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d'introduire dans la pratique cette obligation et les pénalités qui doivent la sanctionner;
a Considérant que dans tout État libre et civilisé les bons effets de Tinstruction obligatoire peuvent être obtenus, soit au moyen de l'initiative des associations privées, soit moyennant une distribution bien entendue des subsides de TÉtat aux écoles et aux maîtres, en proportion des résultats utiles qu'ils procurent :
<c Le Sénat invite le ministre de Tinstruction publique à proposer à Sa Majesté de choisir, parmi les personnes les plus compétentes et les plus autorisées, une commission ayant pour objet de se livrer à une enquête sur Tétat de l'instruction primaire dans le royaume, et en particulier sur la ré* sistance plus ou moins grande qu'opposent à Tinstruction publique les classes du peuple les plus nécessiteuses, et sur les moyens de la combattre et d'en prévenir les conséquences.»
Les membres de cette commission furent : MM. le comte Terenzio Mamiani , Michel Amari , Berti, Tenca, Spaventa, Bonghi, Villari et Buonazia.
Déjà de nombreux tableaux statistiques avaient été publiés en 1865 et en 1866 par le gouvernement italien sur les établissements d'instruction primaire publique et privée, les gymnases, les lycées, les instituts techniques , les maisons d'éducation fondées et entretenues aux frais d'assod^V.\ows
X INTRODDCTIOl».
laïques et religieuses. L'enquête ordonnée en 1868 a donné lieu, sur Tinstruction élémentaire, à trois rapports publiés successivement en 1869, 1870 et
Toutes ces publications , inspirées par le désir très-légitime de donner à l'enseignement public une organisation telle que l'Italie n'ait rien à enivier, sous ce rapport, aux nations les plus favorisées, me permettent de constater le point de départ des améliorations que l'état moral et politique de laPénînsule rendait nécessaires, l'esprit vraiment libéral dans lequel elles ont été conçues, et les difficultés particulières qu'elles ont rencontrées dans leur accomplissement. Les ministres de l'instruction publique et les hommes distingués qui leur ont prêté le concours de leurs lumières ont eu à reprendre et à traiter la plupart des questions qui ont été et sont encore agitées aujourd'hui en France et dans les autres États de l'Europe. La situation de l'Italie, dans le passé et dans le présent, donne à cette étude un intérêt particulier. Quoique depuis 1859, grâce à des efforts persévérants et à l'accord des pouvoirs publics, un grand progrès se soit déjà accompli, il sera facile de voir que les moyens d'exécution ont souvent manqué aux auteurs des propositions tendant à remplacer par un régime nouveau une organisation ancienne, et surtout à fondre dans une législation uniforme des disposi-
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tîons on des usages depuis longtemps en ligueur dans des provinces soumises aux gouvernements les plus divers.
Cet exposé de l'instruction publique en Italie sera en grande partie historique; caries nouveaux législateurs ont tenu à montrer qu*au point de vue des lettres, des arts et des sciences, dont il s'agit de régulariser, d'étendre et de propager l'enseignement, l'Italie a des traditions glorieuses qu'il est utile de faire revivre, tout en leur imprimant le caractère de l'esprit moderne, contre lequel il serait imprudent et impolitique d'essayer de lutter. J'aurai plus d'une occasion de revenir sur des points importants qui sont encore, en France, l'objet d'assez vives controverses. Il n'est plus permis aujourd'hui de se désintéresser de l'importante question de l'éducation publique. C'est sur elle que reposent les destinées futures des institutions politiques et sociales du monde moderne. Il s'agit de savoir par qui et dans quel esprit cette éducation sera dirigée. Le problème n'est pas plus résolu en Italie, en Allemagne et en France, qu'en Italie. C'est là surtout qu'il est facile de voir combien, dans les époques de transition comme celle où se trouve aujourd'hui l'humanité, il est difficile d'affranchir des entraves du passé les institutions qui doivent préparer l'avenir.
Dans ime Introduction historique k YeucjofeVà
faile, €D 1868. sur llnslnictioD démeotaire dans les proTÎDçes iDêridionaks et sepleDtrionales de ritalîe, le ministne Brogiio a exposé qudqaes-unes des difficultés qu'a renoontiées le gouTememeot dans ses tentatÎTes de réforme, il a en même temps fait allusion aux rapports avant eu lieu i plusieurs époques au point de vue de Tinstruction publique entre Htalie et la France.
Tombé, en 1 8 1 4, avec la fortune de Bonaparte , le régime scolaire du royaume d'Italie fut partout remplacé par les vieux systèmes d'éducation qui, dans chacun des petits États rendus à Texistence, s'élevèrent sur les ruines des institutions et des collèges impériaux: la lutte entre l'ancien et le nouveau régime passa des champs de bataille dans les écoles. Tandis que l'Angleterre et l'Allemagne accueillaient avec empressement de nouvelles méthodes d'enseignement, les États de l'Italie s'inspiraient de la France où la guerre des partis politiques s'exerçait sur le terrain do Téducation publique, entre les congrégationH religieuses et la Société pour la propagation do la méthode d'enseignement mutuel. A la tête de 808 membres les plus actifs se trouvaient MM. de (îénuulo et do Laborde dont les efforts pour la création «récolcs mutuelles, alors vantées outre mesure i'i tombées plus tard dans un discrédit immérité, furtmt couronnés do succès. Cet enseignement fut inlrodnii dans vingt-quatre départements, et des
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examens spéciaux furent institués pour former deé maîtres. En opposition à ces écoles, s'éle¥èrent un grand nombre d'établissements fondés par le clergé et les maisons dirigées par les frères de la doctrine chrétienne. La tribune française retentit alors des accusations portées contre renseignement mutuel, dénoncé comme une école d'immoralité et d'insu* bordination. On dispensa les frères de la doctrine chrétienne du diplôme imposé aux maîtres par la loi de 1816. La lutte ne &t que donner une plus grande popularité à ces écoles qui ne s'établirent pas seulement en France, mais qui se répandirent et prirent racine dans le Piémont.
La Lombardie et la Vénétie reçurent l'influence de l'Allemagne où les ouvrages de Pesialozzi avaient donné un grand essor aux études pédagogiques. L'Autriche, cédant ellcrmême à ce mouvement salutaire,' organisa l'enseignement dans cette partie de l'Italie par son règlement de 1818, et l'instruction populaire y al teignit un assez haut degré de perfection. On vit alors, chose remarquable, sous une domination étrangère, deux provinces italiennes se placer au niveau de l'Angleterre et môme des États-Unis, tandis que les autres États tombaient dans une mortelle langueur. Les gouvernements ne firent rien pour les en faire sortir, et toute lumière se fût éteinte sans les efforts généreux de quelques citoyens dévoués qui , dans la Toscane el V^^ ^tfy-
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YÎnces du centre, firent appel à l'initiative privée pour fonder des écoles.
Le Piémont, avant tous les autres États, comprit que le progrès des libertés publiques était intimement lié avec celui de l'instruction populaire. Les réformes opérées alors dans renseignement primaire et l'enseignement secondaire rendirent au reste de l'Italie un immense service : un ardent foyer de science y fut allumé et entretenu, tandis que, dans les autres provinces, une guerre violente était déclarée aux écoles populaires aussi bien qu'aux établissements d'enseignement supérieur, considérés comme faisant naître des sentiments d'indépendance que les gouvernements entreprenaient de comprimer par les moyens les plus tyranniques. L'Autriche s'efforça alors de détruire, dans la Lombardie et la Vénétie, les établissements qu'elle avait élevés elle-même : on y attaqua principalement ceux qui étaient consacrés à l'enseignement des jeunes filles. Les écoles primaires et les écoles réelles furent changées en séminaires soumis à l'autorité des évoques.
Dans l'Italie centrale, les écoles pour les jeunes filles pauvres, que des donations particulières avaient amplement pourvues, depuis le commencement du siècle, de locaux convenables et d'un riche matériel, furent livrées à des maîtresses ignorantes qui gaspillèrent leurs revenus et dénaturèrent l'enseigne-
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ment. Les établiBsemeDts d'un ordre plus élevé se convertirent en couvents. Dans l'Italie méridionalo, au mauvais vouloir du gouvernement vinrent s'ajouter les préjugés inspirés aux familles contre toute espèce d'instruction. Les élèves étaient devenus aussi rares que les maîtres, et il n'existait plus que de misérables maisons, dans lesquelles ia charité publique parvenait à réunir des enfants de tout âge, soumis à un régime qui ne tenait aucun compte des différences qu'établissaient entre eux les mœurs, les habitudes et le genre de vie de leurs parents.
Au milieu de cette déplorable confusion , le Piémont écrasé à Novai*e se releva pai* un effort vigou-» reux. Il organisa d'une manière puissante son enseignement public , dont le gouvernement prit en main la direction exclusive.
Des règlements rigoureux , inflexibles , furent appliqués à tous les établissements où fut introduite une discipline toute militaire. Ces règlements, qui donnèrent l'essor aux études et retrempèrent la nation tout entière, avaient dû leur naissance à des circonstances exceptionnelles; l'heureuse révolution qui plus tard a changé les destinées de l'Italie a rendu nécessaire la révision des mesures législatives, pour qu'elles pussent être appropriées à dés provinces longtemps soumises aux régimes les plus divers.
Ce grand travail de réorganisation, qui se pour-