs ont 500 rixdalers en entrant en fonctions, 650 rixdalers aii bout de quatre ans et 800 rixdalers après huit ans. Les directeurs d'écoles ont 1,200 rixdalers (3,200 francs) .

On peut juger du bien-être et du confortable dont peut jouir un instituteur de campagne par la des- (u-iption que fait M. Cogordan de l'école de Kildel)rôode en Sélande , dirigée par M. Abrahams^n, un des instituteurs les plus intelligents du pays.

La maison d'école est bâtie en bois et en briques, et surmontée d'un toit de chaume. Elle n'a qu'un rez-de-chaussée avec des mansardes, ainsi que presque toutes les maisons danoises hors des villes. Ce rez-de-chaussée est divisé en deux parts; d'un côté une haute et vaste chambre où l'on fait la classe, de l'autre, un appartenient de quatre

pièces pour l'instituteur el sa famille. On est bien étonné de trouver dans un élégant cabinet de travail des appareils dé physique, descoUecliorisd'histôiré naturelle, et qiielques-iins de ces objets en sîlei, produits des âges antérieurs, que les Danois recueillent avec lànt de respect, comme des mohuiiieuts d'un passé qu'ils admirent.

Auprès de la maison est un petit jardin, cultive avec soin, où poussent des arbres fruitiers et quelques fleurs, tout ce que le rude climat dû Nord épargne. De l'autre côté se dressent un portique de bois et quelcjues instruments de gymnastique qui servent à la fois pour les leçons et pour l'amusement des élèves pendant les récréations.

Ce petit jardin n'est pas le seul terrain dont le maître d'école ait la jouissance. Le véritable lot scolaire est à trois quarts de mille (7 kilomètres) de là maison. Il est iaflermé polir 10 ans au prix de 2,800 francs.

C'est-là le principal reveiiu de l'école de Kildebrônde ; mais en y ajoutant quelques autres sources de revenus moins importants, on doit arriver à plus de 3,000 francs, somme bien suffisante pour faire vivre une famille assez largement à la campagne.

Les élèves, au nombre de 94, payent chacun 3 marcs (1 fr. 40 c.) par an; ceux qui sont trop pauvres eii sont naturellement dispensés. La loi

2i2 L'INSTRUCTION DANS LES ÉTATS DU NORD,

exige que les élèves payent une petite rétribution qui, à Kildebrônde, est précisément le minimum.

M. Abrahamsen joint aux fonctions d'instituteur celles de sacristain : comme tel, il a droit à certaines redevances qui, de la coutume, ont fini par passer dans la loi. Sans compter une somme fixe de 10 rixdalers, une redevance proportionnelle à la fortune de chacun est due par toute personne qui habite la paroisse et a reçu la confirmation ; on la paye aux trois fêtes de Noël, de Pâques et de Pentecôte. Quiconque refuse de payer est puni d'une légère amende de 2 sk. (6 cenrimes) pour une fille, 4 pour un garçon et 1 inarc (50 cent.) pour un gaardmand^ amende qui, en cas de récidive, peut être doublée et triplée. Le sacristan perçoit aussi une petite redevance pour les baptêmes, les fiançailles et les accouchements.

Enfin, quand un instituteur est depuis un certain nombre d'années à son poste, il obtient une augmentation qui peut s'élever à 50 ou 60 francs.

HAUTES écOLES POUR LES PAYSANS

Depuis une vingtaine d'années, il a été fondé en Danemark un grand nombre de hautes écoles pour

les paysans [folkehôjskoler)^ destinées à élever le niveau de l'instruction chez les populations rurales et à les familiariser avec l'histoire et la littérature nationales. Ces écoles sont entièrement dues à l'initiative privée et entretenues aux frais des particuliers. Leur nombre est aujourd'hui de 70, comptant plus de 2,300 élèves.

Ces écoles ont attiré l'attention publique en Suède et en Norwége, et, dans ces deux pays, il s'en est créé de semblables, qui ont pris pour modèle une des plus anciennes écoles du Danemark, celle de Marienlyst, près de Copenhague.

La création des hautes-écoles pour les paysans est le trait le plus caractéristique de l'instruction populaire en Danemark. Les conséquences qu'elle produit, au point de vue religieux et politique, méritent une attention toute particulière.

L'homme qui a pris l'initiative d'une révolution qui a élevé les habitants des campagnes à un degré de développement intellectuel que n'ont atteint nulle part les cultivateurs du sol, le célèbre Grundtvig, était à la fois un chef de secie et un chef politique. En cherchant, avec un dévouement admirable, à répandre l'instruction parmi les fils des laboureurs, il avait surtout pour but d'éveiller leur esprit et leur sens moral, afin de les rendre plus aptes à se pénétrer de ses doctrines religieuses, tendant à détruire la prépondérance de l'église officielle et à

m L'INSTRUCTION DANS LES ÉTATS DU NORD.

hâter le triomphe des institutions démocratiques. Ce double but a été atteint, et, bien qu'il soit difficile de formuler d'une maiiière bien précise lès doctrines du grundtvigianisme, il est certain que, par l'influence qii'il a exercée, le parti des paysans est devenu assez nombreux et aasez puissàiit poiir que le gouvernement danois ait été forcé de compter sérieusement avec lui.

Ce n'est pas à ce point de vue que j'ai à considérer ici les hautes écoles des jpaysàiis M je me borne à indiquer comment elles se rattachent au système général de l'éducation populaire et d'après quels principes pédagogiques elles ont été organisées.

Entre les écoles publiques donnant à tous les enfants du pays l'instruction primaire, et les écoles savantes ou collèges classiques, destinées aux jeunes gens se préparant aux cours des Universités, le Danemark,* comme les autres peuples de l'Europe, a compris la nécessité d'organiser vin enseignement devenu, par suite du développement du commerce et de l'industrie, un besoîii pôiir une partie

1 . Sur GrundtTîg, et son rôle religieux et politique, je renvoie au curieux travail publié par M. Cogordan (Revue des Deux Mondes du 15 février 1876). Mais j'ai pu profiter, grâce à Tobligeance de M. Cogordan, d'un travail manuscrit braucoup plu» étendu qu'il s'est empressé de mettre à ma disposition avec ub dé»iutéressement dont je le remercie.

DANEMARK. — EiNSEIONËMENT PRIMAIRE. 215

nota]3lede la jeunesse. Des établissements analogues aux écoles réelles de TAIlemagne, aux écoles techniques de rjtalie, aux écoles à' enseignement secondaire spécial de France se sont donc successivement élevés, et l'on en compte en ce moment un assez grand nomJDre, quoique les collèges dans lesquels l'enseignement Fi'pose encore sur l'étude des langues anciennes n'aient rien perdu de leur importance. On pense avec raison que c'est par la forte éducation qu'on y reçoit, que les jeunes élèves doivent se préparer à profiter de renseignement supérieur qui produit les hommes appelés à prendre place parmi les savants, les historiens et les archéologues dont l'Europe tient les travaux en si haute estime.

Mais, en s'élevant contre l'enseignement classique, Grundtvig n'a pas eu pour but de le remplacer par ces écoles pratiques dont l'étude d( s sciences appliquées forme la base ; son opposition a tenu à des vues d'un tout autre ordre.

Il avait d'abord travaillé avec ardeur à multiplier les écoles primaires, et son titre de pasteur nu l'avait pas empêché de réclamer l'enseignement gratuit, obligatoire et laïque. Il considérait la religion comme étant, avant tout, une affaire de famille et d'éducation première. On est étonné de voir un ministre de l'Évangile reconnaître aux parents seuls le droit d'initier leurs enfants aux pre-

îiô L':5ST?.rrT:o5 i^axs les états du hord.

miers éiemeDis du cuite. « UinstniGtion religieuse baudie et uniforme dooDée par un instituteur communal ne peuty disait-il, que remplir leur mémoire : elle est impuissante à firapper l'esprit et le cœur, auxquels elle doit surtout s'adresser. » D*ud autre cùté, il ne odosidérait rinstruction primaire que comme une simple préparatioo à des études plus hautes. La lecture, récriture et le calcul ne sont que des moyens d'apprendre ; ce ne sont pour l'esprit que des instruments de traTail. Or, chez les peuples Jibn s, dans les républiques comme dans les États dont les citoyens partagent la souveraineté avec le roi, dans le Danemark, par exemple, les peuples ont besoin d'une culture morale et d'un développement intellectuel qui permettent aux habitants de comprendre les questions vitales de la politique, pour émettre un vote en connaissance de cause. Ce ne sont pas les quelques années passées aux écoles paroissiales qui peuvent former de pareils esprits. Ce n'est pas non plus dans les collèges latins que se donne une éducation vraiment nationale. Qu'a de commun la civilisation grecque et romaine avec celle des peuples du Nord? Il est donc nécessaire de substituée aux collèges classiques tels qu'ils sont encore organisés aujourd'hui, des écoles nationales où l'on recevra, non un enseignement mort fondé sur une civilisation étrangère et morte, mais une instruction vivante et conforme

aux idées et aux besoins modernes, et surtout patriotique.

Grundtvig aurait voulu remplacer TUniversilé de Copenhague, dont il ne cessa d'attaquer ce qu'il appelait les études surannées, les habitudes scolastiques, le pédantisme latin et le pathos allemand, par une vaste Université scandinavej créée et entretenue aux frais des trois royaumes, frères pour la difiusion de la haute culture intellectuelle. Mais, tout en faisant des vœux pour la réalisation de ces espérances chimériques, le grand patriote avait, dans des proportions plus modestes, créé des écoles où il avait pu faire l'application de ses idées en fait d'éducation : ces établissements, qui peu à peu s'étaient multipliés sur tout le territoire, sont les hautes écoles des paysans. C'était chez les habitants de la campagne, chez les cultivateurs, et non dans la bourgeoisie, plus ou moins cosmopolite par suite des relations constantes que le commerce entraine avec les pays étrangers, et dans la noblesse, alliée, en grande partie, avec des familles allemandes, que Grundtvig trouvait les véritables re-, présentants de la race Scandinave. Il comptait sur les paysans pour conserver et raffermir au sein de la nation l'amour de la patrie, et il espérait y parvenir au moyen d'une éducation toute spéciale.

Lorsqu'eu France et dans les autres pays de l'Eu-

rope, on s'occupe d'élever le niveau des études dans les écoles de campagne, on songe tout naturellement à compléter l'enseignement primaire en le faisant suivre d'une instruction devant surtout avoir des résultats pratiques. Les écoles primaires supérieures ajoutent aux programmes des écoles élémentaires le dessin, la géométrie, la physique, la chimie agricole ou manufacturière. Ce n'est pas ainsi que Grundtvig et les nombreux disciples qui, après lui, ont fondé de hautes écoles pour les paysans, comprennent le but que doit se proposer l'éducation. Ce ne sont pas des écoles professionnelles qu'ils ont créées, ce sont des écoles de vertu civique et de patriotisme. Le fondateur, en 1844, du premier établissement de ce genre, le conseiller d'État Flor, ami intime de Grundtvig, a résumé ainsi les principes qui l'avaient inspiré : <c L'objet principal de l'instruction que l'on reçoit dans notre haute école, dit-il, est moins dans les connaissances pratiques que nous cherchons à donner aux élèves, que dans la vie intellectuelle que nous nous efforçons d'éveiller et de développer chez eux pour régénérer leur esprit, mûrir leur jugement, élever leur cœur, stimuler en eux le sentiment de l'ordre et du beau , remplacer l'habitude de l'oisiveté par l'amour du travail, donner plus de droiture à leur caractère et à tout leur être, faire naitre et fortifier dans leur âme le sentiment de

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la solidarité nationale et de rattachement à la patrie. »

Ces écoles sont ouvertes depuis le 1" octobre jusqu'au mois d'avril. A cette époque, les travaux de la campagne sont terminés, la terre est couverte de neige, et, pendant les deux hivers du Nord, les cultivateurs ont de longs loisirs. Les cours auxquels est consacrée la plus grande partie du temps ne durent pas moins de six à sept heures par jour. L'enseignement est, en grande partie, oral. On y cherche surtout à tenir l'esprit en éveil, à frapper l'imagination. Ces jeunes paysans qui, la veille encore, étaient bouviers et laboureurs, entendent des descriptions enthousiastes des pays scan*^ dinaves ; on leur parle des beautés de la nature, des œuvres remarquables de l'industrie humaine, des montagnes, des iiords, des produits du sol. Dans de longs et poétiques récits, les professeurs parcourent successivement les différentes phases de l'histoire desDanois, depuis l'âge de pierre jusqu'aux temps modernes. Ils font connaître les inventions, les progrès industriels et agricoles ; littérature, sciences, musique, beaux-arts, tout est pour eux matière à enseignement ou sujet de leelxM:^. \^^\N!è>

ce pays^ où le sens musical est si développé, des cantiques composés par Grundtvig pour célébrer les héros et les grands hommes du Danemark sont chantés en cliœur par ces jeunes gens, et l'on ne peut entendre sans être vivement impressionné, ces hymnes nationaux dans lesquels respire le plus noble et le plus pur patriotisme.

Voici comment est distribué l'enseignement dans l'école de Marienlyst, que j'ai citée plus haut conune une des plus anciennes :

Les cours commencent à 8 heures du matin.

Après les prières d'usage, on consacre la première heure à la lecture des auteurs, accompagnée d'explications et de discussions critiques auxquelles prennentpart les élèves. La seconde heure est consacrée à l'histoire du Danemark ; il y a ensuite une suspension de classe d'une demi-heure. A la reprise des cours, on s'occupe d'exercices d'écriture, de dictées, de leçons d'orthographe et de grammaire jusqu'à midi, l'heure du dîner.

Les cours sont ensuite repris jusqu'au moment du souper, qui a lieu à sept heures. Une suspension de travail d'une heure a lieu entre cinq et six heures. Les leçons de l'après-midi portent plus spécialement sur l'histoire et la littérature du Danemark et les notions élémentaires des sciences. Le correspondant d'un des journaux de Stockholm, l'Aftonbladet^ racontait ainsi qu'il suit, en 1871, une

visite qu'il avait faite à l'école de Marienlyst :

a Les écoliers, au nombre de vingt, sont assis autour d'une longue table. Dans la chambre sont des sièges et des bancs peints en blanc, un orgue et un grand nombre de casiers renfermant une collection d'auteurs danois habilement choisis. La première heure de la matinée est consacrée à la lecture d'auteurs danois et norwégiens. Pendant la saison d'hiver, on lit et on commente les ouvrages d'CEhlenschâlger, Holberg, Myemann- Andersen, Grandhvig, Hauch, Hertz, Bjonstjerne, Bjonson, etc. Souvent il s'engage, à ce sujet, des conversations des plus animées.

« C'est le principal de l'école, M. Grove, ou sa remarquable femme, toujours présente aux heures des cours, qui se chargent de faire les lectures. La présence de madame Grove donne à toute la scène un air de cordialité intime. C'est ordinairement elle qui, d'une voix ferme et sonore, conduit les chants, consistant principalement en airs nationaux anciens et modernes.

« Le premier jour de ma visite, madame Grove faisait la lecture d'une tragédie d'Œhlenschlàger, et, le lendemain, son mari lut la comédie d'Holberg, qui a pour titre : Erasmus montanus.

a Pendant la seconde heure des leçons, M. Grove fit, d'une façon attrayante et pleine d'intérêt, une leçon d'histoire qui portait spécialement sur le déve-

loppement de l'Église danoise natioDale : il exposa d'une manière simple et satisfaisante les luttes entre la foi orthodoxe et la liberté religieuse, entre FÉglise catholique et la réforme. En Suède, ces sujets eussent dépassé la compréhension de nos paysans ; mais la population rurale du Danemark est admirablement familiarisée avec son histoire nationale*

a Pendant la leçon d'écriture et d'orthographe, dit encore le correspondant de YAftonbladei^ je remarquai que beaucoup d'élèves écrivaient fort bien et que leurs devoirs contenaient très-peu de fautes. On ât ensuite des essais de composition sur des sujets déterminés. J'eus occasion d'en examiner u&grand nombre, et j'y trouvai une facilité d'expressions peu commune et une certaine originalité de pensées. On me montra une pièce de vers écrite à l'occasion d'une cérémonie locale, par un des élèves : ce travail faisait preuve d'une singulière puissance de style et d'un remarquable talent poétique.

c( Il semble absolument incompréhensible aux étrangers, dit -il en terminant, que de jeunes paysans habitués au travail manuel puissent consacrer sept heures par jour pendant tout un hiver à des travaux intellectuels. J'ai pourtant vu de mes propres yeux que ces exercices ne leur causaient aucune fatigue ; la variété des matières, la méthode attrayante d'éducation, les chants dont le cours est

heureusement entrecoupé contribuent à entretenir la bonne humeur et à tenir Tesprit sain. J'ai entendu, pendant l'après-midi, trois leçons de M. Grove, dont une sur les guerres médiques; il en prit sujet pour montrer quelle e^t la puissance de Tamour héroïque de la patrie, même en présence de la multitude innombrable des ennemis. J'ai été vivement émerveillé de la chaleur de son langage, qui n'avait rien de pédantesque et se bornait à exposer simplement les faits, en les groupant avec habileté. La seconde leçon était consacrée à saint Olaf, qui introduisit le christianisme en Norwége, et je constatai que M. Grove connaissait parfaitement le vieil historien irlandais Sturleson. La dernière hçure fut consacrée à Varithmétique. »

Toutes les hautes écoles, il faut bien le dire ne se bornent pas aux récits historiques, aux poétiques légendes, aux* chants patriotiques qui dans la pensée du fondateur avaient pour but principal de frapper l'imagination et d'élargir les sentiments de l'âme. Les jeunes paysans comprennent eux-mêmes que des notions d'agriculture, de chimie agricole, d'arithmétique, des |eçons d'orthographe môme ue

leur seraient pas inutiles pour les travaux quotidiens auxquels ces hautes études ne les empêcheront pas de se livrer. Gomme ces écoles sont dues partout à l'initiative individuelle chacune a été libre de modifier à son gré les programmes d'études.

Dans l'école de Tyrting près d'Aarhu, 8 heures par jour sont consacrées à étudier la géographie, l'histoire du Nord, l'histoire universelle, les légendes du Nord, la littérature Scandinave. A Vallekilde, en Fionie, le temps est partagé ainsi qu'il suit :

De 8 à 9 h., géographie.

9 à 10 h., littérature danoise, norwégienne et hollandaise, lecture des Eddas ou des Sagas dans des traductions.

10 à H h, Vs> histoire universelle, description des caractères constitutifs des nationalités, détails sur les vieilles mœurs et les usages d'autrefois,

2 V« à 4 h,, calcul, dessin.

4 à 5 h. V» (2 fois par semaine), droit constitutionnel danois, histoire naturelle, histoire du Nord.

6 à 7 h., écriture.

7 à 8 h. (3 fois par semaine), expériences de physique et de chimie.

L'école de Hindholm, établie sûr un vaste terrain situé dans la partie sud-ouest de la Zélande est divisée en trois sections. La première n'est guère qu'une classe primaire un peu forte. Dans la seconde le programme est à çeu près le même qu^

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celui de toutes les hautes écoles. La troisième se partie en deux sous-divisions. Dans Tune on enseigne la comptabilité, le droit pratique, l'agriculture, tout ce qui peut servir à un Gaarmand ou propriétaire rural important. Dans l'autre on prépare les élèves à Texamen de maître d'école. C'est un véritable séminaire privé. La haute école de Lyngby située près de la station de ce nom sur le chemin de fer de Copenhague à Ëlseneur, a des cours d'agriculture. Une haute école pour les jeunes paysans a été fondée à Thune en Seeland.

Rien nefaitplus d'honneur au peuple Danois que la fondation de ces écoles, qui toutes sont prospères. Le prix que payent les élèves suffît à leur entretien, grâce aux dons particuliers et à la légère rétribution qu'y ajoute l'État. Cette subvention est en tout de 1,100 rixdalers par an, ce qui fait 12 fr. environ pour chacun des 2,S00 élèves. Les hautes écoles sont installées à la campagne, et souvent fort loin des villes. Les élèves y passent environ six mois comme pensionnaires. Ils ont le vin et le couvert pour une somme d'environ 170 francs pour toute la durée des cours, c'est-à-dire tout l'hiver. Cette somme quoique modique semble pourtant devoir être pour beaucoup de paysans un peu lourde, d'autant plus que le jeune homme qui va à la haute école ne peut se livrer en même temps à un travail productif; mais le goût de l'instruction

ao

est pareil chez les habitants des campagnes danoises et leur situation économique est excellente. Il est très-commun de voir de simples paysans posséder un gaard d'une valeur de 15,000 à 20,000 rixdalers. Les paysans qui ne possèdent pas les gaard qu'ils cultivent ne sont pas beaucoup plus malheureux. Ils sont fermiers à long terme, le plus souvent même, fermiers héréditaires; la rente qu'ils payent au seigneur n'est pas lourde ; et stimulés par le désir de posséder assez de for« tune pour acheter un jour leur gaard^ ils travaillent avec une grande ardeur et gagnent presque tous. Quant au personnel enseignant des hautes écoles, il semble devoir être très-difficile à recruter. Il faut des hommes intelligents, instruits, bien supérieurs aux instituteurs primaires, puisqu'ils ont à enseigner des élèves de 20 à 28 ans. Il faut en même temps qu'ils soient assez modestes, assez dévoués, assez esclaves du devoir pour s'aller confiner à la campagne dans la solitude. De tels hommes cependant n'ont pas manqué. « J'ai connu des directeurs qui sont de véritables apôtres, dit M. Gogordan. Ils ont quitté de brillantes situations sociales pour se consacrer entièrement à cette œuvre. Soutenus par une vive foi religieuse, et animés du plus pur patriotisme ils remplissent leur devoir avec amour. Ils s'identifient à la vie de leurs jeunes paysans; le matin ils leur font des cours ; à midi ils s'asseyent

DANEMARK. *- ENSBiaNBMENT PRIMAIRE. 227

à la table commune ; le soir ils causent avec eux, ils leur consacrent tous leurs instants, et le plaisir de faire le bien est presque le seul salaire qu'ils retirent de leur peine : car une fois que le budget a été équilibré, s'il reste quelque chose pour le directeur c'est toujours bien peu. »

Depuis quelques années, comme il a été dit plus haut, des écoles de ce genre ont été établies en Suède et enNorwége. Il en existe onze dans ce dernier pays. La principale est celle de Sagulun qui paraît être sous l'influence directe de M. Bjômstjerne Bjômson, le plus illustre des écrivains contemporains de la Norwége et l'un des disciples les plus ardents du Grundtvigianisme. On reproche à l'école de Sagatun de favoriser les doctrines ultra-démocratiques du parti radical et le paysan a aujourdTiui la majorité dans le Storthing. C'est, du reste, un des principes de Grundtvig de placer toute sa confiance dans le peuple et de tout espérer de lui. « Maig, dit très-bien le jeune et judicieux écrivain à qui Ton doit l'étude si intéressante et si conciencieuse à laquelle je suis heureux d'avoir pu faire de nombreux emprunts, pour que le peuple mérite la confiance qu'on lui veut accorder dans les choses de la politique, il faut qu'il ait une profonde instruction, ou au moins que ceux qui veulent exercer sur lui quelque influence possèdent cette instruction. Le tort des hautes écoles est de rempUr les campagnes

de gens qui se croient de grands politiques parce qu'ils ont suivi pendant quelques mois des leçons de littérature et d'histoire : là est Iç danger, et les hommes les plus sages et les plus clairvoyants du Danemark s'en aperçoivent bien . »

ÉCOLE PRATIQUE ET THÉORIQUE DE LAITERIE POUR LES JEUNES FILLES, SUR LE DOMAINE DE WESE- BTEHOF, PRÈS DE LA VILLE d'œNGELN EN DANE- MARK.

L'école pratique et théorique de laiterie pour les jeunes filles a été établie sur le domaine de Wesebyehof, près de la ville d'Œngeln.

L'enseignement pratique est donné par le propriétaire et exploitant du domaine, M. Gœbel et par sa femme, aidés de leur laitière en chef. On comprendra combien cet enseignement doit être fructueux, lorsqu'on saura qu'outre le lait des vaches du domaine, on travaille, à Wesebyehof, le lait d'environ deux cents vaches des cultivateurs du voisinage avec lesquels on a conclu des traités.

L'enseignement théorique est donné : 1® par le directeur de la ferme-école et station agronomique voisine de Kappeln, M. Leidke, qui vient y faire

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un cours d'agriculture et de zootechnie pendant la première quinzaine de mai; 2® par le chef des travaux chimiques de cette même station, M. le docteur Fuchs, qui se transporte, avec une partie de son laboratoire, à Wesebyehof, et y fait, pendant tout le mois d'août, un cours de chimie spécialement appliqué à la laiterie.

La durée des études varie. Elle est de six semaines seulement (de quinze jours en mai et d*un mois en août) pour les jeunes filles qui veulent se borner aux notions théoriques et à la connaissance des principales opérations ; elle est d'un an, du i*' mai au 30 avril, pour celles qui désirent acquérir, en outre, une certaine habileté de main.

Ces dernières, dont le nombre a été fixé provisoirement à six, sont tenues d'exécuter tous les travaux de la laiterie, ainsi que ceux du potager et du ménage qui rentrent dans les attributions de la maîtresse de maison à la campagne.

Les unes et les autres doivent tenir un journal et un livre de laiterie où elles consignent journellement les notions acquises, les observations faites et les diverses opérations efiectuées avec les résultats obtenus.

Ces livres, à la demande des élèves, sont examinés et corrigés par les professeurs et par les membres du conseil de surveilllance {curatorium) attaché à rétablissement.

Après rachèvement de leurs études, les élèves du cours de six semaines comme celles du cours d'un an passent un examen pratique et théorique où ces livres sont revus avec soin, et qui a pour résultat, s'il y a lieu, Tobtention d'un certificat d'aptitude signé des professeurs et des membres du conseil de surveillance.

Ces derniers s'emploient très-volontiers pour le placement convenable des élèves méritantes.

. Les élèves payent pour l'instruction, le logement et la nourriture : celles du cours d'un an, 450 fr., et celles du cours de six semaines, 125 fr.

Cette école n'est pas, du reste, la seule que possède le Danemark ; car un établissement du même genre, désigné sous le nom d'école d'agriculture ' de Thûne, a été créé récemment dans l'île de Seeland sur un domaine gratuitement concédé à l'État par le propriétaire, pour y installer une école d'enseignement.

On ne compte pas, dans la péninsule danoise, moins d'une demi-douzaine de ces écoles d'agriculture, ayant pour but principal l'étude de la laiterie, et elles sont toutes prospères. On doit leur création aux avantages considérables que les cultivateurs danois ont retirés dans les vingt dernières années de la spéculation laitière et surtout de la production du beurre. Le gouvernement, les associations privées et les particuliers ont fait les plus

grands efforts pour développer cette branche d'industrie, et, conune la femme joue un rôle considérable dans les manipulations de la laiterie, ils se sont occupés, dès le principe, de créer des écoles spéciales pour Tinstruction des filles des paysans et des fermiers.

La Suède est entrée dans la même voie ; elle a fait venir des professeurs du Danemark, et elle a fondé, sur le modèle de celles de Thune, plusieurs écoles spéciales de laiterie pour les jeunes filles et les jeunes garçons. Parmi elles, on peut citer l'école de Haddorp, dans l'Ostrogothie, et l'école de laiterie de Bergavara, dans la province de Smaaland. Indépendamment de ces établissements spéciaux, il y a quatorze ou quinze laiteries modèles subventionnées par l'État ouïes gouvernements provinciaux, à charge d'instruire cinq ou six paysannes ou jeunes garçons dans l'art de fabriquer le beurre et le fromage.

Rappelons, à ce sujet, que le Danemark, l'un des pays les moins étendus de l'Europe, puisque la Belgique et la Hollande sont les seules contrées qui aient une surface moindre, est un de ceux où l'agriculture est le plus en honneur; près des trois quarts de son territoire sont en terres labourables.

DEDXIÈME PARTIE

ENSEIGNEMENT BBGONDAIREi

écOLES SAVANTES (ENSEIGNEMENT CLASSIQUE)

L'enseignement secondaire, en Danemark, est donné dans les losrde skoler ou écoles savantes, dont le nombre s'élève à vingt et quelques, privées ou publiques. Parmi ces dernières, celle de Rônne, dans l'île de Bomholm, ne poursuit l'éducation des élèves que jusqu'à la sixième classe inclusivement ; une école réelle [real skole) y est annexée. Deux autres écoles publiques reçoivent des pensionnaires : celles de Sorô et de Herlufsholm; toutes les autres n'admettent que des externes. L'école

de Copenhague porte le titre d'école métropoli-

1 . Les détails que contient celte seconde partie sont empruntés enparUe àun rapport ofûciel, adressé par M. Léouzon Le Duc, aa ministre de l'instruction publique, et mis obligeamment à notre disposition par son auteur.

taine : celles de Rôskilde, Odense, Rynkjôbing, Aalborg, Viborg, Aarhus et Ribe, s'appellent écoles de cathédrale. Le reste est désigné sous le nom d'écoles savantes.

Enfin, outre le collège de Reykiavick, en Islande, il y a encore à Frédéricia, en Jutland, une école secondaire privée, subventionnée par le gouvernement et remplaçant l'école secondaire de l'État qui y était établie.

Chaque école est pourvue d'un conseil financier composé du recteur de l'école, du premier pasteur de la paroisse, et d'un délégué de la municipalité. Ce dernier s'occupe de la comptabiUté et contrôle l'administration de l'économe de l'école , qui est soumis au dépôt d'un cautionnement.

Les propriétés des écoles savantes proviennent soit des biens du clergé catholique qui leur ont été attribués après l'introduction de la réforme en Danemark, soit des donations et des legs particuliers. La valeur de ces biens s'élève aujourd'hui à 765,000 rixdalers, sans compter ceux qui appartiennent aux écoles de Sorô et de Herlufsholm.

La première de ces écoles, qui porte le titre d'acdémie, est établie dans un ancien cloître de Cisterciens tombé aux mains de la couronne à l'époque de la Réforme. Frédéric II en fit une école royale que Christian IV transforma en une académie noble [adeligt) où furent élevés plusieurs princes scan-

dinayes. Néanmoins la prospérité de celte école commençait à décroître lorsque le poëte Ilolberg, au milieu du siècle dernier, lui laissa sa fortune, qui était considérable. Il ne reste aujourd'hui de Tancien couvent qu'une église où reposent les restes de Valdemard le Grand et du poôte Holberg, qui, bien que né à Bèzgen, avait passé à Soro la plus grande partie de sa vie. Le pensionnat est installé dans des bâtiments modernes de magnifique apparence.

Quant à l'internat de Herlufsholm, il a été fondé en 1563 par le célèbre amiral Ilerlufs-TroUe. La direction de cette école appartenait autrefois au chef de la chancellerie danoise de Copenhague. Aujourd'hui elle est réservée au gouvernement.

Depuis i807, chaque école est tenue d'apporter au fonds commun l'excédant de ses revenus. Chacune d'elles conserve, comme par le passé, ses biens propres, mais elles ont perdu le droit de les augmenter au moyen de réserves et d'en disposer dans leur intérêt exclusif. Cette mesure a eu pour objet de mettre toutes les écoles sur le même pied par rapport au personnel enseignant et au matériel ; le fonds commun fournit les suppléments nécessaires à celles qui ont des revenus insuffisants. L'apport annuel fourni par l'école de Sorë, qui possède un capital de 3,605,000 rixdalers, est celui qui contribue le plus à la richesse du fonds com-

mun, celle de Rôskilde a fourni en 1872 un ap* port de 31,000 rixdalers.

Cette prospérité permet aux écoles savantes de pourvoir elles-mêmes à tous leurs besoins : aussi ne reçoivent-elles aucune subvention de FËtat.

La comptabilité des écoles est soumise au contrôle du ministre de Tlnstruction publique. Les dépenses de chacune d'elles sont inscrites au budget et votées par le Rigsdag. Elles s'élevaient pour le budget de 1 872-73, à 280,000 rixdalers sur lesquels l'État, c'est-à-dire le fonds commun des écoles, n'a eu à payer que 56,000 rixdalers.

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