TROISIÈME PARTIE
Le Danemark, qui occupe, comme nous rayons i, une place si honorable parmi les pays où Tédu* tion du peuple est la plus avancée, ne mérite pas oins d'être signalé par ses progrès dans les .utes parties de la science. Il doit cet avantage [a direction donnée aux études dans son univer*^ ;é de Copenhague. Christian P% qui la fonda I 1 479, lui avait fait donner ses statuts par l'arche* que de Lund. La première dotation qu'il lui corda se ressentit de l'exiguïté des ressources l'il possédait. On sait qu'en mariant sa fille avec cques III d'Ecosse, il engagea pour payer sa dot 5 îles Orcades et Shetland qu'il n'a jamais pu re- ►uvrer.
]ba nouvelle université après avoir langui pendant
plus de soixante ans, ne se releva qu'au seizième siècle, lorsque la réformation eut pénétré dans le Danemark. Christian III l'enrichit en iS39 des biens enlevés au clergé. Ses successeurs y atth*èrent des étudiants en leur ofirant des avantages considérables. Frédéric II, en 1596, établit la communauté pour cent étudiants, qui devaient être logés et nourris gratuitement. Il lui assigna des dîmes, un cloître à Copenhague, des biens en Seeland et à Falster. En 1623, Christian IV fonda pour cent étudiants le collège de la Régence qui existe encore, mais où les élèves logent seulement et ne sont plus nourris ; on leur paye une certaine somme. Plus de trois cents étudiants jouissent à'unstipende fondé par des lois ou des particuliers. L'étudiant peut solliciter le moindre de ces stipendes dès qu'il a passé son examen philosophique, et il obtient successivement les autres. Les fonds de la communauté sont employés à payer une partie de ces stipendes, et, comme elle était trop riche, on a pris sur ses revenus pour subvenir aux besoins de l'université. Les revenus connus de l'université s'élèvent à environ 360,000 francs.
Outre ces fondations royales, des particuliers ont fondé trois collèges, où seize élèves sont logés et reçoivent par an une somme de 150 à 180 francs. Parmi les legs faits à l'université, on cite celui gu'elle doit au poëte Holberg, qui lui a assuré une
rente de 1,S00 francs pour marier les filles des professeurs.
Ces legs et ces fondations, dus à la munificence de citoyens généreux, s'élèvent aujourd'hui à une somme considérable. L'établissement de Sorô, par exemple, qui n'est qu'une simple école secondaire et un internat, possède à lui seul, un capital de plus de 9 millions de francs.
L'université de Copenhague se compose de cinq facultés : théologie, droit et économie politique, médecine, philosophie, mathématiques et sciences naturelles.
La faculté de théologie (protestante luthérienne) comprend le dogme, la morale et la philosophie morale, la philosophie, l'histoire de TÉglise et|du dogme, la symbolique sacrée, Tétude des Pères, l'exégèse et l'histoire critique de l'Ancien et du Nouveau Testament.
La Faculté de droit et d'économie politique comprend l'encyclopédie de la science du droit, le droit public, le droit danois civil, criminel, commercial et rural, le code de procédure et de police, le droit maritime, le droit ecclésiastique, l'histoire du droit danois, le droit des gens positif, la statistique, principalement dans ses rapports avec l'agriculture, le commerce et l'industrie danois, le droit romain et son histoire, la science des finances, le droit constitutionnel et administratif du Danemark.
La Faculté de médecine comprend: la pathologie spéciale et la thérapeutique, la chirurgie préparatoire, la science de Taccouchement, la physiologie, la clinique chirurgicale, la cUnique médicale, la pharmacologie , Tanatomie normale , Tanatomie pathologique , la médecine légale et Thygiène publique.
La Faculté de philosophie comprend : la philosophie proprement dite , l'histoire des langues classiques, les langues indo-orientales, les langues sémitiques, la philologie et Tarchéoiogie grecques et romaines, Testhétique, les langues Scandinaves. Thistoire et les antiquités du nord, les beaux-arts et leur histoire, les langues et les littératures slaves, le français, l'allemand, Tanglais et le groenlendais.
La Faculté de mathématiques et sciences naturelles comprend : la minéralogie , la chimie , la zoologie, la physique, l'astronomie et la botanique.
La direction supérieure de l'Université appartient au ministère de l'instruction publique et des cultes. C'est lui qui propose au roi les lois, décrets, règlements, résolutions relatifs à la constitution et aux
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réformes de renseignement universitaire, et la nomination des professem*s.
Les cinq facultés réunies comptent un personnel de 38 professeurs titulaires, 6 lecteurs ou docent ordinaires^ 6 docent extraordinaires et 6 chargés de cours, formant un ensemble de 56 professeurs, et se divisant ainsi qu'il suit : théologie, 5 professeurs; droit et économie politique, 8 professeurs ; méde^ cine, 7 professeurs; 2 lecteurs; 1 e/oc^n/; philosophie 1 i professeurs, 3 lecteurs ; mathématiques et sciences naturelles, 7 professeurs;
Les 6 docent extraordinaires et les chargés de cours sont attachés principalement aux trois dernières facultés.
Les lecteurs et les docent forment une sorte de professeurs-adjoints; plusieurs d'entre eux portent le titre de professeurs, soit qu'ils en aient déjà rempU les fonctions, soit qu'ils aient mérité, par leurs travaux, cette qualification honorifique réservée, à ceux qui se sont distingués dans les sciences et dans les lettres en Danemark et à l'étranger*
L'année académique, comme l'année scolaire, commence au 23 août de chaque année. Elle se divise en deux semestres : le premier, du 23 août au 31 janvier, le second, du 1" février au 22 août.
La durée des cours est d'environ huit mois, du 23 août au 22 décembre et du 1" février au 9 juin. Les examens ont lieu dans l'intervalle des cours,
pour le premier semestre, du 7 au 31 janvier, et pour le secoud, du 10 juiu au 9 juillet. La durée des yacances est donc d'environ deux mois.
Ayant l'ouverture de chaque semestre, le programme des cours et exercices {lections catalog) est dressé et publié, sauf en ce qui concerne la faculté de droit et d'économie politique, dont les programmes sont fixés tous les deux ans. Tous ces programmes sont arrêtés par les professeurs et les doyens de chaque faculté, et soumis à l'autorisation ministérielle.
Un rapport est en outre adressé au ministre à la fin de chaque semestre, pour faire connaître comment les programmes ont été suivis dans chaque faculté.
Pour être admis à l'Université et obtenir le titre de citoyen académique [civis academicus)^ il faut être âgé de 17 ans accomplis, ,sauf dispense du ministre, et avoir subi l'examen final d'une des écoles savantes publiques ou de celles des écoles privées qui ont le droit de conférer des diplômes.
Ceux qui n'ont fréquenté aucune de ces écoles ne sont admis à l'Université qu'en se présentant à l'examen d'entrée, avec un certificat délivré par un citoyen académique ayant déjà subi l'examen philosophique et ayant exercé l'enseignement pendant un an au moins dans une école savante privée; ce
certificat doit constater l'aptitude et la moralité du candidat.
Ceux qui seraient sortis d'une école savante avant la fin des cours d'études, c'est-à-dire sans avoir suivi ceux de la septième classe, ne peuvent se présenter aux examens d'admission à l'université que deux ans après leur sortie de l'école.
Les examens d'admission portent sur les mêmes matières que les examens de sortie des écoles savantes : le programme en est fixé par un comité composé de professeurs des écoles et de professeurs de l'université. Le certificat de capacité, obtenu après cet examen, donne droit au titre de citoyen académique. Ce titre permet à l'étudiant universitaire de se présenter aux examens qui donnent accès aux emplois et aux fonctions publics, de jouir des subventions de l'université, de délivrer des certificats d'aptitude et de moralité à ceux des aspirants qui n'ont reçu qu'une éducation purement domestique, et enfin de concourir pour l'obtention des grades universitaires.
Le but de l'enseignement n'est pas seulement de contribuer au progrès des études littéraires et scientifiques; TUniversité prépare, en outre, les élèves à diverses carrières libérales, le clergé, l'administration, la magistrature, le professorat et la médecine. Ce double objet est également atteint sans que l'enseignement perde sa valeur et son
efficacité. Des examens spéciaux, dits examens d'emplois, ont été établis pour procurer aux candidats radmission aux fonctions publiques des divers ordres.
Nul ne peut s'y présenter s'il ne porte le titre de citoyen académique. Ce titre n'est point exigé pour les élèves de l'Institut polytechnique et pour ceux de l'école supérieure militaire. Ceux qui auraient fréquenté les cours des imiversités étrangères ne sont admis à l'examen qu'après en avoir subi un autre portant sur le latin, le grec, la philosophie, la physique, les mathématiques, l'astronomie et l'hébreu.
Il faut, en outre, avoir subi à l'Université l'examen de philosophie qui porte sur la philosophie en général, un aperçu du développement historique de la philosophie, la logique et la psychologie. Le cours préparatoire à cet examen dure une année.
Une autre condition est exigée : avoir suivi avec exactitude les cours de la faculté à laquelle on appartient. Aucun règlement n'oblige les élèyes de l'université à fréquenter assidûment les cours. Les certificats d'assiduité ne sont exigés que pour les étudiants qui aspirent à jouir des bénéfices académiques. Cette dernière condition n'est donc point rigoureusement imposée.
Voici comment se décomposent, pour chaque faculté, les examens d'emplois.
L'examen de théologie écrit porte sur la dogmatique, l'éthique, la philosophie et la religion, l'histoire de l'ÉgUse, l'interprétation de l'Ancien et du Nouveau Testament.
L'examen oral porte sur les mêmes matières et, en outre, sur le cours de théologie tout entier.
La durée des études préparatoires est fixée, parle règlement, à quatre ans ; mais dans la pratique, elles se prolongent jusqu'à cinq ans et au delà. Elles comprennentla dogmatique, la philosophie de la religion et l'histoire de la philosophie, l'éthique et la morale philosophique, l'histoire de l'Église et l'histoire du dogme, la patristique, les études critiques, historiques, exégétiques, théologiques du Nouveau Testament, et de quelques-unes des parties de l'Ancien Testament.
L'examen a heu sous la surveillance de deux censeurs, dont l'un est pris parmi les professeurs de la Faculté de théologie , et l'autre , parmi les membres du clergé de Copenhague, qui ont le droit de suffrage, comme l'examinateur. Les notes comprennent trois degrés : 1° laudabilis; 2° haud illaudahilis ; 3® non^ condemnandus . Le premier
degré peut être élevé, en outre, par raddition des mots : Et quidem egregie. Le second degré peut également se subdiviser. Le candidat qui n'a obtenu aucune de ces trois notes n'est pas déclaré admis.
Quand l'admission du candidat a été prononcée, il est soumis à une nouvelle épreuve, dite épreuve pratique, qui porte sur le catéchisme et l'homélie. Il doit prêcher un sermon de sa composition dans une église de la capitale ou de la province, devant deux professeurs de la Faculté de théologie et un membre du clergé local, et faire le catéchisme aux enfants, en présence de l'évêque diocésain, d'un professeur de théologie et du pasteur delaparoisse.
Le candidat ne peut subir l'épreuve pratique qu'après avoir passé, depuis le grand examen de théologie, un an au moins -au séminaire ecclésiastique ou pastoral [pastoral seminariét). L'enseignement de ce séminaire porte sur la théologie pratique, c'est-à-dire l'homélie, le catéchisme, la liturgie, le droit ecclésiastique et les exercices pratiques relatifs aux fonctions ecclésiastiques.
Quand le candidat à subi avec succès les dernières épreuves, il peut être appelé défmitivement par le gouvernement à occuper une fonction ecclésiastique.
L'examen de droit a lieu à la fin de la quatrième ou de la cinquième année des cours de la Faculté de droit. Il se compose d'épreuves écrites , au nombre de sept, savoir : droit civil (2 compositions), droit universel (2 compositions), ^procédure, droit d'État et droit romain, et d'épreuves orales, portant sur toutes les matières enseignées dans les cours de la Faculté dont nous avons déjà donné le programme.
L'examen oral a lieu devant un des professeurs de la Faculté, assisté de deux censeurs choisis parmi les magistrats de la capitale et les auditeurs généraux de l'armée et de la marine.
Après avoir subi avec succès ce double examen, le candidat est admis à des épreuves pratiques consistant en une plaidoirie juridique sur un point de droit déterminé, et en une rédaction de jugement dans une cause spécialement désignée à cet effet.
Les notes délivrées dans ces examens sont les mêmes que pour la Faculté de théologie, sauf le cavsicihve haud illaudabilis qui n'admet qu'un seul degré.
Le candidat qui a été déclaré admis reçoit le titre de candidat juridique [candidatus juris), et devient apte à exercer les fonctions de magistrat ou d'avocat dans les divers tribunaux et cours de justice du royaume.
Il existe encore aujourd'hui un autre examen de droit, qui fut fondé en 1736, et qui est destiné à pourvoir les campagnes d'hommes suffisamment instruits dans le droit pour devenir d'utiles auxiliaires dans les causes rurales, et d'habiles administrateurs de domaines publics ou privés. Cet examen est facultatif, et il n'est exigé aucun titre académique des candidats qui s'y présentent. Il est écrit et oral et porte sur la doctrine du droit et le droit en général, le droit danois civil et criminel, le code de procédure, le droit maritime, le droit commercial et le droit rural. Le candidat qui a été admis a droit au titre d'examiné juridique [examinatus juris).
Le second des examens auxquels préparent les cours de la faculté de droit est l'examen d'économie politique ou de science d'État. Cet examen a lieu à la fin de la troisième année et donne accès aux fonctions administratives. Il se compose d'épreuves écrites portant sur l'économie nationale théorique et pratique, la science des finances, le droit danois constitutionnel et administratif et l'encyclopédie du droit danois, el d'éijreuves orales portant sur
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les mêmes matières et en outre sur le droit d'État et l'histoire politique du Danemark, le droit des gens, la statistique et l'histoire de la statistique. Cet examen a lieu devant un professeur de la faculté de droit assisté d'un haut fonctionnaire de Tadministration civile.
La durée des cours de la faculté de médecine est de 5 à 6 ans. Un an au moins avant les examens définitifs, le candidat doit subir une épreuve orale préliminaire devant les professeurs de la faculté de mathématiques et sciences naturelles. Il est interrogé sur des matières professées dans les cours de cette faculté, telles que la chimie, la botanique et la zoologie.
L'examen de médecine se divise en deux parties : La première se compose d'une épreuve orale portant sur l'anatomie, la physiologie, la pharmacologie pratique et l'anatomie pratique, et d'une épreuve écrite portant sur la médecine légale, la chirurgie, la thérapeutique médicale et la pathologie interne.
La seconde partie est seulement orale et em-
brasse la pathologie générale et l'anatomie pathologique, la pathologie médicale et la thérapeutique, la pathologie chirurgicale, la science pratique de Taccouchenaent, la clinique chirurgicale, les opérations chirurgicales et l'art du bandagiste.
Les épreuves orales ont lieu devant les professeurs de la faculté assistés d un censeur pris parmi les membres les plus distingués du corps médical.
Ceux des candidats qui ont subi avec succès ces examens ont le droit d'exercer la médecine ; toutefois il est exigé un stage de six mois à l'Institut royal d'accouchement pour ceux des médecins qui voudraient pratiquer cette dernière branche de la science médicale.
Le brevet de pharmacien ne s'obtient qu'après des études faites également à l'université de Copenhague et suivies d'examens passés devant un comité composé de deux membres de la faculté de médecine, de professeurs de pharmacologie, de chimie, de physique et de botanique, appartenant à la faculté de mathématiques et sciences. naturelles, d'un pharmacien de la capitale et de deux censeurs.
Les épreuves orales comprennent la lecture des ordonnances, la pharmacologie, la chimie, la botanique, la physique mécanique et la chimie physique, la science des éléments pharmaceutiques et la préparation mécanique. Les épreuves pratiques consistent en diverses préparations pharmaceu-
tiques selon le Codex danois, en manipulations et en analyses chimiques se rapportant aux sciences médicales.
Les aspirants au diplôme de pharmacien ont également à subir un examen de latin qui figure au nombre des examens facultatifs de T université.
L'examen d'histoire et de philologie a pour objet de conférer le titre de professeur dans les écoles savantes du Danemark; il porte sur le latin, le grec, les langues du nord et l'histoire, et se compose d'épreuves orales et d'épreuves écrites. 11 a lieu après 4 et plus souvent 5 ans d'études à l'université.
' Voici comment est composé le programme classique des auteurs latins : quatre traités, huit discours et cinq livres des lettres de Gicéron ; deux livres de Sénèque, de Quintilien ou Pline le Jeune; cinq livres de Tite-Live ou des historiens latins, depuis César et Salluste jusqu'à Tacite et Suétone; Y Enéide; les Odes, les Épîtres et un livre de Satires d'Horace; une comédie de Plante; une comédie de Térence et un choix d'autres poètes correspondant à la valeur de quatre livres de V Enéide.
Auteurs grecs : Y Iliade et Y Odyssée, ou douze chants de chacun de ces poèmes et quatre livres d'Hérodote, Xénophon, Platon, Thucydide et les orateurs attiques.
Outre les connaissances philologiques nécessaires à rinterprétation grammaticale, lexicologique et critique des textes, le candidat doit témoigner d'études suffisamment approfondies sur l'histoire des institutions politiques religieuses et civiles et des civilisations anciennes et du développement intellectuel de Tantiquité.
Pour les langues du nord, le candidat doit traduire à livre ouvert des fragments des Sagas, de la chronique des Rois, et des lois primitives des pays Scandinaves, ce qui impUque une connaissance assez étendue de la syntaxe et des expressions techniques des langues du Nord. Il doit, en outre, avoir étudié aussi complètement que possible l'ancienne littérature du Nord et l'histoire de la littérature danoise.
La partie historique comprend Thistoire nationale et l'histoire universelle prises dans leur ensemble ; et deux périodes spéciales de l'histoire ancienne et de l'histoire moderne qui doivent être étudiées d'une manière approfondie. Le candidat doit èice au courant des découvertes historiques les plus récentes et connaître les sciences auxiliaires de l'histoire.
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Les épreuves écrites comprennent : deux traductions d'auteurs latins, choisis, l!un dans le programme de l'examen, l'autre en dehors, avec remarques philosophiques sur le texte ; deux dissertations latines, l'une sur un auteur latin, l'autre sur un auteur grec ; une composition d'histoire sur un sujet déterminé.
Les épreuves orales portent sur les différentes matières d'histoire et de philologie que comporte le programme de l'examen. Elles ont lieu en latin ou en danois. Le recteur de l'école savante de Copenhague ou, à son défaut, un des professeurs d'histoire et de philosophie de cette école assiste, en qualité de censeur, aux examens d'histoire, de latin et de grec. Pour l'examen de langues du Nord, le censeur est choisi parmi les savants danois connus par leurs travaux sur cette matière.
Outre ces examens, les candidats ont à subir des épreuves pratiques consistant en leçons professées à l'école savante de Copenhague sur le latin, le grec, le danois et l'histoire devant deux professeurs de l'université et le recteur ou un des professeurs de l'école; la durée de chaque leçon est d'une heure.
Pour tous ces examens, les candidats qui ont échoué dans les épreuves écrites ne peuvent s'y présenter de nouveau qu'après un délai d'une année^
Il existe en outre, à l'université de Copenhague, des examens facultatifs auxquels sont adniis les candidats non revêtus du titre de citoyens académiques ; ces examens sont de deux degrés : l'examen supérieur roule sur les mêmes matières que l'examen de sortie des écoles savantes, à rexception du dessin, de l'anglais et de l'écriture ; l'examen du second degré comprend le danois, l'histoire, la géographie, l'arithmétique, la géométrie et l'allemand. Les aspirants au diplôme de pharmacien sont en outre interrogés sur la langue latine. Ces examens ont lieu deux fois l'an en présence d'un comité de 6 ou 7 membres pris parmi les professeurs de l'université.
L'examen supérieur est exigé pour ceux qui veulent se présenter à l'examen polytechnique, à l'examen forestier, à l'examen de cadastre et d'inspection rurale, et Texamen inférieur précède l'examen de pharmacien , l'examen de vétérinaire , l'examen juridique et celui de l'école royale de vétérinaires et d'agriculture.
Les cinq Facultés de l'Université accordent le diplôme de docteur à tout candidat qui a obtenu la première note à l'examen et qui a soutenu avec
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succès une thèse composée par lui et reçue par les professeurs à la Faculté à laquelle il appartient.
La Faculté de théologie, confère seulemeot aux candidats le grade de licencié : elle s'accorde le titre de docteur, qu'aux hommes dont la réputation scientifique est déjà établie ou qui occupent une situation éminente.
Un minimum de 23 ans est exigé pour l'exercice de la profession d'avocat et pour certaines fonctions publiques, telles que celles de juge et de pasteur- A. part ces exceptions, aucune limite d'âge n'est exigée pour les emplois auxquels donnent accès les examens de l'Université. 11 suffit d'avoir subi avec succès les épreuves spéciales de la Faculté dont on a suivi les cours.
Voici pour chaque Faculté et dans une période de temps déterminée, le nombre des élèves ayant subi les examens de l'Université.
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L'Université possède plusieurs établissements scientifiques dont l'administration lui appartient; ce sont : le musée minéralogique, le jardin botanique, le laboratoire de chimie, la collection zootomico-physiologique, la bibliothèque de l'Université, riche de 150,000 à 200,000 volumes et manuscrits, les collections du musée zoologiqûe, et les musées, dont l'un, le musée des antiquités du nord, est un des établissements les plus importants de l'Europe.
Les affaires intérieures de l'Université sont administrées par un consistoire ou sénat académique composé de 10 professeurs, dont 5 sont élus parle corps enseignant académique, composé de tous les professeurs, lecteurs et docent attachés d'une manière fixe à l'université; les onze autres membres du consistoire sont deux membres des facultés de théologie, de droit, de médecine et de mathématiques et sciences naturelles, et trois membres de la faculté de philosophie.
Le corps enseignant a, en outre, voix consultative sur toutes les affaires d'un intérêt général pour l'Université, principalement sur celles qui concer-
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Dent 8on activité scientifique ou se rapportant à l'état et aux conditions des professeurs et des étudiants. Il choisit en outre tous les ans, parmi les membres du consistoire, le recteur de l'université et les doyens de chaque faculté. Le recteur préside le consistoire et le corps enseignant, dont il est, eu égard à leurs attributions respectives, l'agent exécutif.
Un questeur, assisté de deux inspecteurs, remplit les fonctions d'économe, et est chargé de Tadministration financière de Tirniversité.
Les propriétés de l'Université se composent de biens considérables provenant des libéralités des rois, du gouvernement et des particuliers, et représentent un capital de 1,665,000 rixdalers. Les legs ou donations particulières représentent un capital de 874,000 rixdalers, et sont destinés à augmenter les traitements des professeurs et les pensions de leurs veuves, à entretenir les collections scientifiques de l'Université, et à subventionner les églises et les écoles. Sur la rente de ce capital, une somme de 18,000 rixdalers est affectée spécialement aux étudiants. L'administration de ces revenus appartient à l'Université ; mais on compte aussi un certain nombre de legs ou donations consacrés également à l'assistance des étudiants, dont les administrateurs ont été désignés par les fondateurs. La somme de ces revenus s'élève à 4,000 rixdalers. Les adminis-
trateurs proposent, et le consistoire décide, d'après eux, la répartition de ces revenus.
Diverses autres fondations sont destinées exclusivement à assister les étudiants.
La communauté {communitet), fondée en 1569, par le roi Frédéric II, et représentant un capital de 856,000 rixdalers, était destinée, primitivement, à entretenir gratuitement cent étudiants pauvres. Depuis 1736, le nombre des étudiants assistés a été porté à 150, dont 130 reçoivent un subside annuel de 166 rixdalers, payable pendant quatre ans, jusqu'à l'époque des examens préparatoires , et les vingt autres, un subside de 20 rixdalers, pour Tannée courante.
La régence [Regentsen) a été fondée en 1623, par le roi Christian IV. Cet établissement fournit annuellement, à 100 étudiants, le logement, le chauffage et un subside de 36 rixdalers par an.
Le collège de Walkendorf^ fondé en 1595, par Christophe Walkendorf, grand maître de la cour; le collège médical, fondé en 1689, par le professeur Oiaf Borch ; le collège d'Ehlër, fondé en 1691 , parle conseiller d'État Georges Ëhler, reçoivent annuellement 56 étudiants, auxquels sont accordés, pendant cinq ans, le logement et des subsides annuels de diverse importance, savoir : 16 subsides de 60 rixdalers, 24 subsides de 30 rixdalers, et 16 subsides de 28 rixdalers.
Ces divers établissemeDts ont chacun un administrateur particulier, sous les ordres du consistoire. Les administrateurs des trois derniers collèges portent le nom d'éphores.
Pour être admis aux privilèges des logements gratuits, des collèges et de la régence, aux subsides de la communauté et aux autres indemnités annuelles, les étudiants doivent justifier de leur état d'indigence, de leur nationalité et de leur capacité.
Diverses autres fondations sont destinées à des bourses de voyages et à des encouragements aux études savantes. L'Université peut disposer annuellement d'une somme de 8,000 rixdalers , pour bourses de voyages. Dans certains cas, l'allocation de ces indemnités ne peut être accordée qu'avec l'approbation du ministre de l'instruction publique.
Tous ces revenus suffisent et au delà à toutes les nécessités financières de l'administration. L'Université de Copenhague ne reçoit aucune subvention de l'État.
La loi du 12 janvier 1858 a déterminé le chiffre des traitements des professeurs et du personnel de l'Université. Ce chiffre s'élève de 1,800 à 2,900 rixdalers, pour une durée de 25 ans. Les périodes d'augmentation sont les 3% 6% 9% 12% 18^20% et 28* années.
Les lecteurs et les docent ordinaires reçoivent annuellement 1,100 rixdalers. Ce traitement s'élève à
1,300 rixdalers, au bout de trois ans, et après sii ans de services, ils sont placés sur le même pied que les professeurs les moius rétribués, et soumis aux mêmes progressions d'augmentations successives Jusqu'au maximum de 2,900 rixdalers.
Les docent extraordinaires ne reçoivent que des indemnités d'un chiffre indéterminé, pour lesquelles une somme annuelle de 2,S00 rixdalers est prélevée sur le revenu disponible des fonds de réserve de l'Université.
Divers autres traitements sont affectés aux appointements du personnel de l'Université. Le bibliothécaire reçoit 1,600 ; le gardien du jardin botanique, 1,200 rixdalers; le questeur ou économe, 2,000; le comptable de l'Université, 1,6S0; les inspecteurs de la questure, le secrétaire et le référendaire du consistoire, le président la Société de jurisprudence pratique, les prof esseurs et le médecin du séminaire pastoral reçoivent des honoraires dç diverses importances, s'élevant à 2,700 rixdalers. En outre, une somme annuelle de 20,000 rixdalers est mise à la disposition du ministre de l'instruction publique et des cultes, pour les rétributions des employés inférieurs de l'Université et des étabUssements qui en dépendent.
Le cumul des emplois universitaires est permis , mais non celui des appointements. Celui qui occupe plusieurs emplois subit une réduction
de moitié sur l'ensemble des appointements qui y sont affectés, mais il touche intégralement le traitement ou chiffre le plus élevé. La réduction dont il s'agit ne peut s*élever à plus du quart de la somme totale des appointements.
L'université de Copenhague compte aujourd'hui 63 professeurs : pour la théologie, 9 ; droit et économie politique, 9 ; médecine, 13; philosophie, 21 ; sciences, 13.
L'organisation de l'enseignement supérieur dans les trois États du Nord a pour nous moins d'intérêt que ne peuvent en offrir la nature môme de cet enseignement, la méthode appliquée par les professeurs et le degré de savoir que possèdent les étudiants qui en ont suivi les différents cours. On s'accorde à reconnaître que les sciences médicales, juridiques et théologiques y sont enseignées avec succès, mais que sur ce£ deux points rien n'indique que les universités d'Upsal, de Lund, de Christiania et de Copenhague obtiennent des résultats supérieurs à ceux que l'on a pu constater chez d'autres nations. Il n'en est pas ainsi des études de philologie, d'histoire et de littérature, comprises dans le programme de la Faculté de philosophie. On a pu
voir, par exemple, que celle d'Upsal compte 74 professeurs pour les cours scientifiques et littéraires. Sur ce nombre, 37 se partagent l'enseignement qui, dans nos facultés des lettres, est donné par cinq ou six professeurs. On peut apprendre à Upsal, outre les langues classiques, la philosophie, la littérature et l'histoire, presque toutes les langues modernes et les langues orientales. Nous avons grandement lieu de nous étonner de voir enseigner à Upsal, nonseulement la littérature provençale du moyen âge, — il n'y a pas une université allemande où elle ne fasse Tobjet d'un cours, — mais la littérature provençale actuelle, celle à laquelle les Félibres contemporains ont donné naissance ^
Ce qui distingue les professeurs des universités Scandinaves de ceux des facultés françaises, c'est que ce sont de véritables étudiants qu'ils réunissent autour de leurs chaires ; ce sont des jeunes gens qui cultivent la science pure et qui travaillent sous la direction de leurs maîtres. Les cours sont donc de véritables leçons, ayant une grande analogie avec ceux que suivent aujourd'hui à Paris les élèves de Y École pratique des hautes études^ l'une des plus heureuses créations de M. Duruy. «Dans cette école,
i . Le professeur Hagberg, à la suite d'un long séjour dans la yallée du Rhône, a publié en Suédois un fort intéressant ouyrage sur la résurrection de la littérature provençale et expliqué à ses auditeurs le deuxième chant de Mireille (Gogordan).
disait récemment M. Gabriel Monod \ au lieu de cours publics plus ou moins oratoires, sont instituées de simples conférences où le professeur rassemble familièrement autour d'une table un petit nombre d'élèves assidus et les exerce, sous sa direction, soit à la lecture des textes manuscrits persans, arabes, hébraïques, grecs, latins ou romans, soit au déchiffrement des hiéroglyphes, des inscriptions ou des manuscrits, soit à l'examen des monuments figurés, soit enfin à la critique des documents juridiques ou historiques. Dans ces relations intimes et constantes, aussi profitables pour le professeur que pour l'élève , l'esprit se forme rapidement aux bonnes méthodes; le zèle pour la science s'enflamme, et du maître aux auditeurs, se crée une sorte de tradition scientifique qui coordonne tous les efforts et les dirige vers le même but. if>
Ces procédés sont en général ceux que l'on emploie dans les universités de Suède et de Danemark, comme dans celles d'Allemagne. Un de leurs plus grands avantages, une des causes de leur supériorité, à certains égards, sur nos facultés de province, c'est que les différentes branches de l'enseignement supérieur y sont réunies : chaque université est un véritable centre où Tétudiant peut