‹ L'instruction publique dans les états du nord: Suède--Norwége--DanemarkChapitre 32 sur 75 · Le spécié vaut 5 Ar« 63 cent · texte numérisé non relu

Le spécié vaut 5 Ar« 63 cent

députés. Dans les villes il y a 1 électeur secondaire sur 80 électeurs primaires et, dans l'assemblée des premiers, on élit i membre sur 4, mais pas plus de 4 en tout.

Les députés, dont le nombre a été fixé à 1 1 1 par la loi du 26 novembre 1859 (74 pour les districts ruraux et 37 pour les villes de commerce), reçoivent des indemnités dé route et de séjour. Ils se réunissent tous les trois ans à Christiania et ne peuvent pas rester assemblés plus de trois mois saus autorisation du roi. Le roi peut aussi les réunir extraordinairement, mais il ne peut pas dissoudre le Storthing et faire nommer de nouveaux députés. Parmi les élus on compte toujours beaucoup de fonctionnaires communaux, et notamment des pasteurs, des instituteurs, des chantres. Les lois votées sont soumises à la sanction du roi. Cette sanction peut être refusée deux fois, de trois ans en trois ans. Lors du troisième vote par le Storthing, la loi n'a plus besoin de sanction. Le roi n'a donc qu'un vote suspensif. C'est de cette façon qu'en 1821, l'institution de la noblesse a été abolie en Norwége.

Les finances de la Norwége ont cela de particulier que les impôts directs y ont été abolis. Le budget est toujours voté pour trois ans. La période financière commence le 1" avril.

En 1870, les recettes ont été de 5,234,900 spéciés, et les dépenses de 4,908,500.

Li dette était en 1871 d'environ sept millions et demi de spéciés.

L'armée permanente compte environ 2,000 hommes engagés volontaires : mais tous les habitants sont obligés de servir S ans dans la ligne, 2 ans dans la réserve, et 3 dans la landwehr ; on est inscrit ensuite dans le landsturm ou levée en masse,

La marine se compose de 16 vapeurs, dont 2 frégates, et 103 voiliers. L'inscription maritime comptait, en 1866, 14,784 hommes.

La pêche est la principale industrie de la Norwége; l'exploitation des forêts ne vient qu'en deuxième ligne , et en troisième ligne on doit compter les mines qui sont loin d'avoir l'importance de celles de la Suède.

Le patriotisme norwégien un peu ombrageux tend à voir avec une certaine défiance toutes les mesures qui auraient pour résultat l'assimilation des deux royaumes. La Norwége veut se maintenir comme État avec son armée, sa flotte, son trésor et son drapeau. Le gouvernement ne peut manquer de son côté de chercher tous les moyens propres à sauvegarder l'acte d'union, au moins dans ses principes fondamentaux.

On sait que la monarchie danoise comprend le royaume de Danemark proprement dit, les îles Féroë^ au nord de TÉcosse; Ttle à' Islande j dans la mer Glaciale, des colonies au Groew/«wrf (Amérique du Nord) et les trois îles de Sainte-Croix^ de Saint-Thomas et de S oint- Jean parmi les petites Antilles.

Le Danemark proprement dit se compose de l'île de Bornholm , au milieu de la mer Baltique^ des groupes des îles Seelandaises, des îles Ioniennes et de la Péninside jutlandaise, formant ensemble 693 milles carrés, peuplés de 1,800,000 habitants.

L'histoire des vicissitudes que la monarchie danoise a traversées pour arriver à sa constitution actuelle est aussi intéressante qu'instructive. Les agitations dont le pays a été le théâtre ont eu pour principales causes, surtout depuis l'avènement du roi Frédéric Ylï, en 1848, l'opposition et l'intervention du Holstein , de la Prusse et de l'Allemagne. La cession faite en vertu du traité de Vienne, du 30 octobre 1864, des trois pays de Sleswig, de Holstein et de Lauenbourg à la Prusse et à

rAutriche, a supprimé les difficultés que rencontraient les dispositions libérales des rois.

La constitution de 1866, promulguée le 28 juillet sous la dénomination de loi fondamentale du 5 juin 1848 révisée j a définitivement réglé la position du monarque , la répartition de l'autorité législative et administrative , les droits et les devoirs des citoyens.

Le Rigsdag^ ou diète, se compose de deux assemblées distinctes, ou thiiigs , le folkething et le landsthing.

Le folkething se compose de 102 membres, savoir : 1 député sur 16,000 habitants. L'élection a lieu par le suffrage universel. Tout homme honorable est électeur à 30 ans et éligible à 25. Le renouvellement a lieu tous les 3 ans. Les députés reçoivent une rétribution journalière pendant les sessions, qui sont annuelles.

Le landsthing compte 66 membres dont 12 sont nommés à vie par le roi, 7 y sont élus par la ville de Copenhague, 4S par de grands cercles électoraux, comprenant à la fois des villes de province et des districts ruraux, 1 par l'île de Bornholm, 1 par le lagthing^ représentation élective des lies Féroë. Les élections des 43 membres se font à deux degrés.

Le Risgdag s'assemble tous les ans et jouit pleinement de tous les droits constitutionnels. Il vote

les impôts, et aucune dépense ne peut être faite qu'il ne Tait autorisée.

L'élément et les idées démocratiques se dessinent de plus en plus en Danemark, et dans le Rigs^ dag^ comme dans le pays en général, les partis politiques sont en lutte continuelle. On en distingue trois principaux : le parti conservateur, le parti libéral national, et le parti populaire, autrement dit ami des paysans.

Dans toutes les villes l'administration communale est composée du magistrat et de représentants élus (conseil municipal). A Copenhague, le magistrat se compose d'un président nommé par le roi, de quatre bourgmestres élus par les représentants et confirmés par le roi, et de quatre conseillers nommés par les représentants. Les représentants, au nombre de 36, sont élus par les habitants de la capitale. Pour la campagne, il y a la commune du bailliage et la commune rurale. Toutes les affaires locales sont placées dans les attributions de ces conseils communaux.

Les comptes rendus financiers pour l'année 184S indiquaient pour l'ensemble de la monarchie d'alors un revenu et une dépense d'environ 17 millions et demi de rixdalers. Pendant les 6 années de 1866 à 1871, les budgets du Danemark se sont élevés, en moyenne, à 22 millions et demi de rixdalers.

L'armée est composée de 32,000 combattants.

Les jeunes soldats enrôlés à Tâge de 22 ans font partie de la ligne et de la réserve, pendant huit ans, et pendant les huit années suivantes du renfort (landwehr).

La flotte danoise avait en 1872 3 frégates et 4 batteries flottantes cuirassées à vapeur; 1 vaisseau de ligne, 4 frégates, 3 corvettes, 4 goélettes et 7 chaloupes en fer non cuirassées, mais à vapeur et à vis; 6 corvettes à vapeur et à roues; uue frégate et un cutter à voiles ; 8 chaloupes canonnières à rames et 21 navires de transport en fer. Le tout est armé de 320 pièces de canon et muni d'une force de 6,700 chevaux-vapeur.

La religion du peuple danois est l'église évangélique luthérienne à laquelle le roi doit appartenir. Elle est subventionnée par l'État. L'administration de l'église est dans les attributions du ministère des cultes et de l'enseignement. Malgré la position de l'église luthérienne en sa qualité d'église nationale, la liberté de conscience et du culte est reconnue par la loi fondamentale. L'exercice public des cultes, en quelque forme que ce soit, est permis, sans qu'on ait à demander aucune autorisation particulière. Cependant les mariages n'ont d'effet civil que s'ils ont été consacrés soit par les pasteurs de l'église luthérienne ou de l'église réformée.

soit par les prêtres catholiques et par les rabbins.

Le Danemark est surtout un pays agricole et d'élève du bétail, l'industrie , le commerce et la navigation n'y figurent qu'au second rang.

En Danemark comme en France et dans la plupart des États européens deux partis se trouvent en présence : d'un côté le parti conservateur comprenant l'aristocratie, les grands propriétaires, la bourgeoisie des villes, et le parti radical ou des gauches réunies^ se proposant surtout l'extension du suffrage. Ces deux partis sont représentés, le premier dans le landsting^ et le second dans le folkething. On verra comment le parti libéral a trouvé dans l'organisation des écoles de campagne un puissant moyen d'influence sur les paysans.

Ces rapides indications peuvent faire apprécier jusqu'à un certain point la constitution politique et les ressources matérielles des États Scandinaves. Mais c'est parie tableau complet de l'organisation de l'instruction publique à tous ses degrés que l'on pourra juger du développement intellectuel et moral de leurs habitants. C'est ce qui me fait attacher une si grande importance à cet élément essentiel de toute civilisation, et justifie le soin avec lequel je me suis livré aux recherches qui permettent de l'étudier aux États-Unis et chez les différents peu-

pies de l'Europe, Fidèle au plan suivi dans les précédents volumes, j'exposerai dans chacun des trois royaumes de la presqu'île Scandinave ce qui concerne l'instruction primaire, l'instruction secondaire et l'enseignement supérieur.

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