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BEAUNE

En 1771, les quatre principaux villages de Beaune, Villard-Putier, Villardzembrun, Planvillard et le Mollard, avaient chacun leur école, entretenue par la confrérie du Saint-Esprit établie de temps immémorial dans chaque village (1).

ORELLE

Le dimanche i5 février 1738, au bourg d'Orelle, par devant François Clément notaire royal collégié de Saint-Michel, Révérend Georges Riondet, natif de la paroisse de Saint-Julien, « très distingué prêtre et curé de ladite paroisse d'Orelle », et les confrères du Saint-Esprit, assemblés dans la salle de la confrérie, à l'issue des vêpres et au son de la cloche « estant portés d'un grand zèle et affection pour l'éducation de la jeunesse du présent bourg d'Orelle », ont

(1) Archives départementales. C. 819.

délibéré d'attribuer au salaire du maître d'école qui enseignera les enfants dudit bourg la somme capitale de 4°° livres, produisant la censé annuelle de 20 livres et provenant des épargnes qu'ils ont réalisées sur leurs avoirs.

Le mailre d'école sera choisi par les confrères avec l'agrément toutefois du révérend curé. 11 sera tenu d'enseigner la lecture, l'écriture, « les chiffres » ou l'arithmétique et le plain-chant, autant que faire se pourra.

L'école pourra se faire dans la salle de la confrérie ; elle sera ouverte depuis la Toussaint jusqu'à Pâques.

Considérant qu'avec des gages si modiques il est difficile de trouver un maître capable, que les écoliers et écolières sont en trop grand nombre pour être enseignés « en toutes règles requises », qu'en outre « il est très convenable de séparer l'école pour les filles d'avec celle pour les garçons », les confrères du bourg d'Orelle, par acte du mois de février 1772 reçu par le notaire Francoz, châtelain et secrétaire de ladite paroisse, fixent le gage annuel des maîtres à la somme de i'3o livres, scavoir 70 livres pour le maître qui enseignera les garçons et 60 livres pour celui qui enseignera les filles (1).

L'école du village d'Orellette doit sa fondation à la générosité de Jean-Baptiste Gharvoz. Par acte du 3 septembre 1766, passé en l'étude de Claude Francoz, notaire au bourg d'Orelle, Charvoz, qui habitait depuis quelques mois à Sollières, cède ii la confrérie du Saint-Esprit de son village natal, représentée dans la

(1) Archives paroissiales d'Orelle.

personne de ses procureurs, la somme capitale de 600 livres « pour la fondation perpétuelle d'une école dans ledit village d'Orellette pour faire enseigner les enfants et rière enfants des confrères de la confrérie à lire, écrire, l'arithmétique et le càthéchisme depuis le douze de chaque mois de novembre jusqu'au vingt mars suivant. Le maître d'école sera annuellement choisi et élu par les procureurs de la confrérie et devra enseigner pendant le terme susdit pour le salaire de trente livres, montant du revenu annuel du capital cédé, que le donateur charge les procureurs de placer en rentes constituées le plus solidement qu'il leur sera avisé... Le maître d'école devra faire faire en commun, soit le matin, soit le soir, la prière convenable et payer annuellement vingt sols au curé pour célébrer sa messe à notes, à l'intention du fondateur dans l'église paroissiale, le 6 décembre de chaque année, fêle de saint Nicolas évcque ou le lendemain si la fête tombe un dimanche. Le maître devra assister à cette messe et y conduire tous ses écoliers ».

« Et pour la validité de la présente donation et fondation, les parties autant que de besoin requièrent le juge mage de cette province de l'homologuer et y interposer son autorité judiciaire. »

Quelques mois plus tard, les confrères du Saint- Esprit portaient à soixante livres le salaire du maître d'école, en affectant à cet usage les revenus de la confrérie. L'acte, passé le 3i mai 1767, en l'étude de Claude Francoz, est un de ceux qui nous font connaître avec le plus de précision le fonctionnement des écoles de hameau avant la Révolution. C'est pourquoi nous le transcrivons dans ses principales stipulations.

Les confrères déclarent qu'étant « unaniment transportés d'un grand zèle et affection pour l'éducation de la jeunesse existante et de celle qui pourra provenir tant d'eux-mêmes que de tous autres confrères de ladite confrérie à perpétuité, de leur gré pour eux et les leurs ont fondé et établi, ainsi que par le présent ils fondent et établissent une école perpétuelle à être tenue chaque année dans le bâtiment de la confrérie depuis le lendemain de la fête de Tous les Saints jusqu'à la dernière semaine du mois d'avril, par un maître d'école qui enseignera aux enfants et rière-cnfants desdits confrères à lire, écrire, l'arithmétique, le catéchisme et le plain-chant, s'il se trouve le savoir, à ceux qui voudront l'apprendre. »

« Le maître d'école devra annuellement être choisi et élu par les deux procureurs de la confrérie conjointement avec celui du village qui se trouvera du conseil de ladite paroisse. Pour ce sujet, ils devront agir de concert et sous l'agrément du Révérend curé de la paroisse d'Orelle ainsi qu'en est la présente intention des confrères... Ceux-ci promettent pour eux et leurs successeurs de payer annuellement au maître d'école le salaire de soixante livres à prendre sur les rentes de la confrérie, savoir la moitié à la fin de janvier et l'autre moitié à la fin d'avril. Au moyen duquel gage les fondateurs entendent que le maître d'école devra résider dans le présent village ; enseigner les enfants et rière-enfants, tant mâles que filles, à lire, écrire, le catéchisme, l'arithmétique et le plain-chant s'il y échoit ; faire faire la prière en commun aux écoliers et aux écolières matin et soir dans le bâtiment de la confrérie ; leur enseigner le catéchisme de deux jours en deux jours pendant l'espace pour le moins de demi-heure chaque fois, un quart-

d'heure chaque jour pour le plain-chant s'il y échoit et autant de leçons chaque jour qu'il lui sera possible à chaque écolier et écolière selon le nombre qu'il y aura. »

Les procureurs de la confrérie sont chargés de faire rentrer les revenus de ses créances et de payer au maître son gage annuel aux termes fixés.

Ecole du Noir a y (Orelle).

Jusqu'en 1792, le gage du maître d'école du Noiray était de 3o livres.

Ce traitement avait été approuvé par l'évêque de Maurienne par permission mise au bas d'une requête présentée par les confrères du Saint-Esprit en date du 2 octobre 1766.

Cette somme était trop modique pour trouver un maître d'école suffisamment capable.

Le 12 décembre 1792, les membres de la confrérie du Saint Esprit du village du Noiray s'assemblent par devant le notaire Joseph Francoz et décident de porter le gage à la somme de 70 livres.

Le maître d'école devra être annuellement choisi par les procureurs de la confrérie et approuvé par le curé de la paroisse.

Il tiendra l'école dans le bâtiment de la confrérie, depuis le 11 novembre jusqu'à la foire des Rameaux.

Il devra résider dans ledit village, enseigner aux enfants, tant filles que garçons, la lecture, l'écriture, l'arithmétique et le plain-chant, leur faire faire la prière en commun soir et matin, les accompagner à la chapelle du village et veiller s'ils se comportent pendant lesdites prières avec toute la modestie et

dévotion requises, leur faire le catéchisme tous les jours (i).

Dans les années 1699 et 171 6, Bard Jean lègue divers immeubles au village de Pousset pour la fondation d'une école.

En 17 10, Bard Michel et son frère Jean donnent 400 livres pour l'école du village et 40 pour fondation d'une messe à la chapelle dudit village.

Le 11 mai 1819, Gharvoz Joseph lègue 200 francs pour l'instruction de la jeunesse du village.

Enfin, en i83o, Longoz Guillaume fait à l'école de Pousset un leas de 800 francs.

Par contrat du 2 mars 1694, les habitants du village de Bonvillard, à cause de la trop grande distance de l'église paroissiale, ont fondé une pension de 220 florins argent et une redevance de vingt quartes de seigle, en faveur d'un chapelain obligé de résider dans ledit village, d'enseigner aux enfants le catéchisme, la lecture, l'écriture et les principes de la grammaire, de célébrer une messe par semaine dans la chapelle de Sainte-Marguerite pour les fondateurs et bienfaiteurs du bénéfice, d'aider le curé à chanter la grand'messe et les autres offices, de remplacer le curé en cas d'absence ou de maladie, et ce pendant quinze jours de l'année « sans autre récompense que sa nourriture ».

Les habitants du village étaient, en outre, tenus de fournir au chapelain une habitation meublée (2).

(1) Archives du tabellion de Saint- Jean-de-Maurienne.

(2) Procès-verbal de la visite pastorale de M%T de Masin, 1700.

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