ÉCOLE DES MINES
L'exploitation des mines a fixé l'attention des comités et elle fixera la vôtre. La prospérité d'ua . empire tient plus ou moins à l'art de tirer parti des richesses minérales ; l'Angleterre doit presque exclusivement la sientié au charbon de terre et aux travaux du fer. La France n'a rien à envier
à cet égard aux autres nations : elle n'a aucun reproche à faire à la nature. D'immenses masses de charbons et de minerais reposent sous son sol fertile et attendent les bras des républicains. Mais Tart des mines est encore dans l'enfance ; il faut donc lui donner une grande impulsion. Vos comités vous proposent de confirmer une institution qui a déjà été établie par le gouvernement, et qui promet les plus grands succès, en y ajoutant quelques moyens pour la pratique de l'art métallurgique.
Ce n'est que par l'enseignement donné dans les mines, par la réunion intime de la théorie et de la pratique, que les mineurs allemands ont acquis cette supériorité qui les distingue. La France est riche en mines de houille, de fer, de plomb, de zinc et d'antimoine. Elle offre, en outre, quelques mines d'argent^ de cobalt et beaucoup de substances salines dont il est important de tirer parti pour les arts ; et cependant, en temps de paix, elle tire de la seule Angleterre pour plus de cinq millions de charbon de terre qu'elle paye de son numéraire, et d'autres nations étrangères, presque tous ses cuivres, ses laitons et même des fers et des aciers. Pour exploiter avec avantage les richesses minérales de la France, il faut apprendre aux départements qui les possèdent à les reconnaître, à les retirer du sol, et à en extraire les produits pour les arts. Dans cette intention le gouvernement avait établi une agencé des mines vers la fin de Tan deuxième ; des cours d'instructions ont été institués auprès d'elle.
Trente élèves ont déjà accompagné cette année les inspecteurs dans les régions minéralogiques de la France. Malgré les fatigues et les privations de tous les genres, ces voyages ont déjà procuré des découvertes et des collections précieuses. Un journal des mines dont il vous a été déjà distribué neuf numéros, contient les travaux des membres de cette agence ; nous vous proposons de la conserver sous le nom de Conseil des mines auprès du ministère de l'intérieur. L'école pratique qui sera créée pour l'instruction des élèves, nous procurera aussi des mineurs, des fondeurs, de bons cbefs de mines, des directeurs d'exploitation, de fonderies, de salines.
Les voyages des inspecteurs, des ingénieurs et des élèves, et leur réunion à Paris pour y augmenter leurs connaissances par un échange mutuel et de nouvelles études, continueront d'avoir lieu comme par le passé.
Cette utile institution, qui remplacera avec tant d'avantages l'ancien établissement qui n'a point résisté aux secousses de la révolution, devient surtout précieux à la France depuis les nouvelles richesses minérales que les Alpes et le Nord ajoutent à celles que la République possédait déjà. Le gouvernement profitera sans doute des lumières des mineurs allemands, que les circonstances heureuses où nous nous trouvons à cet égard rapprochent des Français, et qui, par une corn* munication fraternelle répandront bientôt chez nous les pratiques et les procédés qu'une longue expérience a confirmés, et qui manquent encore à
nos ateliers. Nous ne parlons point ici de tous les arts qui s'exercent sur les métaux, et dont le perfectionnement ou Timportation dans la République doit suivre immédiatement llnstruction répandue sur les mines et sur leur exploitation.