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ADMINISTRATION ET PERSONNEL ENSEIGNANT

Les écoles savantes sont placées sous la direction du ministre de l'instruction publique et des cultes, assisté de l'inspecteur de l'enseignement, du directeur de la gymnastique et de l'inspecteur du chant; elles sont en outre soumises à la surveillance du préfet local {aintmand) et de l'évêque diocésain.

L'internat de Herlufsholm a reçu une organisation spéciale , indépendante du ministère de l'in-

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stnictioD publique. Le directeur de cette école est nommé par le roi et pris parmi les membres du conseil d'État privé.

L'administration intérieure des écoles appartient au recteur, qui les dirige sous sa propre responsabilité. Il sert d'intermédiaire entre le gouvernement et l'école, entre l'école et les parents des élèves. Chaque année, il doit adresser au ministre les propositions concernant les modifications à apporter aux heures de travail, à la distribution des traitements et des gratifications, au choix des livres classiques ; il a également à rendre compte du résultat des examens, du nombre des élèves qui se sont présentés à l'examen final, dit examen de sortie, et de la manière dont ils l'ont subi. Il fixe l'ordre des cours et des examens, veille au maintien de la discipline, et prend part à l'enseignement, particulièrement pour la partie relative à l'instruction supérieure. 11 est membre de droit du conseil financier de Técole. Les punitions corporelles, dit un rapport de M. Schwarzhopf, ne peuvent être infligées sans sa décision.

Les professeurs des écoles savantes se composent de deux classes : les maîtres supérieurs et les adjoints. On ne compte pas plus de 27 maîtres supérieurs pour l'ensemble des écoles savantes du Danemark; le nombre des adjoints est de 82 : en tout, 109.

Pour être admis à remplir les fonctions de maître supérieur, il faut avoir subi, à l'Université, Texamen d'histoire et de philologie, ou avoir été maître de conférences. On y admet également les candidats polytechniques, dont nous parlerons au chapitre de l'enseignement supérieur.

Le titre de maîtres de conférences appartient à ceux des élèves de l'Université qui ont acquis, par un examen spécial sur des matières de philosophie, de mathématiques et de sciences naturelles, le droit de concourir pour le grade de docteur en philosophie.

Les fonctions d'adjoint peuvent être exercées sans l'obtention d'un grade académique. Il est môme réservé aux adjoints un quart des vacances des maîtres supérieurs, pourvu qu'ils aient fait preuve de zèle et de capacité pendant une période de temps suffisamment étendue. En cas de maladie, les maîtres supérieurs et les adjoints se remplacent les uns les autres. A part le chiffre du traitement, il n'y a donc pas, en général, de différence notable entre les fonctions de maître supérieur et ceUes d'adjoint, au point de vue de l'enseignement dont ils sont chargés. Toutefois, il est nécessaire qu'un des maîtres supérieurs au moins ait subi l'examen d'histoire et de philologie, pour pouvoir, en cas d'empêchement du recteur, remplir ses fonctions, pour l'exercice desquelles cette condition est absolument nécessaire.

Il est interdit aux maîtres supérieurs et adjoints d'accepter un emploi public sans Tautorisation du ministre. Ceux d'entre eux qui seraient élus députés au Rigsdag sont tenus de se faire remplacer par un suppléant, avec l'assentiment de l'administration de l'école. Aucune prohibition ne leur interdit les fonctions municipales dans la commune où ils résident; mais, dans le cas où ce mandat ferait obstacle à l'exercice de leurs fonctions pédagogiques, ils doivent donner la préférence à ces dernières. Us peuvent donner des répétitions particulières aux élèves de l'école, à condition d'y être autorisés ex- ][)ressément par le recteur. Il y a, en outre, daus chaque école des professeurs spéciaux pour le dessin, la gymnastique, le chant, l'écriture. Les recteurs, les maîtres supérieurs et les adjoints sont, après une année d'exercice, considérés comme fonctionnaires royaux; et à cette qualité sont attachées certaines dispositions législatives concernant les pensions de retraite et celle des veuves des fonctionnaires.

En outre, les adjoints et les maîtres supérieurs ont droit à des appointements éventuels dans les écoles qui comptent plus de 100 élèves. Au-dessus de ce chiffre, l'excédant du prix de la pension appartient en, totalité aux professeurs , sauf pour l*école métropolitaine, où ceux-ci n'ont droit qu'à ^ moitié. Les recteurs ne prennent point part à Celte répartition.

Les maîtres supérieurs et les adjoints sont tenus de donner chacun 24 heures de leçons par semaine. Chaque heure donoée en plus leur fournit un supplément de pension de 21 rixdalers par an. C'est de cette manière que sont réglés les appointements des time lœrere (maîtres à l'heure), ou professeurs de matières spéciales.

Les recteurs ont droit au logement dans les bâtiments de l'école ; ils reçoivent, en outre, un traitement fixe de 1,600 rixdalers, avec augmentation de 200 rixdalers tous les cinq ans jusqu'à concurrence de 2,200 rixdalers. A l'école de Rônne, ce maximum est de 1,800 rixdalers; le minimum est de 1,200 rixdalers. Si un maître supérieur attaché à une école savante est nommé recteur de l'école de Rônne, ses appointements sont réglés comme s'il avait occupé cette place depuis qu'il est maître supérieur. A l'école de Sorô (internat), le traitement varie de 2,000 à 2,500 rixdalers, avec une augmentation tous les cinq ans; le recteur a droit en outre au logement et au chauffage, et à une indemnité de 200 rixdalers pour frais de bureau ' .

Le traitement des maîtres supérieurs varie de 1,000 à 1,600 rixdalers, avec augmentation de

1. La valeur du rixdaler, ou rigsdaler, est de 2 flr. 81 cent. Depuis le 1^' janvier 1875, le rixdaler a été remplacé par i^ hr'ône^ qui vaut 1/2 rixdaler. Le krône est divisé en 160 ôr^'*

200 rixdaiers tous les cinq ans ; celui des adjoints varie de SOO à 1,000 rixdaiers, avec augmentation de 100 rixdaiers tous les trois ans. A l'école de Sorô ils reçoivent en outre une indemnité de logement, fixée à 250 rixdaiers pour les maîtres supérieurs et à 100 rixdaiers pour les adjoints.

DUB^B DES ETUDES ET CONDITIONS d'ADMISSION AUX léCOLES SAVANTES.

L'année scolaire est de dix mois, du 23 août au 22 juillet, outre les vacances de deux mois qui suivent cette date, et celles de Noël (15 jours), de Pâques (7 jours), de la Pentecôte (4 jours) ; on compte comme jours fériés le lundi saint, le jour des prières, qui a lieu le quatrième vendredi après Pâques, l'Ascension, la Saint- Jean, l'anniversaire du 5 juin, jour de la loi constitutionnelle du royaume, les jours d'élections au Risgdag et au Risgraad et les premiers jours de marché dans les villes commerçantes. Le recteur peut aussi accorder chaque mois une après-midi de congé.

Le temps consacré aux études est en général de

6 heures par jour, de 9. heures à 1 heure et de 3 heures à 5 heures. Ces 6 heures se suivent sans interruption dans l'école métropolitaine, de 9 heures à 3 heures, à cause des habitudes particuUères à la capitale. Sur la demande des parents, on a introduit dans plusieurs écoles du Jutland l'usage de suspendre le travail pendant S minutes toutes les heures, et d'interrompre pendant un quart d'heure de repos la continuité des 6 heures d'études quotidiennes.

La durée totale des cours est de 8 ans. Les six premières classes comprennent chacune une année; la septième dure 2 ans.

On exige les conditions suivantes pour l'admission dans les écoles savantes :

Ne sont admis dans la première classe que les élèves âgés de 9 ans accomplis, sachant lire couramment le latin, écrit ou imprimé, lire et écrire le danois et posséder les premières notions d'o^ thographe, connaître les quatres premières règles de l'arithmétique et l'histoire sainte au moins sommaire ; ils doivent en outre avoir un certificat de vaccine.

Ne sont admis dans une des hautes classes que ceux qui ont l'âge suffisant pour entrer dans cette classe comme s'ils avaient commencé leurs études à 9 ans accomplis, et qui possèdent les connaissances suffisantes pour en suivre les leçons; H^

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doivent en outre produire un certificat de moralité, et, s'ils sortent d'une autre école, faire constater qu'ils s'y sont bien conduits.

On n'admet point d'élèves d'un âge trop élevé pour qu'ils puissent terminer leurs études avant leur vingtième année.

L'autorisation du ministre est nécessaire pour entrer immédiatement dans la septième classe. Le ministre peut, en outre, sur la proposition du recteur, accorder des dispenses d'âge à ceux des élèves qui- doivent atteindre dans le courant de l'année l'âge réglementaire.

La loi du 1*' avril 1871, a modifié, à certains égards, l'organisation de l'enseignement secondaire, notamment en ce qui concerne la durée des cours d'études, qui a été réduite à six ans au lieu de huit.

En fait, cette loi n'a point sensiblement altéré cette organisation, car les deux classes inférieures, qui avaient été supprimées pour des raisons d'éco- Domie , et afin de les remplacer, par deux classes scientifiques supérieures, ont été rétablies dans presque toutes les écoles par les professeurs. Ceuxci reçoivent alors directement leur traitement des élèves ; la loi et les règlements ne s'y opposent pas.

La loi de 1871 a eu surtout pour objet l'établissement du système de la bifurcation : elle a institué, comme nous l'avons dit, deux classes de sciences,

OÙ sont enseignées, à la place de la langue grecque et de quelques matières littéraires : les mathématiques, le dessin, la physique, Thistoire naturelle, avec plus de développements que dans la section des lettres. Une partie de renseignement est commun aux deux sections.

Le système de bifurcation, n*a point non plus sensiblement altéré la nature de renseignement secondaire, pas plus que l'organisation des études. Les cours de la section des sciences ne sont suivis que par un cinquième tout au plus des élèves des écoles savantes.

PROGRAMMES d'Ï^TUDES

Voici comment se distribuaient entre les huit classes les matières de renseignement avant la loi de 1871 :

Première classe : danois, allemand,instruction religieuse, histoire, géographie, calcul, histoire naturelle, écriture, dessin, gymnastique et chant.

Deuxième classe : Les mêmes matières que ci-dessus, plus le français.

Troisième classe : Les mêmes matières, plus le latiQ et l'arithmétique.

Quatrième classe: Les mêmes matières, plus le grec et la géométrie. Le cours de dessin se termine à cette classe.

Cinquième classe : Les mêmes matières.

Sixième classe : Les mêmes matières, plus Tescrime.

Septième classe : Les mêmes matières^ plus les sciences naturelles, la trigonométrie, la stéréométrie et la lecture du Nouveau Testament dans les textes. En outre, l'hébreu et l'anglais peuvent être étudiés à la place de la gymnastique et des exercices de tir.

On a vu que les deux classes inférieures, supprimées par la loi de 1871 , avaient été en fait rétablies par les professeurs.

Les programmes d'études, sont donc aujourd'hui peu différents de ceux-ci, sauf pour les deux classes supérieures, qui remplacent les deux années de septième et où le cours des sciences et celui des lettres sont distincts.

Les parties communes aux deux sections, sont le danois, l'allemand, le français, l'histoire et la physique. Dans la section des sciences, le grec et le latin sont remplacés par le dessin, les mathématiques et la chimie.

U n'y a point d'ouvrages obligatoires pour l'enseignement des écoles. Chaque recteur détermine, de concert avec les professeurs, quels sont les livres qui devront servir pour chaque cours, et la liste <îu'ils en dressent est soumise à l'approbation du ïxiinistre.

Chaque école possède une bibliothèque ouverte aux professeurs et des cabinets contenant les instruments nécessaires à l'étude des sciewceç» ^\. Ôl^

l'histoire naturelle. Des locaux particuliers sont réservés aux salles de gymnastique et aux lieux de récréation.

Quant aux internats de Sorô et de Herlufsholm , on se tromperait singulièrement si Ton se représentait ces établissements comme organisés sur le modèle de nos lycées, que M. le ministre Waddington qualifiait tout récemment de a vieilles casernes. » A Sorô, les élèves travaillent séparément dans de petites chambres, où ils sont réunis par groupes de quatre ; en dehors des heures de travail, ils peuvent se promener en toute liberté dans les immenses bois de hêtres des environs et sur les bords du lac de Sorë, qui fait de cette résidence un des plus charmants pays de la Seeland.

L'étude du français était fort en honneur à Sorë, tant que se conservèrent les traditions du dix-huitième siècle : jusqu'en 1830, les cours d'histoire se faisaient en français. Aujourd'hui, cette académie ne cultive plus le français que comme les autres langues qui figurent parmi les matières du programme officiel, et n'y attache pas une plus grande importance que les autres écoles danoises.

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