‹ L'Instruction publique en Maurienne avant la râevolution (volume 2)Chapitre 15 sur 18 · LE GRAND SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

LE GRAND SÉMINAIRE

Sa fondation

Le règlement imposé aux Innocents par le cardinal de Varambon montre que ce collège avait un caractère exclusivement clérical ; mais c'était bien peu que six étudiants pour le recrutement du clergé en Maurienne.

Bien qu'il fût ouvert à tous les jeunes gens bien doués, le collège, fondé par Msr de Lambert, avait spécialement pour but de cultiver les vocations ecclésiastiques et de préparer les jeunes clercs aux fonctions du ministère sacré.

Dans une ordonnance du j janvier 15^0, l'évêque expose ses intentions et dit que, désirant marcher sur les traces des nombreux évêques qui ont mis à exécution les décrets du concile de Trente sur la création des séminaires, il érige les écoles déjà existantes dans la ville en forme de séminaire, selon la teneur du décret du saint concile ; qu'il se propose d'employer à cette création non seulement une partie de ses biens personnels, mais encore les revenus de quelques bénéfices simples qui viendront à vaquer. Enfin, il veut qu'il y ait au moins un professeur ecclésiastique, pour instruire et diriger ceux que

Dieu appellera à se consacrer au ministère, dans le plain-chant, la récitation de L'office divin tel qu'il est réglé dans Le bréviaire, L'exercice el les rites de L'administration des sacrements.

Ni L'un, ni L'autre des deux établissements précités ne remplissaient les conditions d'un véritable séminaire. Malgré Le zèle de* M-1 de Lambert et de ses successeurs, le décret du concile de Trente, ordonnant L'institution d'un séminaire dans chaque diocèse, ne recevra son exécution en Maurienne qu'au commencement du xvin* siècle, sous l'épiscopat de Msr Yalperga de Masin. Cette pénible constatation nous surprendra moins, si nous observons que cette œuvre si importante rencontra presque partout en France de sérieuses difficultés et que saint François de Sales, malgré ses éminentes vertus, ne put réussir à fonder un seul séminaire dans son diocèse.

Issu d'une des familles les plus distinguées du Piémont, docteur en théologie de l'Université de Paris, abbé de Saint-Pierre de Chalons, aumônier de S. A. R. Jeanne de Savoie-Nemours, coadjuteur de L'archevêque de Turin, François de Masin fut appelé à L'évêché de Maurienne par Innocent XI, en 16837.

A la nouvelle de cette nomination, le conseil de ville de Saint-Jean s'empressa d'envoyer l'expression de sa joie et l'hommage de sa soumission au nouvel élu, qui répondit par cette lettre où se révèle la bonté foncière de Ms* de Masin :

a Turin, 1 1 octobre 1 68 y.

« Messieurs,

« Les témoignages obligeants qu'il vous a plu de me donner de votre joie au sujet de ma promotion ne me

laissent nul lieu de douter de la part que vous voulez bien prendre au plaisir que je me fais d'aller incessamment me dévouer tout entier pour le service de toute la province de Maurienne, afin de justifier solidement ma reconnaissance par tout ce qui dépendra de moi, et pour mériter toujours de plus en plus la continuation de votre amitié par mon application à vous marquer dans toutes les rencontres la passion sincère avec laquelle je suis, « Messieurs, « Votre très humble et très affectionné serviteur.

« François-Hyacinthe de Masin,

« Evêque de Maurienne.

« J'espère de partir immancablement mercredi i5e de ce mois. »

Son entrée fut presque triomphale. Dix conseillers allèrent à sa rencontre jusqu'à Saint-André. La compagnie des Enfants de la Ville (i) en armes et toute la population allèrent le recevoir à l'entrée de la ville, où le syndic Albrieux lui adressa un compliment. Depuis la maison des d'Humbert (2) jusqu'à la porte Marenche, les façades des maisons étaient tapissées ou garnies de feuillage.

Une des premières pensées du nouvel évêque de Maurienne fut de pourvoir son diocèse d'un séminaire pour la préparation immédiate au sacerdoce. Dès le mois de janvier 1688, il s'ouvrit au duc de Savoie, Victor-Amédée, qui loua grandement un projet si utile et si nécessaire et promit de le seconder de tout son pouvoir (3).

(1) M&r de Masin leur donna comme cadeau la somme de 70 écus blancs.

(2) Hôpital actuel, en face de l'hôtel Saint-Georges.

(3) Cette lettre a été publiée par le chanoine Angley, Histoire du Diocèse de Maurienne.

Il semble qu'une œuvre si importante aurait dû obtenir l'approbation el l'appui de tous les citoyens. Cependant, elle allait se heurter à des oppositions

obstinées el il ne faudra pas inoins, pour la réaliser, de quarante-sept années de luttes et d'eiTorts persévérants.

Le projet d'érection du séminaire fut approuvé par lettres patentes royales du 10 avril 1688. En voici la teneur :

« Victor-Amé II, par la grâce de Dieu, duc de Savoye, Cha biais, Aoste, Genevois, Montferrat, prince de Piémont, roi de Chypre, etc.,

« A tous ceux qui les présente verront, salut.

« L'évesque de Maurienne nous ayant très humblement représenté les fortes raisons qui l'obligent de souhaiter l'établissement d'un séminaire dans son diocèse par le moyen duquel on puisse bien instruire les ecclésiastiques de tous les devoirs de leur profession et de la conduitte qu'ils doivent tenir pour travailler utilement au salut des âmes qui seront commises à leurs soings pastoraux, nous n'avons pu que seconder le zèle dudit évesque, et agréer son dessein, approuvant comme en vertu des présentes signées de nostre main, de notre certayne science, playne puissance, autorité souveraine, et par l'ads-is des gents tenant nostre conseil, résident près de nostre personne, nous approuvons qu'il introduise et établisse dans son diocèse une mayson religieuse, composée du nombre convenable de pères de la Mission, pour avoir la direction et prendre les soings nécessaires du séminaire, à la charge néanmoins d'observer dans ledit établissement les règles qui seront prescrites par nostre Sénat de Savoye, auquel par ces mesures présentes nous mandons dainsy les observer et de les devoir enregistrer et entériner sans aucune difliculté et à tous qu'il appartiendra de n'apporter aucun obstacle audits établissements, car tel est notre plaisir. »

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Avant d'entériner ces lettres patentes, le Sénat voulut prendre l'avis des syndics et conseil de Sainl- Jean-de-Maurienne, du Chapitre et du clergé de cette ville.

Le projet ne rencontra pas d'opposition, du moins violente et systématique, de la part du clergé, ni de la part de la noblesse, qui paraît aussi avoir été consultée.

Dans son assemblée du 14 mai 1688, le Chapitre de la cathédrale, tout en approuvant l'établissement projeté, formule la réserve suivante : « ne prétendant pas que la maison religieuse (direclrice du séminaire) puisse accepter des fondations, rétributions de messes, de quelle manière que ce soit, ayant égard que de telles rétributions sont presque la subsistance du nombre de trente-deux prêtres, résidents dans le vénérable Chapitre. » Il exige aussi que cette maison ait son oratoire privé et n'empiète en rien sur les fonctions curiales.

De son côté, le corps de noblesse, réuni le 3i mai chez Jean-Baptiste Colaffre, syndic de la noblesse, n'empêche pas rétablissement du séminaire « aux protestes expresses que ledit établissement ne préjudiciera nullement audit corps de noblesse ni aux particuliers d'iceluy. » (1)

Au contraire, le conseil de ville, dans sa séance du 2 juin, déclare qu'il s'oppose formellement à l'établissement d'une communauté religieuse à Saint-Jean pour la direction d'un séminaire, à cause de l'exiguité du territoire de la ville « qui n'a pas deux

(1) Archives royales de Turin, Vescovado di Moriana, mazzo 2do. Note fournie par M. l'abbé A. Gorré.

Lieues d'étendue et esi occupé partie par les rivières, partie par le vénérable Chapitre ei autres gens d'église, partie par la noblesse, n'en restant pas le quart pour les autres habitants, et sans avoir autrement communaux, bords et forêts, outre que, si ladite surcharge élait admise, il serait impossible aux dits habitants de subsister el de satisfaire au payement des tailles et aux souffrances de l'estappe. » (i)

Dans sa délibération du 12 juin, le eonseil déeide d'envoyer à Turin, pour défendre les intérêts de la ville, le sieur Aude, avoeat au Sénat de Savoie et bourgeois de Sainl-Jean. Celte mission n'eût pas le suceès qu'on espérait, puisque Aude ne rapporta de son voyage qu'une réponse plutôt négative du grand ehancelier Bellegarde.

Le ehancelier disait en substance qu'il avait écouté avec application les raisons exposées par le sieur Aude au nom de la ville pour s'opposer à l'établissement du séminaire ; « mais, ajoutait-il, comme c'est un établissement qui peut beaucoup contribuer à vous faire mieux instruire des devoirs que Dieu exige de vous, parce qu'il vous procurera de bons pasteurs et qui seront toujours plus capables de vous porter à la sainteté, je crois que vous résistez à vos propres intérêts. . . » (2)

(1) Le territoire de Saint-Jean n'était pas alors, comme il l'est aujourd'hui, protégé par des digues contre les inondations de l'Arc el de l'Arvan, qui vagabondaient dans la plaine. La surin.' cultivée était beaucoup moins grande. Peut-être y a-t-il quelque exagération dansées doléances contre les envahissements de la mainmorte.

(2) Parti d<- Saint-Jean le 13 juin, de retour le 8 juillet, l'avocal Aude a noté toutes les dépenses qu'il a faites pendant ces

Le 21 juin, les syndics reçoivent une assignation à comparaître sommairement, à Chambéry, par devant le sénateur Doléry. Le conseil passe procuration au juge corrier Glert pour aller défendre la cause de la ville.

Il choisit pour avocat, à Chambéry, un sieur Rambert qui rédige pour les nobles syndics et conseil de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne « un factum », dont nous trouvons une copie encartée dans le registre des délibérations municipales.

Ce plaidoyer, écrit dans le goût de l'époque, débute par cette citation de l'orateur romain, que « l'amour de la patrie doit dominer toutes les autres affections : Omnes omnium charitates una patria complexa est. Par conséquent, les syndics ont raison de défendre les intérêts de la ville.

Sans doute, dit le défenseur, rétablissement d'un séminaire paraît utile à la chose publique ; mais il n'arrive que trop souvent que le zèle des communautés religieuses que l'on introduit dans un pays venant à se refroidir, elles changent d'objet et négligent les saints empressements pour le salut des âmes ; « elles ne travaillent que pour acquérir du bien, ce qui ne peut être qu'au préjudice de la province dans laquelle elles se sont établies.

Que le Sénat considère « que le terroir de Saint- Jean-de-Maurienne, n'ayant que demy-lieue dans sa plus grande étendue et situé au milieu de quatre torrents impétueux et au pied d'une montagne qui s'éboule sans cesse, il ne reste pas à ses pauvres

vingt-cinq jours ; les repas, logements, bonnes mains aux gens de service, clous mis à la cavale, souper payé au secrétaire de M%r le Chancelier, lequel a coûté huit florins et six sous.

habitants la moitié de ce peu de terre qui se diminue tous les jours par la violence des torrents ei qui les met. par conséquent, hors de pouvoir recueillir les denrées qui sont nécessaires, tanl pour leur propre subsistance, que pour celle des passants.

<( Le Sénat n'ignore pas le malheur qui arriva en L'année i(>ji par l'ébouleraent d'une partie de la montagne voisine de Saint Jean, qui a été la cause funeste de la perte de leurs plus belles vignes, qui est si considérable qu'elle surpasse la somme de dix mille ducatons, outre le danger dans lequel ils sont tous les jours de semblables ruines.

« Qu'il se souvienne aussi de l'inondation de l'année 1080 et de celles qui sont survenues depuis presque toutes les années, notamment en dernier lieu que la rivière d'Are a emporté plus de trente mille ducatons, tant prés que terres labourées, renversé plusieurs maisons et mis à bas les digues.

« Sans parler des ravages continuels causés par les torrents d'Arvan, de Bonrieux et de Pyx, le peu de bien qui reste à cultiver est de l'ancien patrimoine de l'Eglise et possédé par des gentilshommes... »

L'avocat rappelle encore que les R,,es Dames Annonciadcs de Lyon, par arrêt du Sénat du i3 août 1662, furent déboulées de l'entérinement des lettres patentes qu'elles avaient obtenues de S. A. H., pour s'établir à Sainl-Jean-de-Maurienne.

Il conclut au déboutement des demandes et conclusions prises par l'évoque et termine en disant que, « dans le cas où il plût au Sénat de procéder en L'entérinement des lettres patentes, que ce fût sous les conditions suivantes : que les prêtres de la Mission

ou autres religieux directeurs du séminaire ne pourront dépasser le nombre de quatre ; qu'ils n'auront qu'un oratoire ou chapelle privée, et non une église publique ; qu'ils ne pourront rien acquérir, ni par lettre de fondation ni autrement; qu'ils ne seront pas à la charge de la ville. »

Le 2 3 juillet, le Sénat enregistre les lettres patentes de Victor-Amédée, mais en introduisant certaines restrictions à l'autorisation royale.

L'établissement d'un séminaire est autorisé à Saint- Jean-de-Maurienne .

Il pourra être dirigé par les Pères de la Mission (i).

Il reste à la charge de l'évêque qui ne pourra rien prélever sur le Chapitre, les curés, les communautés, les hôpitaux.

Il ne devra pas préjudicier aux fonctions curiales; il ne pourra avoir qu'une maison et un jardin.

Il ne pourra recevoir aucune succession, fondation, ni legs, sous charge de services.

Ces clauses rigoureuses avaient été introduites par le Sénat, à la requête du Chapitre et du Conseil de ville de Saint-Jean.

A la demande de l'évêque, Victor-Amédée adoucit ces restrictions, et, par de nouvelles lettres patentes du 6 avril 1703, enregistrées au Sénat le 20 juin 1704, il permit d'acquérir dix journaux de terre hors de la ville et territoire de Saint-Jean, pour y bâtir une maison de récréation où prendre l'air, lesquels dix journaux jouiront des mêmes privilèges et exemptions dont jouissent les bourgeois de Saint-Jean.

(1) La Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul, fut érigée canoniquement par bulle d'Urbain VII, en

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Le séminaire est autorisé à recevoir des legs ou donations, à la condition de se défaire des fonds dans L'année et dans la province de Maurienne.

Dans les autres provinces, le séminaire de Saint- .lean pourra posséder, en payant les charges.

Il avait fallu à l'évèque six ans de luttes et de procès pour être autorisé à établir un séminaire dans son diocèse. Le motif pour lequel le conseil de ville s'était si longtemps opposé à cet établissement, c'était la crainte d'une nouvelle congrégation religieuse, répouvantail de la mainmorte. En s'adressant à des prêtres séculiers pour la direction de son séminaire, M- de Masin aurait évité de heurter des préjugés depuis longtemps enracinés contre l'action envahissante des ordres religieux.

Pourquoi tenait-il si fortement à une congrégation religieuse ? Un rapport sans date adressé au roi nous expose les motifs de celte préférence (i).

L'évéque n'ignore pae que S. M. aurait préféré des directeurs pris dans le clergé séculier, pour ne pas multiplier le nombre des communautés. Mais il ne trouve pas dans son diocèse des sujets convenables pour la direction de l'établissement, quoiqu'il y en ait de très instruits ; car, il faut toutes sortes de Qualités pour être à la tète d'une communauté. Si l'on a an bon sujet, on est toujours exposé à le perdre et à être dans l'embarras pour le remplacer, ce qui n'arrive pas avec une congrégation. De plus, un bon sujet du diocèse, s'il reste attaché à l'établissement, est ainsi privé des bénéfices plus riches que pourrait lui donner son mérite. D'ailleurs, il serait obligé de

(1) Archives royales fie Tarin, évêché de Maurienne, seconde liasse.

ménager les clercs de son diocèse, tandis qu'avec un étranger, on est plus indépendant. Enfin, pour ses propres intérêts spirituels, l'évêque recourra plus facilement à un prêtre étranger qu'à l'un de ses diocésains.

A défaut des prêtres de la Mission, il pourrait s'adresser aux Pères de l'Oratoire de France, mais leur doctrine se trouve très suspecte (i). Les prêtres de la Congrégation de Saint-Joseph, de Lyon, n'ont qu'un pelit nombre de maisons et de sujets. D'ailleurs, leur général a répondu qu'il demandait cinq mille livres par an, tandis que la congrégation de la Mission n'en demande que trois mille.

Les préférences de Mgr de Masin étaient donc pour les prêtres de la Mission. Cependant, nous n'avons trouvé nulle trace des négociations entamées par Tévêque avec cette congrégation. Il paraît qu'il songea un moment aux « messieurs de Saint-Suipice. »

Les conseillers de ville, ayant eu vent de ce dessein, se réunirent le 5 juin 1704.

« Considérant que la règle de cette congrégation ne leur permet que de s'appliquer aux missions et à l'instruction de ceux qui désirent être promus aux ordres sacrés, « et que par conséquent ils resteront inutiles au public au regard de tous les autres biens tant spirituels que temporels auxquels ledit conseil a intérêt de pourvoir, » ils délibèrent de prier l'évêque d'appeler pour son séminaire une communauté qui puisse, lorsque le Conseil le trouvera à

(1) Cette congrégation, fondée en 1613 par le cardinal de Bérulle, subit bientôt la contagion des erreurs jansénistes.

propos, fournir dos régents pour enseigner la jeunesse au collège Lambertin. »

Pour leur donner satisfaction, Ms* de Masin engagea des pourparlers avec les prêtres de L'Oratoire, qui vinrent même jusqu'à Saint-Jean. C'est ce que nous apprend une délibération du conseil de ville, en date du .\\ mai 1706, dans laquelle nous lisons que les administrateurs du collège Lambert eurent une entrevue avec ces Pères auxquels ils voulaient remet Ire la direction de cet établissement. Une seule difficulté retardait la conclusion d'un accord définitif, les Oratoriens ne consentant pas à enseigner à moins d'un traitement de deux cent cinquante livres de France pour chacun des régents. Le Conseil, après avoir examiné les raisons des Pères de l'Oratoire, décida de leur accorder la somme demandée, « à la charge qu'elle ne sera jamais augmentée sous quelque raison que ce soit. »

Nous ne savons pas pour quelles raisons ce projet fut abandonné (1). Quoi qu'il en soit, nous ne con-

(1) Le projet d'union du séminaire et du collège Lambert fut repris plus tard. Le 5 mai 1728, noble Pierre Martin, premier syndic, informe le conseil de ville que l'évêque est «dans le dessein de faire incessamment travailler à l'établissement d'un séminaire en cette ville et qu'il souhaiterait pour le plus grand bien du public d'unir le collège audit séminaire », placés tous les deux loua la direction de prêtres séculiers.

Pour réaliser ce projet, l'évêque, ayant besoin d'un terrain ■djacenl au collège pour la construction des bâtiments du séminaire, <'n propose l'échange avec une égale quantité de fonds dans le territoire de Tibéry appartenant au dit séminaire.

a Pour seconder les bonnes intentions du seigneur évêque, le conseil consent à ce que le collège soit enseigné parceuxqui amont la direction du séminaire en tant qu'ils seront jugés capables et idoynes pour ce faire par l'administration dudif collège.» Il accepte l'échange proposé.

naissons aucun document établissant que le collège Lambert ou le Grand Séminaire aient jamais élé dirigés par les prêtres de l'Oratoire.

Après diverses tentatives inutiles auprès des congrégations religieuses, l'évêque finira, comme nous le verrons, par se résigner à confier à des prêtres séculiers la direction de son séminaire.

En même temps qu'il faisait les démarches pour obtenir les autorisations administratives, Mev de Masin s'employait activement à réunir les fonds nécessaires à cet établissement.

Par son testament, en date du 29 février 1684, Odomard notaire, Rd messire Jean Borrel, chanoine de la cathédrale de Maurienne, vicaire général et officiai, avait ordonné que tous les biens de son hoirie seraient employés pour l'établissement d'un séminaire dans le diocèse de Maurienne.

Pour hâter cet établissement, demoiselle Marie de la Balme, veuve de l'avocat Louis Bertrand, et son frère, Rd messire Gaspard de la Balme (1), curé de Prêle, renoncèrent, par acte du 20 février 1689, à l'usufruit que Rd Borrel leur avait laissé sur ladite hoirie.

Ils firent davantage. Par acte du 11 mai 1690, ils relâchèrent en faveur du séminaire « une maison avec la grange, écurie et autres dépendances ensemble jardin joignant comme aussi le verger y contigu, contenant environ vingt-quatre quartellées. . . . situés en la présente cité à Bonrieux, plus une pièce de vigne, contenant environ huit fossorées au lieu dit aux Oulles. . . . plus une autre pièce de vigne, conte-

(1) Sur la famille de la Balme et celle de Bertrand, voir Trav. de la Soc. d'hist., 2mc série, t. III, 2««c partie, p. 192 et sq.

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nant environ doux fossorées, située an Pontamafrey. Ml finalement promettent de remettre à la première requête du seigneur évêque divers acquis de censé jusqu'à la somme de six mille francs sous la rente annuelle de trois cents florins, le tout employante à rétablissement d'un séminaire dans le diocèse de Maurienne. »

Par son testament du •>(> mars i^i(>, Filliol notaire, Marie de la Bal me, voulant que tous les biens dont elle n'a pas encore disposé ci-dessus soient employés pour l'établissement du séminaire, nomme pour son héritier universel, M-r de Masin, « pour l'entretien subsistance des prêtres séculiers ou réguliers qui seront par lui appelés et établis à son choix pour en avoir la direction et d'employer à cet effet les biens de ladite demoiselle testatrice comme aussi de donner commencement à la construction d'un bâtiment convenable pour rétablissement dudit séminaire dans Tannée après le décès de ladite demoiselle testatrice qui sera fait sans aucune discontinuation ; et en cas <pie la volonté de la dite demoiselle testatrice ne puisse s'accomplir, elle prie son héritier universel d'employer les revenus de tous ses biens à l'entretien des pauvres étudiants de ce diocèse lorsqu'ils aspireront à l'état ecclésiastique et seront envoyés à des autres séminaires pour s'y préparer à la réception des ordres, entendant ladite demoiselle testatrice (pie les revenus de ladite hoirie ne puissent être divertis à autres usages si ce n'est pour l'entretien des prêtres, le séminaire étant établi, et à défaut de l'établissement d'icelui pour l'entretien des dits pauvres étudiants lorsqu'ils seront envoyés audit séminaire et pour leur subsistance, les pauvres

étudiants de la ville de Saint-Jean et des paroisses de Saint-Michel et de Saint-André devant être alternativement préférés aux autres pauvres étudiants du diocèse. »

Parmi les autres bienfaiteurs du séminaire, citons Michelette Didier, veuve d'Antoine Garsey, procureur au siège de Maurienne, laquelle, par acte du 6 mai 1689, donne la somme de 4000 florins, payable après son décès, sans compter la somme de cinquante florins qu'elle s'engage à verser annuellement dès que le séminaire sera fondé ; Rd Pierre Didier, curé d'Argentine, qui donne aussi 4°00 florins, par acte du 4 juin 1689 ; Gaspard Fossoret(i), bourgeois d'Aiguebelle, qui, par acte du 21 février 1691, relâche entre les mains de Me1' de Ma si n tous les biens et effets de l'hoirie de sa femme, Pernette Gay, sauf une pension viagère de 1.000 florins de Savoie sur les revenus des dits biens ; enfin, messire Antoine Bonjean, chanoine de la cathédrale, qui, par acte du 11 mai 1689, promet de donner au séminaire, aussitôt qu'il sera établi, la somme de 2.800 florins. Le même chanoine donne plus tard un pré de la contenance d'environ trois journaux, situé à Bonrieux, joignant l'hoirie de Mlle de la Balme.

Msr de Masin ne se contentait pas de provoquer des donations et des legs en faveur de son séminaire. Il prêchait d'exemple en lui abandonnant, par donation entre vifs du 14 février 1708, la somme de 40.000 florins, à prendre sur ses meilleures créances, les plus solvables. (2)

(1) Gaspard Fossoret est décédé trois ou quatre mois après. Marie de la Balme mourut en 1726.

(2) Par son testament solennel du 4 septembre 1736, M?r de

Le donateur laissai! cette somme à la libre disposition de son successeur sur le siège de Maurienne, pour L'employer ainsi (ju'il trouverait |)Ius à propos au profil du séminaire, en L'assistance néanmoins de quatre chanoines députés à cette fin par le vénérable Chapitre.

L'autorisation administrative était accordée, le fonctionnement du séminaire était assuré par les nombreuses donations faites en sa faveur; mais diverses causes que nous ignorons en retardèrent L'établissement jusqu'en 1^35. L'opinion publique commençai! à s'émouvoir de ce relard. Une note anonyme et sans date, mais postérieure à 1726, se plaint (pie l'évoque jouisse de tous les revenus des biens du séminaire, « sans que l'on sache qu'il fasse aucune distribution aux pauvres étudiants, aspirant à L'étal ecclésiastique, quoiqu'il n'ait pas exécuté la volonté de ladite demoiselle concernant la bâtisse de la maison dudit séminaire (1). »

Mas in légua sa bibliothèque au séminaire, à la condition qu'on ne pourrait prétendre aucun intérêt sur la donation du 14 février 1708. Cette clause donna lieu à un procès devant le Sénat, le Chapitre en sa qualité d'administrateur du séminaire prétendant que les intérêts étaient acquis à cet établissement à partir du jour de li donation.

1 En attendant l'établissement du séminaire, M&* de Masin avait organisé, en 1719, un cours de théologie dans sa ville épis- COpale. Le 15 octobre 1720, il invitait le conseil de ville à adresser nne lettre au comte de Mellarède pour qu'il voulût bien intervenir auprès de Sa Majesté, pour le bien public de cette ville, afin d'obtenir une continuation de la théologie qui a été enseignée l'année dernier.' en la présente ville par les soins que le révérendissime Beigneur évéque s'est donné pour cet effet.

Le conseil accepta de (aire la démarche, à la condition que la ville n'entrerait à aucun frais pour ce sujet, ni directement, ni indirectement.

Enfin, rétablissement si longtemps attendu pût être ouvert en 1^35. L'inauguration solennelle eut lieu le 23 août ; un procès-verbal authentique delà cérémonie fut rédigé par le notaire Ghosallet.

En exécution d'un mandement épiscopal du Ier juillet, elle avait été précédé par une procession générale, faite pendant huit dimanches consécutifs, de la cathédrale à la chapelle de Notre-Dame de la Miséricorde (i), attenante à la maison du séminaire, à laquelle procession assistaient l'évêque, son clergé, les Rds Pères Capucins, toutes les confréries avec leurs écussons, et notamment les confrères et sœurs de la confrérie du Très Saint-Sacrement, revêtus de leurs sacs.

Le 11 août, l'évêque, accompagné de Jean-François Grassis, son vicaire général officiai (2), de Jean- Antoine Chamorand, Jean-Joseph Borelly et Jean- Baptiste Didier, tous chanoines de la cathédrale de

(1) La chapelle de la Miséricorde avait son recteur, qui était en même temps chargé de la direction et de la surveillance de l'hôpital.

En 1736, le recteur de la chapelle de N.-D. de la Miséricorde et de celle de Saint François de la Fournache était Rd Jean-François Bernard, natif bourgeois et habitant de la Cité. (Archives du greffe du tribunal.)

(2) Sur Jean-François Grassis, voir Travaux de la Soc. d'hist.' 3e vol., p. 277. — Jean-Antoine Chamorand, de Saint-Martin-sur la-Chambre, d'abord curé de Saint-Julien, puis de Notre-Dame de la Cité, fut nommé chanoine en 1710. — Jean-Joseph Borelly, né et baptisé dans la paroisse de Quarto, diocèse d'Aoste, mais ayant habité Saint-Jean depuis son enfance, fut admis aux ordres mineurs en 1711. Il était déjà professeur de philosophie au collège Lambert. Il était docteur d'Avignon. — J.-B. Didier, de la paroisse de Gravères (Piémont), ordonné diacre à Saint-Jean en 1714, en vertu de lettres dimissoriales, fut nommé chanoine en

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Saint-Jean, se rendit de son palais à la chapelle de N.-l). de la Miséricorde, où fut célébrée une messe solennelle de Spiritu Sancto.

Après la messe, il procéda à L'installation des

directeurs du séminaire, qui étaient R1 Pierre Abondance (i), chanoine de la Métropole de Mo Û tiers, nommé supérieur de rétablissement ; le Rd Père Hernonx (•>). chargé du cours de morale, et IV1 Hugues Monta/ qui (3), devait enseigner le chant, le cérémonial et la rubrique (/[).

Les séminaristes admis le jour de l'inauguration étaient au nombre de i/[, dont deux diacres, un sousdiacre, trois acolytes, huit clercs.

(1) Né an village des Frasse, paroisse de Salins, près Moûtiers, oi(|. mu.'' diacre à Saint-Jean-de-Maurienne, le 19 septembre 1705, vicaire à Aime, premier directeur, c'est-à-dire supérieur du Séminairede Moûtiers en 1707, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort, 11 août 1763. (Heg-. paroissial de l'église Sainte-Marie, à Moûtiers.) Il fut nommé chanoine par bulle pontificale du 4 mars 1716. Il était, lorsqu'il mourut, proto-chanoine et vicaire général. (Note communiquée par M. le chanoine Hichermoz.) — 11 n'a dû être supérieur du séminaire de Maurienne que pendant une période de temps très courte, et seulement pour la mise en marche de cet établissement.

(2) Nous trouvons un P. de Bernoud, professeur de philosopha au collège de Lambert en 1733. C'est sans doute le même.

(3) Hugues Ifontaz, de Montpascal, maître ès-arts de l'Université de Paris, bénéficier de la cathédrale, curé de Saint-Christophe, chanoine de la cathédrale en 1739, curé de Notre-Dame de la Cité en 1743.

(1 Au mois de Dovembre 1736, le personne] enseignant est ainsi composé : I'»1 Lavy, ancien curé de Saint-Jean-Pied-Gauthier, supérieur et professeur de morale; Hugues Monta/, directeur pour les exercices de piété el discours moraux ; I»'1 Jean-Baptiste Jorcin, de Lanslebourg, économe, chargé en même t<'tups d'rnseigner le chant et les rubriques. 11 n'était encore que diacre et m- recevait pas d'autre rétribution que sa pension au séminaire.

Msr de Masin avait enfin réalisé l'œuvre qui avait été la grande pensée de son long épiscopat. Il mourut le j septembre 1786, emporté après cinq jours de maladie « par une violente fièvre bilieuse et pleurétique » (1).

Rd Grassis, vicaire général, annonçait en ces termes la falale nouvelle à un de ses amis du diocèse de Genève : « Quoique les éminentes vertus qui ont fait briller avec tant d'éclat ce flambeau d'Israël sur le grand chandelier de notre église, le zèle avec lequel il a rempli les devoirs de l'épiscopat pendant cinquante ans, la fermeté inébranlable avec laquelle il en a défendu l'honneur et les justes droits dans les conjonctures les plus délicates, sa charité inépuisable pour les pauvres de toute sorte d'état et de condition, en faveur desquels il a disposé de tout ce qu'il n'avait pas pu leur distribuer de son vivant, l'admirable conduite avec laquelle il a tenu toute sa vie le rang de sa haute naissance au milieu de l'humilité la plus profonde et de la pénitence la plus sévère, la générosité et la résignation avec laquelle il a fait à Dieu longtemps avant sa dernière maladie le sacrifice de sa vie ; quoique tant et de si grandes qualités ne nous laissent pas douter un moment que son âme

(1) Dans l'oraison funèbre qu'il prononça l'année suivante, à l'anniversaire de M*r de Masin, le P. Castagneri de Châteauneuf, préfet du couvent des Jésuites à Gharabéry, fait l'éloge suivant du clergé de la Maurienne :« Peut-on voir des ecclésiastiques de mœurs plus intègres, inoins inquiets, plus appliqués à l'étude, plus exacts à instruire les peuples, à les exhorter à la pratique des vertus chrétiennes, que le sont communément les curés de ce diocèse? A leur exemple, le peuple conserve l'innocence de ses mœurs et un attachement solide à la religion de nos pères. »

— lao —

jouit de la félicité dos saints, nous no pouvons cependant arrêter le cours de nos pleins. . . » (i)

M& de Masin aurai! voulu établir son séminaire à proximité du collège Lambert, afin que les deux établissements fussent placés sous la même direction, (îl)

C'est sans doute dans cette intention que, par acte du 12 a décembre 1731. il avait acheté des héritiers de Sébastien Germain la maison dite de Saint-Georges, avec le jardin, places, cours, grange et écuries y attenant, située rue du Mollard d'Arvan, confinée au levant par le sertour et jardin de Dominique Deschamps et le chemin des rues tendant au Glapey, par le verger de spectable Esprit-François Albrieux et celui de Me Antoine Sambuis, du côté du Rocheray. (3)

(1) Document communiqué par M. l'abbé Gonthier, aumônier des hospices d'Annecy.

(2) Registre des délibérations du conseil de ville, séance du 5 mai 1728.

(3) Cette maison, avec la propriété <!<• Dominique Deschamps, acquise en 1736, fut revendue en 1744, par M** de Rosignan, à Etienne Beaufils, natif de Blaisy, >'\\ Bourgogne, et habitant du bourg d'Aiguebelle, pour le prix de 4.000 livres de Savoie. Le motif de cette aliénation, c'est <|u»' lesdits bâtiments étaient plutôt à charge qu'utiles au séminaire et qu'il était difficile « de les arranger ainsi qu'il convient pour une maison de séminaire. »

Le Séminaire sous Tépiscopat de M&1 de Rosignan

On croyait jusqu'ici (i) que le premier séminaire avait été établi dans la maison de Thibéri, au sommet de la rue Bonrieux (aujourd'hui maison Garraz).

Nous avons vu, dans le procès-verbal d'inauguration dressé par le notaire Ghosallet, que le séminaire fut ouvert, le 22 août 1^35, dans une maison attenante à la chapelle de l'Hôpital de la Miséricorde. C'est la maison qui est située au commencement de la rue actuelle de Bonrieux (2), entre l'école des filles et la maison Milliex (ancienne maison Lathoud). Elle occupait le n° 2522 de l'ancienne mappe.

Cette maison appartenait, au commencement du xvine siècle, au sieur Antoine Anselme, bourgeois de Saint-Jean, commis principal des fermes de Sa Majesté dans la province de Maurienne, lequel s'était reconnu débiteur à l'égard de M#r de Masin de la somme de 20.000 livres monnaie de France pour 1.000 louis d'or au soleil, qu'il lui avait empruntés.

Par acte du 22 avril 1727, Chosallet notaire,

(1) Docteur Mottard, Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie, 2e vol., p. 13. — Chanoine Truchet, ibidem, 2e série, t. III, 2e partie, p. 203.

(2) La rue du Collège faisait encore, au commencement du xixe siècle, partie de la rue de Bonrieux. (Truchet, Saint-Jean-de- Maurienne au XVIe siècle. J

M^1 de Masin avait donné cette errance à la Maison de Charité, boîI aux pauvres de la ville (i).

Antoine Anselme mourut le 28 février 1729. Ses

fils et héritiers, par contrat du -i\ avril i7'3/[, Bernard notaire. « s'engagèrent à payer la dette paternelle partie en créances solvahlcs et exigibles el partie en biens-fonds, entre autres « le bâtiment de maison et dépendances consistant en cour et jardin, écuries et granges, situés à la rue de Bonrieux ». (2)

Gomme cette maison avait besoin de grandes réparations, les administrateurs de la Maison de Charité, par acte du y septembre 174^ Dupré notaire, la revendirent, pour le prix de 4-510 livres, à Mathieu Donnet, bourgeois de la Cité, acceptant pour lui et les siens ou encore son ami à élire. L'ami élu était M- de Rosignan, en qualité d'administrateur du séminaire.

En 1750 et en 1^51, le séminaire acheta encore la grange, jardin et écurie des hoirs du feu médecin Borrelly, ainsi que la maison de Noé Bellet, le tout contigu au bâtiment du séminaire.

(1) Par son testament du 14 octobre 1647, lld Pierre du Verney, vicaire général et oflicial de l'évêché de Maurienne, légua aux pauvres de la ville, outre une somme de ."Y 000 florins, la maison avec prés, terres el vignes, jardins et places qu'il possédait au lieu dit Lancessey, « voulant que dès à présent elle ne s'appelle plus Lancessey, mais Maison de Charité fondée par le sieur testateur en faveur el profil des pauvres de la ville de St-Jean... »

(2) Par un autre contrat du 24 avril L734, Bernard notaire, les héritiers Anselme relâchent en hypothèque el transport de créancea pour M-r de Masin, créancier de 20.000 livres sur Antoine Anselme, des biens el bâtiments qu'ils ont rière la paroisse de Saint-Jean-d'Arve, provenus du feu sieur Anselme, leur père, et auparavant de noble Pierre-Martin Sallière d'Arve, plus d'autres biens à Fontcouverte...

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La maison que Mzr de Rosignan avait acquise de la Charité pour servir de séminaire exigeait d'importantes réparations. Elles furent exécutées en 1749* suivant les plan et devis dressés par l'ingénieur Reser, pour le prix de 1.985 livres de Savoie. La réception d'œuvre fut faite dans le mois de décembre (1). Le séminaire eut désormais une installation plus convenable, bien qu'elle laissât encore à désirer.

Le prix fait des réparations à faire à la Maison de la Charité avait été donné, le 8 janvier 1^49» à Joseph Voluby, maître-maçon de la Cité, par Msr de Rosignan, « comme seul administrateur du séminaire de son diocèse ».

Si l'évêque insistait sur cette qualité, c'est qu'elle lui avait été contestée par le Chapitre de sa cathédrale, contre les prétentions duquel il eut plusieurs procès à soutenir.

A l'arrivée de Mgr de Rosignan en Maurienne, le

(1) Nous lisons dans les Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la Maurienne, 3e vol., p. 281 : « L'administration du séminaire possédait, outre les bâtiments de Bonrieux, la Maison de la Charité, payée 4.528 livres en 1744 et améliorée par une restauration qui coûta environ 2.000 livres. Le séminaire y fut établi en 1750. »

Les documents notariés cités ci-dessus, que nous avons tirés des archives du tabellion au greffe du tribunal, démontrent qu'il y a ici, outre une erreur de date (1744 au lieu de 1748), une confusion facile à expliquer. Gomme la maison acquise rue Bonrieux provenait de la Maison de Charité, l'auteur de la note a cru qu'il s'agissait de la maison de Lancessey léguée aux pauvres par le chanoine du Verney et vulgairement appelée Maison de la Charité. Nous n'avons découvert aucun texte permettant de supposer que cette dernière maison ait jamais appartenu au séminaire.

Chapitre refusa de lui livrer dos titres et une somme d'argeni qu'il détenait comme administrateur né du séminaire pendant la vacance du siège. Pour l'y contraindre, L'évêque recouru! au Sénat de Savoie. Le Chapitre répondit qu'il était disposé à remettre les litres, créances et argent réclamés, mais à la condition d'être associé à L'administration du séminaire et de signer conjointement avec le seigneur évèque, conformément à la disposition testamentaire de feu IV1 Borrel, premier fondateur du séminaire, qui charge l'évêque et les députes du Chapitre de l'administration des biens de son hoirie. De même, Me1 de Masin, dans le contrat de donation qu'il a fait en faveur du séminaire, appelle quatre chanoines pour assister à l'emploi des capitaux de cette donation (i). D'où il suit (pie l'évêque n'est que coadministrateur du séminaire, conjointement avec le Chapitre.

Par arrêt du 10 juillet 1^50, le Sénat débouta le Chapitre de ses conclusions (2).

Depuis lors, les évoques eurent soin de mentionner, dans les actes otïiciels, qu'ils agissaient « comme seuls administrateurs du séminaire ». (3)

M?1 de llosignan tint à atïïrmer ce droit exclusif

(1) « .. .. L'emploi de laquelle somme susdonnée, le donateur laisse à la libre disposition du révérendissime seigneur évèque son successeur... au profit du séminaire, en l'assistance néanmoins de quatre des I; chanoines députés à ces fins par le vénérable Chapitre... ». li février 1708, Martin notaire.

Travaux de la Société d'histoire cl d'archéologie, 2e vol.,

p. -iôS.

(3) Cependant, on trouve plusieurs actes, entre autres celui de l'achat de la cour du l'ont, passés par M de .Martiniana comme administrateur du séminaire, <-n l'assistance de deux des plus oui t< ru chanoii

des évêques jusque dans son testament solennel remis le 25 mars i^56 au notaire Dupré. Après avoir chargé ses exécuteurs testamentaires, Rd Savey, son vicaire général, et Rd Palloret, son aumônier, de faire célébrer pour le repos de son âme 2.200 messes, dont il fixe l'honoraire à dix sous ; après avoir légué au Chapitre la somme de 2.000 livres pour la fondation d'un obit perpétuel le jour anniversaire de son décès, service auquel on invitera les trois syndics de la ville, le juge ordinaire et le procureur fiscal de l'évêché, qui recevront chacun pour leur assistance un pain de sucre du poids de trois livres ; après avoir fait divers autres legs aux Capucins de Saint- Jean, à l'Hôpital de la Miséricorde, etc., il institue pour son héritier universel pour le reste de ses biens, le séminaire du diocèse, « dont les révérendissimes évêques sont les seuls administrateurs ».

Le testateur impose aux administrateurs du séminaire l'obligation de donner chaque année et à perpétuité deux retraites de huit jours, Tune pour douze ecclésiastiques du diocèse et l'autre pour douze séculiers de la ville, qui seront entretenus gratuitement et auront chacun leurs chambres avec les meubles nécessaires. Il veut et entend que, pour ces retraites, on se conforme en tout à la règle qu'en a laissée le glorieux saint Ignace de Loyola; et, comme toute personne n'a pas le don pour toutes les choses, il veut et entend que les administrateurs du séminaire s'adressent, pour donner les susdites retraites, aux Rds P. Jésuites « comme étant les dépositaires immédiats des intentions de leur glorieux fondateur ». On fera donc tout le possible pour obtenir deux Pères de cette Compagnie, qui seront défrayés de

leurs (rais de voyage, en chaise ou à cheval, à leur choix, el recevronl toutes [es choses nécessaires pour leur honnête entretien duranl leur séjour. On fera à chacun deux un présent de cinquante livres à la lin de chaque retraite.

M-1 de Rosignan avait laissé un souvenir à chacun de ses parents, « les priant de bien vouloir agréer sa bonne volonté pour le surplus qu'il voudrait bien être en étal de faire à leur égard pour leur donner des marques plus amples de son affection ».

Malgré cette touchante recommandation, les neveux deMg* de Rosignan, revendiquant la totalité de l'héritage, s'adressèrent au Sénat qui annula le testamenl pour vice de rédaction, (i)

(1) Rd Jean-Baptiste Jorcin, de Lanslebourg, chanoine de la cathédrale, reprit le projet de favoriser 1rs retraites. Par acte «lu -'* lli;"'s 1777, "I cède au séminaire la somme de l .000 livres, dont leux tiers du revenu doivent être attribués « aux ecclésiastiques <|ui viendront aux retraites annuelles qui se donnent dès à m dans ledit séminaire, en diminution <!«• leur pension pendant les dites i e trait

^ÉiâiÈâÊââÈÉÉiÉÉÉÉiÉiiàiâÉ

Transfert du Séminaire.

Dès son arrivée à Saint-Jean (i), Mer Filippa de Marihuana songea à donner à son séminaire une installation plus spacieuse et plus confortable. Les bâtiments de Bonrieux, situés presque au centre de la rue, étaient entourés de maisons et n'offraient ni assez d'espace, ni un air assez pur pour les jeunes élèves du sanctuaire.

Dans la vue de leur procurer une habitation plus commode et plus saine, il acquit, par acte du 3i octobre 1757, la maison forte, dite de la Cour du Pont, placée à l'extrémité de la ville, dans une position très avantageuse.

Elle appartenait alors aux hoirs Gullierat (2), dans la famille desquels elle était entrée par deux acquisitions successives.

Par acte du 14 mai 1687, Me Garon, notaire à Ghambéry, Me Claude Gullierat, notaire et procureur à Saint-Jean-de-Maurienne, acheta de Guy Balthazar de Pobel, marquis de la Pierre, comte de Saint- Alban, baron de Ghâteauneuf, etc., etc., les deux

(1) 11 septembre 1757.

(2) Le chanoine Truchet a laissé un mémoire manuscrit sur cette famille bourgeoise, originaire de Yillargondran, qui a joué un rôle important dans l'histoire de Saint-Jean aux xvne et xyiiic siècles.

tiers de tout ce que celui-ci possédait dans la province de Maurienne, pour le prix de i3.333 livres (> sols S deniers, ci ao pistoles d'Italie d'épingles.

Par un second acte, il prit à bail L'autre licrs. Les propriétés ne sont indiquées qu'en bloc : bâtiments, terres, prés, rentes, censés, etc.

C'était L'antique fief du Pont, quelquefois appelé de Saint-Christophe, à cause de la situation de la maison forte cl des terrains qui en dépendaient à côté de L'église paroissiale de ce nom, à Saint-Jean. Marguerite, l'une des deux filles de Louis du Pont, lavait eu pour sa part de la succession et l'avait porté en dot à Claude-François de Pobel, comte de St-Alban, baron de Cliàteauneuf, etc. Mais celui-ci, en i656, en avait déjà vendu la partie principale, celle où se trouvait les ruines de la maison forte, à noble Gaspard Colafre.

Au nombre des propriétés vendues à Claude Cullierat, était « un maisonnement, jardin et places, appelé la Cour du Pont, jouxte le chemin tendant de Saint- Chrislophe au ruisseau du Pix dessus. . ., un autre chemin tendant de l'Orme à Saint-Christophe du côté de Bonne-Nouvelle, la maison et le jardin de la cure de Saint-Christophe du levant, le verger et jardin de noble Jean-Baptiste Colafre aussi en partie du levant et dessous ». (i)

L'autre tiers du fief du Pont fut cédé par le marquis au comte de la Barre, qui ne solda jamais le prix de cette acquisition. A la requête de dame Thérèse île la Foi est, les biens du comte de la Barre furent

il Plus tard maison des Missionnaires, confisquée en vertu de la loi de séparation.

vendus par subhastation, el le liers du fief du Pont fut adjugé, le 19 juin 1710, pour la somme de 12.000 florins, au chanoine Nicolas Gullierat, docteur en droit canonique et en droit civil, frère du procureur Claude Gullierat, lequel institua pour ses héritiers universels ses trois neveux, Jean-Baptiste, Félix et Nicolas (1).

Ainsi la Cour du Pont et toutes les autres propriétés du comte de Saint- Alban, baron de Ghâteauneuf, etc., se trouvèrent entre les mains des hoirs des frères Claude et Nicolas Cullierat.

Le bâtiment qualifié de maison forte ne se composait que du corps principal, situé le long du chemin. Dans un document, il est dit qu'il avait été construit par Claude Cullierat à grands frais, supérieurs au prix de vente. La grange fut transformée en chapelle et M. Vernaz, vicaire général, fit bâtir l'aile qui la relie à l'ancien bâtiment.

La maison du Pont avait été payée 18.000 livres

(1) J.-B. Cullierat, baptisé le 30 décembre 1691, géra, en 1722, avec le titre de sous-délégué, l'intendance de Maurienne et fut, à la fin de la même année, élu premier syndic de Saint-Jean. En 1733, il est juge mage de la province de Tarentaise. Le 4 juin 1749, il fut nommé sénateur au Sénat de Savoie. Ses infirmités l'ayant obligé à prendre sa retraite, il fut nommé sénateur honoraire et se retira à Saint-Jean, où il mourut subitement le 16 décembre 1765.

Son frère Félix n'accepta la succession du sénateur que sous bénéfice d'inventaire. Engagé dans le régiment national de Tarentaise, il avait le grade de lieutenant en 1740, devint commandant du fort de Fénestrelle, mourut à Saint-Jean le 31 juillet 1766.

Nicolas, baptisé le 10 novembre 1710, fut procureur comme son père et mourut à l'âge de quarante-deux ans. (Note extraite du manuscrit du chanoine Truchet.)

de Savoir 1 1). Les travaux d'appropriation ei d'agrandissement s'élevèrenl au-dessus de 20.000 Livres. Ils commencèrent en ij.">S. sous la direction du chanoine Gravier, économe du séminaire (•>), et ne furenl terminés qu'en ij(>j (3).

Pour faire face à ces dépenses, L'administration aliéna un certain nombre de propriétés appartenant au séminaire.

Par acte du ao janvier 1708, M&1 de Marliniana « comme admininistrateur du séminaire..., en l'assistance des Rda Emmanuel Vernaz, vicaire général, et Hugues Monta/, tous deux chanoines de la cathédrale de celle ville, » vend, pour le prix de 1.74° livres, une pièce de pré, de la contenance de 10 quartelées, à [gnace Favre, avocat au Sénat de Savoie, juge corrier el commun de celte ville.

(1) De plus, le séminaire s'était chargé de payer la censé annuelle de vingt-cinq florins anciens et deux' quartes de fromenl due à la cure de Saint-Christophe pour des fondations, et d'acquitter chaque année, dans la chapelle qui sera érigée, une messe basse pour le repos de l'âme de Claude Gullierat.

In différend survint avec le curé de Saint-Christophe, à propos du cimetière qu'où établit dans l'intérieur de l'établissement, pour les professeurs, séminaristes et le personnel domestique. Le curé de cette paroisse, sur le territoire de laquelle le sémioaire était situé, réclama. Par transaction du 26 avril 1762, Kosaz notaire, le séminaire pava une indemnité de 200 livres à M. Guerra/, curé.

(2) Il Joseph Gravier, de Lanslebourg, était déjà économe de cette maison en 1744. (Livre de caisse de M ■ de llosignan, archives de l'évêché.) Il fui nommé chanoine en 1747 et mourut préchantre ou premier chanoine en 1777, à l'âge de 60 ans.

(3) La partie nord du séminaire actuel a été ajoutée, après

par le gouvernement impérial. Il est regrettable qu'on n'ait pas prolongée jusqu â l'extrémité le large corridor qui desit l'ancien bâtiment. On a visé à la façade plutôt qu'à la commodité.

Par acte du n janvier 1758, il vend à Rd Ycrnaz une pièce de vigne au Rodour, « soit dessous la tour des Ouïes », de la contenance de 1.066 toises, et une pièce de pré située « lieu dit Tibéry » (1), contenant 26 quartellées 3/4, les deux propriétés pour le prix total de 3.947 livres de Savoie.

Par un autre acte du 7 novembre 1766, le même chanoine Vernaz achète du séminaire le bâtiment situé également à Tibéry, réservé dans l'acte précédent, consistant en maison, grange, place, masures et autres dépendances (2).

Le prix de cette seconde acquisition est de 700 livres « devant être employée à payer la bâtisse du séminaire et de sa chapelle, à laquelle on travaille actuellement ».

Depuis que le séminaire était transféré à la Cour du Pont, les bâtiments de la rue Bonrieux étaient devenus inutiles. Gomme ils exigeaient des réparations considérables et urgentes à cause de leur ancienneté et caducité ; comme d'ailleurs la maintenance aurait coûté beaucoup plus que ne pouvait rapporter la location, à cause du grand nombre de

(1) Le nom de Thibery, Thiberi ou Tiberi, donné à ce mas, est sans doute celui d'un ancien propriétaire, Thibieroz, en latin Tbiberius, génitif Thiberi.

Dans un état des biens possédés par l'évêque de Maurienne en qualité d'administrateur du séminaire, dressé en 1733, il est fait mention de noble Jean Thibieroz, ancien propriétaire d'une pièce de pré dans ledit mas. (Archives de l'évèché.)

(2) Au couchant, c'est-à-dire à l'endroit où aboutit le sentier qui traverse les prés, il y avait « la masure de la tour dudit Thibery ». Sur l'emplacement de cette tour, Rd Vernaz édifia une chapelle qui devint la station des processions qui se faisaient du côté de Bonrieux.

murailles el de couverts qu'il y avait à entretenir, M de Martini ana, par acte du 5 novembre 17^7, vendit ces bâtiments, avec les cours, places, jardins (M autres dépendances, à spectable Jean Truchet, natif de Sainte-Marie-de-Guines, avocat au Sénat, habitant la ville de Saint-Jean (1).

Le prix de vente était de 3. 800 livres de Savoie. (Vêtait l'offre la plus élevée cpii avait été faite pour les susdits bâtiments, « attendu, dit le texte de l'acte, (pie les bâtiments en la présente ville sont d'un petit produit ».

Ces diverses ventes et quelques gros emprunts permirent à M-ri de Marliniana de construire pour son séminaire une maison vaste, régulière, réunissant toutes les conditions d'hygiène et de commodité, qui paraissait une merveille aux yeux des contemporains, peu accoutumés au luxe ou simplement à l'aisance des habitations (2).

Quelques-uns même blâmaient la magnificence de cet établissement et reprochaient à l'évêque d'y avoir dépensé des sommes considérables. Ils oubliaient

(1) Ces biens étaient inscrits dans l'ancienne mappe sous les numéros 2513, 2515, 2517, 2518, 2519, 2520, 2521, 2522 et 2523.

(2) Nous lisons dans un Etat spécifique du iHm-cse, rédigé en 1 77 i : a On peut dire qu'il est parfait et le plus beau, non seulemenl de tous les séminaires de la Savoie, mais encore de ses enviions : il est d'un goût à inspirer la piété et à faire aimer la solitude. »

«■ Les pieai et sages règlements qu'il (M*T de MartinianaJ a pour son séminaire sont si exactement observés par ceux qui le composent, que l'on peut dire à juste titre que ce séminaire fait l'admiration non seulement de tous ceux qui composent le diocèse, mais encore de tous les illustres personnages des diocèses étrangers qui savent la façon avec laquelle il esl adminis- ■

sans doute que Me1 de Martiniana avait consacré à cette œuvre une partie de sa fortune personnelle. En 1779, avant d'aller prendre possession du siège de Verceil auquel il venait d'être nommé, il régla ses comptes avec le séminaire et se trouva créancier de la somme de i3.8'25 livres pour avances faites : il en lit abandon en faveur de cet établissement, en y ajoutant le don de i5.ooo autres livres (1).

Parmi les divers genres de bien qu'il a faits dans le diocèse, on ne doit pas oublier, dit le chanoine Angley, le soin qu'il prit de placer au séminaire des supérieurs dignes de sa confiance. Après avoir préparé aux jeunes clercs une habitation saine et agréable, il ne négligea rien pour les former aux vertus et aux connaissances indispensables à leur saint état. Il leur portait une telle affection, qu'il les visitait souvent, les accueillait chez lui avec la tendresse d'un père et voulut se charger lui-même de diriger leur conscience.

Au nombre des supérieurs distingués à qui Msr de Martiniana confia la direction de son séminaire, il faut menlionner en premier lieu Rd Michel Savey, de Ghamoux, docteur de l'Université de Turin, qui avait été vicaire général et officiai sous l'épiscopat de Msv de Rosignan. Par nomination du 4 novembre 1707, Msr de Martiniana le fit son premier grand vicaire, en même temps que supérieur du séminaire.

Rd Savey ne put supporter longtemps le cumul de ces deux charges et résigna, au bout de deux ou trois ans, ses fonctions de supérieur, pour se consacrer tout entier à l'administration diocésaine. Il mourut

(1) Livre de caisse de M%c de Martiniana. (Archives de l'évêché.)

d'une attaque d'apoplexie le >S avril 1777. Son lestamenl Laissait tous ses avoirs au séminaire ; mais il fui annulé, sur la requête de l'avocat Savey, frère du défunt, par un arrôl du Sénat du 28 août 1778.

A La demande de M-1 de Rosignan, nouvellement nommé à L'évêché de Maurienne, Rd Savey avait rédigé, en 17Î1, une briève notice du diocèse, dans Laquelle nous relevons les Lignes suivantes sur le séminaire : « Il est sous l'entière administration des révérendissimes évoques. Il peut avoir environ 3. 000 livres de rentes; il est dirigé par trois prêtres du dioeèse, amovibles ad nutuni episcopi, qui élèvent les jeunes ecclésiastiques à l'esprit de leur état et leur expliquent la théologie morale, les rites et les cérémonies pendant un an. On ne les y admet qu'après avoir fait au moins trois ans de théologie dans un collège ».

(lelte dernière observation a de quoi nous surprendre. En Maurienne, il n'y avait que le collège Lambert, et rien ne nous autorise à croire qu'on y ait jamais enseigné la théologie. D'autre part, le procès-verbal d'inauguration du séminaire nous apprend qu'on y admit, à cette occasion, des diacres, des sous-diacres, des acolytes et de simples clercs. Ces derniers n'avaient certainement pas fait trois ans de théologie, puisque nous voyons, par le registre des ordinations, que quelques-uns d'entre eux ne reçurent le sacerdoce qu'en 17^1 ou même en i7/['2. Mais, à la suite (h* certaines listes d'ordinands à celte époque, nous lisons celle mention : « In sentinario probati per annum », d'où il semble résulter que l'on n'était admis aux ordres qu'après avoir passé un an au séminaire. La situation notée plus

haut, si elle a réellement existé, n'a pu être que transitoire. En effet, lld Esprit Gombet, curé de Lanslevillard, affirme qu'au séminaire de Saint-Jean on enseigne la théologie morale et dogmatique.

Les embarras financiers d'un économe.

A Michel Savey succéda, en 1761, dans la direction du Séminaire, Rd Girard N., sur lequel nous n'avons pas trouvé d'autres renseignements. Il fut d'ailleurs bientôt remplacé par IV1 Jean-Antoine Guerraz, de Brà en Piémont, docteur en théologie, qui cumulait les fonctions d'économe, de professeur et de supérieur (1).

C'est lui qui continua les travaux de construction du nouveau séminaire commencés sous l'économat de lld Gravier. Les dépenses nécessitées par cette construction rendaient, en ce moment, la situation de l'économe très difïicile. La correspondance de Guerraz avec Mathieu Donnet, receveur des renies du séminaire, est remplie de doléances sur la gène linancière de cet établissement.

Le i5 avril 1760, il le prie d'acquitter un mandat « pour délivrer de l'argent aux maçons, qui sont en grand nombre et travaillent sans cesser pour faire le corridor qui va à la chapelle neuve ».

Le 10 mars 1766, en présentant un nouveau mandat, il adresse au receveur cette exhortation : « Fai-

1 II fut nommé chanoine le 30 octobre 1764. Quelques jours après, il écrivait à Mathieu Donnet: « L;i nécessité me contraint de vous supplier de me prêter 150 livres pour payer mon habit de cœur fsicj% que j'ai acheté à Turin, avec quelque autre chose. »

sons courage pour celte année, dans laquelle les dépenses extraordinaires finiront, et nous vivrons avec plus de tranquillité ».

L'année suivante, c'était toujours le res angusta domi. « La misère, écrivait-il le 7 janvier 1767, nous presse extraordinairement cette année à cause que les denrées sont si chères et que les pensions ne peuvent pas suffire ; ainsi, je vous prie de me payer ce mandat, et la somme ne durera pas entre mes mains, parce que je la dois toute pour payer des dettes ».

Le receveur l'ayant prié d'attendre jusqu'au mois prochain, M. Guerraz revient à la charge. « La nécessité, dit-il, me rend importun ; je dois au boucher, au boulanger, au cuisinier, à ceux qui fournissent le bois, et à bien d'autres ; et je n'ai pas le sols. Tout le monde m'accable, et je suis obligé de rester dans la honte et pour moi et pour le séminaire pour ne pas

pouvoir payer ce qu'on me fournit pour la vie

Si je trouve tant de difficultés à avoir de l'argent pour des choses bien pressantes, je m'en vais un jour demander à S. G. de se pourvoir d'un autre économe ; car pour moi je suis déjà content de ce métier, qui m'a toujours embarrassé ». (1)

Nous avons vu qu'en 1741, Rd Savey évaluait à 3.ooo livres les rentes du séminaire. Elles continuèrent à s'accroître jusqu'à la Révolution, ne dépassant guère 4-000 livres.

Il y avait quelques créances importantes, comme celle de 12.000 livres de capital sur le sieur Claude-

(1) M. Guerraz, épuisé par les labeurs de l'enseignement et de l'économat, retourna en Piémont en 1775 et en janvier 1776, envoya de Turin sa démission de supérieur.

François Salomon, trésorier de la province de Maurienne, par acquis de censé du 27 juin 1779; celle de n.000 livres due par spectable Pierre Dolin, par acquis de censé du 12 décembre 1 ^5 /{ ; celle de ei.56o livres sur L'hôtel de ville de Turin, etc.

Mais la plupart des créances étaient 1res minimes el placées sur de simples particuliers peu aisés, de sorte que l'exaction en était très embarrassante el très difficile. Aussi était-elle confiée à un homme d'affaires, notaire ou négociant, qui avait les coudées plus franches pour poursuivre les débiteurs récalcitrants. C'est a au receveur des rentes du séminaire » que L'économe de cet établissement s'adressait pour avoir les sommes dont il avait besoin : le receveur les délivrait sur la présentation d'un mandat signé de la main de l'évêque, seul administrateur du séminaire.

On aura une idée des devoirs et des attributions du receveur en lisant le contrat suivant, passé le 29 décembre 1^58, par Ms* de Marliniana, en faveur de Mathieu Donnet, natif et bourgeois de Saint-Jean (1) :

i° Il ne pourra exiger aucun capital, ni même en faire la demande sans un ordre exprès et par écrit de L'évêque ; i° il sera tenu de rendre compte de la recette et exaction trois mois après l'expiration de chaque année, et pour la confection de chaque compte il recevra douze livres outre le papier marqué ; 3° dans ses comptes, il ne fera décharge d'aucune censé qu'il ne fasse constater d'avoir fait toutes ses diligences pour la recouvrer...; /[" on lui passera le

l) Avant Mathieu Donnet, cette charge avail été exercée d'abord par Dupré, notaire, puis à partir de 1750 jusqu'en 1754 aaitrea Rosas et Bertrand.

cinq pour cent de toutes les censés en blé et en argent qu'il retirera et de toutes les sommes dont il procurera le payement, sauf toutefois des capitaux ; 5° les vacations utiles qu'il fera pour aller accenser les biens du séminaire qui sont situés hors de la ville de Saint-Jean lui seront payées à raison de trois livres dix sous par journée, et par rapport aux censés qui sont dues dans la ville de Chambéry, il lui sera passé vingt-cinq livres, outre le susdit droit de recette ; 6° il fera toutes les poursuites nécessaires contre les débiteurs, leurs cautions, de même que pour la rénovation des créances ; 70 dans le cas où il y aurait lieu de douter de l'insolvabilité des débiteurs, par les premières poursuites que l'on fera, il ne pourra les continuer sans en avoir fait part à l'évêque, lequel donnera sa détermination par écrit.

Mathieu Donnet conserva la recette des rentes du séminaire jusqu'en 1779(1).

Il eut pour successeur Catherin Gallier, notaire, qui, en vertu de la procuration passée par Mer de Brichanteau le 12 juin 1782, percevait un bénéfice de 3 °/0 sur les censés qu'il retirait. Gallier continua ses fonctions de receveur jusqu'en novembre 1792.

(1) Mathieu Donnet fut, depuis 1737 jusqu'en 1767, alternativement et successivement fermier général, receveur et économe des revenus de l'évêché. (Travaux de la Société, t. II, p. 118.)

11 acquit dans ces divers emplois, par des moyens peu délicats, une fortune considérable. Le Sénat de Savoie, par arrêt du 2 janvier 1772, le condamna, ainsi que l'intendant Matton de Benvel, pour crime de concussion, à trois mois de prison.

Les dernières années du Séminaire.

De 1776 au mois de novembre 1792, le séminaire fut dirigé par un prêtre éminent, le Rd Thomas Cimibert, docteur à l'Université de Turin.

Né à Savigliano, en Piémont, il reçut l'ordination sacerdotale à Saint Jean-de-Maurienne le 21 mars 1762. Il fut chargé d'un cours de théologie au séminaire et remplaça M. Guerraz à la tête de cet établissement.

Le 3i juillet 1779, après le départ du cardinal de Martiniana, transféré au siège de Verceil, le Chapitre le nomma vicaire capitulai re, en lui donnant pour collègue Rd Jean-Michel Rey, professeur au séminaire.

M?r de Brichanteau, nommé à l'évêché de Maurienne, fit prendre possession de son siège, au mois de juin 1780, par Rd Gunibert, auquel il témoigna toute sa confiance, en lui confiant la direction de son séminaire.

L'Etat spécifique du diocèse, en 1774, donne les noms des trois professeurs du séminaire : Thomas Gunibert, Georges Gharvin et Jean-Michel Rey.

Georges Gharvin est né à Montrond en 1750. D'abord curé de Yalmeinier, il fut nommé, à l'Age de 24 ans, professeur au séminaire, où il continua

à enseigner jusqu'à sa mort, le 23 avril 1786. Il élait chanoine depuis 1778 (1).

Jean-Michel Rey, de Montaimont, docteur de l'Université de Turin, occupait déjà une chaire de théologie au séminaire, lorsqu'il fut ordonné prêtre avec dispense d'âge en avril 1773.

Nommé chanoine en 1774» ^ se démit de son canonicat en octobre 1781, pour accepter le doyenné de La Chambre, auquel il renonça, en 1787, en faveur de Jean-Baptiste Vulliermet, curé de Yillard-Léger. En novembre 1787, il revint prendre possession de sa chaire de théologie, qui avait été occupée pendant six ans par Rd Falcon (2).

Le supérieur du séminaire recevait 400 livres pour son traitement, chacun des deux autres professeurs 3oo livres (3).

Les comptes de M. Cunibert contiennent quelques renseignements que nous devons relever.

Pour les huit mois de l'année scolaire 1790-91, c'est-à-dire novembre-juillet, il a été dépensé 5.789 livres. Le nombre des pensionnaires, outre les supérieurs et domestiques, était de 21 pendant les mois de novembre et de décembre, de 18 pendant les six autres mois.

Au chiffre précédent, il faut ajouter les dépenses

(1) La chaire de Georges Gharvin fut occupée par Cunibert, de sorte qu'à partir d'avril 1786, il n'y a plus que deux directeurs au séminaire.

(2) Joseph-Séverin Falcon, de Turin, docteur en théologie, avait suivi en Maurienne M^r de Brichanteau, qui le nomma chanoine en 1780 et promoteur en 1782. Le 11 juillet 1787, il permuta son canonicat avec la chapelle de Saint-François de Sales, que M. Gilbert-Collet possédait dans l'église d'Aiguebelle.

(3) Comptes de Cailler, receveur des rentes du séminaire.

faites pendant les quatre mois de fériés, c'est-à-dire juillet, août, septembre, octobre, Lesquelles s'élèvent

à la somme de jp> livres.

Pendant ces quatre mois, le séminaire avait eu comme pensionnaires deux directeurs, le curé de Saint-Christophe, le cuisinier el le jardinier, outre quatorze prêtres pendant quatre jours et demi de retraite.

Le cuisinier était payé à raison de dix livres par mois. Il était aidé par un garçon de cuisine, dont les gages étaient de 28 livres pour les huit mois de l'année scolaire, étant dispensé du service pendant les fériés ou vacances.

C'est dans les comptes de L'année scolaire 1 791-1792, que nous voyons les pommes de terre figurer pour la première fois dans l'alimentation du séminaire. Elles se vendaient de i3 à 16 sols la quarte en 1791, de i5 à 16 sols en 1792.

La pension des séminaristes était de 200 livres. Par contrai du 12 novembre 1782, Gilbert notaire, Rd Ennemond Vernaz, en sa qualité d'exécuteur testamentaire de Msr Masin, avait cédé à la Maison de Charité une créance de 3o.ooo livres de Erance sur les aides et gabelles de Paris, aux conditions suivantes :

i° La Maison de Charité devait compter annuellement la somme de 400 livres au séminaire pour la pension de deux séminaristes annuellement choisis et nommés par les deux plus anciens chanoines de la cathédrale ;

20 Elle devait verser annuellement 200 livres à la manse des enfants de chœur, à la condition qu'on y entretiendrait le nombre de six enfants ; autrement

celte somme était attribuée au séminaire pour la pension d'un troisième séminariste.

« Ce séminaire, disait l'auteur de Y Etat spécifique du diocèse de Maurienne, fait la consolation de tout le diocèse. La modique pension que payent les séminaristes, même dans des temps auxquels les denrées sont comme hors de prix (i), donne une grande facilité aux parents de faire élever leurs enfants et les faire parvenir au sacerdoce ; ce qu'ils ne pouvaient faire avant ce dernier établissement, ce qui faisait qu'il n'y avait autant de prêtres qu'il en fallait non seulement pour remplir les emplois et les bénéfices, mais encore pour rassasier la sainte faim qu'ont les peuples de la parole de Dieu. »

« Les parents qui n'ont pas de quoi payer les pensions pour leurs enfants qui aspirent au sacerdoce trouveront de grandes ressources dans la charité et bonté paternelle de S. G. (Msr de Martiniana). »

En novembre 1792, la Maurienne étant occupée par les troupes françaises, le séminaire fut fermé. Les meubles furent transportés, par ordre de la mu-

(1) Le 7 octobre 1779, les administrateurs prenaient la délibération suivante : « Ayant considéré que le nombre des clercs qui seraient dans le cas de demeurer au séminaire pendant l'année 1780 est fort petit, que la plupart d'iceux ne sont pas en état de payer une forte pension et qu'en ne donnant comme les années précédentes que 20 livres par mois, le séminaire, à cause de la cherté des denrées, ferait une perte considérable que la modicité de ses revenus ne lui permet pas de supporter, ont délibéré de ne prendre aucun séminariste en pension au séminaire, mais de leur permettre de demeurer en ville et de venir tous les jours au séminaire prendre des leçons de théologie qu'on y donnera comme les autres années, et d'y faire tous les jours de fête les exercices de piété accoutumés ».

uicipalité, au couvenl de* Bernardines, en attendant d'être mis aux enchères (i).

M. Guniberti, à cause de la très grande considéralion dont il jouissait auprès du clergé de la Maintienne, était particulièrement en butteà la haine des Jacobins. Dans la séance tenue le i novembre parla commission provisoire des Allobroges, un membre donne lecture dune lettre du comité de surveillance de Saint-.Iean-de-Maurienne qui dénonce des procédés tendant à troubler l'ordre public de la part du prêtre Guniberti. La commission arrête que le juge mage de Saint-Jean ait à s'informer si ledit Guniberti est l'auteur de l'écrit emblématique envoyé par le comité et est coupable des procédés mentionnés ; qu'il ait, en cas d'affirmative, à vider le territoire des Allobroges dans les vingt-quatre heures, à peine d'être poursuivi comme perturbateur du repos public.

Dans la séance du 9 novembre, le fonctionnaire public Gravier rend compte de sa commission à l'égard du prêtre Guniberti, il résulte de sa lettre qu'il a atteint le but des ordres de la commission (2).

M. Guniberti fut donc obligé d'émigrer en Piémont. Il rejoignit M^r! de Brichanteau et fut un des témoins du testament que ce prélat, devenu évêque d'Acqui, dicta le 18 août 1796.

Par ce testament, Ms* de Brichanteau, voulant donner une dernière preuve de son affection pour son ancien diocèse, ordonna que tout son ancien mobilier serait vendu et que les trois quarts du prix

(1) Comptes du citoyen Cailler : mandat de 7 livres 10 sols délivré par !•• citoyen maire, le 15 décembre 1792, pour le transport des effets du séminaire au ci-devanl couvent des religieuses.

(2) La lettre de Gravier n'existe pas dans 1rs cahiers des procèsverbaux.

de celte vente seraient appliqués au séminaire de Maurienne, s'il se rétablissait (i).

Quant à Michel Rey, il émigra comme la plupart des prêtres du diocèse au printemps de 1793. Rentré en Maurienne, il exerça le ministère dans la paroisse de Montpascal. Il fut pris, conduit à l'île de Ré, de là à la Guyane 011 il mourut.

Pendant la Révolution, les bâtiments du séminaire servirent d'abord de caserne (2), puis d'hôpital militaire (3).

Rouvert en 1826 (4), le séminaire fut de nouveau fermé le 16 décembre 1906.

Et maintenant, comme avant la fondation de Mêr de Masin, les jeunes clercs de la Maurienne s'en vont au loin faire leurs études de théologie dans un séminaire étranger.

(1) La vente de ce mobilier produisit la somme nette de 7.178 livres, déduction faite des frais. La part revenant au diocèse de Maurienne ayant été réclamée en 1826 par M&r Billiet, elle fut versée par les supérieurs du séminaire d'Acqui entre les mains de M. Jourdain, vicaire général du diocèse de Maurienne.

Par acte du 21 mai 1788, M*r de Brichanteau avait déjà donné au séminaire le capital de deux mille cinq cents livres, à la condition de servir une rente viagère de cent livres de Piémont à ses deux nièces Marie-Joséphine et Marie-Polixène de Brichanteau, religieuses professes du premier monastère de la Visitation de Sainte-Marie d'Annecy.

(2) Le 27 décembre 1792, le citoyen Dupraz dit qu'il a fait exécuter « dans les casernes du séminaire », les réparations dont il avait été chargé. (Archives de l'évêché.)

(3) Procès-verbal de l'administration municipale de Saint-Jean, 8 messidor an IV. — Il y avait un autre hôpital, réservé aux galeux, très nombreux dans l'armée des Alpes. Il fut installé d'abord dans l'église de Saint-Christophe, ensuite dans les bâtiments du collège Lambert. (Ibidem.)

(4) Il avait été tellement dégradé, qu'il fallut faire pour une dizaine de mille francs de réparations.

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