‹ L'Instruction publique en Maurienne avant la râevolutionChapitre 39 sur 53 · SAINT-MARTIN-D'ARC · texte numérisé non relu

SAINT-MARTIN-D'ARC

L'an i^53 et le 16 du mois de septembre, les membres de la confrérie du Saint-Esprit de Saint-Martind'Arc se réunissent dans le bâtiment de la confrérie destiné à leurs assemblées, au son de la cloche, à la manière accoutumée, ensuite de la permission qu'ils ont obtenue du seigneur intendant de la province, Asinari de Gasasque.

« Etant que trop informés que dans ladite paroisse il y a très peu de gens qui sachent lire et écrire ni qui sachent le plain-chant, attendu qu'il n'y a personne qui puisse enseigner..., n'ayant aucun autre fonds dans la susdite paroisse pour pouvoir établir et fonder une école », ils ont décidé d'affecter à cette destination les biens de la confrérie du Saint-Esprit, établie d'un temps immémorial.

Les revenus de cette confrérie peuvent revenir à la somme de cinquante livres, outre le blé qu'on est en coutume de délivrer aux pauvres chaque année et le service qu'on paye au curé de la paroisse.

Gomme il est indispensable d'avoir quelqu'un pour enseigner les enfants de la paroisse, « car sans quoi on ne pourrait trouver que très peu de monde pour pouvoir servir dans le conseil dudit lieu », les confrères d'un commun consentement ont délibéré de se priver des revenus de la confrérie que, jusqu'alors, ils s'étaient toujours partagés annuellement entre eux, en faveur d'une école à perpétuité, sauf l'aumône accoutumée et la rétribution d'une messe.

Le conseil de la communauté aura le droit de choisir le maître d'école, « qui devra être reconnu capable tant par ledit conseil que par le châtelain de la paroisse ».

Le conseil passera une convention avec le maître pour ses appointements et le temps pendant lequel ce dernier devra enseigner la lecture, l'écriture et les chiffres.

Il devra enseigner dans la paroisse tous ceux qui se présenteront, mais il ne lui sera pas permis, sans l'autorisation par écrit du conseil, de prendre des enfants étrangers à la paroisse pour les enseigner au préjudice de ceux de l'endroit.

L'acte est reçu par Sébastien Grassis, notaire.

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