THYL
En 1789, la paroisse du Thyl avait une école pour chaque village de quelque importance.
Le 3i juillet 1770, les membres des confréries du Saint-Esprit du Thyl-Dessous, du Thyl-Dessus, des hameaux du Bois-Dessus et Bois-Dessous, se réunissent chez l'un d'eux, Joseph Blanchoz, au Thyl-Dessous, par devant le notaire François Grange.
« Faisant réfleclion que la jeunesse de leurs respectifs hameaux se perd et se dissipe en hiver pour n'y avoir rière iceux aucune école fondée ni rentes pour ce sujet, ce qui est cause que la plupart des particuliers d'iceux sont illettrés et par conséquent hors d'élat d'administrer leurs propres biens, moins encore ceux de la dite paroisse, ils ont formé la
louable résolution de fonder Hère chacun de leurs dits hameaux respectifs une école pour la jeunesse et de la doter de toutes les rentes et revenus de leurs respectives confréries du Saint-Esprit qui à peine pourront suffire pour un gage médiocre d'un maître d'école. »
« Les fondateurs se réservent, par le moyen des procureurs qu'ils établiront, d'administrer les fonds qu'ils cèdent aux respectives écoles, de les placer et d'en exiger les intérêts. »
« Ils se réservent encore la liberté de nommer annuellement à leur choix le maître d'école. »
Les rentes de la confrérie du Thyl-Dessous n'excèdent pas la somme de quarante livres dix sous ; celles de la confrérie du Thyl-Dessus la somme de vingt livres ; celles de la confrérie des deux villages du Bois-Dessus et Bois-Dessous, trente cinq livres.
Malgré la modicité de ces revenus, étant donné réloignement des villages et les difficultés des communications surtout en hiver, les confrères n'ont pu se dispenser de fonder une école pour chacun de ces hameaux, excepté qu'il n'y en aura qu'une pour le Bois-Dessus et le Bois-Dessous.
Dans la communauté du Thyl, en 1812, il y a quatre écoles, un titulaire ayant trois adjoints sous ses ordres et payés par lui ; il reçoit un traitement de 5oo francs. Le nombre des garçons fréquentant les écoles est de i5o, celui des filles de 65 ([).
(1) Archives départementales.
YALLOÏRE
En 1729, la communauté de Valloire était dotée de deux écoles publiques gratuites.
La première avait été fondée par Rd François Cornuti, prêtre dudit lieu, par son codicille du 18 août 1679, qui avait légué à cet effet le capital de 3. 000 florins.
Celte école était dirigée par un maître, prêtre ou séculier, qui était obligé « à enseigner la jeunesse aux lettres, soit à lire et écrire. » Il était nommé par le plus ancien héritier mâle du fondateur et recevait un salaire de i5o florins, intérêts de la fondation, sans pouvoir rien exiger des écoliers.
La seconde école avait été fondée par Rd Jean- Bapliste Falcoz, prêtre de Valloire, par son testament du 27 mai 1728, pour enseigner la jeunesse du Tiers-Dessus.
Le maître devait enseigner annuellement depuis le lendemain de la fête des Trépassés jusqu'à la lin du mois d'avril, sauf les jeudis de chaque semaine où les écoliers avaient fériés. Il était tenu de faire faire la prière aux écoliers matin et soir, suivie du De Profanais pour le repos de l'âme du Rd fondateur ; en outre, de faire le catéchisme tous les dimanches et fêtes, excepté les fêtes solennelles.
« Au cas qu'il se trouve quelque écolier insolent qui détourne ses confrères, ledit maître d'école est tenu de le chasser de ladite école jusqu'à ce qu'il ait réparé son insolence et qu'il ait donné des preuves de son amendement. »
La nomination appartenait aa plus ancien héritier mâle du testateur et, au cas où la famille Falcoz viendrait à s'éteindre, aux plus anciens habitants des Ghoseaux des Verneys.
La fondation qui consistait en biens-fonds et en créances, produisait, détraction faite des charges, un revenu annuel d'environ 4'2 livres.
Elle était administrée par les syndics de Yalloire et les trois conseillers du Tiers-Dessus, qui devaient annuellement rendre compte des revenus à ceux qui leur succédaient dans cette charge.
Les titres concernant cette fondation devaient être tenus dans un coffre fermant à deux clés et placé dans la chapelle des Verneys ou dans quelque autre lieu bien assuré. Le patron de l'école et le syndic devaient avoir chacun leur clé (i).
La famille Falcoz continua à exercer son droit de nomination jusqu'à la fin du xvme siècle, comme on le verra par l'acte suivant.
En ce temps-là, la nomination d'un maître d'école faisait l'objet d'un véritable contrat par devant notaire. Citons quelques extraits d'un de ces actes nominations :
« L'an mil sept cent soixante et dix-sept et le six du mois d'avril, à Valloire, après-midi, dans mon étude et maison d'habitation, par devant moi notaire royal collégié soussigné et présents les témoins bas nommés, s'est personnellement élably honorable Bonaventure feu Jean-Baptiste Falcoz, natif et habitant de la paroisse de Valloire, lequel de son gré pour lui et les siens, en qualité d'héritier universel de son père et iceluy en qualité d'héritier de Rd Jean-
(1) Archives du greffe du tribunal.
Baptiste Falcoz son oncle, fondateur de l'école du Tiers, dépendant dudit Valloire, a nommé el nomme pour précepteur de ladite école et pour enseigner la jeunesse dudit Tiers et apprendre notre sainte religion suivant qu'est porté par la fondation soit testament de Rd Falcoz, sçavoir honorable Jean-Baptiste feu Joseph Pascal, aussi natif et habitant dudit lieu ici présent et acceptant pour lui et les siens et qui enseignait déjà cy-devant, scavoir est pour le temps et le terme de trois années, à commencer par la Toussaint proche venante et ainsy successivement d'année en année jusqu'à la fin dudit terme.... Au moyen de ce, ledit Pascal jouira des fruits et revenus dépendants de ladite école et en payera les tailles, dîmes et impôts annuels année par année. » Suit l'é numération des biens et créances.
« De tous lesquels biens ledit Pascal aura soin en bon père de famille et les cultivera comme son propre bien, de sorte qu'il devra avoir la récolte pendant les dites trois années, à commencer par la pendante et à devoir enseigner dès la Toussaint jusqu'à la fin de chaque mois d'avril annuellement et sous la promesse que fait ledit Pascal de faire toutes les réparations nécessaires auxdits bâtiments et la présente nomination n'est faite qu'ensuite du refus fait par Rd Rambaud, recteur de la chapelle de l'Annonciation d'enseigner ladite école et ce en présence des témoins cy-après nommés, le tout ainsi convenu, accepté et promis observer par les dites parties chacun en ce qui la concerne à peine respective de tous dépens, dommages-intérêts et sous l'obligation réciproque de tous leurs biens présents et à venir, etc., etc. »
Suit la signature de Me Jean-Baptiste Retornaz, notaire.
Les écoles de Bonnenuit, de Point-Ravier, de Geneuil et des Yillards ont été fondées par Rd Jean- Baptiste Combet, prêtre, plébaniste de Valloire.
L'an 1790 et le 5 du mois d'octobre, Retornaz notaire, il donne au village de Bonnenuit la somme de mille livres « pour faire tenir une école au présent village pour les enfants d'iceluy, seulement pendant l'hiver chaque année autant de mois que les habitants le jugeront à propos, par un maître qui devra être reconnu capable par le Rd curé de cette paroisse et qui devra enseigner à lire, écrire, l'arithmétique et surtout faire le catéchisme et enseigner notre religion suivant le règlement et la constitution de la royale Université.
En outre, il charge les habitants du village de faire faire chaque année, le jour de l'ouverture de ladite école, un service à l'intention du dit Rd fondateur, « sans qu'on puisse nommer son nom, s'ils le font savoir le dimanche ».
L'école ne devait commencer que l'année suivante, alin que les habitants aient une censé d'avance pour faciliter le payement du gage du maître.
La donation en faveur de l'école de Point-Ravier est de onze cents livres, produisant une rente de quarante-quatre livres. L'acte qui est du 6 octobre 1790, contient les mêmes clauses que le précédent, avec la suivante en plus : « on entretiendra suivant la coutume une chandelle de chaque côté de la représentation de Notre-Dame qui est incrustée dans la muraille du côté gauche de l'église paroissiale du présent lieu. »
Par acte du neuf octobre 1790, reçu par J.-B. Retornaz notaire, Rd Gombet cède aux habitants du village de Geneuil une créance de douze cents livres pour l'établissement à perpétuité d'une école pendant l'hiver.
La nomination du maître appartiendra aux habitants de Geneuil avec approbation du Rd curé de Yalloire ; mais les pères de famille de Point-Rogerel, de Chaudaz-Coutaz et de l'Archaz, auront le droit d'envoyer leurs enfants à cette école.
Les habitants de Geneuil devront prendre sur cette fondation de cpioi faire célébrer annuellement et à perpétuité trois services selon la coutume du pays : le premier le jour de l'ouverture et le dernier le jour de la clôture de l'école, le troisième pendant la période scolaire.
Le même Gombet, par acte du 10 octobre 1790, fonde l'école du village des Villards en cédant à cet effet diverses créances dont le montant s'élève à mille livres.
Les habitants sont chargés de faire célébrer annuellement un service suivant la coutume de la paroisse le jour de l'ouverture de l'école, « et au cas qu'on le fasse savoir à la chaire, ledit Rd Gombet ne veut pas qu'on nomme le nom dudit fondateur ».
Par son testament en date du 17 octobre 1791, J.-B. Retornaz notaire, Jean-Baptiste Gilloz de Valloire cède une créance de mille livres en capital et une autre de cinq cents livres aux habitants de la Rivine, à la charge de faire tenir annuellement et à perpétuité une école pour les enfants de ce village
pour leur apprendre la lecture, récriture et surtout le catéchisme.
La nomination du maîlre appartient aux habitants, avec l'agrément du curé de la paroisse.
Dans un inventaire de 1793, il est fait mention de « Técole générale » de Valloire, dont les capitaux se montent à 5.i5o livres i5 sols 2 deniers.
Le 8 fructidor an VII, les administrateurs municipaux de la commune de Valloire promettent de payer au citoyen Joseph-Marie Perrin, de la commune de Valmeinier, la somme de n louis d'or formant la somme de 270 francs monnaie de la République, « et c'est au moyen de l'engagement que fait ledit Perrin d'enseigner à lire, écrire, chiffrer et autres principes d'enseignement qui seront en son pouvoir et capacité, et ce pendant le lerme de sept mois à commencer le 25 vendémiaire et à linir le 25 floréal suivant et avec promesse faite par ledit Perrin de fournir un secondaire (adjoint) pendant l'espace de trois mois et à ses propres frais.
VALMEINIER
Honorable Antoine Joët de Valmeinier avait légué par son testament du 2 février en i65r, Collombet notaire, pour une" aumône générale (1) la somme de 3.3oo florins en capital.
(1) Cette aumône se faisait le jour de la Saint-Antoine. On y distribuait à tous les habitants de la paroisse une livre de pain et un quartin de vin.
Gomme la chapelle de Saint-Pierre érigée et fondée dans l'église de Valmeinier par Martin Buflard en vertu de son testament du i janvier i5a8 et par son codicille du n avril iôzjo, Laurent notaire, n'avait que de très modiques revenus, la communauté, par délibération générale du 4 mai 1676, Dalbanne notaire de Valloire, décida pour augmenter les avoirs de la dite chapelle, « de chercher les moyens d'avoir et d'entretenir un ecclésiastique aux tins d'élever la jeunesse aux principes des lettres et grammaire et d'aider le curé aux fonctions de son ministère ». Elle réunit au bénéfice de Saint-Pierre les 3.3oo florins de la fondation Joët. Cette réunion fut approuvée par Msr Hercuïe-Bezetti, le 4 mai 1676.
Canton de Modane
AUSSOIS
A l'enquête de 1729, les syndics d'Aussois déclarent qu'il n'y a aucune fondation pour l'école ; que les particuliers qui jusqu'alors avaient pris soin de faire instruire les enfants les confiaient à une personne de la paroisse, qui leur enseignait la lecture et l'écriture, moyennant la rétribution de six ou huit sols par mois pour chaque écolier, « sans que la communauté ait jamais rien payé en corps. »
Par acte du 5 novembre 1708, Mestrallet notaire, la confrérie du Saint-Esprit transporta ses biens à la commune pour l'école (1).
En 1771, Aussois est pourvu de deux écoles, l'une pour les garçons, l'autre pour les filles. Elles ont pour tout revenu 6 livres 3 sols 9 deniers, qu'on délivre annuellement aux deux maîtres d'école.
Dans un acte d'état qui a été dressé, le 3 juin 1787, par Amédée Mestrallet notaire et secrétaire de la commune, sur l'ordre de l'intendant de la province, les capitaux destinés à l'instruction de la jeunesse se montent à 2.299 livres 10 sols, et la rente annuelle à 93 livres 12 sols. Dans cet acte il est dit : « les administrateurs nomment deux maîtres d'école, un
(1) Archives de l'évêché.
pour les garçons, l'antre pour les filles, lesquels doivent enseigner, depuis environ la Toussaint jusqu'à Pâques de chaque année, à lire, écrire et l'arithmétique. Ces maîtres d'école doivent être examinés par le Rd curé, auxquels on donne pour salaire, savoir à celui qui enseigne les garçons la somme de 64 livres, et à celui qui enseigne les filles 44 livres, outre ce qu'il faut payer pour le loyer d'une écurie, faute de maison de communauté ; et comme ces revenus ne sont pas suffisants pour tout ce que dessus, l'on doit faire payer l'excédent par les écoliers de chaque école après due répartition faite par les administrateurs ».
Outre ces deux maîtres, Aussois avait un vicairerégent, le bénéficier de la chapellenie de Saint-Jean- Baptiste. Cette chapellenie avait été fondée par assemblée générale de la commune le i3 avril 1700 et érigée par décret du 4 novembre 1706, Jean-Baptiste Balbis, vicaire général et officiai.
D'après l'acte de fondation, le bénéficier devait acquitter les messes du bénéfice selon les intentions des fondateurs, résider sur les lieux et célébrer une messe matinière depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, aider le curé dans ses fonctions curiales, chanter les offices de la paroisse et entendre les confessions. Il devait aussi enseigner, sans salaire, à la jeunesse de la paroisse la lecture, l'écriture et les principes de la grammaire, faire une demi-heure de catéchisme à ses écoliers tous les samedis.
De son côté la commune s'engageait à fournir une « maison honnête », garnie des gros meubles pour l'habitation du chapelain, entretenir et orner la chapelle du bénéfice, servir au chapelain les rentes des
capitaux destinés à son entretien. Ces capitaux, qui avaient augmenté depuis la fondation, s'élevaient, en 1^83, à la somme de ^.5o8 livres. Mais les rentes suffisaient à peine à l'acquit des messes qui étaient à la charge du bénéfice, de sorte que le bénéficier fut de bonne heure exempt de l'obligation d'enseigner sans salaire. Mer de Martiniana, dans le verbal de sa visite du 10 août 1760, énonçant les charges du bénéficier, dit « qu'il enseigne la jeunesse, moyennant que ceux qui enverront leurs enfants paient ».
Dans le procès-verbal de la séance du conseil municipal d'Aussois en date du i5 ventôse an IX (6 mars 1801), nous lisons que le conseil, considérant que le bénéfice de Saint-Jean-Baptiste, dont les recteurs ont enseigné jusqu'à la Révolution, a été vendu au citoyen Colomban Mestrallet de Sollières, « que l'intrusion publique sousfre par défaut d'instituteur », décide d'employer le prix de la vente, qui se monte à cent et plus de livres, au paiement d'un instituteur et que « le sallaire dudit instituteur ne pourra pas excéder le montant de ladite vente, pour n'en pas charger les contribuables, dût ladite intrusion ne durer qu'une partie de chaque année ».
Le 26 février 1810, la commune ayant relire la somme de i.35o francs de la vente d'une forêt, le conseil sollicite du préfet l'autorisation d'employer cette somme « à remplacer les capitaux stipulés en rente constituée en faveur des écoles publiques de la commune qui ont été affranchis en assignats et qui sont conséquemment perdus, ainsi que ceux qui n'ont pu être remplacés parce qu'ils ont été employés
à des dépenses communales nécessitées par l'effet de la Révolution, en priant l'autorité supérieure de prendre en considération que cette commune, se trouvant isolée, a un besoin indispensable d'instituteurs que l'on ne pourra pas se procurer si les écoles n'ont pas de revenus ; que maintenant ces revenus sont 1res modiques par les pertes des capitaux non remplacés. » (i)
AVRIEUX
Le rapport envoyé par les syndics et conseillers d'Avrieux sur la situation scolaire en 1729 est un des plus complets.
L'école de la paroisse a été fondée par honorable Etienne Daval, lequel, par son testament en date du 10 janvier 1707, Jacquier notaire, a légué à la communauté la somme de deux mille cent florins, monnaie de Savoie. Par deux codicilles successifs, Etienne Daval a porté le capital légué à la somme de deux mille neuf cents florins.
L'école est placée sous la direction du Rd curé, des syndics, conseillers et « les aparents de la paroisse ».
Le maître pour les garçons est tenu, en vertu de l'acte de fondation, d'enseigner la doctrine chrétienne, la lecture du latin, du français et des « écrits de pratique », ainsi que l'écriture et l'arithmétique. La maîtresse de l'école des tilles est obligée d'enseigner la doctrine chrétienne, la lecture du latin et du
(1) Archives communales.
français et, si elle peut, des écrits de pratique « même à écrire autant qu'il sera possible ».
L'école se tient depuis la fête de saint André jusqu'à la fin d'avril, trois heures le matin, trois heures l'après-midi, excepté un jour de congé par semaine.
Le salaire du maître est de cent florins et celui de la maîlresse de trente-deux.
Les gages ci-dessus sont exigés des débiteurs par les instituteurs eux-mêmes si bon leur semble et, à leur défaut, par le procureur général de la communauté qui touche pour son exaction le salaire de sept florins six sols.
Ni la communauté ni les enfants qui fréquentent l'école ne payent rien.