‹ L'instruction publique et la réforme universitaire en ItalieChapitre 2 sur 18 · TOME XLVII · texte numérisé non relu

TOME XLVII

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d'AJf, tu me voî- maCiit^-nant *î stiî* devant Z.iI^Laia: parie, esprit ♦rvb-

dultahf q»ie faat-fi :i".e je l-i: dl-e? cie skr tenuop «po^Tix. «trafcwpw i^m ■»-

* L'Aptajmttos. — Dw-l"iî : t Zn>ima, d-^^>»nii? d»^ salles durées de toa palais de marbre et «nte «♦ar le nr/:*> ccir^ier d'AImaxi^or. D^a? le pays où le palmier répand ^>q ombre fraî:fae, où îe d: n enoeas jAlli d'un sol sacré, où les pâtres chintent en cardant I-^or* tr»3apeaïrx, une tente est dresWre, une t^nle en toîle de lin d'oae Wanch-^ar é'.loaissanie, et la gazelle aux yeox Intel lizens, et les chameaux an loos eoa, et les bnmes jeunes filles an front coaronné de fluors, dboat aci seaîî de la tente ornée de mille coulenrs, attend^^nt I»^ur maîtresse.^ O Zaleima, c'est là, c'est là qu'il faut t'enfuir avec .\lmansor. »

Cette apparition, tous le deyinez, c'est le viefl Hassan qui reille «ar son jeune maître. 11 craint pour lui les séductions du château d'Aly; il ne veut pas qu'Alraansor se lasse chrétien pour épouser Zuleinia, et, conime il écoutait les deux amans dans l'ombre, il a profité d'une figure poétique du jeune Arabe pour jouer le rôle de revenant. Ce revenant est aussi un deus ex machina. L'auteur cherchait un moyen d'interrompre son duo nocturne afin de le reprendre sur un motif plus souriant et plus frais, aux premières lueurs de l'aube; il a employé ce procédé d'une candeur toute primitive. I^ lendemain, Zuleima, que l'apparition du vieux musulman avait fait rentrer chez elle, sort de sa chambre à pas discrets, descend dans le parc, et, tout en s'agenouiUant devant un crucifix pour demander à sa foi une arme contre son amour, prend plaisir à rêver

DÉBUTS d'un POETE HUMORISTE. 515

dans le lieu même où elle a revu Almansor. Elle vient de prier, elle se relève, elle se croit désormais victorieuse. Elle peut donc répéter sans crainte le nom d' Almansor; n'est-ce pas le nom d'un frère? Almansor est aux aguets; il l'entend, il se montre, et le dialogue mélodieux recommence. Vainement Zuleima, qui connaît la haine d' Aly pour AbduUah, veut-elle éloigner son ami, croyant qu'un danger de mort le menace; Almansor est inflexible. « Ahl s'écrie-t-il, que personne ne cherche à m'éloigner d'ici ! Fût-ce la mort, je ne reculerais pas. » Il sent ses pieds attachés à ce sol par des chaînes secrètes. De toutes part se lèvent les songes dorés de son enfance. Il reconnaît les fleurs, les arbustes, le grenadier où chantait le rossignol, le berceau de jasmin et de chèvrefeuille « où nous nous racontions, dit-il, les jolies histoires de Mœdschnoun et de Leîla, le délire de Mœdschnoun, la tendresse de Leïla, leur amour et leur mort à tous deux. » Que de. scènes d'enfance naïvement évoquées! que de témoms joyeux de ses jours d'autrefois venant lui souhaiter la bienvenue! Tout à coup il aperçoit l'image du Christ et fait un mouvement de surprise. « Dis-moi, ma bien-aimée, il y a là une image étrangère, ime image qui me regarde... oh! avec quelle douceur! et pourtant aussi avec quelle tristesse! Une larme amère tombe de ses yeux dans le beau calice d'or de ma joie. »

C'est ici pour nous la crise intéressante du drame. On sait quelles senties contradictions de Henri Heine au sujet de la religion de l'Évangile, et comme il passe aisément de l'exaltation de Hegel à la moquerie de Voltaire. Tantôt il se proclame l'un des chevaliers du Saint-Esprit, sous la bannière du philosophe de Berlin ; tantôt, à la suite du patriarche de Ferney, il poursuit de ses ricanemens toute religion positive. Or voici la première fois qu'il rencontre Jésus sur sa route, voici l'image du crucifié qui se dresse entre Almansor et Zuleima; quel sera le langage du poète? Là encore nous retrouvons chez le juvénile rêveur l'inspiration agressive dont il ne saura jamais s'affranchir. Sur ce point, il n'y a eu ni développemens ni luttes intérieures dans sa pensée; tel nous l'avons vu jusqu'au seuil redouté d'un autre monde, tel il nous apparaît ici à l'entrée de sa carrière. Étranges attaches de cette âme aux réalités d'ici-bas I II y a ordinairement chez la jeunesse un spiritualisme généreux alors même qu'elle cède à ses passions, et volontiers elle méprise la vie tout en s' enivrant de ses jouissances; moins généreuse, mais désabusée, la vieillesse, à son tour, élève ses regards au-delà de ce monde des sens dont elle sait l'amertume et le néant. Rien de semblable chez Henri Heine. Les cheveux blanchis, le corps dévasté par la souffrance, il chantera encore sur son lit de torture les joies de l'existence terrestre, comme il les invoquait à vingt ans avec une impatience fougueuse. Ce droit que Mathurin Régnier appelle la

bonne loi naturelle^ il Ta réclamé toute sa vie. Toute sa vie (je parle de l'écrivain et ne prétends pas juger l'homme) il a protesté contre la doctrine du renoncement, contre la loi du sacrifice, contre l'exemple de Jésus. Un jour c'était au nom de l'hellénisme qu'il combattait la religion du mercredi des cendres y une autre fois c'était au nom du protestantisme mal compris, ou bien, ce qui était plus logique, au nom du panthéisme de Hegel. Toutes les armes lui étaient bonnes. Ici savez -vous quelle bannière il déploie d'une main joyeuse? La bannière de Mahomet. Il y a une scène, une seule, où le chœur parait comme dans la tragédie antique, et ce chœur, chargé de proclamer le sens du drame, glorifie en termes enthousiastes la belle civilisation moitié asiatique, moitié européenne, le bel arbre aux fruits savoureux planté par les Maures sur la terre d'Espagne. Les Maures espagnols ont gardé de l'Orient la haîve liberté de la nature; ils y ont joint le mouvement et la liberté de l'esprit, empruntés à l'Occident. On dirait que c'est là pour le poète l'idéal des sociétés humaines, et que les vrais chrétiens du moyen âge ont été les musulmans de Grenade. Pur caprice, je le veux bien; ce qui n'est pas un caprice , c'est sa protestation sous toutes les formes contre la morale de l'Évangile. Qu'on ne nous accuse pas d'attribuer une intention polémique à une œuvre de fantaisie amoureuse. Nous avons à cet égar(l la déclaration du poète lui-même. Une recueil littéraire publié à Hambourg par l'éditeur des œuvres complètes de Henri Heine a donné, il y a quelque temps, plusieurs de ses lettres inédites. L'une d'elles, datée du mois de janvier 1823, est adressée à un libraire de Berlin, M. Ferdinand Dûmmler, que le jeune poète voudrait décider à publier ses deux drames. « Mon livre, écrit-il, renfermera premièrement : une petite tragédie dont l'idée fondamentale est une transformation du fatum ordinaire, et qui certainement causera une vive émotion dans le public; — deuxièmement, un grand poème dramatique intitulé Almansor^ dont le sujet a un caractère de polémique religieuse et traite des questions à l'ordre du jour; — troisièmement, un cycle de poésies humoristiques dans le ton populaire. Quelques spécimens insérés déjà dans les journaux excitent le plus vif intérêt, étant loués avec passion par les uns et amèrement censurés par les autres (1). » Ce n'est donc pas seulement le cri de la passion que le poète a jeté dans son drame d*Almansory c'est aussi un cri de guerre contre le christianisme, et voici la scène où sa pensée se démasque : à la vue de l'image du Christ, Almansor a ressenti un frisson d'épouvante; des yeux du crucifié, dit-il, une larme amère est tombée dans le calice de sa joie. Quelle est donc cette figure? — Eh quoil dit la jeune fille, ne

(1) Orion, Monatschrifl fUr Literatur und Kunst, h?rausgegeben von Adolf Strodtmann; Hambourg, livraison du mois de juillet 18G3.

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