Université libre d'Urbino. 80 étudiants
4 auditeurs, total 84. On ignore si cette université
ENSEIGNEMENT SUPÉHlËUR. :i^o
posséda dans l'origine des propriétés. On sait qu'en 1638, Museo Oddi, gonfalonier d'Urbino, mit à la charge de la caisse communale une rente de i 021 livres. L'expulsion des jésuites par le pape Clément IX lui procura un revenu de 5 000 livres. Le conseil de la province lui assigna une somme annuelle de 80 000 livres, portée aujourd'hui à 67 200.
Établissements scientifiques : Bibliothèque , jardin botanique, cabinets de physique, de minéralogie, de chimie, d'anatomie, de matière médicale, clinique vétérinaire.
Le nombre total des étudiants dans les 21 universités était, en 1863, de 5 874, non compris ceux de Naples et de Rome. Il est aujourd'hui de 7 997, ceux de Rome compris. Il serait de 9997, si, comme on le suppose , l'université de Naples en réunit 2 000 ^ En ajoutant à ce nombre celui des jeunes gens qui suivent les cours des autres établissements d'études supérieures, on peut évaluer à 1 1 000 le nombre des étudiants de l'enseignement, supérieur. Dans ce nombre, ne sont pas
1. D'après un rapport présenté, en «1861, par M. Duruy, le nombre des élèTes el des auditeurs des 153 facultés et des 3 écoles supérieures (ayant 408 chaires) existant en France était de 18 000 ; en 1867, 28 825 examens de fin d^année ou de fin d'études ont été subis; 9814 diplômes ont été décernés. Dans ce nombre ne figurent pas 22 écoles préparatoires de médecine et de pliarmacie, avec 223 cliaires ; 5 écoles préparatoires à l'enseignement
compris les 7 575 élèves des instituts techniques supérieurs.
Indépendamment des 21 universités, plusieurs grands établissements scientifiques et littéraires consacrés aux études supérieures devront puissamment concourir à élever dans le pays le niveau de la culture intellectuelle.
1. L'école d'application des ingénieurs de Naples, fondée en 1811, sous le titre d'école d'application des ponts et chaussées, recevait alors des étudiants en nombre indéterminé, admis après un concours sur les mathématiques pures, jusqu'au calcul différentiel inclusivement. Chacun d'eux recevait du gouvernement un subside mensuel de 51 livres. Les plus méritants étaient, après trois années d'études théoriques et pratiques, promus au grade d'ingénieur des ponts et chaussées. En 1826, l'école fut réorganisée, le nombre des professeurs fut augmenté, ainsi que celui des élèves admis; mais la subvention fut supprimée. Les élèves
supérieur des sciences et des lettres avec 42 chaires : ce sont des établissements municipaux, dont les professeurs tiennent leur nomination de rÉtat.
ayant soutenu avec honneur l'examen de sortie étaient de droit admis à remplir les postes vacants dans le corps des ingénieurs des ponts et chaussées. En 1863, l'école fut rattachée au ministère de l'instruction publique. Elle compte, en 1874, 210 étudiants.
2. L'école d'application des ingénieurs de Milan a été instituée en 1850, sous le nom d'institut technique supérieur. Elle a été organisée par un décret royal du 13 novembre 1862. Elle se compose de deux sections, l'une pour les ingénieurs civils, l'autre pour les ingénieurs industriels. La durée des cours pour chacune des sections est de trois années. Elle est soutenue par l'État, avec le concours de l'administration municipale et de la société d'encouragement pour les arts et métiers. Les conditions d'admission pour la première année sont d'avoir suivi pendant deux ans les cours de sciences physiques, mathématiques et naturelles et subi avec succès des examens sur ces matières; sont admis aux cours de seconde année, ceux qui sont pourvus du diplôme de licence. Indépendamment des cours, les étudiants sont obligés de prendre part à tous les exercices, inanipulations chimiques, exercices pratiques à la campagne, visites aux établissements, aux ateliers, aux constructions. L'institut a une bibliothèque technique • Il fersvfc
des ingénieurs civils, des ingénieurs industriels, des architectes, des professeurs d'histoire naturelle. Le nonibre des étudiants en 1874 était de 198.
3. Académie scientifique et LirrÉRAiRE de milan. Elle reçoit, du ministre de l'instruction publique une subvention annuelle de 3 000 livres. Elle n'a pas de revenus. Les dix cours qui s'y font réuniséaient, en 1874, 31 élèves seulenaent.
4. L'école d'application pour les ingénieurs, DE Turin, a été fondée par la loi du 13 novembre 1859. Le gouvernement lui attribua les dotations de rinstitut technique et y joignit l'établissement hydraulique qui appartenait auparavant à l'université. Ces dotations étaient de 24 070 livres. La condition d'admission est le certificat de Hcence mathématique. Les étudiants viennent en grande partie des collèges de la province, du collège Ghislieri et du collège Caccia. Le nombre des étudiants, en 1 874, est de 186 : 97 pour le cours de première année et 89 pour celui de deuxième année.
En vertu du règlement du 14 novembre 1867, les cours du musée royal d'industrie et ceux de dessin d'ornement, qui ont lieu à l'académie royale Albertine des beaux-arts, concourent à former, avec ]'écoIe d'application, cinq classes d'ingénieurs bre-
yetés et une pour les architectes civils. Les ingénieurs sont classés en ingénieurs civils, pour les industries mécaniques, agricoles, métallurgiques et chimiques. Le musée industriel de Turin possède des laboratoires pour la chimie, un cabinet et un laboratoire de physique, une vaste galerie renfermant des machines de tout genre, servant à l'enseignement théorique et pratique de la technologie et une grande école de dessin.
Le musée est composé d'un grand nombre de collections :
Collection de minerais de fer.
Exhibition d'objets en zinc, étaio, plomb, cuivre, etc.
Collection des produits de l'industrie céramique.
Matières fibreuses pour les industries textiles : c'est* la collection la plus riche et la plus importante de toute l'Europe. On peut y étudier les matières textiles et toutes les manières de les traiter en Italie, Belgique, Hollande, France, Espagne, Canada ; les cotons indigènes et étrangers, les soies d'Italie, d'Algérie, de l'Inde et du Japon; les laines de toutes les parties du monde, laines de moutons, lamas, alpacas, poils de chameaux, etc.
Collection de papiers de toutes espèces et de tous pays.
Musée dendrologique : collection la plus riche du monde de tous les spécimens de bois.
Musée pour l'étude de l'industrie sucrière.
Produits chimiques, huiles végétales et minérales, savons, gommes, acides, alcalis, sels, etc.
Grande bibliothèque où sont réunis les journaux scientifiques et techniques au nombre de 120.
Les archives industrielles contenant tous les documents relatifs aux produits manufacturiers, les notices sur les industries, etc.
8. Les écoles vétérinaires de Milan, de Naples et de Turin comptaient, en 1873-1874, 272 élèves, dont 75 à Milan, 101 à Naples et 96 à Turin.
6. École normale supérieure a pise. Comme on Ta vu, la fondation de cette école remonte au gouvernement de Napoléon P', qui, par un décret de 1.810, créa dans la cité de Pise un pensionnat académique où l'on recevait 25 élèves, et qui devait être une succursale de l'école normale supérieure de Paris. La chute de la domination française entraîna celle de l'école. Elle fut rétablie, en 1846, par le gouvernement du grand-duc. Le nombre des élèves internes fut réduit à 10. Ils y étaient admis après deux ans d'études consécutives et y restaient trois ans. On y admit ensuite, comme externes, les élèves qui suivaient les cours de mathématiques de l'université, tandis que les internes de l'école normale étaient admis aux. cout:«> de Ullérature et de philo-
ENSEIONEMENT SUPÉRIEUR. 391
Sophie. Il sortit de cette école plusieurs sujets distingués. Cependant le gouvernement du grand-duc ne leur assurait à la sortie aucun avenir. Il n'était pas pourvu' aux chaires devenues vacantes; l'enseignement manquait des ressources nécessaires. Tout progrès était donc devenu impossible, quelque fût le zèle de ses directeurs. Le nombre des élèves se réduisit à un ou deux.
Une des premières pensées du sénateur Matteucci, en arrivant au ministère de l'instruction publique, en mars 1862, fut de créer à Pise une école normale supérieure, digne du nouveau royaume d'Italie et capable d'y réveiller les traditions littéraires que maintient avec tant d'honneur l'école normale supérieure de France. Il avait, pour atteindre ce but, à triompher de nombreuses difficultés : il devait procéder à une réorganisation sans augmenter les dépenses (condition essentielle de tout ce qui se fera, en Italie, tant qu'elle ne sera pas sortie victorieuse de ses embarras financiers) et sans trop s'écarter des décrets du grand-duc. M. Matteucci appela d'abord aux chaires de la philosophie et des lettres des maîtres illustres ; la surveillance des études fut confiée au directeur et l'administration financière à un économe ; il nomnaa trois assistants pour les lettres, la philosophie et les mathématiques; un professeur pour les langues modernes; organisa des conférences; et enfin, dressa un nouveau plan d'études
pour les élèves et pour les agrégés. Ses écrits et ses éloquents discours au Parlement firent comprendre la nécessité et l'importance d'une pareille institution. Des examens d'admission furent ouverts et toute la jeunesse savante y fut conviée. 11 fit voter par les Chambres une somme de 44 000 livres pour les dépenses ordinaires et 22 000 pour les dépenses extraordinaires. Le Conseil municipal y ajouta 4 000 livres pour la formation d'une bibliothèque, sur la proposition du gonfalouier Del-Punta. L'école pouvait alors recevoir seulement 20 internes. Ils sont aujourd'hui au nombre de 42 : 13 pour les sciences et 29 pour les lettres. Le budget de 1874 contient une somme de 34 000 livres affectées aux bourses des élèves de l'école.
Les ressources mises à la disposition de cetle école ont été toujours bien insuffisantes : il est de toute nécessité qu'elles soient proportionnées aux services qu'elle rend à l'instruction publique. M. Yellari, directeur de l'école normale de Pise, demandait, en 1865, que le Gouvernement assurât aux élèves sortant de l'école normale supérieure les chaires vacantes des lycées. Le moyen le plus sur d'avoir de bons professeurs, disait-il, est de faire en sorte qu'en entrant à l'école les élèves aient la certitude d'en sortir avec des avantages proportionnés aux efforts qu'ils ont à faire. Le même directeur trouvait aussi qu'il y avait de très-graves
inconvénients à ce que plusieurs élèves fussent forcés, en atteignant Tâge de la conscription, d'interrompre leurs études, et il voulait que, comme ceux de l'école normale supérieure de France, ils fussent exempts du service militaire.
M. Yellari ajoutait à ces considérations la remarque suivante : «Les élèves de Técole normale de Pise suivent, indépendamment de ceux de Tintérieur, les cours de l'université, ce qui établit tout naturellement entre les deux ordres d'établissements une confraternité d^études ayant quelques avantages. Mais il serait nécessaire, pour que ces avantages profitassent aux élèves de l'école, que les professeurs voulussent bien modifier leurs programmes en vue du but que ces jeunes gens se proposent d'atteindre. »
Je crois que la faculté et l'école se nuiraient réciproquement, si lalliance désirée par l'honorable M. Vellari devenait trop étroite. L'école normale supérieure de Paris s'est séparée des facultés et a de plus en plus renforcé son enseignement spécial : elle s'en est parfaitement trouvée.
Quoique l'école de Pise soit un internat, les élèves y jouissent d'une assez grande liberté ; ils ne sont point assujettis à une discipline trop sévère; comme à leur sortie de l'école ils seront tout d'un coup appelés à jouir d'une liberté entière, il n'est pas mal qu'ils en fassent d'abord
l'apprentissage . L'école normale, d'où doivent sortir les maîtres de la jeunesse, ne peut être ni une caserne ni un cloître,
7. Institut ROYAL d'études supérieures pratiques ET DE perfectionnement A FLORENCE. Cc grand établissement, dont j'ai fait connaître l'organisation, est devenu un des plus importants et des plus célèbres de l'Italie, et, par un concours de circonstances remarquables, un des plus controversés, et, à plusieurs reprises, des plus menacés dans son existence.
L'institut fondé en 1859, avec sa destination actuelle, réunit plusieurs établissements qui existaient déjà à Florence : l'école de médecine et de chirurgie, le musée royal de physique et d'histoire naturelle ; on y ajouta des sections de jurisprudence, de philosophie et de philologie.
Les écoles de médecine et de chirurgie avaient été organisées à la fin de Tannée 1840 et établies à l'hospice de Sainte-Marie Nouvelle; on leur avait reproché une excessive indulgence dans la collation des grades.
Le musée de physique et d'histoire naturelle fut fondé par l'archiduc Pierre Léopold, sous la direction du célèbre Fontana, dans l'intention de le faire servir à l'enseignement public aussitôt que Jes diverses coWeclvotv^ awY'dient cris une certaine
importance. Il a été soumis depuis à bien des vicissitudes. Sous la reine d'Étrurie et le gouvernement de la princesse Elisa Baciocchi, on institua plusieurs chaires par les soins du directeur, le comte Bardi, dans le musée qui eut alors une brillante période de vie. Au retour de Ferdinand III et de son lieutenant Rospigliosi, rétablissement fut fermé. Le jardin de botanique seul l'eçut quelques accroissements. Sous le règne de Léopold II, plusieurs chaires furent rétablies. Le cours de botanique, grâce au zèle du professeur Parlatore et aux recommandations du congrès scientifique tenu à Florence, prit une grande importance, due surtout à la formation de l'herbier, l'un des plus considérables de l'Europe . Les deux sections de jurisprudence et de philosophie et de philologie ont été organisées, en 1860, en vertu d'un règlement dont les principales dispositions ont été maintenues. En 1867 furent étabUes les sections des sciences physiques et naturelles. Elles ont le caractère d'une école normale, conférant les diplômes d'aptitude à l'enseignement de ces sciences. L'école de pharmacie, annexée à la section de médecine et de chirurgie, a été réglementée en 1 866. Enfin j après de longs débats, et en vertu d'une convention approuvée par une loi du 30 juin 1872, une somme de 340 000 livres a été inscrite au budget de l'État pour l'entretien de l'institut supérieur de Florence. A cette somme s'ajoutent 200000
iiyres fournies, pour un tiers par la province, et pour les deux autres tiers par la ville de Florence. L'institut compte aujourd'hui 208 élèves. Le gouvernement des études dans chacune des sections est confié à un conseil académique, composé dû président de la section et des professeurs titulaires. Le conseil directeur est préposé au gouvernement, àFadministration et à la direction générale de Tinstitut.
C'est M. Urbino Peruzzi, l'infatigable promoteur et défenseur de cet établissement, qui en a aujourd'hui la surintendance ; il est en même temps président du conseil de direction. A ce titre, il fait connaître chaque année dans une assemblée publique la situation et les progrès de l'écofe de perfectionnement. Je trouve, dans l'allocution qu'il a adressée, cette année même, à la réunion solennelle du mois de février, des détails qui en font apprécier la nature et l'importance.
Ce qui la caractérise surtout, c'est l'alliance des études théoriques des sciences et de leurs applications pratiques. De tout temps, cette tendance à unir la théorie et la pratique s'est manifestée dans l'esprit florentin. Les études supérieures établies en 1344 à Florence, avec des règlements analogues à ceux des universités d'Italie, avaient été plus ou moins florissantes, lorsqu'en 1472 les chaires de Florence furent transportées à Pise. Quelques-unes y furent néanmoins (louservées^ et après avoir eu
EMSBIONEMENT SUPÉRIEUR. 397
pour professeurs Cino de Pistoia, Boccace et Léonce Pilate, elles eurent successivement les Marcile Ficin, les Phîlelphe, les Argiropulo, les Chalcondile, les Poli tien, les Landino. L'enseignement philosophique et littéraire ne cessa d'être dans tous les temps représenté d'une manière brillante.
En 1789 fut organisé le musée de physique et d'histoire naturelle, devant servir de base à une académie des sciences, analogue à celle del Cimento. Un décret de 1792 y agrégea des étudiants qui, après avoir terminé les cours d'études philosophiques et mathématiques, pourraient, selon les intentions du grand'duc qui le publiait, être en état de reconstituer l'ancienne académie des sciences. Les paroles du grand-duc ne semblent-elles pas, dit M. Peruzzî, être précisément le programme de l'institut actuel? Il est en effet destiné aux jeunes gens qui, après avoir terminé leurs études universitaires, pourront les perfectionner par la pratique, afin de reconstruire des académies des sciences, c'est-àdire de pratiquer la science et de s'en faire les zélés propagateurs. Un écrivain a dit, en parlant du génie naturel des habitants de Florence : «L'instinct des méthodes expérimentales semble être le caractère propre de l'esprit florentin si riche et si varié : la recherche du pourquoi des choses auxquelles on croit et la promptitude à les abandonner si on ne trouve pas ce pourquoi. »
398 L'INStttUCTÎOK PUftLÎQUE EN ITALIE.
(c Une nation qui, comme celle de Elorenee, disait M. Peruzzi, a puisé dans les Viciâsitudes d'une vie si agitée et d'une histoire si animée, pendant tant de siècles, une grande indifférence pour les institutions du passé et peu de respect pour le présent, éprouvé tout naturellement une curiosité sans empressettient pour ce qui est nouveau, tant dans l'ordre des faits que dans l'ordre des idées. Stimuler chez les jeunes gens déjà instruits dans les sciences une curiosité calme et patiente pour toute nouveauté dans l'ordi'e des faits et des idées ; lés familiariser avec les méthodes â l'aide desquelles on peut donner à cette curiosité une juste satisfaction; les habituer à ie prévaloir de la science connue pour arriver à la science présentement inconnue ; tels sont la raison, le caractère et le but de l'institut. C'est ce qu'eût voulu réaliser et pratiquer les défenseurs de la convention de 1872, et celui qui a aujourd'hui rhotineur de diriger l'institut. »
Il y a, pour les auteurs de la convention de 1872, entre l'institut de Florence et les universités d'Italie, la différence qui existe en France entre la Sorbonne et le Collège de France. L'enseignement des facultés se renferme dans les limites des sciences telles que les ont constituées les découvertes les plus récentes; celui du Collège de France, et en général des écoles de perfectionnements et de recherches, abordent de préférence, dans des études ou des expériences nou-
&NSBIGNEMENT SUPÉRIEUH. 399
Telles, les questions qui n'ont pas reçu encore de solutions définitives. Ils ont pour mission de faire marcher et avancer les sciences à découvrir, plutôt que d'enseigner les sciences toutes faites.
Mais l'institut de Florence n'est pas seulement organisé pour habituer les jeunes gens à s'élever à la coïKDeption des théoriaei et à la science pure ; il a fait une place aussi large au génie des expériences et de la pratique. C'est donc à la fois une école de sciences pures et une école de sciences appliquées» L'ambition de Florence et des admi* nistrateurs de l'école de perfectionnement serait de réimir en un centre lumineux tout ce qui, dans l'enseignement des diverses facultés, se trouva divisé. Ils aspirent à imprimef aux études de droit, de médecine, de sciences mathématiques, chimi* qnes, physiques et naturelles, de littérature^ de philosophie et de philologie, une vive impulsion, et en même temps à montrer les immenses avan^ tages que l'on peut tirer de leurs appUcations. C'est ainsi que, possédant les archives les plus précieuses et les plus riches, la ville des Médicis voudrait organiser une institution analogue à notre école des chartes, qui rend à la science diplomatique, à l'érudition historique et à la philologie des services non douteux, C*eBt ainsi encore que les magnifiques collections scientifiques et artistiques peuvent être utihsées pour rendre les études plus faciles et plus
profitableâ. Il y aurait place aussi dans Tiastitut à une école de perfectionnement des hautes études, analogue à l'institution créée à Paris par M. Duruy'.
8. L'école supérieure de commerce de venise a été établie par un décret du 6 août 1^8. Elle est entretenue au moyen de subventions montant à 65 000 livres : elle reçoit du Gouvernement 10 000 livres , de l'administration provinciale 40 000 , de l'administration municipale 10 000, et enfin de la chambre de commerce 5000. Cette institution prépare aussi des professeurs pour les collèges industriels , et peut, à ce titre, être considérée comme une école normale. On y enseigne les langues européennes modernes, les langues orientales, telles que l'arabe, le turc et le persan; le cours pour les élèves qui se destinent au commerce est de trois ans ; le cours destiné aux consuls est de quatre.
L'enseignement comprend : pour la première année : la littérature et la géographie commerciales; la connaissance des objets de commerce, la tenue des livres, les principes de la législation commer-
1 . Le discours prononcé par M. Peruzzi, et qui contient toute riiifttoire de Tlnstilut de Florence et en explique admirablement les tendances et le but, a été publié dans les x\°* des 27, 28 et 29 mars, du journal la Nazione,
ciale, les langues étrangères. .Pour la seconde année : la pratique commerciale, la statistique commerciale, les lois industrielles internationales, l'économie commerciale, l'histoire du commerce. La troisième année poursuit et complète les études commencées dans les deux premières. Pour renseignement consulaire il faut être âgé de 46 ans et avoir subi des examens sur l'histoire, la géographie, les mathématiques élémentaires, l'italien, la calligraphie et les éléments de la langue française. Le nombre des étudiants de l'école commerciale de Venise était, en 1870, de 109.
9. École supérieure d'agriculture de milan. Fondée par un décret royal du 10 avril 1870 et soutenue par les administrations provinciale et communale, qui y contribuent pour 40000 livres pendant la première année et 30 000 pendant la seconde ; le Gouvernement lui garantit une subvention de 30 000 livres. Cours d'agriculture, école normale pour les professeurs d'agriculture, cours spéciaux pour les chefs d'entreprises agricoles. — Expériences pour contribuer aux progrès de l'agriculture.