II AVANT-PROPOS
son attention, celle qui a pour objet la réforme de l'instruction publique 'à tous ses degrés est une des plus importantes. On réorganise Tarmée, rien de mieux; on fait appel à toutes nos ressources financières, afin d'acquitter au plus vite la dette énorme que nous a léguée l'empire, rien de plus utile ; mais il y a au moins autant d'urgence à étudier les moyens de donner une base solide à l'éducation nationale, dont la mauvaise direction a été cause en grande partie de la catastrophe épouvantable dans laquelle a sombré notre puissance militaire et s'est écroulée la fortune publique. Il ne faut pas perdre de vue que c'est l'ignorance et la présomption qui nous ont rendus inhabiles à soutenir lé choc de l'invasion étrangère et qui nous ont précipités dans les horribles folies de la guerre civile. Cette vérité semble maintenant généralement comprise. Les ministres, les députés, les associations, les particuliers se mettent à l'œuvre pour reprendre le travail si brusquement interrompu au mois de juillet 1870 par l'annonce fatale de la déclaration de guerre à la Prusse.
A cette époque, un vaste mouvement s'était manifesté sur tous les points de la France, aussi bien qu'à Paris, en faveur dé l'instruction populaire.
Plusieurs lois améliorant la condition précaire
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des instituteurs et des institutrices, et créant de uouvelles écoles pour les enfants des deux sexes, avaient été présentées avec succès à la sanction des deux Chambres par un des ministres les plus actifs et les plus intelligents qu'ait eus l'instruction publique, M. Duruy. Une des premières Sociétés fondées pour développer l'éducation nationale, la Société pour l'instruction élémentaire^ poursuivait avec ardeur son œuvre civilisatrice; la ligue de renseignement recevait des villes et des campagnes des adhésions de plus en plus synipathiques ; lesécoles professionnelles^ fondées pour les jeunes filles par M™* Lemonnier, se multipliaient; la Société Franklin essayait d'établir des bibliothèques auprès des écoles communales; les cours organisés par la Société philôtechnique réunissaient en foule les ouvriers; des cours d'enseignement secondaire pour les jeunes filles s'établissaient à la Sorbonne, dans les mairies de plusieurs arrondissements et dans un grand nombre de départements ; des cours libres étaient tolérés dans les salles de la rue Gerson, auprès de l'enseignement officiel des Facultés et de Y École pratique des hautes études récemment créée et déjà florissante. La question de réducation publique figurait en première ligne parmi les sujets traités dans les conférences faites