PRÉFACE
Dans la plupart des discussions qui ont eu lieu depuis plusieurs années sur Tinstruction et Tédùcation publiques, on a souvent cité les rapports faits pendant la Révolution à nos diverses assemblées, par Tallejrand-Périgord, Gondorcet, Lakanal et Daunou.
Mais on n'ignore pas sans doute qu'à côté d'eux un nombre considérable d'orateurs ayant fait partie des mômes assemblées ont traité avec talent, avec compétence et souvent avec Téloquence enthousiaste qui caractérise cette époque mémorable, les questions d'éducation, reprises aujourd'hui avec plus d'attention et d'ardeur que jamais. J'ai pensé qu'il y aurait grand profit pour les études pédagogiques, en même temps que pour l'histoire des diverses manifestations de l'esprit humain à cette époque, à relire, non seulement les rapports étendus dont j'ai cité plus haut lès auteurs, mais encore les discours, rapports, opinions, motions d'ordre, etc., disséminés dans les colonnes du Moniteur, Quelques-uns de ces documents ont été publiés à part ; mais on ne peut se procurer que très difficilement les brochures qui les contiennent.
Si au sujet des questions politiques, juridiques ou financières, des orateurs dont le nom ne périra pas ont fait entendre à la tribune nationale les accents
VI PRÂFÀCB
d*un patriotisme qu'on ne saurait trop admirer, on les retrouvera aussi bien dans les débats ayant pour objet l*éducation publique. Les assemblées n'ont cessé de les traiter, au milieu même des plus terribles moments où la France avait à gémir sous le triple fléau de la guerre étrangère, de la guerre civile et des discordes parlementaires les plus furieuses. Que de noms, dont aujourdliui quelques-uns sont tombéà,dans Toubli, n*aurais-je pas à citer, si j'avais à réunir dans un recueil les rapports et les discours présentés aux assemblées, depuis les premiers jours de .la Révolution jusqu'à Tépoque où, s'emparant de ses immenses travaux, Je fondateur de l'université fit taire toutes les voix pour se faire entendre seul à la France et lui imposer sa volonté capricieuse et tyrannique I
Tous les principes d'éducation, tous les procédés d'enseignement, avaient été étudiés et exposés au point de vue d'un gouvernement fondé sur la volonté nationale s'élevant sur les ruines de la monarchie de droit divin. L'éducation, comme tout le reste, devait avoir pour point de départ le respect des droits de l'homme. Elle devait être appropriée aux besoins et aux destinées du peuple généreux qui venait de conquérir sa liberté.
J'avoue que l'étude de ces mémorables débats et des monuments d'éloquence auxquels ils ont donné lieu ont produit sur mon esprit la plus vive impression. Quelque jugement que l'on porte sur le mérite et la valeur des idées exprimées ou des mesures proposées, on peut assurer, que les annales d'aucun peuple ne possèdent sur les institutions nécessaires à l'éducation publique, des considérations plus élevées, de plus nobles aspirations, un plus intelligent patriotisme . Il n'est pas, aux yeux des législateurs de la Révolution, de devoir plus impérieux, plus sacré pour r£tat,quo de veiller à ce que tous les'balMtaots du paya
PRiFAOS
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riches ou pauvres, les pauvres surtout, aient 4 leur portée une instruction qui leur permette, d*al>ord d*accom« plir leurs devoirs et de connaître leurs droits comme citoyens, puis de remplir avec les lumières nécessaires les fonctions qu'ils auront à occuper dans la société. Dans leur amour de Yégalitéf ils veulent fonder des inçtitu-* tiens qui donnent satisfaction à toutes les conditions, à tous les âges : dans leur zèle pour la liberté, ils cherchent à concilier les devoirs de TEtat avec les droits des familles. Si, pendant une période douloureuse, les esprits les plus modérés et les plus sages, semblent être en proie à une sorte de vertige, et croient pouvoir assurer le Salut public en sacrifiant les droits de la famille, on revient à des principes plus libéraux, aussitôt que Tordre et la paix se rétablissent.
Dans les rapports présentés à l'assemblée constituante et à l'assemblée législative, les grandes lignes ont été tracées; les principes généraux ont été posés et mis en lumière, avec une ampleur, et un désir de bien faire auxquels il est temps de rendre justice.
Le génie organisateur de la Convention a créé toutes les institutions destinées à les mettre en pratique. Tout ce que les Mirabeau, les Talleyrand, les Gondorcet, ont exposé en termes magnifiques sur les moyens de don*ner, dans les écoles primaires les notions utiles à tous les hommes, et dans des institutions d'un ordre supérieur un enseignement approprié aux fonctions les plus importantes de TEtat, a été soumis à Texamen le plus sérieux. Après Torganisation des écoles primaires, des écoles centrales, des collèges, des lycées, la Convention a créé l'école polytechnique, les écoles normales, le conservatoire des arts et métiers, le conservatoire de musique, Técole des beaux-arts et l'institut. Toutes les institutions de la monarchie qu'il a fallu détruire ont été partout