‹ L'instruction publique en ItalieChapitre 27 sur 51 · LES GOBPORATION8 RELIGIEUSES ENSEIGNANTES · texte numérisé non relu

LES GOBPORATION8 RELIGIEUSES ENSEIGNANTES

Une enquête faite en 186S, sous le ministère de M. Natoli, sur les établissements d'instruction dirigés par les corporations religieuses, remarquable par les renseignements qu'elle fournit à la statistique, l'est peut-être encore plus par les réflexions qu'elle a suggérées au Ministre qui l'avait ordonnée. La pensée du gouvernement italien se révèle dans une introduction historique sur ces corporations dont l'existence est signalée comme incompatible avec l'état présent du pays.

Les idées exprimées avec tant de force dans cet écrit sont celles que nous retrouvons dans les ouvrages des libres-penseurs. Mais on n'est guère accoutumé en France à les voir exposer par les chefs du gouvernement avec une liberté et une franchise aussi entières. Elles s'accordent, du reste, avec les ^utiments qui se sont produits dans la discussion de la dernière loi présentée par M. Scialoja. Le langage de M. Natoli est le même que celui qu'ont tenu

234 L'INSTRUCTION PUBLIQUE BK î*^"

Marcel lino. Une troisième quipori^ i catorio principessa Marcher^ ^ est fermée provisoirement. / ^ £ ^ gons ont été approuvés Pf' / / e ^ '' ^^^^' On enseigne dans les/;- |j ''^ lanstoutes chisme et l'histoire p' /?' J / ^st montrée

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r/fjd peuple italien avait instinctivement compris ^'U y a dans l'esprit monacal un obstacle et une /orce de résistance à l'application des principes auxquels sont dues toutes les conquêtes de la civilisation moderne. Si leur influence était aujourd'hui ce qu'elle fut au moyen âge, nous n'aurions pas sous les yeux le spectacle de la désaffection, pour ne pas dire de l'aversion populaire à leur égard. Ces institutions qui ne répondent plus aux conditions de leur existence primordiale doivent nécessaire' ment disparaître. Tant que les couvents furent en harmonie avec la société sur laquelle devait s'exercer leur influence, ils eurent leurs beaux jours, on peut dire même leurs jours de gloire; mais quand

Tesprit du temps cessa de se trouver eu rapport avec eux, quand ces associations particulières lie poursuiyirent plus le même but que la société générale, quand leur régime n'eut plus le pouvoir de la développer, de la transformer, de la guider dans la marche progressive de la pensée humaine, les contrastes qui se manifestèrent donnèrent lieu à des luttes vives et obstinées.

Plusieurs fois, dans le cours des siècles, les ordres monastiques eurent le sentiment de leur décadence ; ils essayèrent de se réformer en modifiant leurs règles, en créant des ordres nouveaux, en formant des afOliations qui s'inspiraient mieux des besoins de répoque.

Ces révolutions intérieures, ces transformations et ces créations opérées dans le sein môme de TËglise, montrent que l'existence des ordres religieux a suivi le cours des institutions humaines et traversé bien des fortunes et des phases diverses ; elle a été forcée de se plier à des nécessités nouvelles. Mais ces modifications et ces réformes n'ont pas arrêté une décadence, dont les corporations religieuses portaient en elles-mêmes la cause, inhérente à l'esprit dont elles étaient animées. Pendant la transition laborieuse qui a eu lieu entre le moyen âge et les temps actuels, au milieu de la lutte incessante que la pensée moderne, entrant dans une nouvelle vie, a dû soutenir contre la constitution de l'ancienne

société, le monachisme n'eut plus que la force de se défendre et de se retrancher dans la négation de la science et de la yie s'affirmant de plus en plus avec éclat.

La question des corporations religieuses est complexe, elle touche par plusieurs côtés aux principes organiques sur lesquels repose la constitution d'un pays. Mais, pour se borner k ce qui regarde leur enseignement, il n'est personne qui ne sache combien il est devenu faible, insuffisant, nul même en bien des parties, tandis que, sous d'autres rapports, il se dressait comme un obstacle à tout développement du génie national.

Déjà, à la fin du siècle dernier, on avait pu constater que renseignement monastique nétait pas au niveau des progrès accomplis dans les sciences, et en état d'embrasser le vaste horizon qu'elles ouvraient à l'esprit humain. Dans ce grand mouvement des idées, dans ce renouvellement de toutes les doctrines scientifiques, les corporations religieuses qui s'intéressaient le plus spécialement aux choses intellectuelles n'ont produit aucun homme auquel on puisse accorder la palme du génie, ou qui se soit élevé au-dessus de la médiocrité.

Leur enseignement classique lui-même, quoique restreint au latin, avait été réduit à une phraséologie vide, impuissante à donner aux élèves le moindre sentiment de l'Antiquité. Pendant que

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Tesprit laïque, dans la ferveur de ses investigations et de ses études, prenait un essor qui sera réternel honneur de cette époque, celui des ordres religieux n'avait cessé de s'aflfaiblir et de s'épuiser. Quand l'Italie, à la même époque, s'éveilla à la vie civile, et quand elle put elle-même faire usage de ses forces, elle enleva partout l'enseignement aux corporations religieuses pour le confier aux soins des laïques. C'est véritablement à dater de ce moment qu'il exista un enseignement public ayant une organisation régulière, que se fondèrent des écoles normales, que l'on pensa enfin sérieusement à l'éducation du peuple. Ces premiers essais auraient été couronnés d'un succès complet, s'il eût été possible de continuer un système qui s'inaugurait par la diffusion générale de l'instruction populaire et par la formation d'un corps enseignant qui serait devenu, pour ainsi dire, Tâme du pays. Mais la réaction de 1814, ramenant les corporations religieuses et remettant entre leurs mains une grande partie de l'enseignement, se hâta d'établir entre elles et le pouvoir politique une étroite alliance.

Les gouvernements restaurés, désireux de refaire le passé, trouvèrent dans les corps religieux un instrument docile pour réagir contre l'esprit qui les avait précédemment renversés.

Au lieu de faire de l'instruction un levier pour les

facultés intellectuelles, ils s'étudièrent à en comprimer l'essor en inspirant de la défiance à l'égard des sciences mêmes qu'ils étaient appelés à professer, et en façonnant l'esprit de la jeunesse à ce culte servile de l'autorité qui est le plus grand obstacle à la libre expansion du génie. Le despotisme avait besoin d'organiser un enseignement sans énergie, de tenir les esprits dans les limbes de la pensée, d'abaisser l'intelligence sans lui communiquer la vie; et c'est ce genre d'enseignement que les corporations étaient merveilleusement disposées à donner. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner si, dans tous les mouvements populaires, la nation a confondu dans la même réprobation les corporations et les gouvernements absolus.

En Lombardie, le gouvernement autrichien, jaloux de toute influence, parut d'abord vouloir suivre les traditions de Joseph II et se passer du concours que le clergé s'empressait de lui offrir. Mais après le mouvement de 1848, se trouvant isolé dans le pays, il rechercha et obtint son alliance; il lui fît en retour d'importantes concessions, au moyen du Concordat conclu avec le Saint-Siège en 1856. Lorsque le Piémont préluda aux réformes par l'expulsion des Jésuites, et que plus tard, par suite de ses progrès dans la vie politique, il travailla à l'abolition partielle de certaines catégories d'ordres monastiques, l'Autriche, qui, dans le principe,

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avait manifesté à leur égard peu de sympathie , les prit sous sa protection et les répandit dans les provinces italiennes qui lui étaient soumises.

Il n'est pas besoin d'entrer dans de longs développements pour faire voir comment une affinité d'intentions unit entre eux les ordres religieux et les pouvoirs sous la tutelle desquels ils avaient eu la vie et l'influence , et comment l'opinion leur devint de plus en plus hostile. Qu'il suffise de dire que le premier soin des provinces d'Italie, à'peine délivrées par la guerre de 1839 de leurs gouvernements anti-nationaux, fut d'abolir les ordres religieux. L'Emilie, les Marches, TOmbrie, Naples, la Sicile, la Lombardie, décrétèrent leur abolition partielle, en suivant avec de légères modifications la loi piémontaise de 1855.

On ne doit pas perdre de vue les conditions politiques au milieu desquelles cette loi fut décrétée et adoptée, si l'on veut se rendre compte des raisons qui, au lieu de la réforme radicale rêvée par ses auteurs, n'amenèrent que des compromis et des demi'mesures. C'est à elles que Ton peut attribuer la conservation de certaines corporations affectées à l'enseignement. Dans les Marches, l'Ombrie et les provinces napolitaines, les dispositions de la loi piémontaise furent adoptées, non parce qiie les auteurs des décrets les acceptèrent sans réserve, mais parce que, conformément

au principe unitaire, ils songeaient à introânire l'uniformité dans la législation. On comprit bientôt Tinutilité et le danger des exceptions maintenues dans la loi de i 8SS et le mouvement abolitionuîste continua. La majorité du pays demandant la soppression radicale de toute corporation, le gouyernement présenta au Parlement une loi dans ce sens; mais il crut, pour des motifs bien connus, devoir la retirer de la discussion.

Si le gouvernement jugea à propos de la remettre à une autre époque, la logique des faits devra tôt ou tard la faire reprendre et la Soumettre à un examen définitif.

Une étude plus approfondie des divers aspects que présente la question monacale la portera au degré de maturité qui facilitera et rendra opportunes les résolutions à prendre.

Quant à ce qui regarde les ordres religieux voués à renseignement, ajoutait M. Natoli, la crainte que leur abolition pourrait nuire à l'instruction est puérile. Nous en trouvons une preuve évidente dans l'expérience faite en Piémont, où la clôture des collèges des jésuites a fait prospérer les collèges nationaux, qui en peu de temps jetèrent de profondes racines dans le pays. On put apprécier les heureux résultats produits par les é^tablissements affranchis de la domination monacale, aussitôt que les autres provinces commençant à respirer Tair

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Yiyifiaot de la liberté, s'occupèrent avec la même ardeur de fonder des écojes laïques. La suppression des maisons religieuses eut pour e£Fet d'exciter les communes et les provinces à réformer leurs établissements d*éducation. Elles rendirent à renseignement de TÉtat les religieux dont la capacité était connue, et qui, soustraits à la discipline monastique, pouvaient devenir d'excellents professeurs. C'est ce que l'on fit sous le premier royaume d'Italie, où il ne fut pas rare de trouver dans les gymnases des religieux sécularisés qui rendirent à la nouvelle organisation scolaire des services qu'ils n'auraient pu rendre dans leur vie claustrale.

L'enseignement des écoles secondaires, tout en développant l'activité intellectuelle des élèves, eut pour résultat de faire d'eux de vrais Italiens et de leur inculquer le sentiment du patriotisme et la connaissance des devoirs civiques : on dut reconnaître que l'enseignement des couvents n'est propre à développer ni l'un ni l'autre. Les lettres et les sciences, ces manifestations suprêmes de la civilisation humaine, en passant par les cloîtres, se pénètrent de leur esprit et s'y marquent d'une empreinte qui altère profondément le caractère qui leur est propre. Car si les facultés de l'intelligence, au lieu d'être sollicitées et conduites dans le sens du progrès, sont au contraire tenues dans un état de

sommeil et d'abaissement, les facultés morales , en ce qui regarde la spontanéité humaine et le sentiment de la nationalité, ne reçoivent pas la direction que réclame le temps présent. En vertu même des traditions que les ordres religieux s'efforcent d'éterniser et par la nature même de leur organisation, leur enseignement ne peut être que rétrograde.

Un fait qui doit être considéré comme un symptôme est celui qui a eu lieu dans une école d'Ursulines à Bénévent. Un inspecteur royal, ayant demandé à une jeune fille qui était roi d'Italie, elle répondit : « Notre roi est Jésus-Christ. y> Cette confusion de la religion et de la politique révèle clairement l'esprit des monastères et les intentions secrètes qui se cachent derrière leurs professions de foi.

Les inspections partout organisées ont eu pou r résultat cette décourageante certitude que, dans les écoles tenues par les corporations, il est impossible d'espérer que l'on puisse jamais introduire un enseignement répondant aux aspirations du pays. Gomment pourraient-elles répandre dans de jeunes cœurs le sentiment du devoir et du respect des lois, quand, par une étrange perversion du sens moral, on y fait considérer comme un devoir l'insubordination et la résistance au gouvernement établi? Les corporations se croient au-

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torisées, par un esprit de discipline mal entendu» à faire opposition à sa politique au nom des intérêts de la religion que personne n'attaque, et pour lesquels, au contraire, la révolution italienne a toujours témoigné une respectueuse déférence. Du fâcheux antagonisme qu'elles ont fait nattre entre l'autorité publique et la direction de leurs instituts est dérivée en grande partie la malveillance avec laquelle elles accueillent tout ce qui dérange leurs habitudes. Elles repoussent la direction qui leur est donnée par un pouvoir qu'elles ne reconnaissent pas ou qu'elles ne supportent qu'à regret. En plus d'une occasion, Je gouvernement s'est vu dans la nécessité de fermer des établissements pour cause de violation des lois. Partout où ils ont paru se conformer extérieurement aux nouvelles prescriptions, ils l'ont fait avec une répugnance trop visible pour ne pas produire un effet déplorable.

On a vu les Scolopiens, qui dans le passé s'étaient acquis quelque réputation par leur enseignement, montrer dans les maisons qu'ils possèdent dans les principales villes de l'Italie une opposition contre tous les règlements ayant pour but d'élever leurs instituts au niveau de l'enseignement commun . A Milan, on a été forcé d'enlever aux Barnabites, à la grande satisfaction du public et à la requête de l'autorité municipale, le collège qu'ils dWgeaient.

On ne peut passer sous silence Texiguité des

moyens pécuniaires dont les ordres monastiques peuvent disposer aujourd'hui pour leurs écoles. Ce n'est pas ici le lieu de rechercher conmient leurs revenus se sont diminués, si cela provient d'une mauvaise gestion dans le passé ou de leur application à d'autres usages ; le fait est que les fonds sont insuffisants dans la plus grande partie de leurs maisons et qu'elles sont dépourvues aussi bien du matériel scolaire que de bons maîtres. Les ordres religieux, et c'est ce qui prouve leur impuissance à reprendre leur première influence dans l'enseignement public, sont souvent forcés de recourir aux professeurs des écoles laïques. Mais là même où les revenus sont abondants, ils ne sont pas administrés ordinairement de manière à procurer tout le profit que Ton pourrait espérer. Nous en voyons un exemple dans la manière dont était gouverné àiïilan le collège royal de Guastalla où, avec un revenu de deux cent mille livres, trente jeunes filles seulement étaient entretenues et instruites, avec un cortège de directrices et de sœurs converses. Néanmoins l'enseignement y était dans un tel état d'imperfection que le gouvernement a été obligé d'y suppléer en imposant à l'établissement cinq nouvelles maîtresses.

M. Natoli conclut que les corporations religieuses enseignantes ont fait leur temps. Quels que soient les services rendus par elles dans

les temps passés, elles sont aujourd'hui en décadence. Ce n*est que par un excès de zèle ou un respect malentendu pour le passe que certaines personnes, se fondant sur leur ancienne vitalité, espèrent que ces corps pourront se relever et refleurir. La pensée moderne a déserté le couvent, et le fleuve majestueux de la civilisation suit une autre voie : c'est celle de la nature et de la vie.

Les établissements d'instruction primaire et secondaire appartenant aux ordres religieux et aux congrégations régulières et séculières s'élèvent, pour toute l'Italie, à 1 412, dont 189 pour les.garçons, 795 pour les filles, 128 pour les enfants des deux sexes. Les derniers ne sont pas, à proprement parler, des écoles : ce sont de simples asiles pour l'enfance.

La plus grande partie de ces institutions est, comme on le voit, consacrée à l'éducation des filles.

Un quart des établissements mentionnés cidessus appartient au Piémont et à la Ligurie où ils se sont maintenus, quoique la tribune parlementaire et la presse y eussent, plus que partout ailleurs , signalé le danger d'abandonner l'instruction, et surtout l'éducation, aux corporations religieuses et proclamé la nécessité de les rendre au professorat laïque, sous la dépendance duquel l'enseignement public avait fait, dans les

premières années de ce siècle, de si notables progrès. Même depuis la Révolution de 1860, la Sicile compte encore 14S maisons d'éducation laissées au pouvoir des corporations et des congrégations ecclésiastiques.

Mais il y a entre le Piémont et la Ligurie et l'île de Sicile cette difiérence que, dans les deux premières provinces, un tiers environ des instituts indiqués comme appartenant aux ordres religieux appartient à la catégorie des asiles d'enfants dirigés par les sœurs de charité, ce qui n*a pas lieu en Sicile.

Une autre différence à signaler, c'est que dans les anciennes provinces du royaume, à côté de ce genre d'établissement, les écoles régulières de l'enseignement laïque s'élèvent et fleurissent; ce qui n'a pas lieu de l'autre côté du Phare. La disproportion qui existe entre les" institutions appartenant aux ordres religieux et celles des maisons laïques y est donc plus considérable.

En Lombardie, les idées de Joseph II ont prévalu jusqu'en 1848. Depuis cette époque, les maisons religieuses reprirent le dessus, et en 1864 il en existait encore 107, sans compter les salles d'asile. L'Ombrie et les Marches conservent un bon nombre d'institutions religieuses que Pepoli et Yalerio, pendant leur lieutenance, laissèrent subsister par respect pour la loi piémontaise de 1855.

En Toscane, au mépris des traditions réformatrices de Léopold, se sont maintenus 99 instituts élémentaires et 9 établissements d'instruction secondaire gouvernés par les congrégations.

Dans les provinces napolitaines elles n'ont que peu d'institutions, mais les écoles laïques n'y sont pas plus nombreuses; on ne peut donc tirer aucune conclusion de la rareté des premières.

Malgré toutes les observations qui précèdent, si Ton considère que dans les écoles des pays protestants, en Angleterre et en Prusse par exempl c, renseignement est le monopole presque exclusif des associations religieuses, on verra que le nombre des établissements dirigés par les congrégations est encore moins considérable en Italie que dans plusieurs pays.

La France avait en 1865, sur ses 72 869 établissements d'instruction primaire, 19 622 tenus par les congrégations religieuses, c'est-à-dire 27 pour cent, et 460 établissements d'enseignement secondaire sur 1 395, c'est-à-dire 33 pour cent.

Il y avait à la même époque, en Italie : 801 écoles primaires tenues par des religieux, sur 31 228, c'està-dire 3 pour cent, et 63 établissements d'instruction secondaire sur 436, c'est-à-dire 14 pour cent.

Dans les institutions religieuses 9 007 maîtres,

soumis aux règles de leurs ordres respedifs, étaient préposés à Tinstruction et à Téducation, savoir : 8 S4S pour renseignement primaire et 462 pour renseignement secondaire, 921 pour les écoles de garçons et 8 086 pour les écoles de filles; 3 279 convers (338 hommes et 2 941 femmes), étaient affectés aux services de ces établissements.

Le nombre des élèves des congrégations régulières et séculières était de 97 440, dont les deux tiers appartenaient au sexe féminin.

Le nombre total des élèves des écoles primaires était de 1 190 737, sur lesquels 85 916 appartenaient aux maisons religieuses.

En France, sur les 4 720 224 élèves des écoles primaires, 1912 210 étaient instruits par des religieux.

En Italie, les élèves des écoles secondaires étaient au nombre de 26 12i, sur lesquels S 7S2 appartenaient aux écoles ecclésiastiques.

En France, sur 112 638 élèves, 8 752 étaient dirigés par les corporations religieuses.

Les corporations enseignantes d'hommes comprennent certains ordres religieux : les clercs réguliers, les congrégations ecclésiastiques et les Oblats*. A la première catégorie appartiennent les Francis-

1. Les Oblats sont des relii^ieux qui, sans avoir fait des vœux solennels^ observent la règle du couvent ou du monastère dtns

caios, les Augustiniens et les BéDédictins ; aux clercs réguliers appartiennent les Scolopiens, les Bornabites, les Somasques.

Les congrégations ecclésiastiques enseignantes d'hommes sont les instituts des frères de TÉcole chrétienne, des Missionnaires, des Doctrinaires, des ordres de Saint- Philippe, et de Saint-Vincent.

Les corporations enseignantes de femmes sont les Bénédictines, ce sont les plus nombreuses ; après elles viennent les Clarisscs et les Dominicaines, les Capucmes, les dames de la Purification et de la Croix. Les religieuses du Mont-Cassin, les Bernardines, les Olivetaines ne possèdent plus que des instituts pour chacun de leurs ordres. Celles de Saiut-Jean- Baptiste, du Bon-Jésus et du Saint-Sacrement n'en ont qu'un.

Parmi les congrégations, celles qui ont le plus grand nombre d'établissements sont les sœurs et filles de la Charité, de Saint- Joseph-de-la-Miséricorde, de Sainte-Ursule, des Pieuses-Mères, les Oblates, les sœurs de Sainte-Dorothée, du Sacré- Cœur. Un plus petit nombre de maisons sont régies par les sœurs et filles de Jésus-et-Marie, de TEnfant- Jésus, du Bon-Pasteur, les sœurs oblates de Saint-

lequel ils Bont admis : ils en revêtent Thabit, mais ont la faculté de le quitter et de sortir de la communauté.

Philippe-Néri, du Saint-Rédempteur, les sœurs de laTrès-Sainte-Conception. Les Pieuses-OuTiières et les sœurs de la Sacrée-Famille n'ont qu'une seule maison chacune.

Cette énumération ne comprend que les corporations et les congrégations religieuses enseignantes '. Nous n'y avons pas fait figurer les professeurs qui , quoique . religieux , ne vivent en commun dans aucun monastère. En renonçant aux obligations imposées par les congrégations, ces membres du clergé rentrent dans le droit commun.

On aurait à constater un bien plus grand nombre de religieux et de religieuses s'occupant d'éduca-

1 . Le dernier recensement de la population conventuelle de la Tille et de la province de Rome porte que cette population est de 4 326 religieux et 3 835 religieuses, répartis en 476 couvents, jouissant de revenus qui dépassent le chiffre de 4 millions. La seule ville de Rome en a aujourd'hui 216, dont 126 couvents d'hommes et 80 couvents de femmes.

Les lois nouvelles sur la suppression des couvents en diminuent de jour en jour le nombre. La junte nommée pour procéder à la sécularisation des maisons religieuses avait, au 15 avril dernier, pris possession de 7 8 de ces couvents et distribué 1 900 titres de pension représentant un revenu annuel de 870 182 fr#.50 c. Ces litres ont été répartis entre 623 prêtres, 437 laïques, 559 sœurs et 281 sœurs converses. On avait vendu 20 maisons et 17 terrain» dont la mise à prix représentait une somme totale de 2 140630fr. Les ventes ont produit une somme de 2 626 577 fr., ce qui constitue une augmentation de 385 947 fr. Vingt-six autres maisons ont produit 1 181 700 fr. ; d'où il résulte que le public a acheté pour une somme de 3 708 277 livres. Ces chiffres prouvent que les biens eceysiastiques sont très-recherchés.

tion et d'enseignement, si l'on y ajoutait ceux qui font partie des établissements de chaiité et des hospices, dans lesquels les corporations religieuses donnent aux enfants Tinstruction élémentaire.

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