‹ Lʹ instruction publique en AllemagneChapitre 31 sur 104 · Revue des Deux Mondes, du 15 novembre · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes, du 15 novembre

GYMNASES, LYCÉES, PROOYMNASES, 197

le dit un éloquent académicien*, cette vigoureuse nourriture qui a fait la force des trois grands siècles de l’esprit français, celui de Louis XIV, celui de Voltaire et celui que nous sommes en train de dénigrer, si grand qu’il soit, car ce siècle est grand malgré ses défauts, et cette France est grande malgré ses malheurs! » Oui, sans doute, la France est grande ; mais on peut douter que sa grandeur ait tenu principalement à ce que ses plus illustres enfants ont consacré les plus belles années de leur jeunesse à faire des thèmes ou à tourner des vers latins, ou même à composer des narrations latines et des discours latins.

Les écrivains de Port-Royal, Lancelot, Fontaine, Arnaud ont désapprouvé l’usage prématuré et habituel des thèmes. « Comment veut-on, dit Fontaine ^ qu’un enfant écrive en une langue qu’il ne sait pas et dont il a seulement étudié les règles? Au lieu que la lecture des auteurs le met en état de composer ensuite. »

Rollin est du même avis : « Pour bien composer en latin, il faut un peu connaître le tour, les locutions, les règles de cette langue et avoir fait amas d’un nombre assez considérable de mots dont on sente bien la force. Or, tout çela ne peut se faire

1 . M. Cuvillier-Fleury, dans le Journal des Débats du 30 octobre 1872.

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