‹ L'instruction publique en France pendant la révolutionChapitre 37 sur 42 · POLYTECHNIQUE · texte numérisé non relu

POLYTECHNIQUE

Les besoins de la guerre et la nécessité non moins pressante de rétablir des parties • importantes de rinstruction détruites par la révolution, vous déterminèrent, au mois de ventôse de l'an deuxième, à créer une école centrale de travaux publics, afin d'avoir un dépôt sacré d'où l'on pût tirer en tout temps les ressources que les sciences et les arts offrent au service de l'Etat.

Cette superbe institution, appelée depuis École polytechnique, a été élevée avec tous les soins qu'elle méritait. Vous avez pu juger, par les rapports qui vous ont été faits, par les écrits qui vous ont été distribués, combien ces soins avaient déjà d'heureux effets, combien ils promettaient une utilité encore plus grande pour l'avenir. Le but de cet établissement fut spécialement de former

(1) L'Ecole polytechnique, une des plus grandes et des plus utiles créations de la Convention avait été organisée sous le titre d'Ecole centrale des travaux publics, sur un rapport présenté par Fourcroy, dans la séance du 3 vendémiaire, an JII.

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di^» élëvTS pour les différaites professions d'ingénieurs que le République doit entretenir : on vx>uUi( aussi y donner Tinstmction à ceux qui se prt>|H>$4miient de cullîTer les arts et les sdmœs l^our leur compte psrticiilier, ou pour revoser dan$ la s^o^iHé leurs connaissances acquises. Mais ei>m«ne un in^^nicur^ de quelque genre que ce ^Mt^ ne ^ fortne qi)e par le tra^nil de plosieurs ^«n<s^ î <v^tnme i>n AXAit plutôt à craindre Taitier i^i^jWî^îîjsemeTJt *îe rin>trocl3on en France, qu^ome tt^^p |tT^T>*^o exî^n^^n^n â^ns les moyens de lapro- |v^ci^r. v>n oATi^jîer^'a tontcïs les écoles parîîciiHères >ïin,^K>f:*iKv?^ i^ ^70)<ni<^-i3T)» nés parties d étnde de TiSvîo fvV,yhvhT)ii;T3f' : cm en creAinêxDe denouvel- W; <^n*\n ]c CÂ^wfymoinvjiX fut autorisé par tous à f^îrc f«oc à îoîi^ )<^serncfô^ de toutes les manîèiv^ C"c W oi^4Vï^sîanA"^(^ p(ïnn(*.:traiciit, Depuis ce tiMnj^s. //«ne i^rl. k ^Jinintiiioii de la ^^nerre, et ^*H lonoj^noc à «ne c/^j^s^iion nrochaine ; d'antre f^>»ri rorir«nTsfiî«on ^noraie de Jinstmc-tian f nM^d^ïe» on; li <nf prcr»aTee, e.î surtout Iccpér><Mw «<\^uîsc ^«T ^(^ iiT5e»mîe.PS essais, ont mis Vivs iv>n>it<^> <i«i^ ]f^ ^s^ df combiner une nouvelle <vîV7^ni'Sî>hon «k V<vo»r noî^'teriiniqne. lis se sont )NM><Mr<^ tk '^Vvl'-r^mr imnorlanrte dt donner xm en>^^icn<M»<M>; »u nhtviîr. ôt^ himu».Te> ar.tnelles^ ^ï tvu\ on, o\>i h<=*^oir. dt"^ *rien«?^ eî des arts ^vMv, ^^?Nr. k r»;>lri«^. 1}> on; vu one. malgré la ,rv,vxM, ,<,>< î^n^^'V-^Atians. Ifîs n^atnt^maliqms et ^; nV.NvvMv- (^r?^^(-^n: }h n^îiic in<ii>T^ensahie db» éto- «^<^N »^<xn; > >i'av^; : ov'nr. éUMîT%!4enîenî commun, iV oi>o r<v*\«o n^lyter-bniiTTie. WTteiuiL plus

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qu'aucan autre, ces connaissanceâ à un plus haut degré ; qu'il y aurait un meilleur choix dans les sujets ; que réconomie veut que l'on conserve ce qui existe déjà utilement : que ce serait une dépense superflue, que de créer plusieurs établissements pour enseigner les mêmes choses, lorsqu'un seul peut suffire, puisque ce serait évidemment redoubler le matériel, et employer plus d'agents, tandis que le nombre des maîtres habiles est malheureusement si restreint ; enfin qu'il n'y a pas à balancer pour tirer d'une école si heureusement commencée tous les avantages qu'elle peut procurer. C'est d'après ces considérations que vos comités ont tracé le plan qu'ils vous soumettent par le projet de décret qui vous a été distribué.

Ce n'est pas une création nouvelle qu'il s'agit de faire, c'est seulement un meilleur emploi de ce qui existe déjà. En réduisant les moyens à ce qui suffit au service de la République, on a calculé le nombre nécessaire chaque année à l'entretien de chaque genre de service ; ce nombre détermine celui des élèves de l'école polytechnique ; ainsi vos comités ont pensé qu'au lieu de quatre cents élèves que, dans sa première institution cette école devait contenir, il est convenable de n'en garder que trois cent soixante. Il n'y a d'autre innovation que dans l'admission des élèves qui se destinent à entrer dans Tartillerie, et que, dans les dispositions qui règlent les travaux et les études suivant les divers services auxquels se destinent les élèves ; ce qui sera dit dans

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la suite de ce rapport sur chaque école d'application particulière le fera mieux sentir encore.

ÉCOLES d'artillerie

Nous vous proposerons de conserver Técole de Châlons pour Tartillerie jusqu'après la guerre, de rétablir les écoles de régiments dont les exercices ont été suspendus par nos glorieuses campagnes, de les perfectionner même dans les lieux de garnison. L'enseignement de l'artillerie a été jusqu'ici fort au-dessous de l'état des lumières en France. Les officiers les plus instruits dans cette partie importante du service public s'en plaignent depuis longtemps : ils désirent que les élèves qu'on y admet soient plus forts qu'ils ne l'ont été jusqu'à présent. A Metz, on ne les occupait que de mathématiques, et le livre de Bezout était le seul objet de leurs études. La physique, la chimie, la géométrie descriptive, y étaient entièrement ignorées, quoique les bases de leur art en soient entièrement dépendantes. Aussi tout ce qui tient aux détails de construction, tous les arts qu'il est si important de bien connaître pour diriger convenablement l'emploi des machines de guerre, n'étaient-ils sus que d^un très-petit nombre d'hommes qu'un zèle ardent et des lumières peu communes portaient à des études plus complètes et plus étendues. Toutes ces études, toutes ces connaissances sont l'objet des travaux de Técole polytechnique, et doivent même être acquises en

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partie avant d'entrer à cette école ; aussi propo* sons-nous de renvoyer après la guerre l'étude préliminaire de Tartillerie à cette école préparatoire, de ne laisser que jusqu'à la paix subsister celle de Châlons qui est insuffisante ou ne serait qu'un double emploi, et de rétablir, de restaurer même avec plus de développement les écoles pratiques auprès des huit régiments d'artillerie. A cette époque les jeunes gens, après deux ans au moins d'études à l'école polytechnique, et munis de connaissances suffisantes en géométrie, en stéréonomîe, en mécanique, en physique, en chimie et en fortifications, passeront à ces écoles pratiques, et y apprendront, avec une grande facilité, tous les détails de la construction des machines de guerre et l'exercice des manœuvres d'artillerie. Ainsi le vœu des officiers les plus habiles sera rempli, et la République jouira bientôt du fruit de ces institutions.

Les élèves, au sortir de Técole polytechnique, seront de nouveau examinés, pour être reçus dans les régiments d'artillerie, et ils n'obtiendront d'avancement que d'après leurs connaissances et leurs talents acquis dans la théorie et la pratique des armes.

NOUVEL EXAMEN DES INOéNlEURS

L'école du génie militaire sera la seconde école d'application, où des élèves, au sortir de l'école polytechnique ou préparatoire, seront admis

d'après ua examen. L'école de Méziëres a fourni d'une manière très heureuse Tinstruction nécessaire aux élèves jusqu'en 1793 ; mais cette école se trouvant à cette époque, totalement désorganisée, la Convention la transféra à Metz, par son décret du 24 pluviôse an deuxième, tant pour mettre fin aux désordres et aux anciennes habi* tudes gui y existaient, que pour fournir à Tinstruction militaire des moyens plus grands et plus multipliés. Elle décréta en même temps que toute la partie théorique, relative aux constructions, serait réunie à l'école des ponts et chaussées, et que l'école de Met^; ne conserverait que la partie relative aux travaux militaires.

En provoquant ce décret, l'intention du gouvernement était de tirer les élèves du génie de l'école des ponts et chaussées, en attendant l'établissement de l'école centrale des travaux publics, devenue aujourd'hui l'école polytechnique, et destinée dès sa première formation, à donner à la République de bons artistes constructeurs, à répandre et avancer les connaissances nécessaires au perfectionnement de tous les arts.

Les besoins urgents et impérieux de la guerre n'ayant pas permis d'attendre que les élèves des ponts et chaussées fussent assez instruits, et cette école ne pouvant même fournir aux besoins des travaux civils, on fut forcé d'admettre directement à l'école de Metz des candidats qui avaient satis*fait à un examen léger sur les éléments des mathématiques.

Il en est résulté que Tiustruction de l'école de

Metz a dû comprendre les deux parties, théorique et pratique : mais renseignement n'a dû se faire que d'une manière superficielle, afin de fournir dans un très court espace de temps, non pas de» ingénieurs, mais des citoyens propres à seconder les chefs du génie, soit dans les places de guerre, soit aux armées.

Cette mesure a fait naître un inconvénient majeur et très nuisible aux intérêts de la Repu*blique, c'est que, pour donner une existence à ces citoyens, on les a reçus ingénieurs ; et à peine, il faut en convenir, connaissaient-ils les éléments de cet art difficile.

Les ministres, les généraux, les représentants du peuple, envoyaient à l'armée de jeunes citoyens qui n'avaient passé que quelques mois à l'école ; ils assistaient à quelque siège, ou faisaient un léger service dans les places, et devenaient sur-le-champ capitaines, même officiers supérieurs.

Il a fallu même, pour donner les moyens de subsistance à une trentaine d'élèves supprimés par l'effet de la loi du 14 ventôse dernier, les recevoir tous lieutenants ou capitaines du génie.

On sent le danger qu'il y aurait de confier la force de nos frontières à des jeunes gens dont la morale n'aura pas été assez éprouvée, et qui n'ont pas reçu Tinstruction suffisante pour projeter et diriger les grands travaux de construction.

Si l'on veut ne pas perdre cet art conservateur qui, plus d'une fois, a sauvé la République, si l'on ne veut pas que les finances de l'Etat soient dila-

pidées ou mal employées, et si Ton ne veut confier les boulevards de la France qu'en des mains sûres, il est urgent de décréter que tous les officiers du génie, qui n*ont pas passé à Técole le temps nécessaire pour faire juger de leur capacité, seront tenus, pour conserver leurs services de faire preuve de conduite et de savoir, et ne seront reçus définitivement dans le corps du génie qu'après un examen qui constatera leurs talents et leur capacité.

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