‹ L'instruction publique et la réforme universitaire en ItalieChapitre 13 sur 18 · TOME XLVII · texte numérisé non relu

TOME XLVII

67i RETUE DES DEUX MONDES.

Diane écoutait consternée; pour la première fois j'étais sourd à sa tendresse.

— Non, c'est impossible ! interrompit-elle avec un geste de désespoir, Dieu ne peut permettre un tel désastre ! André, je vous conjure à genoux I.,.

Presque délirante à mes pieds, les yeux secs, elle serrait mes mains inertes dans les siennes; sa douleur était déchirante... Moi, j'étais honteux.

— Ah! pardon, pardon! m'écriai-je, je suis un malheureux indigne de vous. J'ai peurl...

— André, si je vous suis chère, ne vous abandonnez pas, ayez pitié de moi... Vous ruinez en un jour toutes mes joies en ce monde! Ne me condamnez pas au deuil étemel de mon âme !

Les sanglots éteignirent sa voix; je la contemplais stupide, effaré, et je répétai malgré moi ce mot qui déjà une fois l'avait tant épouvantée : « C'est dommage ! c'est dommage ! » Un cri s'échappa de sa poitrine, ses mains se glacèrent, elle s'affaissa presque sur le sol.

Je compris que j'allais la tuer, si je ne dominais ma lâche faiblesse; mais je ne trouvais dans mon cerveau qu'un vide immense, où résonnait comme un écho sinistre : « C'est dommage! c'est dommage! » Et je restais ahuri, béant devant cette désolation que j'eusse voulu calmer au prix de mon sang.

— Ah! je veux mourir! je veux mourir! murmurai-je dans un gémissement.

Diane me regarda d'un air égaré. J'eus un instant la pensée que la démence l'ayait saisie comme moi; mais tout à coup, se raidissant contre son affliction : — Ah ! dit-elle avec un accent de résolution suprême, qu'importent mon repos, ma dignité, mon bonheur? Dieu me pardonnera... 11 faut le sauver!

Et, essuyant ses larmes, à genoux devant moi, les lèvres frémissantes, son regard noyé dans le mien.

— André, dit-elle à voix basse, mais avec un accent si profond que j'y sentis palpiter toute son âme, André, je sais le secret de votre souffrance, vous me l'avez révélé dans une nuit de délire : vous m'aimez !

— Mon Dieu! m'écriai-je éperdu.

— André, à mon tour je vous ouvre mon cœur... Je vous aime!..» Voulez- vous encore mourir?

Mario Ucuard.

(La troisième partie au prochain n».)

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