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INSTITUTS TECHNIQUES

L'enseignement secondaire, faisant suite à celui des écoles primaires du degré supérieur, a été donné, en Italie, comme chez diverses nations de TEurope, jusqu'au commencement de ce siècle, dans un seul genre d'établissements , les collèges classiques. L'instruction que Ton y recevait embrassait presque exclusivement l'étude des langues anciennes et préparait aux professions dites libérales. Peu de pays , malgré d'énergiques réclamations, s'étaient occupés de créer des établissements ou devaient se former des sujets spécialement prépa* rés pour l'agriculture , le commerce ou l'industrie. Mais les besoins nouveaux introduits dans la société

par l'immense développement des sciences physi'

ques, chimiques et naturelles, et le nombre croissant de leurs applications aux usages de la vie ont

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it sentir l'insuffisance de l'enseignement clasç|ue.

Cet enseignement se donne, en Italie, comme ) le verra plus tard, dans deux sortes d'établisselents, les gymnases et les lycées. Les cours des ymnases embrassent cinq années, et ceux des xées qui en sont la suite et le complément, trois, n a reconnu partout la nécessité d'y introduire e notables modifications. Mais comme il n'est jamais aisé de réformer des institutions que le temps consacrées, on a pensé que le meilleur moyen de ioDDer satisfaction aux intérêts créés par un ordre ocial nouveîm était de fonder, à côté et en dehors les collèges et des gymnases , des "écoles spéciales >ourle commerce, l'industrie et les nombreuses proessions auxquelles ne peut préparer renseignement classique. De là les écoles réelles de l'AUe- ^gne, les écoles moyennes ou professionnelles de a France, \e^ instituts techniques qHq^ écoles techniques de l'Italie.

Les premières écoles techniques ont été fondées ►arlaloi du 4 octobre 1848 et ouvertes aux frais le l'État dans trois collèges nationaux des an^ rennes provinces. Plusieurs communes, suivant exemple donné par le gouvernement, en établifintde semblables.

Le ministre Lanza s'appliqua à en augmenter le nombre : la loi du 46 mai 1858 déclara que les

communes qui en ouvriraient recevraient de FÉtat un subside proportionné aux traitements accordés aux maîtres et aux directeurs.

La loi Casati , en limitant aux seuls chefs-lieui de province le droit aux subsides du gouyernement, faillit compromettre Texistence des écoles déjà créées ; mais le ministre Mamiani conjura le péril en remettant en vigueur la loi du 16 mai 1858.

Aussitôt que l'unité de l'Italie fut devenue UQ fait accompli, les gouvernements provisoires des diverses provinces n'oublièrent pas les écoles techniques. Celui de l'Emilie décréta, le 21 janvier 1860, que SOOOO livres seraient accordées aux communes qui en fonderaient; celui des Marches inscrivit dans son budget pour le même but 3S 000 livres; celui de Toscane créa, en vertu de la loi du 1 6 mars 1 860 , des écoles techniques du premier degré, en mettante la charge de l'État les écoles du degré supérieur.

Dans les provinces napolitaines, le ministre de Sanctis engagea, par sa circulaire du 23 janvier 1862, les délégués spéciaux à s'occuper de fonder des écoles de ce genre, en leur promettant l'appui de l'État pour celles qui seraient reconnues comna^ les mieux ordonnées.

En Sicile , une loi du 17 octobre 1860 pourvut d'une manière plus large encore à l'organisation de l'enseignement technique , en imposant à chacun

BNSBIONEMENT SECONDAIRE. i35

des chefs-lieux de province et d^arrondissement Tobligatioa d'établir une école technique dont le gouvernement devait faire les frais. Ces écoles atteignirent le nombre de dix-huit, tandis qu'il n'y en avait dans toutes les provinces napolitaines qu'une seule, celle de Naples, soutenue par le budget de l'État.

C'est ainsi que, dans toute l'Italie , se fondèrent des écoles techniques soumises à des conditions différentes. Dans les anciennes provinces et dans la Lombardie, elles étaient entretenues dans les chefslieux moitié par l'État et moitié par les communes : dans l'Emilie, par l'État seul; dansl'Ombrie et les Marches, moitié par l'État et moitié par les communes ; dans les provinces de Naples, à la charge des communes avec subvention du gouvernement; en Sicile, toutes aux frais de l'État.

En l'absence d'une loi générale rendant obligatoire le concours de l'État, le Parlement a toujours consenti à porter à son budget des dépenses les subsides accordés à toutes les communes qui ont voulu fonder de pareilles écoles. L'utilité en a été promptement comprise par les administrations communales. Elles n'ont pas hésité à s'imposer les sacrifices nécessaires pour assurer aux enfants une instruction générale que peu d'entre eux auraient ti*ouvée dans les établissements classiques, l'enseignement des écoles techniques, accessible aux

t36 ** ' L'ililSTRUCTIOH PUBLIOOI EM RAUK.

familles indigentes comme aux famîDes aisées, ayant Ta^antage de former, au moyen d'une grande variété d'applications pratiques, des agriculteurs, des commerçants, des ingénieurs et des industriels.

n était difficile que ces écoles, dont Torganisation avait été pour ainsi dire improvisée , produi- I sissent immédiatement les résultats qu'on pouYiiit , en attendre. On manquait de maîtres suffisam- 1 ment préparés ; le matériel nécessaire ne pouvait se compléter qu'avec le temps; enfin Ton n'était nullement d'accord sur les matières mêmes dont deTail se composer un enseignement nouveau ; et plusoa en reconnaissait l'importance et l'utilité , plus ocà sentait combien il était difficile de l'organiser coa— venablement.

« Les conditions de l'enseignement techniqi*^ dans le royaume, disait dans un remarquable rap^ port publié en 1866 le ministre Berii, sont bî^^ loin de répondre aux besoins de la nation. Et c^' pendant s'il est une partie de l'instruction nationf»-*^ qui mérite le plus grand intérêt, c'est certai»^ ment celle qui regarde les arts auxquels sont étrc^^ tement liées toute la vie économique de la nation ^ la prospérité de l'État, L'agriculture, les industrie et le commerce ne peuvent prospérer en aucur^ manière si ceux qui doivent s'y adonner et qui coi^ stituent la plus grande partie de la société, sino^

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la société tout entière, ne trouvent pas dans les écoles les connaissances et les moyens nécessaires au développement de leur intelligence. Au milieu de cette rivalité qui pousse tous les peuples dans la voie du progrès, du prodigieux accroissement de la prospérité économique, de Tapplication des sciences aux arts utiles, de la propagation de renseignement industrie], la nation qui demeurerait stationnaire se mettrait en dehors des peuples civilisés qui ne vivent presque plus que d'industrie. Si nous nous ^, demandons pourquoi certaines nations font plus de progrès que d'autres, la première réponse que nous devons forcément faire, c'est parce qu'elles savent ' * ^-' plus.

tt II peut sans doute exister d'autres causes que le manque de connaissances qui s'opposent au progrès économique d'une nation ; mais il est certain que le plus souvent c< savoir c'est pouvoir » et qu'une excellente éducation industrielle est le meilleur moyen , non-seulement de progresser dans la voie de la prospérité économique, mais encore d'é- 'oigner les obstacles qui s'opposent à la civilisation. La nature , disons mieux, la vie des sociétés 'ïîodernes tient en grande partie à ce progrès éco-» . ^iomique.

«L'Italie possède sous des formes variées un grand nombre d'institutions possédant des éléments S^i pourraient amplement contribuer à réducation

industriello de la nation : mais elles ont besoin d*étre étudiées et réorganisées.

H Pour procéder à cette réorganisation, le gouvernement italien est parti de ce principe, appliqué déjà à d'autres semées publics, que ToBuvre de l*Êtat consiste seulement à encourager ce genre dVnseignement en excitant Tinitiative des particuliers, des communes et des provinces. Il lui aurait fallu surcharger outre mesure son budget pour fonder un enseignement industriel répondant aux besoins de la nation. Mais lors même que la situation Ihuuiciére Teût permis, le ministre n'y aurait pas eu ivcours, étant convaincu qu'en enlevant renseignement industriel à Tinitiative privée, il serait impossible de lui donner l'étendue nécessaire. La liberté c*st la première condition de vie pour cet enseignemont qui doit iMre aussi varié que le sont les besoins (le Tagrioulture, des arts et du commerce.

« Mais si nous croyons, ajoutait le ministre, que r(»nstûgnement industriel doive être abandonné à rinitiative et à l'action privée, nous ne pensons pas néainnoins que l'État puisse s'en désintéresser eutièrenienl. Nous sommes d'avis, au contraire, que vvXU\ partie de l'éducation publique est celle qui doit le plus le préoccuper, puisque c'est d'elle (|U(î dépi^nd directement la prospérité du pays. I/uîuvn^ du gouvernement, en fait d'enseignement tnehiii(|u<^ , doit consister d'abord à créer quelques

stitutions supérieures que riniliative privée ne )urrait fonder, puis à aider d'une manière efflice les communes, les provinces et les particuîrs à en fonder d'autres. »

Aussitôt après la constitution du notnreau )yaume d'Italie par la réunion de tant et de fii ifférentes régions, dont plusieurs passaient depuis longtemps pour les plus industrieuses, on îconnut bientôt que les sources abondantes de ichesse , la fertilité du sol , le génie et les aptiiides des habitants, n'avaient pas produit les fruits [ue l'on en devait attendre, et que ceux que l'on en 'étirait ne pourraient suffire aux nouvelles charges îu'aurait à soutenir la nation rendue à elle-même. B fallait créer une puissante armée, une flotte répondant aux conditions maritimes du pays, ouvrir les voies de communication et des chemins de er, des ports, des canaux, subventionner et accomplir d'autres grands travaux publics, s'imposer enlïi des dépenses immenses et supporter des char- ?es qui ne pouvaient être allégées que par l'accroissement de la richesse publique. Pour que ce but ût atteint, il était urgent que l'état de l'agricul- ^re s'améliorât, que le commerce et la navigation fiçussent une vigoureuse impulsion, et qu'enfin ou créât tous les établissements industriels que éclament les conditions dans lesquelles se trouve 8 pays.

Mais un des premiers besoins à satisfaire était cette réorganisation de renseignement industriel, pour laquelle plusieurs lois ont été successivement présentées, comme on la vu, par les divers ministres de l'instruction publique, avant et depuis la loi Casati du 13 novembre 1859.

Cette loi distingue deux sortes d'établissements destinés à renseignement industriel : les institua techniques pour le degré supérieur, et les écoles techniques pour le degré inférieur. Un décret de 1861 a fait passer les établissements du premier degré, les instituts techniques, qui sont de véritables écoles professionnelles, sous la direction du ministère de Tagriculture, de l'industrie et du commerce, A cette occasion, fut faite une revue de toutes les institutions qui dans les diverses provinces du royaume avaient pour objet l'enseignement industriel. Le ministre Matteucci présenta à la chambre élective, dans la session de juillet ^ 862, un rapport détaillé sur tous les instituts techniques, et les écoles des arts et métiers, de marine, des mines, d'agriculture, existant à cette époque.

Je ferai remarquer à ce sujet qu'en lisant les rapports des ministres ou des commissaires charges» plusieurs reprises de constater l'état de l'instruction publique à tous ses degrés et de proposer les améliorations désirables, soit dans l'organisation générale de l'enseignement, soit dans chacune des

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tranches dont il se compose, on est frappé de la Qultitude de vues ingénieuses et de considérations philosophiques d'un ordre élevé qui s'y renconrent. La plupart de ces rapports étant dus à des lommes tels que MM. Mamiani, Buoncompagni, Jatteucci, Natoli, Bonghi, Amari, Berti, Cibrario, iambruschini, Correnti, Scialoja, etc., on ne peut i;*étonner de trouver dans leurs écrits les qualités |ui distinguent ces hommes éminents. Mais jndé- ^Ddamment des documents officiels signés de ces noms illustres, il s'est publié et il se publie aujourd'hui une foule d'ouvrages, de brochures, de journaux, dans lesquels sont traitées avec uœ merveilleuse aisance les questions relatives à l'instruction publique à laquelle le peuple italien, il faut le dire à sa louange, attache une grande importance.

Sans doute on a jusqu'à présent beaucoup discouru et beaucoup écrit; les projets et les plans de ""éforme ont été nombreux ; mais la situation toute particulière dans laquelle se trouve un pays dont es parties longtemps détachées ne se sont réunies |ue depuis peu de temps pour ne former qu'un seul oyaume, explique suffisamment les difficultés que ioit nécessairement rencontrer la réorganisation '«ne vaste administration composée d'éléments si otnpliqués et si divers. Les Italiens se plaignent e ce qu'il leur reste encore beaucoup à faire ; ils

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pourraient, ce me semble, se féliciter aussi de ce qu'ils ont déjà fait.

Le rapport de M. Matteucci permet de constater dans quelles conditions se trouvait renseignement professionnel et industriel au moment où se constitua Tunité de Tltalie.

Dans les anciennes provinces il n'existait que • quatre instituts techniques : celui de Turin ayiifij^ 75 élèves et 15 professeurs ; l'École des arpenteûfÉ.» de Turin présentant un enseignement pratique et théorique de six mois ; l'Institut technique de Gênes avec 99 élèves et auditeurs et 15 professeurs; les instituts techniques supérieurs, soutenus par la chambre de commerce de Gênes, réunissant dii élèves et un nombre assez considérable d'auditeurs. Ces derniers instituts étaient des écoles libres, n'ayant pas de cours réguliers et destinées aux jeunes gens qui se préparaient pour les professions maritimes et devaient subir des examens devant des commissions spéciales nommées par le ministère de la marine. Les autres instituts de Turin et de Gênes étaient régis par la loi du 13 novembre 1859. Il existait bien dans les mêmes provinces quelques autres établissements d'enseignement technique; mais la pauvreté des collections, l'insuffisance des machines, des cabinets, des laboratoires rendaient peu efficaces les leçons des professeurs.

La Lombardie diSBiiV École royale supérieures^

ENSBIONEMIHT SECONDAIRE. 143

noment de sa réunion à Tltalie. Le nouveau gou« ^ernement y fonda immédiatement un institut fichnique ayant vingt professeurs, qui ouvrirent au commencement de l'année scolaire 1 8G0-i861 leurs ^ours que suivirent les étudiants de TÉcole royale ^'il remplaça. Dès cette première année Tinstitut compta 120 élèves, les uns provenant de TÉcole Nifale, les autres des diverses provinces lom- |pn*des. L'enseignement libre avait suppléé en partie à ce qui manquait à TEcoIe royale et avait pris à Milan quelque importance. Mais comme il était dépourvu du ressort puissant que donnent l'émula* tion et la concurrence, il n'avait pu obtenir tout le succès que l'on pouvait espérer.

Les provinces ducales avaient l'enseignement agricole des universités de Parme et de Modène, plug propre à former des arpenleurs-géomètres et des ingénieurs que des agriculteurs pratiques. On y avait joint à Modène un cours de zoologie vétérinaire. Le gouverneur des provinces de l'Emilie sup^^ prima par un décret du 1 1 février i 860 les écoles ^iversitaires de Plaisance, qu'il remplaça par un institut technique, ayant 12 professeurs et recueillant, en 1861-1862, 31 élèves, dont les uns se dessalent au commerce, les autres à l'agriculture et ^ la physique.

Dans les provinces pontificales existaient auprès des universités de Bologne, de Pérouse, de Ferrare,

% ■ i44 L'INSTRUCTION PUâLWOfi EN ITALIE.

de Macerata, d'Urbino et de Camerino, des chaires d'agriculture et d'économie rurale, lesquelles, saut quelques louables exceptions, dues au talent et au zèle particulier des maîtres, pouvaient n'être coDsidérées que comme des cours spéciaux pour les ingénieurs civils et les arpenteurs.

L'Institut technique et agronomique de Forlii fondé par le décret du 14 février 1860 par le gonverneur général des provinces de l'Emilie, ayant 8 professeurs, fréquenté en 1860-1 861 par 19 élèves, fut substitué aux écoles universitaires qui avaient été supprimées.

L'État maintint les chaires d'agriculture et de sciences accessoires déjà établies dans les universités de Naples, de Palerme, de Messine et de Catane.

On trouvait dans les mêmes provinces quelques autres écoles d'agriculture, par exemple l'Institut agraire de Melft entretenu aux frais du district de ce nom, l'École de Salerne soutenue par la province, l'École d'économie rurale fondée par la municipalité de Foggia, et les écoles agraires communales de Catanzaro et de Cosenza, supprimées danst;es derniers temps et remplacées par des instituts d'enseignement classique. On peut y joindre les écoles privées, telles que l'Institut agricole de Castelnuovo près ^de Palerme, l'École agricole de l'orphelinat de Giovanezzo, l'École agraire privée de Reggio de

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Calabre, et eafin l'École du soir d'agronomie à Rc- Dévent.

Les conditions dans lesquelles se trouvait la Toscane étaient meilleures. Elle avait Tlnstitut agraire dépendant de l'Université de Pise et l'Institut technique de Florence, réorganisé parle décret du { l novembre 1856, comprenant tous les cours nécessaires, c'est-à-dire ceux de géométrie descriptive, de dessin industriel, de technologie, de sciences physiques, de mécanique spéciale, d'histoire naturelle, de chimie appliquée aux arts, de métallurgie, de botanique et de matière médicale.

Il y avait à Livoume une école communale où s'enseignaient le calcul, les mathématiques, le dessin, les langues italienne , française et anglaise ; à Siemae, une école industrielle entretenue par le concours réuni de la commune et des particuliers ; à Montevarchi et à Pratovecchio des écoles communales de commerce. En résumé, les instituts techniques du gouvernement se trouvaient en 1860- 1861, d'après le rapport de M. Berti, dans les conditions suivantes :

Turin \o professeurs 75 élèves

Milan 20 — 120 —

Gênes. ., 15 — 99 —

Plaisance i2 — 31 —

Forli 8 — 19 —

Florence 12 — 66 —

Total 82 professeurs 410 élèves

Mais ce D*est pas seulement d'après le nombre des élèves que Ton pom;rait apprécier le véritable état des choses. Chaque institut, en eflPet, se divise en différentes sections qui, d'après la loi du 16 novembre, prennent les noms de sections administrative, commerciale, agricole, de chimie, de sciences physiques mathématiques. Or, en faisant attention au nombre des élèves que réunissent Jes sections, on trouve que celle de chimie n'avait pa8 un seul élève ; que la section d'agriculture en avait un seul pour le cours d'agriculture proprement dite et 49 pour celui d'arpentage , que 198 appartenaient à la section administrative conunerciale et 1 62 aux sciences physico-mathématiques.

Le premier soin des ministres de l'agriculture, de l'industrie et du commerce fut de réorganiser l'enseignement technique et de lui donner plus d^extension. Les anciens établissements subirent des réformes radicales : on en créa de nouveaux dans les principales villes du royaume, les uns aux frais de l'État, les autres aux frais des provinces et des communes. Les programmes furent modifiés en ce sens que l'on y fit dominer l'élément industriel.

Il existait déjà, en 1866, une vingtaine d'instituts supérieurs pour l'enseignement professionnel répartis dans les principales villes d'Italie. On y comptait aussi, en outre, quelques grands établissements du même genre recevant les subsides du

BNSBIONBIISMT 8EG0XDA1RB. 4 i7

gouvernement ; savoir : quatre écoles d'agriculture à Catane, Jesi, Melfi et Parme ; quatre instituts pour la marine marchande, à Gènes, à Livoiime et à Païenne ; enfin plusieurs écoles préparatoires pour la marine et les constructions navales dans quelques établissements maritimes du second ordre. A cette époque, les maisons dont il est ici question réunissaient avec 378 professeurs plus do 4 000 élèves, e^est-indire dix fois plus qu'en 1860. Ce nombre l'est accru depuis dans des proportions considérables.

U s'est fondé à Turin, en 1862, un musée industriel (tV museo industriale italiano) par les soins du commandeur de Vincensini, destiné à devenir pour ritalie le centre du progrès économique, comme le musée de South-Kensingtonpour TAngleterre. Cet établissement important s'est complété P^un enseignement technique normal, ayant pour l>ut de préparer des professeurs pour les autres instituts techniques du royaume, et de propager un enseignement destiné à donner une forte impulsion ^ l'industrie de l'Italie.

le ministre Berti, après avoir constaté les progrès accomplis dans l'enseignement supérieur techni- ?^e et l'immense développement accompli dans l^s différentes branches de l'industrie moderne, Soutenait que le moyen le plus sûr de rendre cet ^ûseignement utile et profitable serait d'eu dv^Vxv-

buer les différentes parties entre les régions du royaume d'après les aptitudes des populations et les éléments que devaient y trouver les divers genres d'industrie.

L'enseignement technique peut être, en effet, considéré à deux points de vue relatifs, l'un à son caractère général, l'autre à son appropriation aux besoins des localités. Ses diverses branches doivent répondre àceitaines conditions générales, tandis que le choix des matières enseignées doit être réglé d'après les intérêts locaux. Dans ce cas les instituts sont de véritables écoles professionnelles.

C'est ainsi que les études de l'irrigation employée en agriculture conviendraient mieux aux plaines de la région du Pô, continuellement arrosées par les eaux , qu'aux contrées montagneuses de la Péninsule. De même , une école de mineurs installée à Caltanisetta est fort bien placée dans un lieu qui sert de centre à ce genre d'industrie, et une école pour l'industrie du fer doit être établie de préférence soit à Bergame, soit dans les pays de l'Italie qui se trouvent à portée des minières, et une école pour l'extraction des marbres ne peut être mieux située qu'à Carrare. C'est par ce moyen que l'on pourrait faire prospérer les industries locales * .

l. c'est dans la même pensée que M. Duruy, en organisanl renseignement secondaire spécial avait plusieurs fois recominaD<^^

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n certain point de vue, les instituts techniont je Tiens de parler appartiennent plutôt à iction supérieure qu*à renseignement secon- J'aurai occasion de faire connaître les plus lants lorsque je m'occuperai du haut enseimt scientifique et littéraire.

[Iles où existent a^joard'hui des instituts techniques sont les suivantes :

jFI. Ëcole préparatoire de marine et de construction. »NX. Institut industriel et professionnel.

B« Éeole préparatoire de minéralogie industrielle. àMR* Institut royal de minéralogie et de métallurgie. tGHB* Institut industriel et professionnel.

iClA. Idem.

lARl. Idem.

ANISETTA. École préparatoire de minéralogie industrielle. lARA. Institut de commerce et d'administration. iNB. Institut d'agronomie et d arpentage.

VARI. Ëcole préparatoire de marine et de constructions. >. Institut industriel et professionnel.

ffONB. Deux instituts industriels et professionnels. kiANO. Institut de mécanique et de constructions. lENCE. Institut industriel et professionnel.

LU Idem.

BS. Idem.

as. Institut royal de marine marchande.

BS. Écoles du soir.

Institut d'agronomie et d'arpentage.

lUBNE. Institut royal de marine marchande.

FI. Institut d'agronomie et d'arpentage.

sulter, pour le genre de cours qu'il conviendrait d'établir rérence, les spécialités industrielles des différentes régions 'rance.

Messine. Institut industriel et professionnel. Miu^N. Idem.

Naples. Idem.

Naples. Institut royal de marine mirehânde.

Palerme. Idem.

Palerme. Institut industriel et professionnel. Pbsaro. Institut de mécanique et de construction. Plaisance. Institut industriel et professionnel. Piano di Sorrento. École préparatoire de marine et de coa slruction.

Port-Maurice. Institut de commerce et d'administration. Reggio (Emilie). Institut industriel et professionnel. Regco. École préparatoire de marine et de construction. RiMiNi. Idem.

RiPOSTO. Idem.

San Remo. Idem.

Savona. École supérieure de marine et de construction. SoNDRio. Institut industriel et professionnel. Treni. institut de construction et de mécanique. Turin. Cours normaux.

Trapani. École préparatoire de marine et de construction. Vigevano. Institut de commerce et d'administration.

Ces 43 instituts réunissaient, en 1870, 22î élèves, 32 i auditeurs et 300 auditeurs libres : * tout 2 373. Le nombre des professeurs était de 38 ^ La dépense de TÉtat était de 821 261 livres 80 c-

Il y a maintenant en Italie 89 instituts technique 78 pour l'enseignement industriel et 11 pour Ti struction des officiers de terre et de mer.

Le nombre des professeurs dans ces divers ét^ blissements est de 1 173, savoir : 900 pour b premiers et 273 pour les seconds.

Le nombre des étudiants est de 7 375, savoir 3 378 pour les instituts techniques et 1 997 poi

BMSBIGNEMBNT SEGONDÂIRB. 454

les écoles militaires. Sur ces 7 «^75 étudiants 3 923 appartiennent aux écoles de TÉtat, 463 aux écoles recevant les subsides du gouvernement istituti pùreggiatiy et 1 192 aux établissements soutenus entièrement par les particuliers ou les administrations municipale et départementale.

Les revenus annuels de ces instituts sont de 2 828 61 3 livres ; 1 499 027 pour les établissements techniques et 1 026 886 pour les écoles militaires.

Le nombre des instituts techniques (aujourd'hui de 78) était, en 1860, de 4 ; il y en avait, en 1870, 12 dans la Lombardie, 11 dans le Piémont, 6 dans ^^ Ligurie, 6 dans l'Emilie, 7 en Sicile, 6 dans la Vénétie, etc. Les trois instituts libres sont à Mo- ^^ne, à Monza et à Castelletti près de Florence.

ÉCOLES TEGBNIQUE8

lies écoles techniques d'Italie, ouvertes aux élèves ^^i , à l'âge de dix à onze ans, sortent dqs classes ^^étuentaires, appartiennent à l'enseignement se- ^^Hdaire. On y enseigne les langues italienne et ^^^nçaise, l'histoire ancienne , l'histoire du moyen ^ge , et l'histoire moderne ; la géographie , l'arithmétique, la géométrie, l'algèbre, les éléments des Sciences physiques et naturelles, les droits et les

devoirs des citoyens. La durée des cours est de trois ans. Ils ont plusieui'S points communs avec ceux des trois premières années de renseignement classique des gymnases. Ces écoles sont devenues très-nombreuses. Les unes appartiennent à TÉtat, les autres aux provinces et aux communes. On en compte aujourd'hui 229 réunissant 19517 élèves. Les améliorations successivement introduites dans les écoles industrielles supérieures marchant de pair avec les progrès qui se produisaient dans toutes les branches de l'industrie elle-même n'ont pu se réaliser dans les écoles techniques du premier degré. La loi qui les avait instituées n'avait pas établi de notables différences entre leur enseignement et celui des écoles classiques. Séparées des instituts techniques , passés sous la direction du ministre de l'agriculture , de Tindusti ie et du commerce , elles ne purent participer aux changements considérables introduits dans les premiers. Elles ne pouvaient être, à proprement parler, des écoles professionnelles. Les programmes de leur enseignement, tels que les a déterminés la loi de 1859, ne le permettaient pas.

Mais alors s'est posée, en Italie, la question qu'a soulevée dans les autres pays l'organisation de ces écoles préparatoires à l'industrie et au commerce. Quelle doit être la nature de leur enseignement? A-t-il pour but de développer d'une manière géué-

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raie les facultés intellectuelles, ou doit-il s'appliquer uniquement à fortifier certaines aptitudes , celles que fait supposer le nom même sous lequel sont désignées les écoles techniques ?

Ceux qui ont pris ces sortes d'établissements dans le sens rigoureux du mot ont pensé d*abord qu'il y aurait beaucoup d'inconvénients à les renfermer en ce qui concerne l'enseignement dans un cercle immuable. Selon eux, une partie de l'instruction technique doit être aussi variable et modifiable que le sont les applications de la science aux différentes branches d'industrie. Une autre partie au contraire doit être aussi stable que le sont les principes des sciences elles-mêmes sur lesquelles reposent tous les progrès qui peuvent être faits dans leurs applications aux différentes branches de la technologie.

On se fera une idée de la variété des applications de la science à l'industrie, si l'on considère combien il a été nécessaire de renojiveler pendant le cours d'un petit nombre d'années, tantôt le matériel, tantôt les procédés mécaniques, tantôt les instruments, les appareils de chimie et les instruments de physique, tantôt les machines elles-mêmes employées pour la fabrique des produits. Aux rapides transformations des procédés de production, que l'on ajoute la nécessité d'approprier ces procédés aux conditions locales qui assurent leur réussite, que l'on

descende de la théorie dans toutes led particularités minutieuses et changeantes de la pratique, que Ton considère en&n les différences que présentent les lieux au point de vue économique et commercial, et l'on comprendra combien est considérable la partie variable de Torganisation des écoles techniques quant à leurs programmes et au matériel nécessaire à leur enseignement.

Quiconque visitera les vastes collections que réunit un musée industriel et voudra se faire une idée des changements survenus dans telle ou telle industrie, pourra voir avec quelle rapidité ces changements se sont produits d'après la longue série des machines, abandonnées pour d'autres, qui mises de côté par les grandes fabriques font place elles-mêmes à de nouveaux procédés plus simple^ et plus expéditifs.

En dehors de cette mobilité, la direction géné-^ raie de renseignement industriel et technologique conserve son caractère propre, et par ce caractère pratique plutôt que spéculatif rattache la science ^ l'industrie. A côté de l'industrie qui perfectionna les découvertes de la science et les applique au^ besoins de chaque jour, se trouve la technologie qtPse développe selon les règles de la science et prc^^ cède avec plus de lenteur, parce qu'elle se rattacha étroitement à des principes généraux et immuables - La technologie considérée dans ses rapports ave^

BNSBIONEilBlIT SECONDAIRE. 15K

les mathématiques, la physique, la chimie, la mécanique, les sciences naturelles et les sciences économiques et la statistique, trouve dans ces sciences et leurs applications son fondement solide et leur emprunte les lois générales auxquelles elle doit se conformer.

Par toutes ces raisons, l'enseignement destiné à répandre la culture nécessaire au perfectionnement des arts industriels, à préparer des agriculteurs, des manufacturiers, des banquiers, des commerçants, des directeurs, des régisseurs de sociétés industrielles et financières, des chefs d'ateliers , des machinistes, des conducteurs de travaux publics, des agronomes, des employés des télégraphes, des chemins de fer, des administrations publiques et privées, des chefs de maistrance, etc., a sa nature propre et distinctive, qu'on le considère dans le but général qu'il se propose ou dans ses diverses applications ; et cette nature, tout en conservant les ca- ^ôctères qui la distinguent, n'exclut pas cette culture générale qui ennoblit l'âme, dirige et déve- *^Ppe l'intelligence.

H s'ensuit que la culture littéraire et scientifique, 9^i doit entrer dans l'enseignement des écoles ^^^hniques, doit différer dans son but et ses procédés de celle que développent les établissements clas- ^^ques. Dans son but, parce qu'elle ne se propose P^s l'éducation de toutes les facultés de rintelU-

i56 L'INSTRUCTION PUBLIQUE EN ITALIE.

gence et la contemplatioa de la nature morale au moyen de la littérature et de l'étude des monuments de la civilisation grecque et latine, mais l'accroissement de certaines aptitudes de l'esprit mises avec plus de puissance et une activité mieux appropriée au service du commerce, de l'industrie, de l'agriculture, et la direction des forces physiques considérées comme instruments de production.

Dans ces écoles, l'enseignement des sciences ne peut s'élever aux spéculations de la philosophie naturelle, mais doit se borner à recueillir les fruits des expériences qui font concourir les agents naturels au progrès de l'agriculture et de l'industrie; l'étude des lettres n'est pas conçue de manière à faire apprécier la civilisation des différents peuples, mais à offrir un secours nécessaire pour les échanges, les trafics, les relations commerciales, les correspondances de pays à pays et de peuple à peuple.

Le but que se proposent les écoles techniques détermine donc le genre d'enseignement qui leur convient et les méthodes qui doivent y être mises en usage. Dans les sciences, des notions précises, des exercices pratiques dans les laboratoires de chimie et de physique, les procédés mécaniques, le maniement des matières premières, l'usage des instruments employés dans les arts, devront p révaloir sur Tétude des lois, des phénomènes naturels et de l'harmonie des forces physiques ; dans les lettres,

ENSEIGNEMENT SECONDAIRE. i57

a connaissance des langues modernes, des relations sommerciales et des besoins des peuples, remplacera toute recherche et tout exercice philologique.

Ce D*est pas du premier coup, mais peu à peu et iYec le temps, que s'est opérée cette séparation entre 'enseignement technique et renseignement classique. Commencée dans les instituts supérieurs, îUe s'étendait de plus en plus aux écoles du premier iegré. Elle a suivi le progrès des diverses industries et Taccroissement des établissements industriels.

L'enseignement technique existait, il y a quel- [|ues années, plutôt de nom que de fait en Italie, et pendant longtemps encore peut-être les écoles of- Triront le mélange de« études classiques et des études industrielles avant d'avoir pris une forme spéciale et déterminée. L'organisation définitive de cet enseignement présente en effet plus d'une difficulté, et il ne me parait pas inutile de présenter à ce sujet quelques observations.

D'abord rien n'est plus légitime que d'établir en Italie, comme on l'a fait partout, des écoles que les révolutions accomplies dans la société moderne ont rendues nécessaires. Il n'est personne qui ne comprenne que l'enseignement classique, tel que l'avaient transmis au dix-huitième siècle les siècles précédents, était devenu insuffisant. L'industrie, le commerce, l'agriculture, les progrès accomplis

i5K L'INSTRUCTION PDBLIQUB EN ITALIE.

dans toutes les branches des sciences humaines, réclamaient un genre d'instruction dont l'étude des langues et des littératures anciennes cesserait de constituer la partie la plus considérable. Les programmes d'études des collèges et des lycées se sont donc élargis successivement jusqu'au point d'être surchargés outre mesure, sans pouvoir tépondre aux besoins nouveaux. On a fini par leur donner satisfaction, en créant, à côté de renseignement classique, des établissements spéciaux qui, sous différents noms, ont eu pour but de préparer des sujets suffisamment instruits aux carrières commerciales et industrielles. Les instituts et les écoles techniques de l'Italie correspondent sur ce point aux Reakchulen de l'AUeftiagne et à cet Ensér gnement moyen constitué depuis plusieurs années en France et qui compte au nombre de ses éta^ blissements les mieux organisés : les collèges Chaptal et Lavoisier et surtout l'école Turgot*. Mais j'a: eu plus d'une occasion de signaler un écueil contre lequel viennent se heurter presque tous les organi sateurs de ce genre d'enseignement. Les uns, pou opérer une séparation radicale entre les école:

1. Parmi les ouvrages dans lesquels la nécessité de ce genr d'enseignement est exposée, je citerai un savant et intéresâan travail dans lequel M. Baudrillart a développé les observation qu'il avait présentées à TAcadémie des Sciences morales et poH tiques, dans une discussion provoquée par M. Guizot. (Journal d^^ Economistes^ numéros de septembre et d'octobre 1873.)

BNSRIONBHEMT SECONDAIRE. 159

echniqueset les collèges classiques, supprimeraient olontiers dans les premières tout enseignement listorique et littéraire pour laisser le champ libre \wx études scientifiques; les autres reconnaissant inutilité des études littéraires, même pour les jeunes gens qui se destinent aux carrières industrielles, font dans les écoles techniques une large part à cet enseignement. G*est ainsi que dans quelques écoles î^lles d'Allemagne les matières enseignées sont à très-peu de difiérences près celles dont se composent les programmes des gymnases. C'est qu'il est bien difficile, en effet, de ne pas faire dans toutes les institutions destinées a l'instruction de la jeunesse une place aux divers éléments sans lesquels dans l'état actuel de la société toute éducation seï^it incomplète et boiteuse.

Le système de la bifurcation, ou de la séparation derélément scientifique et de l'élément littéraire ^crs lequel semble pencher l'Italie, me paraît trop absolu si surtout on l'applique aux écoles techniques. Il peut se pratiquer utilement, il est vrai, dans '^s établissements professionnels et industriels ?^ on y désigne sous le nom d'instituts techniques. " s'agit ici d'un enseignement supérieur préparant dîî'ecteraent à la pratique d'une profession déterminée et auquel ne doivent participer que les jeunes S^ns déjà pourvus d'une instruction générale, moitié classique moitié scientifique, sans laquelle leurs

succès seraient médiocres même dans les spécialités auxquelles ils voudraient s'adonner.

C'est à cet enseignement technique supérieur que s'appliquent les observations présentées plushautau sujet des matières enseignées et des méthodes prar tiquées dans chacun des deux ordres d'établissements. Il en est tout autrement pour les écoles techniques du degré inférieur. Il ne faut pas oublier qu'en y entrant vers leur dixième année, au sortir des écoles primaires, les enfants ont encore besoin d'une éducation générale les préparant aux carrières les plus diverses. Spécialiser immédiatement leurs études et les diriger vers un but unique, c'est disposer de leur avenir à un âge où leurs aptitudes n'ont pas encore pu se manifester et où d'ailleurs ife ne peuvent eux-mêmes choisir la voie qui leui conviendra le mieux. Qu'arrivera-t-il à ceux qui, parvenus à l'âge de quinze ans, se trouvant peu de dispositions pour le commerce ou l'industrie, éprou* veront le besoin de se préparer à des fonctions qu( l'on ne peut aborder qu'au moyen d'une éducation classique? Il sera trop tard.

J'ai quelquefois présenté les mêmes observation^ à propos de l'enseignement classique, et j'ai montré que les enfants, étant admis dès l'âge de 9 i 10 ans à suivre les cours des collèges et lycées (oi peut dire la même chose des gymnases italiens) y reçoivent une instruction qu'ils doivent poursuivra

BMSBIONEMBm 8EC0NDAIRB« 161

{qu'aux dernières classes, sous peine de ne sair, s'ils s'arrêtent en chemin, que fort peu de ose de ce grec et de ce latin sur lesquels ils se Dt consumés inutilement pendant plusieurs anîcs, et rien de ce qui leur serait utile pour entrer ms les carrières professionnelles.

•Je suis d'avis que l'enseignement professionnel evrait être reculé jusqu'au moment où les élèves uront reçu une éducation générale^ préparant inistinctement à toutes les carrières , parce qu'elle e prépare spécialement à aucune. Je voudrais [ue, pendant les quatre premières années qui suient l'enseignement élémentaire, tous les enfants l6lO à 14 ans fussent instruits dans un seul ordre 'établissements , dont l'enseignement serait le ûême dans les écoles techniques de l'Italie, les ^ealschulen de l'Allemagne , les écoles cTenseigne- ^ent secondaire spécial de la France, que dans les fymnases et les collèges. Alors les aptitudes et les ocations auraient pu se manifester; alors les familles, les élèves eux-mêmes auraient pu , en con- ^^ssance de cause , faire choix de la carrière qui 'UT convient le mieux. Ils seraient également prêtres pour les écoles professionnelles et pour les tablissements classiques ; et ces deux ordres d'é- ^blissements ne s'ouvrant plus que pour des su- -ts dégagés de toute contrainte et se livrant aux ludes pour lesquelles ils ont du goût pourraient

iW L'INSTRUCTION PUBLIQDE EN ITALIE.

recevoir tout leur développement, les premiers pour renseignement pratique des sciences appliquées à tous les genres de travaux industriels , les seconds pour ces hautes études littéraires qu'il faut bien se garder d'affaiblir, car c'est sur elles surtout que peut se mesurer la culture intellectuelle . et la valeur morale d'une nation ^ C'est, comme on le voit, le système de la bifurcation dont la nécessité est aujourd'hui universellement reconnue, mais mis en œuvre dans des conditions et à une époque de la vie scolaire où il ne peut offrir que des avantages. Pratiqué trop tôt, il ne peut. entraîner que des résultats funestes.

Après avoir déterminé la nature et rédigé les programmes de l'enseignement technique, le gouvernement avait une autre tâche à remplir : c'était d'organiser l'administration chargée de- le sui^eiller et de le diriger au besoin . Il avait à examiner la part que les communes et l'État devaient prendre aux

1 . C'est le système adopté par les Américains, ainsi qae je 1'^ fait voir dans mes rapports sur l'instruction publique aux États* Unis, et comme je l'ai rappelé avec de nouveaux détails dans it^ livre sur l'instruction publique en Allemagne. J'aurai eu occasion de revenir sur ce sujet à propos de l'enseignement classique.

BttBBIOlfBMBNT SBCONDAIRB. 163

lépeases nécessitées par les nouvelles écoles qu*il ^'agissait de fonder.

Il fallait avant tout, pour maintenir l'enseignemen t iechûique selon sa nature essentiellement pratique, ie placer sous la surveillance d'un Conseil dont la compétence fût suffisamment éprouvée. Les inspecteurs chargés de visiter les écoles devaient connaître à fond les besoins et les intérêts des différentes provinces en ce qui concerne l'extraction et 1& préparation des minéraux, des combustibles, des matières brutes, l'état de l'agriculture, l'art forestier, les industries mécaniques, chimiques et physiques, les manufactures, le commerce. C'est à *luoi dut pourvoir le décret du 9 novembre 1862. On y joignit des commissions de surveillance et lorsque les instituts techniques passèrent sous la <i*pendance du ministère de l'agriculture , de l'industrie et du commerce, on s'occupa d'approprier les matières de l'enseignement aux besoins de

chaque région et de l'écarter ainsi de l'uniformité

iniposée par le règlement du !9 novembre 1860.

Le ministère de l'instruction publique songea à appliquer ce système aux écoles techniques qui conbnuèrent à être placées sous sa direction; mais comme leur organisation devait continuer à être Randonnée à l'initiative des provinces, des corn- '^unes et des particuliers, il était important que 'on appréciât les résultats déjîi obtenus, aSu Qj(\Çi

■ ^ jf

iU L'INSTRUCTION PUBLIQUE EN ITALIE.

le gouYernement pût être fixé sur la part plus ou moins grande à donner aux subsides qu'il se proposait de distribuer.

Lorsqu'en 1866 cette question fut agitée, Toid dans quelles conditions se trouvait, pour les différentes parties de l'Italie , renseignement technique :

L^talie supérieure avait 85 écoles techniques dont 21 avaient été créées par le gouvernement, 30 assimilées pareggiate^ et 34 non assimilées, comptant 6 222 élèves, ce qui donne pour chacune des trois classes 24 à 25 élèves. Si Ton considère que ces écoles n'avaient que peu d'années d'existence et que les gymnases, dont l'institution est beaucoup pto ancienne, n'ont que 15 à 16 élèves pour chacune de leurs cinq classes, on verra quelle part importante les provinces les plus grevées avaient prise au développement de l'enseignement technique.

Dans ritalie centrale, 46 écoles techniques : 6 de l'État, 5 assimilées, 44 non assimilées, 1 171 élèves, 8 à 9 élèves par classe , les gymnases en ayant de 1 à 1 1 . Si l'on tient compte de plusieurs écoles publiques non enregistrées, on verra encore que le nombre des élèves était à peu près le môme dans les deux ordres d'établissements.

Dans les provinces méridionales, une école tech* nique assimilée et 6 non assimilées ayant 123 élèves, ce qui donne 5 à 6 élèves par classe, landis

KNSBIONBMBNT SECONDAIRE. 165

jue les gymnases en avaient 15. La statistique constate ainsi que , dans cette partie de Tltalie qui a 3Dviron six millions d'habitants, renseignement echnique était presque nul.

Ce résultat était dû évidemment à l'état oii s*y trouvaient renseignement élémentaire et Tindnsrie.Si l'on observe, en outre, que l'instruction classique était dans de meilleures conditions, puisque 68 gymnases comptaient i 727 élèves appartenant exclusivement aux familles aisées et instruites et se ^réparant pour les professions libérales, tandis |ue, dans l'Italie supérieure, le nombre des élèves ies écoles techniques n'avait pas diminué sensiblement celui des établissements classiques; il sera u;ile d*en conclure que c'est sur l'instruction poulaire que repose la prospérité des écoles indusielles.

Restent la Sardaigne et la Sicile. En Sardaigne, is trois écoles techniques réunissaient 2 1 2 élèves ; était une moyenne de 27 élèves par classe, nouelle preuve que les localités oit prospère l'ensei- Qemeut technique sont celles où l'industrie et le )inmerce sont dans l'état le plus florissant. La Sicile avait 18 écoles techniques, S21 élèves, Ht 16 par classe, nombre proportionnellement us considérable que dans les autres provinces du ►yaume. L'enseignement technique s'y trouvait uis d'excellentes conditions.

Le fait le plus important à signaler, c^est cet accroissement dans le nombre des élèves dans les instituts et les écoles techniques égalant déjà pour chaque classe celui des gymnases et des lyoéei sans qu'il y eût dans ceux-ci diminution sensible. C'est donc au profit des jeunes gens qui ne peuvent prendre part à renseignement classique que doivent être créées les écoles professionnelles. Leur prospérité se trouve naturellement liée à des besoins plutôt économiques que moraux. Les provinces, les communes , les chambres de commerce , les sociétés d'encouragement et les particuliers sont le mieux en état de les apprécier. Il s'en suit que le gouve^ nement ne peut imposer des programmes uniformes à un enseignement qui doit jouir d'ime liberté beaucoup plus étendue que celle que la loi accorde à l'instruction classique.

Toutes les fois qu'il s'agira de déterminer les parties qui rentrent dans l'enseignement dans chaque localité, le premier besoin sera de constater les conditions dans lesquelles se trouvent les industries. Il sera donc impossible de ne pas tenir un grand compte des avis des industriels eux-mêmes, des commerçants et des chambres de commerce, qm seules peuvent apprécier les travaux, le mouvement des fabriques, l'échange et la circulation des produits. Ce sont tous les intéressés aux progrès des arts industriels qui auront la haute-main dans la création

des écoles techniques, le choix des différentes branches d'onieignement , et, gr&ce au concours que leur donnera le gouvemement, il ne peut résulter de la réunion de toutes ces forces qu'un grand progrès dans Téducation populaire.

Hais quelle doit être en cette matière la part de l'État? et d'abord pourrait-il abandonner entièrement renseignement technique à Tinitiatiye communale et proYinciaie?

Le gouvemement a répondu à la seconde question qu'un pareil abandon ne serait possible que dans un pays où la puissance de l'association privée, la yie communale et provinciale auraient pris lui développement que l'Italie n'a pu encore atteindre. Alors la demande de Tinstruction pourrait être d'autant plus vivement sentie que l'offre des Qialtres d'établissements dépasserait promptement ^ besoins. L^abstention de toute autorité supérieure ne causerait aucun dommage, puisque le il^ir de s'instruire serait une conséquence forcée 4^8 habitudes sociales. Mais il n'en est pas malheui^sement ainsi ni en Italie ni dans plusieurs autres ?ays de l'Europe, où il n'est pas possible de comp- ^ uniquement sur les forces sociales laissées à Hesi-mêmes et privées de l'appui du gouvernement. ?eut-onen douter lorsque l'on voit que même en ^gleterre, dans ce pays qui, avant toutes les na-

^ns du monde, a développé d'une manière ^\btW-

I«8 L I5STftUCnOK FUILIQUI KM ITALIE.

hnte sa richesse industrielle et commei gouTernemeDt a conddéré comme un derc nir largement au secours de Tindustrie ] créant des établissements et en TOtant des pour hâter Torganisation de Tenseignemc nique?

Sans doute il est nécessaire de faire appc les forces de la nation et de n*en négligei de n'enlever aux citoyens aucune des œu quelles ils se sont déjà appliqués et de leu au contraire l'occasion d'en accomplir de c 11 y a tout avantage à les habituer peu à bien pénétrer de leur efficacité et de leur p à prendre confiance en elles-mêmes et à se enfin à exercer une action plus forte et p pendante.

Mais en abandonnant aux provinces , i munes, aux particuliers le soin d'organiser techniques, il est utile de prendre des me nérales qui permettent à l'État de faire différents établissements des comparaisoc constatation fera naître entre eux une < nécessaire : ces comparaisons ne peuvent qu'au moyen de programmes d'examens e tificats qui en font connaître au public les

11 est conforme à la liberté que tout ce quelque établissement qu'il appartienne e que lieu qu'il vienne, puisse être admis au3

ENSBIONEMENT SECONDAIRE. i69

en désignant lui-même les matières sur lesquelles il désire être examiné. Quant aux examinateurs, il est nécessaire qu'ils appliquent partout la même mesure, en sorte que les certificats expriment fidèlement le degré d'instruction auquel chaque candidat est arrivé. D'après le nombre des élèves, les résultats des examens et les comparaisons auxquelles ils peuvent donner lieu, on pourra apprécier la valeur des établissements dont ils ont suivi les classes. C'estainsi que les certificats acquerront une légitime importance et que les diverses maisons d'éducation seront encouragées à bien faire.

L'institution des concours peut avoir des conséquences aussi heureuses, s'ils sont organisés dans les mêmes conditions que les examens. On choisira parmi les membres de la chambre de commerce les ^culteurs, les industriels les plus notables, des délégués chargés de visiter les écoles techniques et donnant aux inspecteurs ordinaires un utile conr cours. Par tous ces moyens l'État, tout en faisant *ux provinces la plus large part dans la surveillance de renseignement industriel, ne l'abandonnera pas ^ux chances du hasard et lui donnera d'ailleurs par ses subventions un appui nécessaire à toute institution nouvelle.

Les dépenses portées au budget pour les instituti techniques étaient, en 1866, de S8i26l U^re dont le tiers était remboursé à TÉtat par les pro vinces. Mais ces subsides n'étaient pas répartis del même manière entre toutes les provinces. Dans le proYinces de terre ferme, ceui^ que subventioQoa rÉtat étaient au nombre de cinq, ceux de FioreQcei de Gênes, les instituts de la marine de Naples et c Lâvourne et Tlostitut normal de Turin. Il y en aira trois dans le même cas en Sicile, ceux de Catfui de Messine et de Palerme. L'École des mineurs ) Caltanisetta, les écoles de marine de Palerme, < Trapani, de Riposto en Sicile, celles de Riinipi, < Recco, de Pian di Sorrento en terre ferme, étaie entièrement entretenues aux frais de TÉtat. D& tous les autres instituts et toutes les écoles les d penses étaient partagées par moitié entre TÉtat les provinces.

Dans ritalie supérieure, où le mouvement iûdii triel est plus considérable, les proviqces et les coi munes dépensaient à cette époque pour leurs écol techniques plus de 650 000 Uvres et elles en re raient de grands avantages. Le concours du go vernement ne leur était pas nécessaire. 11 n'eu éti

ENSBIOMBMSIIT SEGONDAIRB. 171

pas de même dans l'Italie centrale où les instituts techniques étaient loin d'être florissants et où les écoles du gouvernement étaient peu nombreuses. Là les subsides de l'État étaient indispensables pour stimuler le zèle des habitants. Dans le midi renseignement technique étant presque nul, un concours énergique du gouvernement pouvait seul lui donner la vie.

En laissant la plus large liberté aux organisateurs de l'enseignement technique, l'État a le de- TO de lui préparer des maîtres capables. L'action du gouvernement n'est nulle part plus nécessaire que dans l'organisation des écoles normales. L'Italie voudrait* que cet enseignement y fût dirigé de telle sorte que, tout en offirant une instruction générale ayant pour résultat de former des hommes 6t des citoyens, il fournit des notions exactes et précises sur chacune des sciences appliquées à l'industrie. Or un tel enseignement n'est efficace que ^'il s'appuie sur des expériences pratiques, c'est-àdire sur l'usage des instruments, sur la connaissance de tous les produits employés dans les dififé- ^6Qts arts et les divers métiers. Il est donc indispensable que ces écoles normales soient établies dans '^s villes où existe un musée d'industrie réunissant l^s collections nécessaires à l'étude de tous les arts ^^ offrant par conséquent aux maîtres tous les Moyens d'acquérir une solide instruction.

C'est dans celte vue qu'ont été fondés en France le Conservatoire des arts et métiers et un certain nombre d'écoles spéciales, et le Musée de Kensington en Angleterre, dont la nation a compris bien vite l'utilité et que l'on a cherché partout à imiter. La création d'un conservatoire ou d'un musée constatant l'état dans lequel se trouvent les industries du pays, comparées à celles des autres, pouvant offrir par conséquent les informations les plus exactes et les plus précises sur les procédés qu'elles emploient au moyen de cours spéciaux professés par les maîtres les plus savants : voilà certainement Tœuvre capitale qui appartient à l'État, et c'es la part qu'il lui convient de prendre dans la direction des écoles techniques. Cette tâche est admirablement remplie, en France, par le Conservatoire des arts et métiers d*où sont sortis tant de professeurs éminents et de savants directeurs d'établissements industriels.

L'Italie possède un établissement de ce genre le Musée royal^ fondé en grande partie à Taid^ des sommes disponibles provenant de la der nière exposition universelle. Une partie des fondassignés à l'enseignement industriel est affecté^ à des cours supérieurs normaux destinés à forme des maîtres pour les écoles techniques ou de directeurs d'usines et des chefs d'ateliers. On D saurait trop engager le gouvernement italien

BHSEIONEMEIIT SECONDAIRE. i73

doDDer à cet utile établissement le plus grand développement possible. Car ce qu'il y a de plus important en ce moment, c'est d'offrir une instruction solide aux futurs professeurs des écoles techniques de tous les degrés. Le gouvernement n'a besoin que d'entretenir un petit nombre d'instituts modèles et de continuer à laisser à Tinitiative des communes, des provinces et des particuliers, le soin d'en créer d'autres à son exemple partout où ils le jugeront nécessaire. Le système des examens, d'après des programmes bien fai ts e t des inspections sérieuses faites, les unes par les fonctionnaires de TK- ^ les autres par les délégués cantonnaux, le tout surveillé par le Comité supérieur de l'enseignement technique, ue pourront manquer de produire d'excellents résultats.

Les principales écoles techniques du royaume, &u nombre de 287, sont établies dans les provinces ^t les villes suivantes :

Anciennes provinces : Alexandrie, Cunéo, No?are, Turin, ^iies, Port-Maurice, Sassari; 34 écoles, 2 157 élèves.

U)MBârdie : Bergame, Bn'seia, Como, Crémone, Hantoue, ^ilan, Pavie; 4 4 écoles, 1173 élèfes.

Vénétie : Padoue, Rovigo, Trétise, Udiue, Vérone, Vicenee; ^0 écoles, 426 élèves.

Avilie : Bologne, Ferrare, Forli, Modène, Parme, Plaisance, '^^venne, Reggio; 25 écoles, 1 520 élèves.

l'oscANB : Areuo, Florence, Grosseto, Lucques, Massa-Car- ^^y Sienne ; 1 4 écoles, 960 élèves.

HoMK, Marches et Ombrie : Ancftne, Ascoii, Macerala, Pe- "•'«i Pérouse, Rome; 19 écoles, 604 élève».

174 L'INSTRUCTION PUBLIQUB Blf ITALIE.

Naplbs : Âbruzze citérieure» Abrtuie ultérieure, BuUieate, Bénévenl, Galabre citérieare, Galabre ultérieure, Gapitanate, Moiise, Napies, Principal citérieur, Principat ultérieur, Terre de Bari, Terre de Labour, Terre d'Otratite; 6 S éeoles, 2936 élèves.

Sicile : Girgenti, Messine, Palerme, Trapani; 6 écoles.

El^SCIGNEMENT C:LÀ8dlQt7£

GYMNASES ET LYGÉBS

L'instruction secondaire classique comprend deiu degrés; celle du premier degré est donnée en cinq années dans les gymnases^ et celle du second en trois années dans les lycées.

On n'est admis dans les lycées qu'après avoir subi l'examen et obtenu le certificat de licence gym* nasiale.

La licence gymnasiale confère de plus le droit de concourir pour certains emplois publics exigeant les études faites dans les gymnases.

L'examen a lieu dans les gymnases royaux ou dans ceux qui leur sont assimilés.

L'examen de licence licéale se subit, après les trois années du lycée, dans les lycées royaux ou les lycées assimilés.

feNSËtoNttEiiT Secondaire. 175

3 droit d'examen poul* les deux ordres d'étaements est de 60 livres.

3S lycées et les gymnases sont régis d'après les ets àni*' septembre 186S, des 2 juillet, 8 sepbre et 3 octobre 1866, et du 3 janvier 1867.

'enseignement des gymnases comprend cinq ses, d'une année chacune; il est confié à cinq esseurs et à un chargé de cours, et comprend angues grecque, latine, italienne, Thistoire i géographie, l'arithmétique.

38 professeurs des deux premières classes pren- 1 leurs élèves à l'entrée de la première et les eut jusqu'à la fin de la seconde ; l'arithmétique enseigne que dans la cinquième.

)s cinq classes correspondent à peu près aux premières classes des lycées français , depuis ptième jusqu'à la troisième inclusivement.

is trois classes des lycées faisant ou devant suite aux gymnases correspondent à nos es de seconde, de rhétorique et de philosophie, laque lycée a sept professeurs, enseignement embrasse les littératures greclatine et italienne , Thistoire et la géographie, dlosophie , les mathématiques , la physique , imie et l'histoire naturelle. Il y a un seul prour pour le grec et le latin , pour la physique chimie ; chacun des autres cours a un professpécial.

Cet enseignement est dirigé d'après les programmes des examens de licence proposés par le ministre de Tinstruction publique.

La durée et l'ordre des leçons sont déterminés par le Conseil scolaire provincial. Une heure et demie au moins doit être consacrée aux classes de ' littérature.

L'instruction religieuse est donnée en dehors des heures fixées pour l'enseignement, une ou deux fois par semaine, par le ministre des cultes, et, autant que possible, dans la chapelle de l'établissement

La gymnastique du degré inférieur se doQn< dans les cinq classes des gymnases, du l'" jauvie au 31 juillet, et l'instruction du degré supérieur gymnastique militaire, dans les trois classes di lycée pendant cinq mois.

Plusieurs établissements réunissent les deux or dres d'enseignements : ce sont les lycées-gym nases.

Il y a dans les gymnases et les lycées des exa mens d'admission , de promotion d'une classe une autre, et enfin de licence subi à la fin de la dei nière année.

Nul ne peut subir l'examen de licence licéale s' ne produit un certificat attestant qu'il a subi, troi ans auparavant, l'examen de licence gymnasiale.

La Commission d'examen pour la licence gym nasiale se compose du directeur du gymnase où

ENSBIONEMBIIT SECONDAIRB. 177

lieu reiamen, qui la préside avec droit d'examen et de vote, de quatre examinateurs dont deux ap* partiennent au corps enseignant du gymnase lui* même. Les deux autres peuvent être choisis parmi les professeurs de lycées ou d'un autre gymnase.

Les Commissions d'examen pour les lycées se composent de professeurs dont renseignement correspond aux diverses branches de connaissances sur lesquelles les candidats sont appelés à répondre.

Les examens de licence licéale (notre baccalauréat es lettres) ont été organisés par un décret du 23 septembre i 869. Le conseil supérieur de Tinstruction publique choisit dans son sein, chaque ^Qnée, une commission [giunia) de neuf membres qui, spécialement chargée des affaires relatives à l'enseignement secondaire, a la surveillance des examens de licence licéale dans tout le royaume.

Cette commission supérieure nomme toutes les commissions d'examen de licence licéale, fixe les règles et les moyens disciplinaires à observer pour assurer la sincérité et régulariser la marche des examens, choisit les différentes matières sur lesquelles doit porter l'examen écrit et qui ne doivent pas être moindres de quatre. Elle rédige les pro- ^nimes des examens oraux qui sont transmis aux Présidents un mois avant l'ouverture des examens, ^^'e transmet aussi aux présidents des diNet^^^

i80 L INSTRUCTIOK PUBLIQUE EN ITALIE.

sant ainsi les programmes, où devaient aussi figurer d'autres branches fort utiles quoique accessoires, telles que le dessin, la musique, les exercices gymnastiques, ne courrait-on pas risque d'imposer aux élèves des travaux supérieurs à leurs forces et d'affaiblir en même temps toutes les études que l'on faisait ainsi marcher de front?

La première pensée qui s'est présentée à l'esprit des réformateurs a été tout naturellement de diminuer les heures anciennement consacrées pi'esque exclusivement au grec et au latin et de trouver ainsi le temps nécessaire à l'enseignement des matières qu'il était impossible de ne pas faire entrer dans les programmes de l'instruction classique. Des réformateurs moins réservés n'ont pas hésité à déclarer que l'intelligence pouvait se développer tout aussi sûrement par l'étude des langues modernes que par celle des langues de la Grèce et de Rome, et qu'il n'y aurait aucun inconvénient à les supprimer.

Cette opinion ne pouvait prévaloir dans un pays accoutumé à considérer la culture des langues et des littératures anciennes comme la base sur laquelle doit reposer toute éducation propre à donner l'essor aux facultés supérieures de l'esprit.

Le ministre Berti, exposant en 1866 les motifs d'un projet de loi sur l'instruction secondaire classique proposée à la chambre des députés, s'expvimait ainsi :

BNSEIOMBMSHT tlOOIIDAlRË. 181

«Les hommes les plus compétents ont montré quelle était l'erreur des personnes qui ont soutenu qu'il faut supprimer dans renseignement Tétude des langues classiques et les remplacer par les mathématiques, ou, comme on Ta dit plus tard, par une connaissance aussi approfondie qu'il serait possible des langues modernes et des sciences naturelles. Ces personnes se méprennent sur le but que doit se proposer renseignement secondaire, et qui consiste, non à donner aux jeunes gens telle ou l^Ue connaissance spéciale , mais à former leur intelligence, à leur donner Thabitude de la réileiion, 6^ à les rendre ainsi capables de se livrer avec succès à toutes les études vers lesquelles ils seront portés par leur propre génie ou par les nécessités de la vie.

« Si tel est le caractère de l'éducation classique, <)Q doit aisément reconnaître que Ton ne peut enlever aux langues anciennes le privilège qu'elles ^^t eu jusqu'à présent, sans les remplacer par d'aubes études qui puissent nourrir et fortifier comme ^Ues et mieux qu'elles l'intelligence des élèves. Or, 1 utilité de ce genre d'études consiste à donner à ^ esprit la possibilité d'accomplir une de ses opéra- ^ûDs les plus difficiles et les plus profitables, c'est- **dire de pénétrer la véritable pensée d'un écri- ^^îiî, de la traduire et de l'exprimer convenable- '^^nt, en sorte que son image se téûfeeVvv^'Sfe

pure et distincte dans la parole comme dans un miroir. La logique, qui préside à la formation des langues, fait de leur étude un exercice merveilleux qui développe la faculté de raisonner en môme temps que l'imagination et Tassociation des idées. S'il est des sciences qui contribuent davantage à l'éducation de telle ou telle faculté humaine, il n'en est aucune assurément qui favorise plus puissamment le développement de l'ensemble. Mais dire que toute instruction doit avoir pour base l'étude des langues, c'est déclarer que ces langues doivent être le grec et le latin.

« Ceux qui proposent de leur substituer une langue moderne ne s'écartent pas moins de la droite voie. En expliquant pourquoi les langues anciennes doivent servir de fondement à l'enseignement secondaire, on indique comment elles doivent être étudiées. Il ne s'agit nullement, en efiPet, d'apprendre à les parler au moyen d'exercices pratiques, mais d'en comprendre l'organisme, d'en saisir les lois, de distinguer les différents styles de leurs écrivains, d'étudier enfin, pour ainsi dire, l'anatomie et la physiologie de la pensée exprimée et d'en reproduire les formes. Pour qu'une langue moderne pûU rendre à l'esprit le même genre de service, il faudrait y consacrer beaucoup de temps et suivre pour' l'étudier les moyens et la méthode qui s'appliquent^ aux Jangues anciennes. Une étude rapide, conun^

BHSBIOMElfEliT SECONDAIRE. 1^3

celle qui se fait au moyen des Manuels de contersation^ ne produirait aucun des effets que Ton doit demander à renseignement secondaire.

« D'ailleurs, quelle serait, parmi les langues modernes, celle qui comporterait au même degré que les langues grecque et latine une étude longue, approfondie, obstinée ? Quelle est celle qui possède une littérature dont la perfection est égale à la leur? I)^s queUe autre serait-il possible de mieux apprendre comment la pensée se manifeste pai* la P&role? Ce sont, il est vrai, des langues et dcb lit- ^tures mortes, mais c'est précisément à cause do cela qu'elles possèdent des formes que le temps Q6 peut plus altérer. Elles ont atteint toute la hauteur à laquelle la pensée littéraire d'un peuple et h langue qui rinteiprète peut parvenir; Ton peut suivre dans son histoire tous les degrés qu^elle a successivement parcourus, et ces degrés sont ana- ^^gues à ceux par lesquels l'esprit humain passe du ' ^ûfance à l'âge viril.

« De plus, comme elles sont en effet mortes depuis '^^gtemps, après avoir brillé d'un si vif éclat, elles ^^t été pendant un grand nombre de siècles l'objet ^ ^n travail continu, infatigable, auquel aucune de ^^s langues modernes n'a été et n'a pu être sou- ^is^. Tout ce qui les constitue, toutes leurs particularités sont donc parfaitement connues, les se- ^^ts de leurs origines sont dévoilés et U>ul evi

184 L'INSTRUCTIOxN PUBLIQUE EN ITALIE.

qu'elles peuvent avoir d'obscur et de mysti présente un enseignement historique des pi conds et des plus intéressants. Leur étude donc un effort qui accroît la vigueur de l'esj Tespérance du succès allège et rend chère li gue qu'elle impose. r>

La langue maternelle substituée aux langu ciennes serait encore moins propre que toute à rendre les services que l'on peut attendre c tude du langage. Un écrivain anglais, le prof Pillans, a dit avec beaucoup de raison : « langue maternelle s'est si étroitement ide aux premières et ordinaires habitudes de noî sées et de nos paroles, et constitue depuis enfance une si grande partie de nous-mêmes est bien dificile de la placer, si Ton peut s'exj ainsi, à une distance de notre esprit qui nou mette d'en distinguer la nature, les propo:

de l'étudier au point de vue grammatical et logique, à moins que l'on ne soit en état comparer à quelque autre langue, et surtout langue d'un caractère essentiellement difféi

On fait à l'étude des langues anciennes di collèges les objections suivantes : Vous for( jeunes gens à user les plus belles années ( vie, celles où toutes leurs facultés sont les p vaces et où ils apprennent avec le plus de prc tude et de facilité, dans des efforts inutiles p

ENSBIONEMENT SECONDAIRE. f85

plupart, afin de surcharger leur mémoire de dtnix langues dont la connaissance leur ouvrirait deux littératures splendides, si vous voulez, et si leur antiquité ne vous fait pas illusion, mais incapables de procurer à leur esprit une foule de connaissances diverses en rapport avec la civilisation présente et les progrès de la science ! Combien leur serait-il plus utile de les rendre aptes à lire les œuvres de deux ou trois littératures modernes, exprimant tous les

sentiments et toutes les idées qui constituent notre

Tie!

On répond à ces objections que si, comme on le ditayec raison, les langues modernes abondent en faits sociaux ou scientifiques, elles ne peuvent soutenir la comparaison avec les langues de l'antiquité pour la quantité et la valeur des faits moraux et des observations pratiques sur le caractère de l'homme et du citoyen que Ton trouve dans les écrivains anciens et pour la beauté et la force avec lesquelles ils les expriment. Cette force et cette beauté naissaient naturellement de l'admirable facilité avec ^uelle ils atteignaient le sentiment de la vérité qu'ils énonçaient, par une contemplation immédiate et vive de la nature morale, se révélant pour la première fois à leur esprit à travers les agitations des sociétés politiques, de même que la nature physique s^Vévèle aujourd'hui à travers l'ingénieux travail ^^ expériences et l'habile usage des aiauùÀc.'à ^v

des cornues. La lecture des anciens tient donc li6i pour les jeunes gens, d'une première éducatic morale, enrichit leur mémoire d'une foule de fai humains, et facilite le développement de leur prop conscience mieux que ne pourrait le faire auciu des littératures modernes.

On ajoute à ces considérations que Fétude pi losopbique du grec et du latin considérée comii un moyen d'éducation pour la jeunesse des écol est d'un puissant secours pour celle du yocabulai de la grammaire des langues les plus célèbres i l'Europe et de l'Asie, en sorte que l'on peut di que celui qui a les deux premières langues a dé fait la moitié du chemin pour connaître les autre

Pour tous ces motifs l'Italie, comme l'Angleterr comme la France, est d'avis que les langues et 1 littératures anciennes doivent continuer à occup' le premier rang dans l'enseignement secondaire.

Je crois devoir observer que les raisons que l'c fait valoir en faveur des langues anciennes ne r pondent pas tout à fait aux objections dont elles sa: l'objet, je ne parle pas, bien entendu, de ceux q en demandent la suppression. On peut, en effet, soi scrire à tous les éloges que leur donnent leurs pa^

tisaos et cependant trouver exagérée la place qui ieur est faite dans renseignement classique. Là est toute la question. La création des écoles techniques prouve que partout ou a déjà compris que renseignement classique ne peut répondre aux besoins des nombreux jeunes gens qui n'aspirent pas aux professions libérales. Quant au plan d'études sui^ dans les gymnases et les lycées, il s'agit de savoir si, eu égard à l'état actuel de la société, il ne doit pas subir de notables modifications. Cette nécessité est si vivement sentie qu'après les grandes enquêtes faites sur ce sujet en 1865 et en 1 866, uo ûouvel appel a été fait en 1873, par le ministre Scialoja, à toutes les personnes qui pouvaient porter quelque intérêt à l'instruction publique. Il en est résulté des études fort intéressantes qui ont embrassé toutes les parties de renseignement secondaire.

Parmi les questions posées par M. Scialoja se trouvait celle-ci : <c Les instituts classiques pour- ^^ent-ils être transformés en lycées scientifiques ^ïialogues aux Écoles réelles et aux Gymnases de ^Allemagne, et dans lesquels on n'enseignerait qu'une seule des langues anciennes, le latin? A q^els jeunes gens et pour quelles carrières pourrait ^^î^r soit le lycée scientifique^ soit le lycée classiî^e? Les deux établissements ne pourraient-ils pas ^^oir un premier enseignement commun de trois ^^nées, par exemple?»

188 L'INSTRUCTION PUBLIQUE BN ITàLlfU . , '

Cette question a été évidemment suggérée ptf le désir de retarder d'au moins trois années Vépoque de la bifurcation. La séparation établie entre l'enseignement classique du Gymnase et l'enseignement scientifique de l'École technique fait com^ mencer cette bifurcation dès la sortie des écoles primaires et il est facile d'en faire comprendre lesgraves inconvénients.

Deux sortes d'établissements dans le système ac — tuel s'ouvrent pour l'enfant sorti, à l'âge de 10 ans des écoles élémentaires. La division entre l'ensei^ — gnement classique et l'enseignement technique es^ dès lors complète et absolue : il faut qu'il se décida pour l'un ou pour l'autre. En voici les programmes

ÉCOLES TECHNIQUES 6TMNASES

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