LA CHAPELLE
Cette commune possédait une école généralement désignée sous le nom de « petit collège ».
Cette école avait été fondée par Jean Perrier, natif et habitant de La Chapelle, par son testament du 9 février i^4°\ Portaz notaire.
Avant de parler de la fondation scolaire, signalons les autres legs pieux ou charitables faits par le testateur. Il donne trente livres pour l'achat d'une chape pour l'église de la paroisse ; il veut que tout le blé et l'argent qui se trouveront chez lui au moment de son décès, ainsi que toutes les censés qui lui sont dues à la Saint- André, tant en blé qu'en argent, soient délivrés aux pauvres de la localité, avec préférence d'un tiers pour ses parents pauvres. Il veut encore que tous ses meubles, notamment un bois de lit, toutes les planches de bois de noyer et de châtaignier qui sont mentionnées dans deux inventaires dressés par Révérend Philibert Portaz, soient vendues à l'encan par le conseil qui en distribuera le prix de vente aux pauvres de la paroisse. Enfin, il charge son neveu et héritier universel Jean-Pierre Perrier de délivrer aux pauvres la somme de 5oo livres en cinq années, soit ioo livres annuellement.
C'est à l'instruction de la jeunesse que Jean Perrier réserve la plus grosse partie de sa succession.
Il lègue le capital de 6.200 livres, produisant la rente annuelle de 260 livres, pour l'établissement à perpétuité d'une école dans le village de l'église, à la condition que le maître d'école qui sera établi rési-
dera audit lieu et enseignera la jeunesse de ladite paroisse « tant riches que pauvres », sans rien exiger ni des uns ni des autres ; à la condition encore que les enfants mâles des parents du testateur habitant ailleurs soient reçus gratuitement à l'école au cas où on voudrait les y envoyer.
Le maître qui devra « enseigner les enfants mâles depuis l'alphabet jusqu'à ce qu'ils soient capables d'entrer en troisième », sera tenu de se conformer aux règles des collèges royaux de la province. Il pourra être ecclésiastique ou laïque. IL aura la charge de célébrer ou de faire célébrer annuellement, pour le repos de l'âme du fondateur, à l'ouverture de l'école, une grand'messe « à laquelle tous les écoliers assisteront dévotement et en bon ordre ». La nomination du maître, qui devra être approuvée par le réformateur des études du collège de la cité de Maurienne, appartiendra à son neveu Jean-Pierre Perrier et à ses descendants mâles, conjointement avec le conseil de la paroisse. Il en sera de même pour l'administration.
Toutefois, le testateur se réserve la désignation du premier titulaire, qui est Révérend Jean-Baptiste Fay, prêtre, actuellement régent au collège de Maurieïine.
Enfin, les administrateurs prendront sur les revenus des créances léguées la somme de i5o livres, une fois seulement, tant pour l'achat de remplacement que pour la construction d'un bâtiment convenable pour le logement du régent et pour la tenue de l'école.
En 1809, le maire de La Chapelle, voulant faire connaître lé degré d'instruction de l'école de La Chapelle, dit que c< l'instituteur donne et doit donner, aux termes du testament portant fondation ci-après
énoncée, les principes de lecture et écriture, les éléments de langage latin jusqu'à la portée de 3e classe qui était tune temporis (i), beaucoup supérieure à celle d'aujourd'hui dans le collège de Maurienne ».
Les fonds de la fondation Jean Perrier, ajoute le maire, sont de 4°° francs, y compris les ioo francs que le préfet a autorisé à prendre sur la fondation en faveur des pauvres, portée par le même testament.
Quant à l'école de filles de La Chapelle, elle a été établie par François Vinit qui, par son testament du 12 frimaire an XIV, Portaz notaire, a légué à cet effet une rente annuelle de 120 livres.
LES GHAVANNES
L'enquête de 177 1 constate l'existence d'une école qui jouit d'un revenu de 45 livres 4 sols 6 deniers. Sur cette somme, 8 livres 5 sols proviennent des rentes de la confrérie du Saint-Rosaire, 33 livres 19 sols 6 deniers d'une fondation faite par Révérend Jean-Antoine Garin, par acte du 29 juillet i^63, et 3 livres d'une autre fondation due à Jean Ravoire.
Outre le salaire de 45 livres 4 sols 6 deniers, le maître d'école reçoit « quelques gratifications qui sont payées par ceux qui profitent de ladite école ». Il est nommé par le révérend curé et les syndic et conseil de la paroisse.
En 1784, l'école s'enrichit de nouvelles ressources
(1) Souligné dans le texte.
et elle reçut une réglementation qui est la plus complète que nous ayons trouvée en Maurienne.
A cette date, l'autorité diocésaine permit aux syndic et conseil de prendre sur les revenus des chapelles de Saint-Etienne et de Saint Barthélémy, érigées aux hameaux du Milieu et Dessous, la somme de cinquante livres en argent et la quantité de quinze quartes de seigle et quinze quartes d'orge pour l'entretien du maître d'école. Les manants du hameau Dessus avaient aussi le droit d'envoyer leurs enfants à cette école.
Le règlement imposé aux administrateurs nous montre quel était le fonctionnement de ces « petites écoles », comme on les appelait. Nous le transcrivons dans ses articles principaux :
i° Le maître d'école sera proposé par les habitants des Ghavannes au révérend curé qui l'approuvera et nommera, après l'avoir examiné sur la doctrine chrétienne, sur la lecture, l'écriture, sur la bonne manière d'apprendre aux enfants à lire et écrire ; après s'être assuré également de ses bonnes vie et mœurs.
2° L'école se tiendra dans la maison qui sera assignée par les habitants ou par les syndic et conseil.
3° Dans le choix du maître d'école, on préférera une personne qui soit capable, non seulement de bien apprendre à lire et écrire, mais encore d'enseigner les premiers éléments de l'arithmétique « aux enfants qui en seront capables et quant les parents le souhaiteront ».
Il serait aussi à désirer que le maître connût les premiers éléments de la grammaire latine, afin d'initier au latin les enfants qui auraient des aptitudes ou à qui les parents pourraient faire continuer les études .
4° Le maître fera le catéchisme aux enfants tous les jours, soit jours de fête, soit jours ouvriers ; il fera faire matin et soir la prière qui est dans le Catéchisme diocésain.
5<> Enfin, il se conformera, autant qu'on l'exigera ou pourra l'exiger, à tous les règlements publics concernant le bon ordre et l'état des petites écoles.
MONTAIMONT
A l'enquête de 177 1, le syndic déclare qu'il y a dans cette paroisse « une école établie dès un temps immémorial », qui a pour tout revenu 26 quartes 2/3 de froment qui, évaluées en argent, valent 47 livres i3 sols, ainsi que la censé de 5 fr. d'un capital légué à cet effet (1).
D'autres fondations viendront bientôt accroître ce modeste revenu.
C'est d'abord un codicille en date du 4 février 1774» Pierre-François Dufresne notaire, par lequel dame Laurence Rey, épouse de Clément Barthélémy, donne une somme de 200 livres dans le but d'établir une école au village de Bonvillard, dépendant de Montaimont. Cette somme sera versée entre les mains du procureur de la chapelle du village, qui en délivrera les intérêts au maître d'école.
D'après l'inventaire des biens de l'école dressé en
(1) Le 25 février 1768, Truchet notaire, Pierre Giraud de Mo 11taimont donne la somme de 100 livres pour l'école dudit lieu.
1793, il est dû par Pierre Derroud, de Montaimont, la quantité de 26 quartes de froment, par contrat du 6 juillet 1776, Deschamps notaire; plus la censé de 5 livres provenant d'un capital de 100 livres légué par Pierre Giraud.
Etienne Cécille, par acquis de censé du 22 juillet 1776, doit à l'école le capital de 460 livres.
MONTGELLAFREY
Le 16 janvier 1707, Théodule Vinit « estant porté de bonne volonté pour introduire en ladite paroisse l'éducation de la jeunesse, ayant par ce moyen résolu de donner le peu de bien qu'il a plu à Dieu lui eslargir dans ce monde, attendu qu'il se voit sans enfants », lègue tous ses avoirs à la commune pour l'éducation de la jeunesse.
« La commune pourra eslire à son choix un homme capable pour cet effet, et au cas que le révérend curé dudit lieu fasse en son pouvoir de tenir un vicaire résident dans ladite paroisse, il laisse la commune en pouvoir attribuer les revenus desdits biens (1). »
La commune de MontgeUafrey n'avait pas attendu la date de 1707 pour connaître les bienfaits de l'instruction primaire. Nous en avons une preuve dans une délibération de l'année i(k)3, par Laquelle les communiers décident de vendre une partie de leurs
(1) Archives de l'évêché.
bois pour pourvoir à d'urgentes nécessités, parmi lesquelles figure une allocation annuelle de trentesept florins pour l'école (i).