‹ L'instruction publique en France pendant la révolutionChapitre 10 sur 42 · ORGANISATION GBNIÊRALE DE L'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

ORGANISATION GBNIÊRALE DE L'ÉDUCATION

Quand les angoisses du despotisme, expirant de ses propres excès, vous ont appelés pour chercher des remèdes à tant de maux, quand la voix d'une nation toute entière, où les sages commençaient à régénérer l'opinion, vous a confié le soin d'effacer jusqu'aux moindres vestiges de son ancienne servitude, vous avez senti que les abus formaient un système dont toutes les ramifications s'entre- » laçaient et s'identifiaient avec l'existence publique; que pour tout reconstruire, il fallait tout démolir ; qu'une machine politique avait besoin,cpmme toutes les autres, de l'accord de ses parties ; et que plus votre ouvrage serait parfait, plus le moindre vice laissé dans ses rouages pourrait intervertir ou embarrasser ses mouvements. Ainsi donc, Messieurs, avant de mettre la main à l'œuvre, vous vous êtes environnés de ruines et de décom-

bres ; vos / matériaux n'ont été que des débris : vous avez^ soufflé sur ces restes qui paraissaient inanimés! Toul-à coup, une constitution s'organise; déjà ses ressorts déploient une force active: la monarchie française recommence ; le cadavre qu'a touché la liberté se lève et ressent une vie nouvelle. Ce concert d'approbation et d'éloges qui vous a constamment soutenus dans vos travaux, prouve assez que les principes dont vous êtes ipartis sont à la fois les plus solides et les plus féconds. L'abolition de toutes les tyrannies qui pesaient sur nos têtes ; l'organisation du meilleur système de libertéque les penseurs aient encore imaginé dans leurs rêves bienfaisants ; l'établissement d'une véritable morale publique : tels sont en résumé les dons inappréciables que la France a reçus de vous. La restitution des droits de la nature humaine, le germe. impérissable du salut et de la félicité de l'espèce entière : tels sont les biens que vous devront, et tous les climats du globe et tous les siècles à venir.

Car, Messieurs, malgré les résistances impies que le génie du mal vous oppose, ce grand ouvrage s'achèvera : l'imprimerie, dont la découverte a prononcé dès longtemps l'arrêt des tyrans et des imposteurs, ira promulguer partout vos lois philantropiques ; toutes les langues les répéteront à toutes les nations : et si le cours orageux des événements pouvait priver de leurs fruits le peuple auquel elles sont destinées et qui s'en montre digne par son courage, croyez, et j'en atteste ici les progrès que l'homme a déjà

faits dans tous les arts, dans toutes les sciences^et cette perfection sans doute infinie dont il est susceptible et les idées les plus douces à son esprit et les passions les plus puissantes sur son cœur : croyez que vos travaux, perdus pour nous, ne le seraient pas pour des contrées plus sages ou plus heureuses, et que du moins nos descendants recueilleraient bientôt cet héritage sacré pour le partager avec tous leurs frères.

C'est vous, Messieurs, qui chercherez le moyen d'élever promptement les âmes au niveau de votre constitution, et de combler l'intervalle immense qu'elle a mis toul-à-coup entre l'état des choses et celui des habitudes. Ce moyen n'est autre qu'un bon système d'éducation publique : par lui votre édifice devient éternel ; sans lui, l'anarchie et le despotisme, qui se donnent secrètement la main, n'auraient peut-être pas de longs efforts à faire pour en renverser toutes les colonnes et peut-être aussi vous auriez à vous reprocher cette perfection elle-même, que vous ne perdez jamais de vue,et à laquelle vous tâchez d'atteindre. Dans l'esclavage, l'homme ne peut avoir ni lumières, ni vertus, mais tant que la cruelle nécessité l'y retient, il n'a besoin ni des uns, ni des autres. Sa situation, ses vertus y seraient déplacées. Mais sous le régime de la liberté, ses rapports deviennent plus étendus ; tous ses mouvements prennent une activité singulière, ses passions acquièrent une énergie qui vent être dirigée : ce n'est plus cet engourdissement et cette paix de mort qui nous présentent de grands empires sous

rimage de vastes tombeaux. Les peuples libres vivent et se meuveat : il faut qu'ils apprennent à se servir des forces dont ils ont recouvré Tu* sage. La science de la liberté n'est pas si simple qu'elle peut le paraître au premier coup-d'œil; son étude exige des réflexions, sa pratique des préparations antérieures, sa consécration des maximes mesurées, des règles inviolables et plus sévères que les caprices mêmes du despote. Cette science est intimement liée à tous les grands travaux de Tesprit et à la perfection de toutes les branches de la morale. Or, Messieurs, c'est d'une bonne éducation publique seulement que vous devez attendre ce complément de régénération qui fondera le bonheur du peuple sur ses vertus, et ses vertus sur ses lumières.

Mais les législateurs anciens cherchaient tous à donner à leurs peuples une tournure particulière, et ne prétendaient souvent à rien moins qu'à les dénaturer, pour ainsi dire, et à leur faire prendre des habitudes destructives de toutes nos dispositions originelles.

Quant à vous, Messieurs, vous n'avez pas d'opinions favorites à répandre ; vous n'avez aucune vue particulière à remplir, votre objet unique est de rendre à l'homme l'usage de toutes ses facultés^ de le faire jouir de tous ses droits, de faire naître l'existence publique de toutes les existences individuelles librement développées et la volonté générale de toutes les volontés privées, constantes ou variables, suivant qu'il plaira aux circonstances.

En un mot, dans vos principes, les hommes doivent être ce qu'ili^ veulent, vouloir ce >qui leur convient, et faire toiijouri^ exécuter ce dont ils sont convenus.

Ainsi, c'est peut-être un problètme de savoir si les législateurs français doivent s'occuper ^de réducation publique, autrement q|ue pour en pro* téger les progrès, et si la constitution la plus fa« vorable au développement du moi humain^ et les lois les plus propres à mettre chacun à sa place, ne sont pas la seule éducation que le peuple doive attendre d'eu!'.

Ici, comme dans tout le reste, le législateur se contenterait de parler à l'intérêt individueli de lui fournir tous les moyens de s'exercer, et de le diriger invinciblement vers Vintérêt général par le plus simple de tous les ressorts politiques. D'après cela, les principes rigoureux sembleraient exiger que TÂssemblée nationale ne s'occupât de réducation que pour l'enlever à des pouvoirs au à des corps qui peuvent en dépraver l'influence. Il semble que pour lui donner plus d'énergie ce serait assez de la livrer à elle-même ^, ou, s'il paraissait disconvenable de retirer les fonds destinés à son encouragement, il faudrait du moins les employer en faveur des individus : qui ont, par leurs lumières, payé déjà quelque tribut à la société, plutôt que de ceux qui cherchent encore seulement à s'instruire. -.

Mais l'ignorance du peuple est si profonde, l'habitude de regarder les établissements pour l'instruction publique et gratuite, comme le plus

grand bienfait des rois est si générale, et les idées que j'énonce se trouvent si peu conformes à l'opinion dominante^ qu'en les supposant démontrées dans la théorie, il serait sans doute dangereux,peut-être même impossible, de les mettre en pratique sans de grandes modifications. Oans les circonstances actuelles, si l'éducation n'était pas dirigée d'après des vues nationales, il pourrait en résulter plusieurs inconvénients graves et menaçants pour la liberté.

Mais quelles sont donc les vues fondamentales d'après lesquelles on doit se conduire dans cette réforme ?

La première, et peut-être la plus importante de toutes, est de ne soumettre les collèges et les académies qu'aux magistrats qui représentent véritablement le peuple, c'est-à-dire qui sont élus et fréquemment renouvelés par lui. Aucun pouvoir permanent ne doit avoir à sa disposition des armes aussi redoutables. C'est la plume qui conduit l'épée, et qui donne ou enlève les sceptres ; ce sont les instituteurs de la jeunesse, les philosophes et les écrivains de tous les genres qui font marcher les nations à la liberté, ou qui les précipitent dans l'esclavage. Il faut donc qu'ils soient toujours aux ordres de l'intérêt public. En conséquence les académies et les collèges doivent être mis entre les mains des départements ; et je crois utile de les reconstituer sous des formes nouvelles, ne fût-ce que pour les avertir qu'ils n'appartiennent plus au même régime.

L'Assemblée nationale ne voit en France que des hommes et des citoyens. Ainsi, tant qu'un enfant ne s'est pas fait connaître comme plus intelligent et plus laborieux que ses camarades, du même âge ou à peu près, lui donner une bourse, c'est commettre une véritable iniquité envers tous ceux qui pourraient y prétendre comme lui.

Je conclus qu'il. ne faut point de bourses pouï* les premières études, et qu'elles doivent toujours être le prix de quelque succès.

Au premier coup d'œil, on peut croire l'éducation gratuite nécessaire au progrès des lumières ; mais en y réfléchissant mieux, on voit, comme je l'ai dit, que le maître qui reçoit un salaire, est bien plus intéressé à perfectionner sa méthode d'enseignement, et le disciple qui le paye à profiter de ses leçons. Les meilleures écoles de l'Europe sont celles où les professeurs exigent une rétribution de chacun de leurs disciples. ^

Sans rejeter entièrement les congrégations, qui, sans doute ont, à certains égards, plusieurs avantages, je voudrais les voir employer avec ménagement ; je voudrais qu'on se mît en garde contre l'esprit de corps, dont elles ne seront jamais entièrement exemptes.

La révolution actuelle est l'ouvrage des lettres et de la philosophie. La nation pourrait-elle ne pas respecter ses bienfaiteurs ? Qui ne sent aujourd'hui l'importance d'enchaîner les écrivains

1 C'est une erreur, l'expérience a prouvé le contraire.

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à la patrie, et oniqoemeot à elle ? Mais d'ailleurs, la liaison de toutes les scieoces et de tous les arts entre eux et avec la prospérité publique, ne peut de nos jours être méconnue que des esprils les plus superficiels. Ainsi, philosophes, littérateurs, savants, artistes, la nation doit tout honorer, tout récompenser.

Mais faudra-t-il que l'Assemblée nationale discute et trace les plans d'enseignement ? Des méthodes pour toutes les sciences qui peuvent être enseignées^ seraient- elles un ouvrage de sa compétence? Non, sans doute : ces méthodes vont se perfectionner par les progrès successifs des lumières publiques, et par Finfluence indirecte des lois. En exigeant de Finstruction pour les places ambitionnées, vous aurez bientôt des hommes instruits ; en récompensant les bons livres élémentaires, vous en aurez bientôt dans tous les genres.

Il ne vous est pas donné, Messieurs, de faire éclore tout à coup une race nouvelle, ni même de tracer les moyens de détail qui doivent régénérer les habitudes de tout un peuple comme vous avez régénéré sa constitution* Vous devez donc vous borner à jeter patiemment les germes de tout le bien que la perfectibilité de Fhomme nous promet ; à créer la machine de Féducation nationale d'après les mêmes motifs et dans le même esprit que toutes les autres; je veux dire organiser le corps enseignant sur des principes simples qui lui communiquent la plus énergique activité, qui préviennent les inconvénients, qui

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repoussent les abus, qui résistent même à l'action destructive du temps, et se prêtent à toutes les additions utiles. Tel est Tobjet que notre devoir nous prescrit, que les circonstances nous permettent, que la plus saine raison nous indique, et c*est le seul vers lequel je me propose de tourner vos regards.

Bans les universités on enseigne beaucoup de choses en latin. Je suis loin de vouloir proscrire rétude des langues mortes, il est au contraire à désirer qu'on l'encourage ; je voudrais surtout qu'on pût faire renaître de ses cendres cetta belle langue grecque dont le mécanisme est si parfaitement analytique, et dont Tharmonie appelle toutes les beautés du discours. Pour bien apprécier sa propre langue, il faut pouvoir la comparer avec une autre ; et c'est les meilleures qu'il faut prendre pour objet de comparaison. Que le grec et le latin soient donc regardés comme propres à fournir des vues précieuses sur les procédés de l'esprit, dans renonciation des idées ; qu'on les estime, qu'on les recommande à raison des excellents livres qu'ils nous mettent à portée de connaître beaucoup mieux : rien de plus raisonnable, sans doute. Mais je crois nécessaire d'ordonner que tout enseignement publio se fasse désormais en français.

Vous ne serez point étonnés. Messieurs, que la médecine occupe une place considérable dans mon plan d'instruction publique*

D'après cela, l'Assemblée nationale ordonnera sans doute qu'il soit formé des écoles pratiques

partout où la médecine s'enseigne, c'est-à-dire, des écoles dont les leçons se donneront dans des infirmeries.

Je proposerai peu de chose sur l'éducation des femmes. Les hommes destinés aux affaires doivent être élevés en public. Les femmes, au contraire, destinées à la vie intérieure, ne doivent peut-être sortir de la maison paternelle que dans quelques cas rares. En général, le collège forme un plus grand nombre d'hommes de mérite que l'éducation domestique la mieux soignée ; et les couvents élèvent moins de femmes qu'ils n'en gâtent. J.-J. Rousseau, dont le souvenir et lj3S maximes se présentent sans cesse à l'esprit toutes les fois qu'on parle de liberté, de philosophie, de culture de l'homme; Jean-Jacques, plus grand encore, peut-être, par la multitude d'observations morales de détail ou de leçons applicables au bonheur journalier de l'individu, qui remplissait toutes les pages de ses livres, que par ses systèmes généraux, métaphysiques ou politiques, était fortement pénétré de cette vérité si familière aux peuples anciens, que l'homme et la femme jouant un rôle entièrement différent dans la nature ne pouvaient jouer le même rôle dans l'état social, et que l'ordre éternel des choses ne les faisait concourir à un but commun qu^en leur assignant des places distinctes.

La constitution robuste de l'homme elles habitudes actives, énergiques, hardies, persévérantes qui doivent en résulter, déterminent le caractère de ses travaux : tous ceux qui demandent une

force considérable, des courses lointaines, du courage, de la constance, des diseussions opiniâtres, le regardent exclusivement. C'est lui qui doit labourer, négocier, voyager^ combattre, plaider ses droits et ceux de ses frères, les autres humains, dans les assemblées publiques ; enfin, régler toutes les afTaires qui ne se traitent pas dans le sein même de la famille ; et c'est à cela que son éducation le prépare, lorsqu'elle est conforme à la nature. La constitution délicate des femmes, parfaitement appropriée à leur destination principale, celle de perpétuer l'espèce, de veiller avec sollicitude sur les époques périlleuses du premier âge, et dans cet objet si précieux à l'auteur de notre existence, d'enchaîner à leurs pieds toutes les forces de l'homme, par la puissance irrésistible de la faiblesse; cette constitution dis-je, les borne aux timides travaux du ménage, aux goûts sédentaires que ces travaux exigent, et ne leur permet de trouver un véritable bonheur, et de répandre autour d'elles tout celui dont elles peuvent devenir les dispensatrices, que dans les paisibles emplois d'une vie retirée. Imposer à ses frêles organes des tâches pénibles, charger ses débiles mains de lourds fardeaux, c'est outrager la nature avec la plus lâche barbarie : enlever ces êtres modestes, et dont la pudique retenue fait le plus grand charme, au cercle des habitudes domestiques, qui font éclore ou du moins perfectionnent toutes leurs aimables qualités ; les transporter au milieu des hommes et des affaires, les exposer aux périls d'une vie qu'elles ne pour-

raient apprendre à supporter qu'en dénaturant leur constitution physique, c'est vouloir oblitérer cette exquise sensibilité qui constitue, pour ainsi dire, leur essence^ et devient le garant de leur aptitude à remplir les fonctions intérieures qu'un bon plan social leur attribue. C'est tout confondre ; c'est, en voulant les flatter par de vaines prérogatives, leur faire perdre de vue les avantages réels dont elles peuvent embellir leur existence ; c'est les dégrader et pour elles-mêmes et pour nous ; c'estt en un mot, sous prétexte de les associer à la souveraineté, leur faire perdre tout leur empire.

Sans doute la femme doit régner dans l'intérieur de sa maison; mais elle ne doit régner que là : partout ailleurs elle est comme déplacée ; la seule manière dont il lui soit permis de s'y faire remarquer^ c'est par un maintien qui rappelle la mère de famille, ou qui caractérise tout ce qui rend digne de le devenir. La juridiction d'une femme respectable n'est pas pour cela moins étendue, au contraire ; son époux Tbonore autant qu'il la chérit ; il la consulte dans les occasions les plus difûciles; ses enfants ont pour elle la soumission la plus tendre et la plus religieuse ; elle maintient la paix parmi ses proches et ses voisins; le jeune homme vient lui demander une compagne qiii lui ressemble ; elle verse autour d'elle les avis les plus salutaires, avec les au-» mônes et les consolations. Ainsi, en interdisant aux femmes l'entrée des assemblées publiques où leur présence occasionnerait des désordres de plus

d'un genre, en les écartant des fonctions politiques qui ne leur conviennent sous aucun rapport, je regrette beaucoup qu'on ne les ait point admises au conseil de famille dont elles tne paraissent devoir être Tâme, et que Ton n*ait pas saisi cette occasion pour établir les différencei qui doivent distinguer les citoyens des citoyennes dans un ordre de choses conforme à Tadmirable place de l'auteur de l'univers.

Pardon,Messieurs, sijesors de monsujet. Jeme hâte d'y rentrer en concluant que l'éducation des jeunes QUes doit être ordonnée de manière à faire des femmes telles que je viens de les peindre, non tellesquelesimaginent des philosophes égarés par un intérêt qui fait souvent perdre l'équilibre à la raison la plus sûre< La vie intérieure est la vérita-^ ble destination des femmes ; il cstdonc convenable de les élever dans les habitudes qui doivent faire leur bonheur et leur gloire ; et peut-être seraitil à désirer qu'elles ne sortissent jamais de la garde de leur mère. Je ne demande cependant pas la suppression de toutes les maisons d'éducation qui leur sont consacrées. Mais comme ces maisons ne peuvent plus être régies que par des associations libres, je voudrais qu'on en confiât le soin à l'industrie et à la considération publique. Il suffirait d'ailleurs de conserver les écoles de lecture, d'écriture et d'arithmétique qui existent pour les filles, et d'en former de semblables dans toutes les municipalités qui n'en ont pas, sur les mêmes principes que pour celles des garçons.

Dans chaque endroit où l'organisation nouvelle

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du clergé conservera un curé ou un vicaire, il y aura une école d'écriture et de lecture, pour Tentretien de laquelle il sera affecté une somme, depuis cent jusqu'à deux cents livres, payable chaque année sur les fonds du département. Le maître d'école sera autorisé à recevoir une rétribution de ses élèves ; il enseignera à lire, à écrire, à calculer, et même, s'il est possible, à lever dçs plans et arpenter. Il se servira, pour enseigner à lire, des livres qui feront connaître la constitution ; et qui expliqueront d'une manière simple et nette les principes de la morale. Tout maître d'école qui se distinguera dans ce genre d'enseignement recevra des récompenses qui seront fixées et distribuées par le directeur du département. La nomination des maîtres d'école de paroisse se fera dp la manière suivante. La commune présentera trois sujets au directeur de district qui sera tenu d'en choisir un ; et le sujet choisi ne pourra être destitué sans que les motifs de la destitution aient été discutés et trouvés valables par le même directeur.

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